Lethbridge : la ville du charbon au pays du blé
Sir Alexander Galt Museum and Archives
« Lethbridge : la ville du charbon dans le pays du blé ». Le titre du quatrième numéro publicitaire annuel du Lethbridge Daily Herald, publié en 1912, décrit bien l'unicité de Lethbridge et du sud-ouest de l'Alberta dans l'Ouest canadien.
L'histoire des Prairies canadiennes repose sur le développement de l'agriculture et de l'économie céréalière. L'histoire de Lethbridge, par contre, est indissociable de l'industrie du charbon. Vers la fin du 19e siècle, les investisseurs et les dirigeants de la collectivité ont une vision commune : faire de Lethbridge et du sud-ouest de l'Alberta le centre industriel de l'Ouest canadien. Les habitants de Lethbridge vont extraire le charbon, construire des usines et fabriquer les produits nécessaires aux immigrants qui affluent dans les plaines du Nord.
En définitive, les mines de charbon, les chemins de fer et l'agriculture - surtout la culture irriguée - sont les trois piliers sur lesquels s'appuie l'histoire de Lethbridge et du sud-ouest de l'Alberta. En octobre 1882, la North Western Coal & Navigation Company, première d'une série de compagnies fondées par sir Alexander Galt et son fils Elliott, ouvre des mines de charbon pour répondre aux besoins du Canadien Pacifique et des colons qu'il transporte dans l'Ouest canadien. Mais pour pouvoir transporter le charbon jusqu'à la ligne principale du CP à Dunmore Junction près de Medicine Hat, il faut construire un chemin de fer à voie étroite. Le financement en est assuré en partie par des concessions de terre du gouvernement fédéral qui permettent aux compagnies Galt d'acquérir 1 250 000 acres, soit plus de 500 000 hectares, du sud de Lethbridge jusqu'au 49e parallèle.
Enfin, pour intéresser les acheteurs potentiels aux terres semi-arides du sud de l'Alberta, les compagnies Galt concluent une entente avec l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours (les Mormons) qui accepte de faire profiter le Canada de son expertise en matière d'irrigation en échange d'argent et de terres. En 1920, l'agriculture a supplanté l'exploitation houillère et l'industrie ferroviaire comme pivot de l'économie du sud-ouest de l'Alberta.
Lethbridge ne deviendra jamais le « Pittsburgh du Nord » qu'avait imaginé le Lethbridge Daily Herald, mais l'interaction entre les mines de charbon, les chemins de fer et l'agriculture a donné naissance à une ville et à une région qui ont comblé les attentes de leurs fondateurs au-delà de leurs espérances.
