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SOLARIS-1

Voir le circuit

N-1986.5.1.1-48
© Musée McCord
Album photographique
Album de la famille Frothingham, couverture en cuir vert gaufré, 1860-1869
William Notman (1826-1891)
Vers 1865, 19e siècle
15.2 x 15.2 x 4.4 cm
Don de Miss E. Dorothy Benson
N-1986.5.1.1-48
© Musée McCord

N-0000.193.1-202
© Musée McCord
Portfolio
CANADA EAST, portfolio de la boîte d'érable, 1859-1860
William Notman (1826-1891)
1859-1860, 19e siècle
76.2 x 91.4 x 5.1 cm
Don de Mr. James Geoffrey Notman
N-0000.193.1-202
© Musée McCord

M992.110.58
© Musée McCord
Train de passagers, jouet
1910-1930, 20e siècle
Métal
7.5 x 18 cm
Don de la succession de M. Omer Lavallée
M992.110.58
© Musée McCord

M998.13.1
© Musée McCord
Écran de foyer
Vers 1870, 19e siècle
114 x 68 x 13 cm
Don de Mrs. George H. Montgomery
M998.13.1
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Les écrans étaient utilisés dans les maisons où la chaleur provenait directement d'un foyer ouvert. Ils servaient à protéger le visage de la chaleur trop vive du feu et à la faire circuler, tout en permettant aux habitants de la maison de s'asseoir près de l'âtre.

Cet écran d'influence orientale était populaire au XIXe siècle. On l'aurait utilisé dans le petit salon surchargé d'une résidence victorienne, rempli d'objets aussi étranges qu'inutiles. Parmi cette multitude d'objets se trouvaient des animaux et des plantes, morts ou vivants, qu'ils fussent des animaux domestiques et des plantes d'intérieur, ou des spécimens empaillés et séchés servant de décoration. C'est dans cette pièce que les familles des classes moyenne et supérieure avaient l'habitude de recevoir et de servir le thé.

Cet écran témoigne bien de l'influence de l'histoire naturelle dans les foyers victoriens. Les membres des classes moyenne et supérieure se passionnaient pour l'histoire naturelle, et les arts décoratifs reflétaient cet intérêt en intégrant des motifs de plantes et d'animaux dans le mobilier de la maison.

Quoi:

Cet écran est formé d'un cadre en acajou et de deux panneaux en verre trempé contenant 30 oiseaux tropicaux empaillés et trois papillons.

Où:

En plus de servir de protection contre les courants d'air et la chaleur d'un foyer ouvert, les écrans étaient utilisés pour diviser une pièce.

Quand:

À l'ère victorienne, le japonisme était un style d'arts décoratifs très en vogue qui puisait dans les éléments de l'esthétique japonaise.

Qui:

L'écran protégeait le teint délicat des dames et des messieurs raffinés qui désiraient profiter de la chaleur du foyer sans abîmer leur peau.

M970.103.1-6
© Musée McCord
Phonographe
Edison Phonograph Co.
1900-1905, 20e siècle
28 x 21 x 77.5 cm
Don de John L. Russell Reg'd
M970.103.1-6
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Ce phonographe à cylindre a été fabriqué par la Edison Phonograph Company entre 1900 et 1905. Les motifs floraux peints sur le pavillon sont caractéristiques des mouvements Art nouveau et Arts and Crafts, deux courants ayant inspiré l'ornementation des meubles et intérieurs domestiques.

Dans les années 1890, plusieurs inventeurs s'intéressent aux techniques d'enregistrement sonore, et les brevets provoquent quelques querelles judiciaires. Une intense lutte commerciale s'ensuit, chaque compagnie voulant s'accaparer une part d'un marché du disque en pleine croissance. Les fabricants multiplient la variété des enregistrements musicaux et sont obligés de produire des appareils moins coûteux, accessibles aux familles de la classe moyenne.

Les premiers phonographes, qui fonctionnent avec des cylindres de carton ou de plastique recouverts d'une mince couche de cire, sont supplantés au début du XXe siècle par les gramophones, ou tourne-disques, plus faciles et plus économiques à produire en série.

Quoi:

De formes variées, les pavillons des phonographes sont composés de divers matériaux. Certains, comme celui-ci, sont décorés de motifs peints à la main.

Où:

Au début du XXe siècle, les gens qui n'ont pas les moyens de s'acheter un phonographe vont écouter de la musique chez des voisins plus riches ou se rendent dans un commerce qui possède cet article.

Quand:

Le phonographe à cylindre connaît un succès au Québec pendant une cinquantaine d'années, atteignant son apogée entre 1900 et 1910.

Qui:

Le phonographe, premier appareil d'enregistrement et de reproduction sonore, fut inventé en 1877 par Thomas Edison (1847-1931).

M9706
© Musée McCord
Pelote à épingles
1880-1890, 19e siècle
19 x 8 x 8 cm
Don de la succession de Miss Anne McCord
M9706
© Musée McCord

Description:

Cette pelote à épingles du début du dix-neuvième siècle, en laiton et en velours, fut offerte en cadeau à Anne Ross McCord (1807-1870) lors de son mariage à John Samuel McCord (1801-1865) en 1832.


M984.304
© Musée McCord
Table
19e siècle
77 x 48 x 39 cm
Don de M. Maurice Lemay
M984.304
© Musée McCord

Description:

Cette table à thé faite de papier mâché est enjolivée de brindilles fleuries, d'un motif floral ainsi que d'incrustations de nacre illustrant le penchant pour le naturalisme, l'une des caractéristiques principales du néorococo. Plusieurs fabricants produisaient des tables semblables dont l'intérieur était aménagé selon l'usage que le propriétaire désirait en faire. Certaines servaient de nécessaire de couture ou de broderie. Quoi qu'il en soit, ce type d'objet était toujours placé dans le salon, pièce importante de la maison.


M969.22.14.1-4
© Musée McCord
Modèle réduit d'une voiture de pompiers
1880-1900, 19e siècle
Métal
17 cm
Don de Mr. R. H. Gaunt
M969.22.14.1-4
© Musée McCord

Description:

Ce type de modèle réduit de charrette de pompiers fait son apparition sur le marché québécois vers 1880 . Très populaire à la fin du 19e siècle, la plupart des jeunes garçons de classe moyenne en possèdent un. Produit aux États-Unis, il est fait de métal et de bois et les alliages sont en fer forgés.


