Des villes et des métiers en mutation
Robert Gagnon, Université du Québec à Montréal



Le XIXe siècle voit le monde changer comme jamais auparavant. C'est un siècle où tout bouge. Où des foules de métiers s'éclipsent alors que de nouveaux savoir-faire émergent. L'éducation joue un rôle important dans cette grande mutation. Au Canada, la création des écoles normales et des high schools permet aux instituteurs et institutrices d'avoir accès à des postes de direction d'écoles ou d'exercer leur métier à l'école secondaire. La carrière de professeur d'université naît avec l'arrivée d'un premier réseau universitaire. Ces institutions accorderont bientôt une place d'honneur aux sciences et à la technologie.

Parlant de technologie, c'est le siècle où les ingénieurs supervisent les grands travaux publics. Serait-il possible d'habiter dans la grande ville sans l'eau courante et les égouts- Les bains entrent dans les foyers en même temps que l'hygiène, panacée à bien des maux si l'on en croit les médecins et les infirmières qui en sont les infatigables promoteurs. Pas étonnant que la santé publique soit devenue une priorité qui va influencer les modes de vie. On trouve également d'autres remèdes aux terribles épidémies qui font des ravages, surtout chez les enfants. Les bureaux de santé des villes entreprennent des campagnes de vaccination. Et puis, on réussit à résoudre l'énigme de la contagion. Grâce aux travaux de Pasteur et de Koch, le rôle des microbes dans la propagation des maladies est révélé au grand jour. Les bactériologistes essaiment un peu partout. Ils fondent des laboratoires où l'eau, le lait et d'autres aliments sont désormais analysés.

C'est également dans les laboratoires, comme ceux d'Edison et de Bell, que sont mises au point des inventions qui vont encore chambouler les vies. L'électricité va révolutionner le transport en commun dans les grandes villes. Presque du jour au lendemain, le tramway électrique remplace l'omnibus tiré par des chevaux. Le cocher cède alors sa place au conducteur de tramway. Si le téléphone met un peu plus de temps à supplanter le télégraphe, les abonnés se compteront bientôt par centaines de milliers, et une nouvelle perspective de carrière s'ouvre alors pour les jeunes filles, celle de téléphoniste.

La mutation des villes et des métiers est loin de s'achever. En fait, elle ne fait que commencer...