L'or et l'argent : Bennett et la crise économique
Musée du Nouveau-Brunswick



Richard Bedford Bennett, qui sera amené à diriger le Canada durant la pire crise économique de son histoire, est né à Hopewell, au Nouveau-Brunswick, le 3 juillet 1870. Fils d'un constructeur naval, diplômé de la faculté de droit de l'Université Dalhousie, Bennett grandit dans un milieu où le travail et la ténacité sont valorisés. Il part s'établir en Alberta où il mène une brillante carrière d'enseignant, d'avocat, d'homme d'affaires et de politicien.

En 1930, Bennett, chef du Parti conservateur, est porté au pouvoir par une population qui attend de lui qu'il enraye la crise économique croissante au Canada. Il en appelle d'abord à l'initiative individuelle. Pour lui, il est hors de question que le gouvernement engage des dépenses pour sortir le pays de la Crise. Premier ministre de 1930 à 1935, Bennett est perçu comme un homme autoritaire et dominateur.

Dans le cadre de ses fonctions, Bennett reçoit des pièces commémoratives en or et en argent d'admirateurs et de dignitaires de diverses capitales internationales. Les somptueux droits de cité prennent la forme de boîtiers décoratifs des villes de Londres, d'Édimbourg, de Dublin, de Sheffield ainsi que du royaume de Siam. L'éclat de ces trésors contraste vivement avec les jours sombres de la Crise et symbolise cette disparité qui choque de nombreux Canadiens dans le besoin. La fortune personnelle de Bennett en fait une cible de choix pour la majorité des Canadiens qui vivent dans des conditions plus précaires.

À la fin de son mandat, Bennett tente d'introduire de nouvelles mesures pour pallier à la Crise. Sous l'influence du président américain Franklin Roosevelt, il annonce la fin du capitalisme du laissez-faire dans une série de messages radiophoniques. Il propose dans sa plate-forme électorale des lois sur le salaire minimum, les régimes de retraite, le chômage et l'assurance maladie. Ces promesses arrivent cependant trop tard pour sauver sa carrière politique. À l'élection fédérale de 1935, il subit une défaite écrasante face aux Libéraux.

Bennett reste au Parlement jusqu'en 1938, année où il démissionne et quitte le Canada à tout jamais. Nommé à la Chambre des lords britannique, il devient vicomte de Mickleham, Calgary et Hopewell. Lord Richard Bedford Bennett meurt paisiblement dans son bain en 1947, dans un château du Surrey, en Angleterre, sa terre d'adoption.