M15909
© Musée McCord
Tabatière
1800-1825, 19e siècle
5 cm
Don de Mr. David Ross McCord
M15909
© Musée McCord

Description:

Utilisé pour la première fois par les aborigènes d'Amérique du Sud, le tabac à priser ou tabac en poudre, qui provient de la plante Nicotiana tabacum, est introduit en Europe au seizième siècle. Priser du tabac devient rapidement une activité très à la mode en Europe, et au cours des siècles suivants, on produit toute une gamme de contenants les plus sophistiqués pour que les hommes puissent transporter leur tabac avec eux. Cette tabatière en forme de globe est un bel exemple d'émail anglais Battersea. Elle a appartenu à John Samuel McCord (1801-1865), le père du fondateur du Musée, David Ross McCord.

Clefs de l'histoire:

Le tabac à priser, sorte de tabac en poudre, fut introduit en Europe au XVIe siècle après que les Européens y furent initiés par les peuples autochtones d'Amérique du Nord. L'usage du tabac à priser se répandit rapidement en Europe, et au cours des siècles suivants, on produisit toute une gamme de contenants permettant aux hommes de le transporter sur eux.

Cette tabatière en forme de globe terrestre a appartenu à John Samuel McCord (1801-1865), père de David Ross McCord (1844-1930), fondateur du Musée McCord. David Ross McCord a ajouté la tabatière de son père à sa collection d'objets historiques car il considérait les artefacts comme des sujets de recherche essentiels à la découverte de la vérité scientifique . Ayant appris de son père comment constituer et préserver une collection, il maintenait toujours une documentation minutieuse afin d'établir la provenance de ses artefacts .

Au milieu du XIXe siècle, priser du tabac était une activité réservée aux gentlemen. Priser était un art sophistiqué qui consistait à aspirer par le nez une pincée de ce tabac spécial, opération qui était suivie d'un éternuement discret.

Quoi:

Cette tabatière est un exemple d'objet en émail de Battersea. Une couche d'émail blanc a été appliquée sur les deux hémisphères en cuivre, sur lesquelles on a ensuite imprimé une mappemonde par transfert. Le tout a été recouvert de peinture.

Où:

Cette tabatière est recouverte d'émail de Battersea, ainsi nommé d'après la manufacture de York House dans le quartier de Battersea, à Londres, d'où proviendrait ce type d'émail.

Quand:

Au XIXe siècle, les hommes de goût portaient sur eux une petite boîte décorative comme celle-ci dans laquelle ils transportaient du tabac à priser.

Qui:

John Samuel McCord (1801-1865), avocat et juge de Montréal, était le père de David Ross McCord (1844-1930), fondateur du Musée McCord.

M6935
© Musée McCord
Corne à poudre
1759, 18e siècle
7 cm
Gift of Mr. David Ross McCord
M6935
© Musée McCord

Description:

Cette corne à poudre en corne de vache datant du milieu du dix-huitième siècle porte les initiales « IWKR » et la date « 22 1759 ». Les initiales sont sans aucun doute celles du propriétaire de la corne, John Rollo (1736-1762), le « I » étant une forme imprimée de la lettre « J » au dix-huitième siècle. Rollo était membre du 22e Regiment of Foot, le régiment de Cheshire en poste au Canada de 1756 à 1761. Ont également été gravés sur la corne les armoiries royales britanniques, une carte de l'État de New York indiquant la route de la ville de New York au lac Champlain, de même que l'emplacement des forts.


M985.234.1
© Musée McCord
Stéréoscope
Le stéréoscope Mercury
H. C . White Co.
Vers 1905, 20e siècle
19.8 x 17.5 x 32.5 cm
Don de Mr. Bruno Bargelletti
M985.234.1
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

La photographie devient rapidement un soutien essentiel au tourisme. L'épanouissement de la photographie amateure devra attendre la généralisation de l'appareil Kodak inventé par George Eastman vers 1890. Entre-temps, les touristes peuvent prolonger les plaisirs des voyages passés ou rêver de vacances futures en faisant l'acquisition de vues stéréoscopiques et d'un stéréoscope. Cet appareil, qu'on retrouve dans la plupart des foyers bourgeois, crée un effet tridimensionnel; le spectateur se croit plongé au coeur du paysage.

Source : La consommation : une passion victorienne de Joanne Burgess, Université du Québec à Montréal (Consulter l'encadré Voir Aussi sur cette page)

Quoi:

Le stéréoscope est un petit appareil inventé au milieu du XIXe siècle. Il sert à créer un effet tridimensionnel lorsqu'on l'utilise pour visionner des photographies stéréographiques.

Où:

On retrouve le stéréoscope dans un grand nombre de foyers canadiens. Les membres de la famille et leurs invités agrémentent leurs soirées en visionnant des vues stéréographiques; ils ont ainsi l'impression d'être transportés physiquement dans un autre lieu.

Quand:

L'idée du stéréoscope est fort ancienne. L'invention d'un instrument permettant de créer une seule image en relief à partir de deux photographies distinctes doit toutefois attendre d'importantes découvertes en optique et les débuts de la photographie.

Qui:

Fabriqué par la compagnie H. C. White, une entreprise américaine, ce stéréoscope Mercury est un exemple des nombreux modèles sur le marché à la fin du XIXe siècle.

M973.85.6A
© Musée McCord
Récipient avec couvercle
Forêts de l'Est
Autochtone: Mi'kmaq
Anonyme - Anonymous
1900-1925, 20e siècle
13.3 x 14.9 x 22.5 cm
Don de Mr. Edwin Holgate
M973.85.6A
© Musée McCord

Description:

Les décorations en piquants de porc-épic sur de l'écorce de bouleau sont une forme d'art créée par les Mi'kmaq, dont les motifs géométriques traditionnels sont uniques. Dès le milieu du dix-huitième siècle, les objets décorés de piquants de porc-épic sont devenus des marchandises de prix destinées principalement au marché européen des souvenirs artisanaux. Les piquants de porc-épic, qui sont naturellement blancs et dont les extrémités sont noires, étaient teintés au moyen de teintures artisanales ou commerciales. Les extrémités des piquants étaient ensuite insérées dans de l'écorce de bouleau perforée, que les artisans cousaient en des formes aux goûts des acheteurs européens.

Clefs de l'histoire:

À partir de la fin du 17e siècle, le commerce des ouvrages ornés de piquants de porc-épic augmente entre les Mi'kmaq et les Européens, qui expédient ces pièces en France comme objets de curiosité. Il semble que ce type de boîte en écorce de bouleau ait dès lors été fabriqué spécialement pour le marché européen.

