L'année 1904 au Nouveau-Brunswick
Michael Pitblado et le Musée du Nouveau-Brunswick



Au début du XXe siècle, un climat de célébration règne dans plusieurs régions du Canada. Les liens étroits qu'entretient le pays avec l'Europe et l'Empire britannique sont l'occasion de festivités et d'anniversaires, notamment le jubilé de diamant de la reine Victoria en 1897, la visite royale de 1901 et l'inauguration en 1904 d'un monument à la guerre des Boers.

Au Nouveau-Brunswick, cette ambiance de fête se prolonge jusqu'aux cérémonies estivales marquant le tricentenaire de l'arrivée en Amérique de Pierre Du Gua de Monts et de Samuel de Champlain en 1604. Pour l'occasion, les rues se parent de banderoles, de drapeaux et d'autres emblèmes patriotiques. Les représentants de sociétés savantes et des gouvernements locaux et étrangers se mêlent aux foules. La principale attraction est la reconstitution historique de l'arrivée des aventuriers européens.

Pendant ce temps, la vie quotidienne au Nouveau-Brunswick suit son cours. En raison des dissensions qui opposent les autorités provinciales et fédérales, la province ne retire que des avantages limités de la forte croissance de l'économie nationale, portée par un intérêt croissant pour les affaires internationales. Les Néo-Brunswickois luttent pour faire triompher le progrès économique et l'innovation. Délaissant les activités commerciales traditionnelles, le milieu des affaires se tourne vers les pâtes et papiers et le tourisme pour répondre aux nouvelles demandes du marché. Les réformateurs revendiquent une amélioration des conditions sociales, le droit de vote des femmes, la justice économique et l'éducation. Les développements dans le commerce, les communications et le transport conduisent à la création de ligues sportives organisées et favorisent l'épanouissement d'activités historique et de divertissement. L'art et la littérature témoignent de l'exode rural en brossant un portrait romancé de la vie à la campagne. Parallèlement, les valeurs d'une classe moyenne urbaine se répandent dans la société.

Malgré l'intensification du sentiment impérialiste nourri par les célébrations, tous ne manifestent pas le même engouement pour la culture européenne. Les communautés autochtones sont tenues à l'écart des initiatives industrielles et voient diminuer la demande pour leurs travaux artisanaux. La renaissance acadienne a atteint son point culminant une vingtaine d'années auparavant, mais en 1904, les Acadiens, qui représentent près d'un quart de la population de la province, restent en marge de la société.

Temps de commémoration et de transformation, l'année 1904 offre un regard unique sur les conditions de vie au Nouveau-Brunswick en ce début de XXe siècle.