Les pionniers de l'or blanc : l'exploitation de l'amiante

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1999.311 1999.318.52 1999.329.2 1999.394.6 1999.318.130 1999.318.96 1999.294.15 10809 Conclusion
 

Conclusion

À partir des années 1930, qui plongent le monde dans la grande dépression, on commence à dénoncer avec plus de vigueur les excès du capitalisme « libéral ». Les travailleurs de l'amiante seront représentés par des syndicats beaucoup plus dynamiques et revendicateurs, avec lesquels les compagnies et le gouvernement devront négocier, souvent à contrecoeur. Ces syndicats se regrouperont sous l'égide de la Fédération nationale des employés de l'industrie minière incorporée, elle-même chapeautée par la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (la future Confédération des syndicats nationaux).

En 1943, grâce à la Fédération, l'existence de l'amiantose, une grave maladie industrielle affectant les poumons, sera reconnue légalement. Cependant, peu de compagnies prendront des mesures concrètes pour réduire la concentration de poussière d'amiante sur les lieux de travail. L'élimination de cette poussière fera partie d'une série de revendications présentées aux compagnies en décembre 1948. Les syndicats réclament surtout une augmentation des salaires, davantage de congés payés et la retenue à la source des cotisations syndicales. Le rejet de ces revendications provoquera la fameuse grève de 1949, qui durera cinq mois et demi et mobilisera 5 000 mineurs d'Asbestos, de Thetford Mines, de Black Lake, de Coleraine et de Pontbriand. Les grévistes obtiendront l'appui d'une bonne partie de la population du Québec, mais peu de leurs revendications seront en fin de compte satisfaites à court terme. En ce qui a trait à l'élimination de la poussière, notamment, les travailleurs devront provisoirement s'en remettre à la « bonne volonté des compagnies ».

La grève de 1949 marquera cependant de façon durable la société québécoise dans son ensemble : elle renforcera la solidarité et l'esprit de contestation. Ce n'est sans doute pas sans raison que certains historiens voient en elle « l'acte de naissance de la Révolution tranquille ».

Bibliographie

Cinq-Mars, François (sous la dir. de). De la pierre à coton à la fibre de chrysotile : Plus de 120 ans d'évolution dans les mines d'amiante, Thetford Mines, Musée minéralogique et minier de Thetford Mines, 1999, 120 p.

Cinq-Mars, François et al. Les grandes mouvances : Recueil des textes, vignettes et illustrations de l'exposition, Thetford Mines, Musée minéralogique et minier de Thetford Mines, 2003, 44 p.

Cinq-Mars, François, Romain Dubé et al. Thetford Mines à ciel ouvert : Histoire d'une ville minière, Thetford Mines, La Ville de Thetford Mines, 1994, 596 p.

Fortier, Clément. Black Lake : Lac d'amiante, 1882-1982, t. I : Amiante et chrome dans les Appalaches : Cent ans d'histoire, [s.l.], Bibliothèque nationale du Québec - Bibliothèque nationale du Canada, 1983, 346 p.

Le collectif Clio. L'histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles, [s.l.], Éditions du Club Québec Loisirs inc., 1992, 646 p.

Linteau, Paul-André, René Durocher et Jean-Claude Robert. Histoire du Québec contemporain : De la Confédération à la crise, Montréal, Boréal Express, 1979, 658 p.

Rapport sur les opérations minières dans la province de Québec, Québec, ministère de la Colonisation, des Mines et des Pêcheries, Service des Mines, rapports annuels consultés pour les années 1890 à 1931.