Le pont Lions Gate : La construction d'un fleuron de Vancouver
North Vancouver Museum and Archives



Inauguré en 1938, l'élégant pont Lions Gate symbolise Vancouver. Reconnu pour sa grâce et sa beauté, il traverse le First Narrows de l'anse Burrard, marquant l'entrée du port de Vancouver, et relie la rive nord au parc Stanley et au centre-ville.

Dans les années 1920, Alfred Taylor, un homme d'affaires de Vancouver, voit le pont comme la façon d'encourager la construction domiciliaire sur le flanc des montagnes de Vancouver-Ouest. Malgré l'appui public obtenu en 1933, il lui faut encore quatre ans avant d'entreprendre la construction. Taylor finance le projet grâce à des capitaux privés de la famille Guinness d'Angleterre, et bénéficie d'une main-d'oeuvre bon marché en raison de la Crise économique.

La construction s'enclenche rapidement au printemps de 1937. On ouvre une route dans le parc Stanley, on immerge des caissons pour recevoir le pylône sud et on construit un viaduc d'accès sur la rive nord. Une fois les pylônes érigés, on y accroche d'énormes câbles, auxquels sont suspendues les sections de la chaussée. Des poutres d'acier rivetées traversent le tablier et fortifient l'ensemble. Pour finir, sont ajoutés l'éclairage, des épis de faîtage et deux lions monumentaux sculptés par Charles Marega, un artiste de Vancouver. Avec une hauteur de 111 m et une longueur d'environ 1 800 m, c'est le pont suspendu le plus long de l'Empire britannique.

Grâce à une météo favorable, le pont est terminé avant la date prévue, et accueille les premières voitures le 14 novembre 1938. En mai 1939, le roi George VI et la reine Elizabeth traversent le pont lors de leur visite officielle au Canada. Les utilisateurs, quant à eux, doivent assumer un péage pour rembourser les investisseurs, une pratique qui a cours jusqu'en 1963, même après l'achat de la travée par le gouvernement provincial en 1955.

Au cours des années la circulation s'accroît, ce qui vaut au pont le surnom de car-strangled spanner en raison du goulot d'étranglement qui s'y crée. Malgré les problèmes de circulation qu'il engendre, la plupart des Vancouverois préfèrent conserver ce pont historique et les vues spectaculaires qu'il offre. L'appréciation de sa valeur patrimoniale culmine dans les années 1990, quand la province décide de remplacer le tablier plutôt que de démolir la structure au complet.