Les loisirs de son temps, 1867-1896
Michèle Dagenais, Université de Montréal



Quelles sont les activités les plus populaires à la fin du XIXe siècle? Est-ce que tous, hommes et femmes, jeunes et vieux, riches et pauvres peuvent pratiquer les mêmes loisirs? Les manières de se divertir se transforment en fonction des époques. Entre les années 1870 et 1900, les possibilités de s'amuser et l'accès aux loisirs se multiplient. Le divertissement n'est plus l'apanage des seules élites.

Bicyclette, golf, hockey, billard, jeu de quilles : de nouveaux loisirs s'offrent aux populations urbaines, grâce à des progrès fulgurants sur le plan technique et industriel. Le développement des transports, d'un océan à l'autre et dans les villes, permet des déplacements rapides et sur de grandes distances. L'avènement de la presse à grand tirage participe à la diffusion d'une vaste gamme d'informations. Enfin, l'électricité permet de vivre, de travailler et parfois même de s'amuser, de jour comme de nuit.

La population canadienne entre ainsi dans une nouvelle ère, marquée par une plus grande disponibilité de divertissements. En profiter, cependant, nécessite temps et argent. Les longues journées de travail demeurent le lot de la majorité, qui ne peut accorder aux loisirs que quelques heures par semaine. Le droit de jouir de temps libre, de temps pour soi, fait de plus en plus souvent l'objet de revendications.

C'est de cette époque que date la nouvelle perception des loisirs et surtout, de l'activité physique. On reconnaît l'importance de prendre soin du corps pour favoriser l'épanouissement individuel. « Un esprit sain dans un corps sain » : le vieil adage acquiert tout son sens, ce qui favorise l'implantation d'activités physiques et sportives.

Influencées par cette évolution des moeurs, les Églises, tant protestantes que catholiques, s'intéressent à leur tour aux loisirs. Pour faire contrepoids aux entreprises commerciales, des activités récréatives variées s'organisent dans les salles paroissiales et les sous-sols d'églises, sous le regard vigilant des membres du clergé. Ainsi, les ecclésiastiques contribuent, à leur façon, à la démocratisation de l'accès aux loisirs.