Désastres et calamités, 1867-1896
Nathalie Lampron



Dans la nouvelle confédération canadienne, des régions et des villes s'ouvrent au développement. Les infrastructures ferroviaires sont en pleine expansion et le transport par bateaux à vapeur connaît un fort engouement. Le tourisme se développe. Les compagnies ferroviaires et maritimes convient la population d'ici et même de l'étranger à vivre les agréables excursions qu'elles lui offrent. Cependant, la mise en place et l'exploitation de ces grands réseaux de transport ne se font pas sans incidents; il faut trouver l'équilibre entre la rentabilité et la sécurité. De funestes événements viendront le rappeler, comme le naufrage du bateau à vapeur Victoria sur la rivière Thames en 1881, le « naufrage » d'une locomotive sur le fleuve Saint-Laurent la même année ou l'effondrement d'un pont à Victoria en 1896 alors qu'un tramway bondé s'y trouve.

Cette période marque le début d'une immigration massive vers l'Ouest canadien. Les nouveaux arrivants s'installent dans leurs homesteads, leurs lopins de terre, qu'ils défrichent et cultivent avec ardeur. Les caprices du climat canadien, le gel par exemple, comme en 1883, ou encore les épidémies de sauterelles, comme celle de 1874 au Manitoba, causeront leur part de soucis aux agriculteurs, qui doivent leur subsistance à leur récolte. Les tempêtes inattendues provoqueront aussi de douloureuses pertes dans les Maritimes, comme le cyclone de 1873 qui fait 500 victimes en Nouvelle-Écosse. Toutefois, le progrès technologique, entre autres, fournira quelques outils pour éviter la répétition de ces sombres catastrophes.

Le Canada s'industrialise et s'urbanise rapidement à cette époque. Si les communautés profitent de cet essor, elles ne sont pas pour autant à l'abri des grands malheurs, comme les inondations printanières qui causent des dommages à Montréal près du port ou les éboulements meurtriers à Québec survenus rue Champlain, sous le cap Diamant. La Nouvelle-Écosse vit quant à elle deux catastrophes minières d'importance en 1873 et 1891 qui coûtent la vie à près de 200 personnes. Plusieurs villes canadiennes connaissent également des incendies majeurs, dont Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, en 1877.

Qu'ils soient causés par les soubresauts de la nature, par des défaillances techniques ou par une erreur humaine, les désastres constituent de douloureux moments d'arrêt, où l'on examine la situation et situe les événements en perspective. S'intéresser aux désastres, c'est suivre le fil de l'histoire en plongeant au coeur de l'action.