Les extrémités des piquants de porc-épic sont insérées dans l'écorce du bouleau, qui est ensuite découpée selon les formes souhaitées par l'artiste. Les motifs géométriques que l'on peut voir ici sont fréquemment utilisés. La signification du chevron, que l'on aperçoit sur le côté des boîtes, demeure obscure. Il peut s'agir d'une représentation du sapin, symbole d'âge vénérable et de grande force.

Quoi:

Il s'agit de boîtes gigognes, chacune d'entre elles pouvant s'insérer dans la plus grande. Elles sont décorées de piquants de porc-épic teints à l'aniline synthétique (disponible après 1860), de racines d'épinette et de glycéries. On y retrouve des motifs géométriques ainsi que l'étoile à huit branches, symbole mi'kmaq du soleil.

Où:

Cet ensemble provient de Nouvelle-Écosse ou du Nouveau-Brunswick.

Quand:

Ces boîtes ont été fabriquées au début du 20e e siècle.

Qui:

On ignore le nom de l'artiste - sans doute une femme - qui a fabriqué ces boîtes. Par ailleurs, on sait que l'ensemble a été donné au musée McCord par un peintre canadien, Edwin Headley Holgate (1892-1977), qui s'est beaucoup intéressé aux Premières Nations du Canada. Il fut membre du Groupe des Sept.

M11030
© Musée McCord
Pipe
Forêts de l'Est
Autochtone : Anishinaabe?
Anonyme - Anonymous
1760-1780, 18e siècle
9 x 3.5 x 17.5 cm
Don de la Natural History Society of Montreal
M11030
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

LES OUTILS DES DIPLOMATES AUTOCHTONES

Ce fourneau de pipe à effigie est un objet rare d'une exécution et d'une beauté exceptionnelles. Le fourneau a été sculpté de manière à représenter un visage masculin, et il est décoré de motifs peints qui évoquent la présence de tatouages ou de peinture de guerre. Les oreilles sont fendues et enroulées avec du fil de laiton, une pratique adoptée par certains autochtones et que des observateurs européens du 18e siècle ont pris soin de décrire. De délicats tuyaux de plumes sont fixés de chaque côté du visage. La créature chevaline lovée derrière la tête pourrait représenter un manito du monde souterrain.

Les diplomates autochtones étaient très habiles pour créer des liens de parenté symboliques. Ainsi, on s'adressait aux étrangers autochtones et aux Européens comme s'ils étaient des « parents » et on les accueillait comme tels. Les présents étaient échangés à la fois pour établir et renforcer ces liens. La pipe ou calumet de paix était un élément important du protocole utilisé par les diplomates. En présentant un calumet, un diplomate pouvait marcher sans crainte parmi les ennemis, et lorsque les négociations étaient fructueuses, une grande cérémonie du calumet ratifiait la paix.

Quoi:

Voici un fourneau de pipe en bois avec des incrustations de plomb et de laiton. Il s'agit d'un objet rare et ancien. Le fourneau a été sculpté de manière à représenter un visage masculin, et il est décoré de motifs peints qui évoquent la présence de tatouages ou de peinture de guerre. La créature chevaline lovée derrière la tête pourrait représenter un manito du monde souterrain. Le tuyau de la pipe est manquant.

Où:

D'après le style du fourneau, incluant les éléments décoratifs sur l'effigie, la pipe aurait été fabriquée dans les Forêts de l'Est, possiblement dans la région des Grands Lacs.

Quand:

Des comparaisons effectuées avec différents fourneaux de pipes appartenant à d'autres collections muséales nous permettent d'avancer que la pipe a probablement été sculptée entre 1760 et 1780.

Qui:

Ce fourneau de pipe a été sculpté dans un style qui rappelle le travail de groupes autochtones vivant autour des Grands Lacs, probablement les Anishinaabe. La pipe a été acquise par sir George Duncan Gibb (1821-1876), un Montréalais qui a occupé les fonctions de bibliothécaire et conservateur à la Natural History Society of Montreal.

ME982X.86.1
© Musée McCord
Lunettes de neige
Arctique
Inuit
Anonyme - Anonymous
1865-1900, 19e siècle
2.6 x 10.8 cm
ME982X.86.1
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Les lunettes de neige étaient un élément important de l'équipement d'un chasseur ou d'un voyageur inuit. Elles témoignent bien de l'ingéniosité déployée par les Nunavimmiut pour survivre dans un environnement difficile. Au Nunavik, la glace et la neige recouvrent le sol et la mer pendant près de neuf mois par année, réfléchissant et intensifiant les rayons du soleil. Un chasseur qui s'aventurait à l'extérieur sans ses lunettes de neige risquait fort d'être atteint de cécité des neiges, forme pénible de cécité temporaire causée par une exposition aux rayons ultraviolets. Bien que cette condition fût habituellement temporaire, la personne atteinte se retrouvait dans un état d'incapacité.

Quoi:

Ces lunettes de neige ont été taillées dans un seul morceau de bois. La corde en tendon tressé permettait de les attacher. L'intérieur des lunettes est enduit de suie noire autour des fentes afin d'empêcher l'éblouissement causé par la réflexion des rayons du soleil. Les lunettes étaient également fabriquées en ivoire ou en andouillers de caribou.

Où:

Nous ignorons où ces lunettes ont été acquises, et leur style n'est pas suffisamment caractéristique pour nous permettre d'établir avec certitude d'où elles proviennent.

Quand:

Cette paire de lunettes de neige a probablement été fabriquée entre 1865 et 1900. Les lunettes de neige ont sans aucun doute été utilisées par les Inuits durant des siècles, et elles sont encore portées de nos jours par les Inuits qui pratiquent la chasse de manière traditionnelle.

Qui:

Nous ignorons qui a fabriqué ces lunettes. Chaque chasseur fabriquait sans doute ses propres lunettes.

M20409.1-2
© Musée McCord
Chaussures
Vers 1880, 19e siècle
13 x 6 cm
Don de la succession de Mrs. Sheldon Stephens
M20409.1-2
© Musée McCord

Description:

Ces chaussures ont appartenu à Mme Sheldon Stephens, une Montréalaise individualiste qui appréciait les arts. Elle habitait rue de la Montagne dans une spacieuse résidence où elle avait l'habitude de recevoir beaucoup. Elle-même fut l'invitée d'aussi remarquables personnalités européennes que l'écrivain Oscar Wilde et le pianiste Jan Paderewski. Elle jouait du piano et possédait pas moins de deux pianos à queue dans son salon. Ces chaussures, qui ne sont pas typiques de l'époque, reflétaient l'expression du goût chez une personne. Le pied lacé est en cuir fin de couleur noire, tandis que le bout, l'empeigne et les quartiers en velours bourgogne sont tous décorés d'une somptueuse broderie à la turque de fil métallique. Cet accessoire ne passait pas inaperçu.


M986.216.1B
© Musée McCord
Sculpture
R. Légaré
20e siècle
34 x 8 x 5 cm
Don de Mr. David Lank
M986.216.1B
© Musée McCord

Description:

Les thèmes de l'agriculture et des habitants ruraux étaient très populaires à l'époque. Ces deux personnages de style naïf ont été produits par R. Légaré, sculpteur de la région de l'Île d'Orléans. On dit de ces sculptures qu'elles ont été exécutées à la hâte, notamment parce qu'elles esquivent toutes deux la difficulté que représente la taille des mains.


M999.38.1
© Musée McCord
Machine à laver
1920, 20e siècle
118 cm
Don de Eaton Canada
M999.38.1
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Longtemps considérée comme la pire corvée ménagère, la lessive s'échelonnait autrefois sur plusieurs jours.

En fait, cette corvée en plusieurs étapes était tellement pénible que les familles qui en avaient les moyens préféraient confier leurs lessive et repassage à des aides domestiques ou faire porter leur linge à la blanchisserie. Le travail à la blanchisserie permettait d'ailleurs aux femmes des milieux défavorisés d'augmenter le revenu familial.

Les premiers essais de mécanisation de la lessive ont lieu dans les années 1890. Au début, plusieurs machines reproduisent chacune les différents cycles de la lessive, mais toutes doivent être actionnées manuellement. Au cours des premières décennies du XXe siècle, des moteurs électriques seront ajoutés à ces machines - progrès qui allégera véritablement la tâche des femmes.

Quoi:

Cette machine à laver porte l'inscription « Improved Imperial Washer. T. Eaton Co. Ltd. Canada ».

Où:

Le catalogue de 1901de la Timothy Eaton Co. propose quelques modèles de machines à laver dont le coût varie de 2,50 $ à 3,65 $.

Quand:

Il fallut plusieurs années pour découvrir le matériau idéal des cuves des machines à laver. Après le bois des années 1890 vint le métal des années 1910, qui fut à son tour remplacé dès les années 1930 par de l'acier émaillé, ce métal ayant prouvé sa résistance à toute une gamme de températures.

Qui:

Les employeurs (familles bourgeoises) ne se décident que très progressivement à acheter de nouveaux appareils ménagers car le personnel domestique était abondant et bon marché.

N-1975.41.1-138
© Musée McCord
Album photographique
Album de la famille Notman en cuir bleu foncé, 1870-1940
Adolphe
1890-1940, 19e siècle ou 20e siècle
42 x 33 x 7 cm
Don de la succession James Geoffrey Notman
N-1975.41.1-138
© Musée McCord

Description:

Cet album réunit des photographies de la famille du photographe montréalais William Notman datant de 1870 à 1940. Cinq générations de Notman y sont représentées.


ACC1194
© Musée McCord
Bol
Côte du Nord-Ouest
Autochtone: Haïda
Anonyme - Anonymous
1790-1820, 18e siècle ou 19e siècle
12.9 x 16 x 29.7 cm
Don du Dr. George Mercer Dawson
ACC1194
© Musée McCord

Description:

La collection du Musée McCord comprend quelques-unes des plus anciennes et des plus belles assiettes de festin haida du monde entier. Cette collection a été réunie dans les années 1860 par George Mercer Dawson, l'un des directeurs de la Commission géologique du Canada. Les bols de cèdre jaunes au décor profondément incisé luisent en raison de la patine laissée par l'huile de phoque et de poisson qu'ils ont jadis contenue. L'iconographie de ces pièces figure parmi les plus complexes de tout le répertoire artistique haida.


M1078.9-10
© Musée McCord
Mocassin
Forêts de l'Est
Autochtone: Iroquois
Anonyme - Anonymous
1900-1915, 20e siècle
8.5 x 8.2 x 23 cm
Don de Mr. David Ross McCord
M1078.9-10
© Musée McCord

Description:

À compter du milieu du dix-neuvième siècle, les Iroquois, et particulièrement les nations mohawk et tuscarora, ont produit toutes sortes d'objets de perles destinés à être vendus dans des lieux de villégiature populaires. Les artisans installaient leurs kiosques à Kahnawake et à Niagara Falls, où les touristes pouvaient acheter de beaux ouvrages de perles comme souvenirs. Ces mocassins perlés, qui datent du début du vingtième siècle, sont un bon exemple des ouvrages de perles qui pouvaient être créés soit pour les autochtones mêmes, soit pour le marché touristique. Aujourd'hui, les ouvrages de perles constituent encore chez les Iroquois une importante forme d'expression culturelle.


M9812
© Musée McCord
Étui
Forêts de l'Est
Autochtone: Huron-Wendat
Anonyme - Anonymous
1875-1900, 19e siècle
5 x 18.4 cm
Don de la succession de Miss Anne McCord
M9812
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Dès la fin du 18e et le début du 19e siècle, le village de Lorette accueille des visiteurs, des officiers britanniques et leurs épouses pour la plupart, attirés par la curiosité. Tout au long du 19e siècle, les Huronnes-Wendates vont jouer un rôle prépondérant dans la fabrication d'attrayants objets destinés aux visiteurs soucieux de rapporter avec eux des témoins matériels de leur passage à Lorette. Ce qui caractérise l'art touristique de l'époque est l'ingéniosité avec laquelle les Huronnes-Wendates fabriquent des objets d'inspiration victorienne, qu'ils soient usuels ou de fantaisie. Ces objets d'apparence européenne, tels que cet étui à mouchoirs, sont fabriqués avec des matériaux traditionnels et présentent des styles et des motifs décoratifs propres à la culture huronne-wendate.

Quoi:

Il s'agit d'un étui à mouchoirs en soie rose dont la base et le rabat sont en écorce de bouleau. Il pouvait aussi servir d'étui à gants. Les broderies à motifs floraux sont riches et les teintes végétales sont vives.

Où:

Des étuis comme celui-ci étaient confectionnés à Wendake et destinés à la vente aux touristes à Wendake et à Québec.

Quand:

Cet étui a été réalisé entre 1875 et 1900.

Qui:

Les femmes huronnes-wendates s'inspiraient de la mode victorienne pour réaliser des travaux d'artisanat et créer des objets de ce genre.

M118
© Musée McCord
Pelote à épingles
Forêts de l'Est
Autochtone: Mi'kmaq
Anonyme - Anonymous
1835-1845, 19e siècle
7.1 x 8 cm
Don de Mr. David Ross McCord
M118
© Musée McCord

Description:

Les objets décorés de piquants de porc-épic insérés dans des écorces de bouleau devinrent des marchandises de prix pour les Mi'kmaqs. Les artistes ajoutèrent à leur répertoire de plus en plus de formes européennes : boîtes à bijoux, cartons à chapeaux, pots à fleurs, soucoupes, abat-jour, corbeilles à papier, couvre-théières, berceaux de poupées et toutes sortes de petits contenants - pour placer des cartes à jouer ou présenter des cartes de visite, conserver des cigares, ranger des lunettes, des montres ou encore des aiguilles.

Clefs de l'histoire:

La vente de souvenirs permet aux Mi'kmaq de trouver des débouchés intéressants et de pallier les difficultés liées à la vie en réserve. Pour les Euro-Canadiens, les objets mi'kmaq incarnent l'idée même de l'Amérique, où l'image des autochtones est intimement liée à celle de la nature. Quand les touristes achètent des souvenirs, c'est qu'ils tentent de ramener chez eux des objets qui symbolisent les lieux qu'ils ont visités. Les objets mi'kmaq, tant par leurs matériaux propres à cette nation que par leur puissance d'évocation, satisfont le désir d'« Américanité » de leurs acheteurs.

La pelote d'épingles est un bel exemple d'objet alliant savoir-faire et esthétique mi'kmaq avec les goûts des acheteurs européens. La pelote d'épingles est un accessoire essentiel à la femme de la période victorienne, une partie centrale de son nécessaire de couture, mais elle doit aussi être un objet agréable à contempler. On apprécie de larges pelotes où l'on peut piquer les longues épingles servant à fixer les chapeaux. Des pelotes d'épingles comme celle-ci, en forme de coeur, servent fréquemment de présent à une femme aimée.

Quoi:

Cette pelote d'épingles en forme de coeur est faite de coton, de piquants de porc-épic, de perles de verre et de rubans de soie. Elle est rembourrée de crin de cheval ou d'orignal.

Où:

Cet objet a été confectionné en Nouvelle-Écosse ou au Nouveau-Brunswick.

Quand:

La pelote d'épingles a été fabriquée entre 1875 et 1900.

Qui:

Les touristes se procurent beaucoup de ces pelotes d'épingles qu'ils emportent comme souvenir.

M196
© Musée McCord
Récipient
Forêts de l'Est
Autochtone: Malécite
Anonyme - Anonymous
1865-1900, 19e siècle
8.1 x 13.7 cm
Don de Mr. David Ross McCord
M196
© Musée McCord

Description:

C'est au dix-neuvième siècle que les femmes mi'kmaqs et malécites se mettent à la fabrication de menus objets ornés de perles et d'appliques de rubans destinés à la vente. Nombre d'entre eux, comme cette boîte perlée, les couvre-théières ou les petites bourses, n'ont été conçus que pour répondre aux besoins des européens. D'autres, qui étaient utilisés à l'origine par les Malécites et les Mi'kmaqs, comme les poupées, les modèles réduits de canots, les boîtes ou les mocassins, furent vendus comme souvenirs ou achetés par des collectionneurs d'artisanat autochtone.

Clefs de l'histoire:

L'Amérique dans une boîte

Cette boîte peut illustrer à elle seule les échanges matériels qui ont donné naissance à l'art mi'kmaq actuel. Elle est fabriquée d'écorce de bouleau dont les différentes pièces sont cousues de racine d'épinette noire, utilisée comme fil depuis longtemps. La boîte est aussi faite de velours et de perles de verre, apportés par les nouveaux arrivants européens.

Elle répond donc à la fois au goût de l'époque victorienne pour des contenants de toutes sortes servant à ranger de menus objets, et aux formes mi'kmaq représentant des motifs floraux ou végétaux.

Les échanges commerciaux entraînent aussi des échanges culturels, qui mettent les Mi'kmaq en relation avec les Euro-Canadiens et les autres nations autochtones de l'ouest, des Hurons-Wendats de Lorette aux Iroquois des Six-Nations.

Quoi:

Il s'agit d'une boîte, ou plutôt de ce qu'il en reste, puisque la base a disparu. La boîte est en écorce de bouleau, recouverte de velours noir, étoffe chère aux nations autochtones. Elle est ornée de perles de verre de multiples couleurs, ainsi que de perles d'acier et de laiton.

Où:

On pense que cette boîte provient d'une des communautés malécites du Québec.

Quand:

Il est difficile de dater cette pièce. Tout au plus peut-on avancer qu'elle a été fabriquée au 19e siècle.

Qui:

Le motif floral du perlage de cette boîte indique qu'elle a été fabriquée par une artiste malécite. Les Malécites sont de proches voisins des Mi'kmaq et ils parlent une langue apparentée. Les échanges entre les deux peuples ont été nombreux tout au long de leur histoire.

M72
© Musée McCord
Plateau à cartes de visite
Forêts de l'Est
Autochtone: Mi'kmaq
Anonyme - Anonymous
1875-1900, 19e siècle
2.6 x 21.2 cm
Don de Mr. David Ross McCord
M72
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Partie 2 - Échanges matériels : le marché des objets du tourisme

Les Mi'kmaq trouvent dans la fabrication d'objets d'art une activité qui permet l'expression de leur identité et la recherche de formes artistiques toujours variées.

Les échanges entre Mi'kmaq et Euro-Canadiens apportent rapidement de part et d'autre leur lot de surprises et d'adaptation. La fabrication d'objets d'art devient alors pour les Mi'kmaq une activité rentable. Même s'ils échangent leurs objets décorés depuis leurs premiers contacts avec les Européens, le commerce des souvenirs et objets de curiosité prend toute son ampleur avec le développement du tourisme au 19e siècle. Les Européens veulent prendre la mesure de l'Amérique : ils souhaitent rencontrer ses premiers habitants et, si possible, se procurer quelque chose qui représentera cette rencontre. Les Mi'kmaq se mettent alors à créer des objets à l'usage des touristes européens.

Quoi:

Ce plateau à larges bords est destiné à recevoir des cartes de visite. Le plateau est en écorce de bouleau décorée de rubans de coton, de piquants de porc-épic et de perles de verre.

Où:

Bien que l'on sache qu'il s'agit d'une oeuvre mi'kmaq, on ignore son lieu de fabrication. Un plateau comme celui-ci devait être placé sur une table, dans le hall d'entrée d'une demeure cossue.

Quand:

On estime que ce plateau a été fabriqué entre les années 1875 et 1900, ce qui correspond à la vogue des plateaux à cartes de visite.

Qui:

À l'époque victorienne, au 19e siècle, les visiteurs ont l'habitude de laisser des cartes qui permettent à une maisonnée de « faire le tri » des gens qui souhaitent être reçus. Il existait une complexe étiquette concernant les occasions où les cartes devaient être envoyées et la forme que celles-ci devaient avoir.

ME928.57.3
© Musée McCord
Chapeau
Côte du Nord-Ouest
Autochtone: Haïda
Isabella Edenshaw
1875-1900, 19e siècle
19.5 x 38 cm
Don de l'Art Association of Montreal
ME928.57.3
© Musée McCord

Description:

Charles Edenshaw fut l'un des artistes les plus réputés de la côte du Nord-Ouest. Il peignait entre autres des chapeaux, dont la plupart étaient tissés par son épouse Isabella, également renommée pour les paniers qu'elle fabriquait. Nous savons que ce chapeau, dont George Mercer Dawson a fait l'acquisition dans les années 1870, a été peint par Edenshaw car il porte son emblème ou sa « signature » : une étoile à quatre pointes dont chacune est divisée en segments rouges et noirs. Si Charles Edenshaw a produit de nombreuses pièces traditionnelles qui devaient être utilisées par la communauté haida, une grande partie de ses oeuvres -- dont fort probablement ce chapeau -- étaient destinées à être vendues à des non-autochtones.


M4936
© Musée McCord
Alène
Arctique de l'Ouest
Inuit : Yu'pik
Anonyme - Anonymous
1900-1915, 20e siècle
Ivoire, pigment
0.7 x 11.6 cm
Don de Mrs. J. B. Learmont
M4936
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Comme les aiguilles en os se brisaient facilement lorsqu'elle cousait de la peau épaisse, la couturière inuite se servait d'une alène (kaputaq) pour percer un trou pour le point de couture. Les alènes sont fabriquées dans des matériaux solides, comme de l'os, de l'ivoire ou du métal. Si la couturière n'avait pas d'alène à sa disposition, elle se servait d'un outil pointu, d'un fragment d'os ou du coin d'un ulu afin de percer le trou pour l'aiguille. Les alènes peuvent aussi être employées pour percer de gros trous dans les peaux de phoque qu'on installe sur les séchoirs, ou dans les peaux qui servent à recouvrir les kayaks.

Les outils des femmes, incluant les alènes, sont souvent décorés de manière élaborée par les hommes et sont des objets auxquels les femmes attachent beaucoup de prix. La forme de cette alène ressemble au corps allongé d'un animal, possiblement une loutre de mer. Le corps est décoré de lignes incisées qui représentent de manière fantaisiste un phoque, un poisson, un mammifère à fourrure et de la végétation.

Quoi:

L'os qui a servi à fabriquer cette alène a été poli et arrondi pour offrir une prise confortable. L'extrémité se termine par un bout suffisamment pointu pour pouvoir percer un trou dans une peau coriace. Nous ignorons de quel type d'os -- phoque, caribou, ours ou défense de narval ou de morse -- il s'agit.

Où:

Cette alène est analogue à celles que fabriquaient les hommes de la nation yup'ik dans le sud-ouest de l'Alaska. Ils prenaient grand plaisir à représenter des créatures mythologiques comme le phoque, le poisson et la créature ressemblant à une belette qui figurent sur cette alène-ci.

Quand:

Bien que la fabrication des alènes remonte à des temps préhistoriques, cet exemple-ci date du début du 20e siècle. Les Sibériens et les Alaskiens s'échangeaient des objets de leur culture matérielle, ce qui explique la similitude de leurs motifs décoratifs.

Qui:

Le style de cette alène nous indique qu'elle a été fabriquée par un membre de la nation yup'ik dans le sud-ouest de l'Alaska. Cette région est une toundra côtière dominée par d'importants réseaux fluviaux. Les hommes qui sculptaient et décoraient les outils s'inspiraient de la flore et de la faune locale pour réaliser leurs motifs débordant d'imagination.

M18512
© Musée McCord
Plateau à cartes de visite
Forêts de l'Est
Autochtone: Huron-Wendat
Anonyme - Anonymous
1840-1860, 19e siècle
4.9 x 28 x 38 cm
Don de la succession de Miss J. J. MacFarlane
M18512
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Les Huronnes-Wendates adaptent leur artisanat aux besoins et aux goûts des gens du milieu bourgeois. À l'époque victorienne, la mode est de laisser dans le hall des maisons un plateau afin que les invités puissent y déposer leur carte de visite. Ces plateaux, de même que de petits étuis (format carte) en écorce de bouleau délicatement brodés avec du poil d'orignal, font des cadeaux très prisés à l'époque, et les Huronnes-Wendates en fabriquent en grande quantité, dans la quiétude de leur foyer. Les plus spectaculaires présentent des fleurs et des motifs variés, tandis que d'autres illustrent des scènes de la vie quotidienne dans la communauté. On en retrouve aussi avec de magnifiques oiseaux brodés.

Quoi:

Ce plateau en écorce était destiné à recevoir les cartes de visite des gens. On en retrouve de magnifiques dans la collection de Lord Elgin (1811-1863), James Bruce de son nom, 8e comte d'Elgin et 12e comte de Kincardine, administrateur colonial britannique et diplomate, mieux connu en tant que gouverneur général de la Province du Canada et viceroy de l'Inde. À l'époque victorienne, ces plateaux à cartes de visite sont l'une des spécialités des Huronnes-Wendates. Ils se présentent sous plusieurs formes et son décorés de différents motifs brodés.

Où:

Ce sont les artisanes du village de Wendake qui fabriquaient de superbes plateaux comme celui-ci. La plupart sont en écorce de bouleau sur laquelle la broderie a été exécutée, tandis que d'autres sont recouverts d'étoffe rouge ou noire joliment brodée au crin d'orignal.

Quand:

Largement inspiré et influencé par la mode victorienne de l'époque, ce magnifique plateau servant à recevoir les cartes de visite a été réalisé au milieu du 19e siècle, soit entre 1840 et 1860.

Qui:

Les femmes huronnes-wendates de Wendake, en banlieue de Québec, sont les habiles artisanes qui fabriquaient ces magnifiques plateaux brodés au crin d'orignal. On dit même qu'à l'époque, la femme de Lord Elgin (alors gouverneur général du Canada) serait venue à Lorette afin d'apprendre elle aussi l'art de la broderie en poil d'orignal.

M992.110.10
© Musée McCord
Modèle réduit de tramway
1900-1920, 20e siècle
Bois
29 x 115 cm
Don de la succession de M. Omer Lavallée
M992.110.10
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

L'utilisation de ce modèle réduit d'un type de tramway utilisé à Montréal au début du XXe siècle ne peut être établi. Il peut aussi bien s'agir d'une maquette démonstrative ou d'un jouet d'enfant que d'un objet de collection.

L'électrification du tramway, amorcée en 1892, a des effets sans précédent sur le réseau de transport public montréalais. Plus fiable que la traction animale, l'électricité permet de doter les véhicules de moteurs plus puissants. Ce progrès double, puis quadruple, la vitesse des tramways tout en augmentant leur capacité d'accueil. La perche sur la toit du tramway est un trolley, dispositif qui roule ou glisse sur des fils aériens et qui alimente le tramway en électricité.

L'influence de cette nouvelle technique va au-delà des services de transport public dans la mesure où l'aménagement d'un réseau de fils électriques permet aussi d'éclairer les rues de la ville.

Quoi:

Le toit arrondi de ce véhicule, appelé Montreal roof, caractérise les tramways fabriqués à Montréal entre 1896 et 1913.

Où:

Les portes d'entrée des passagers étaient situées à l'arrière des tramways.

Quand:

Le premier circuit rue Saint-Denis est implanté en 1874.

Qui:

Le tramway qui passait la rue St-Denis pouvait être rempli d'étudiants car la rue était devenue le centre intellectuel de la ville grâce à l'Université Laval de Montréal et à la bibliothèque Saint-Sulpice.

M976.141
© Musée McCord
Machine à écrire
Smith Premier Typewriter Co.
1895-1910, 19e siècle ou 20e siècle
24.5 x 36.8 x 26.8 cm
Don de Miss Gwyneth Bedford-Jones
M976.141
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

La première machine à écrire commerciale apparaît sur le marché au début de l'année 1874 et changera radicalement la façon dont les affaires étaient menées.

Dans les années 1870, les premières machines à écrire ont de la difficulté à trouver preneur en raison des conditions économiques difficiles et des imperfections de la machine elle-même . De plus, la société nord-américaine de l'époque n'est pas à l'aise avec l'idée d'une « écriture mécanique ». En effet, la coutume veut que toute correspondance, privée ou autre, soit rédigée à la main.

Dans les années 1880, avec le développement du concept de la gestion , le travail se spécialise; certains s'occupent de la correspondance, d'autres tiennent les comptes. Dans ce contexte, la machine à écrire trouve sa place . Alors que les entreprises deviennent de plus en plus grandes et impersonnelles, les gens en viennent à abandonner l'idée que les lettres d'affaires soient soumises aux mêmes règles que la correspondance personnelle.

Quoi:

La machine à écrire permettait à l'utilisateur de produire des signes graphiques ressemblant aux caractères d'imprimerie beaucoup plus rapidement qu'à l'aide d'un stylo.

Où:

Cette machine à écrire a été utilisée à Montréal par Mlle Gwyneth Bedford-Jones.

Quand:

Cette machine à écrire modèle no 4 a été fabriquée en 1900 par la compagnie Smith de Syracuse, dans l'État de New York.

Qui:

Cette machine à écrire Smith modèle no 4 a pu être vendue à Montréal par Wm. M. Hall & Co. qui figure comme agent de la compagnie Smith dans le Lovell's Montreal Directory de 1901-1902.

M970.92.1.1-4
© Musée McCord
Lanterne magique
1879-1900, 19e siècle
28.5 x 15.5 cm
Don de Mr. Richard C. Webster
M970.92.1.1-4
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Une lanterne magique est un appareil optique qui permet de créer une image illuminée sur une surface. Ce système de projection est connu depuis l'Égypte antique, mais il faut toutefois attendre le début du XIXe siècle et la découverte de sources lumineuses plus puissantes pour que les lanternes magiques gagnent en popularité .

Avant la seconde moitié du XIXe siècle, les projections de lanterne magique sont surtout considérées comme des spectacles ou divertissements dont les thèmes sont essentiellement reliés à l'actualité, aux voyages ou aux grandes explorations. Vers la fin du XIXe siècle, les lanternes magiques, qui utilisent lors des plaques photographiques de verre, ont une très grande valeur pédagogique.

Quoi:

Cette lanterne magique fonctionne grâce à une lampe à pétrole, mais divers combustibles ont été utilisés pour produire la lumière des lanternes magiques, dont des huiles végétales ou de la chaux vive, avant l'utilisation de l'électricité.

Où:

Les lanternes magiques étaient largement utilisées pour illustrer des conférences. À l'Université McGill, les professeurs y avaient amplement recours pour enseigner.

Quand:

Cette lanterne magique a été fabriquée entre 1879 et 1900.

Qui:

Géologue de renom, Franck Dawson Adams (1859-1942, enseignant à McGill de 1889 à 1924, est l'un des premiers professeurs de l'université à utiliser la lanterne magique à des fins didactiques.

M981.49.3.1
© Musée McCord
Lunettes de train
1880-1900, 19e siècle
2.3 x 10.5 cm
Don de St. Peter's Church
M981.49.3.1
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Jusque là peu développée, l'industrie de la lunetterie prend son essor durant la seconde moitié du XIXe siècle.

Les lunettes des années 1860 sont de petite taille et de forme elliptique, et les montures sont parfois en acier ou en argent. Le style, les dimensions et les matériaux se diversifient à partir des années 1890.

Ces lunettes de train sont dotées de petits grillages destinés à protéger les yeux non seulement des insectes, de la poussière et des rafales de vents, mais aussi des cendres produites par la locomotive qui se répandent dans les wagons par les fenêtres ouvertes. Les verres sont teintés de vert, couleur fort répandue au XIXe siècle, avec le bleu. À l'époque, certains spécialistes recommandent fortement ce type de lentilles colorées, tandis que d'autres affirment qu'elles nuisaient à la vision.

Quoi:

La teinte de ces lunettes a l'avantage de protéger des rayons du soleil.

Où:

Ce type de lunettes servait à protéger les yeux de la poussière, des cendres et du vent qui entraient par les fenêtres ouvertes des trains.

Quand:

Les lunettes de soleil à proprement parler ne seront véritablement à la mode que vers la fin des années 1930.

Qui:

Au XIXe siècle, certaines femmes soucieuses de leur apparence n'auraient jamais osé paraître en public chaussées de lunettes, estimant que les lunettes les défiguraient.

M991X.2.138
© Musée McCord
Interphone
Stanley & Paterson
1900-1910, 20e siècle
32.1 x 16 cm
M991X.2.138
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Une partie de la fortune de sir Hugh Allan vient du domaine des communications où il investit dans le secteur du télégraphe puis dans celui du téléphone, deux sphères d'activités à l'avant-garde des derniers perfectionnements techniques.

En 1852, sir Allan est nommé président de la Montreal Telegraph Company. Les financiers montréalais tiennent alors à pénétrer les grands marchés anglais et américain pour connaître les dernières transactions commerciales.

Les premiers réseaux téléphoniques utilisant les lignes de deux compagnies télégraphiques concurrentes, la Montreal Telegraph et la Dominion Telegraph, apparaissent en 1879 . Le téléphone révolutionne les communications car il devient possible de s'entretenir directement avec son interlocuteur, sans passer par un intermédiaire.

Les deux compagnies de télégraphe n'hésitent pas à offrir le service gratuit aux médecins et aux ministres du culte pour permettre l'expansion du réseau téléphonique . En 1880, le rachat des droits sur le téléphone par la nouvelle compagnie de téléphone Bell met un terme à cette concurrence .

Quoi:

L'interphone est un appareil téléphonique intérieur qui permet de communiquer avec une personne dans une autre pièce.

Où:

Tel qu'inscrit sur l'appareil, cet interphone reliait le solarium, la bibliothèque, la cuisine, la salle des cartes (?) et l 'office (la pièce où les domestiques préparaient le service de la table).

Quand:

Alexander Graham Bell, inventeur d'origine écossaise, établit la première communication téléphonique au Canada, entre Brantford et Paris en Ontario, le 26 juillet 1874.

Qui:

En 1878, sir Hugh Allan est l'une des premières personnes à effectuer un appel interurbain au Canada. Il téléphone de Montréal à la princesse Louise, à Ottawa.

M21244
© Musée McCord
Flacon de parfum
1880-1910, 19e siècle ou 20e siècle
Don de la Succession Sims
M21244
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Au XIXe siècle, les dames comme il faut n'utilisent aucun produit de beauté, tel le fard rouge. Seules les essences florales légères constituent des parfums acceptables.

Une annonce de 1896 pour le grand magasin de Montréal, John Murphy's, vantait les « célèbres parfums de Louis R. Harrison de New York ». Parmi les essences énumérées, vendues 39 ¢ l'once, figurent le rose virginal, le jasmin et le muguet. Nul doute que ce petit flacon de verre conçu pour une pochette de soirée de dame devait contenir un parfum favori.

Les dames de l'époque victorienne transportent toujours également avec elles leur flacon de sels, composé ammoniacal, dont la forme évoque un flacon de parfum. La femme qui s'évanouissait revenait à elle en respirant ses sels, puis appliquait un peu de parfum sur son front pour se recomposer une dignité.

Quoi:

Un ruban de velours entremêlé à la chaîne de ce flacon de parfum de verre bleu turquoise foncé, agrémenté d'un filigrane de couleur or, permet de porter celui-ci autour du cou à la manière d'un ravissant pendentif.

Où:

Placé dans une pochette de soirée, ce flacon de parfum a pu avoir fréquenté de nombreuses soirées dansantes, voire un grand bal à l'hôtel Windsor, coeur des activités sociales de Montréal.

Quand:

Au XIXe siècle, Montréal compte de nombreuses bijouteries de qualité, tel le magasin Henry Birks qui vend de ravissants accessoires.

Qui:

Le motif de ces deux tourtereaux figurant dans le filigrane en or raffiné laisse à penser qu'un jeune homme a pu avoir offert ce flacon à sa fiancée lors d'une occasion spéciale.

M976.4.5
© Musée McCord
Corset
P. C. Corsets
Vers 1915, 20e siècle
38.2 cm
Don de Miss Adele Stuart
M976.4.5
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Ce corset pourrait symboliser la transition entre la rigidité des structures sociales imposées aux femmes au XIX e siècle et la plus grande liberté et le suffrage universel propres au XXe siècle.

Au XIXe siècle, les fillettes s'habituent très jeunes à être sanglées dans des corsets qui compriment leur corps jusqu'à obtenir le tour de taille désirée. Malgré les nombreuses inquiétudes entourant des risques pour la santé que représente cette coutume, la forme est dictée par la mode, non par un souci de santé. Toutefois, les femmes commencent vers la fin du siècle à pratiquer certains sports, dont le tennis, le golf et la bicyclette, d'où le besoin de sous-vêtements plus légers et plus confortables et la simplification des courbes exagérées du début du siècle (1890-1910). Ce corset, même s'il est bien plus léger que d'autres corsets du XIXe siècle, compte néanmoins de nombreuses baleines.

Pendant la Première Guerre mondiale (1914-1918), les femmes occupent avec succès différents emplois dans le commerce et l'industrie et acquièrent ainsi un sentiment d'indépendance. La forme de la silhouette et les coutumes sociales deviennent moins rigides.

Quoi:

Une fois fermé au moyens d'agrafes placées sur le devant, la taille de ce corset s'ajuste grâce à un laçage dans le dos. Le vêtement demeure rigide - le seul élastique étant celui des jarretières.

Où:

Ce corset d'été était porté avec des vêtements un peu plus légers, mais toujours assez sévères.

Quand:

Un corset du même genre annoncé en 1916 promettait d'offrir « les courbes gracieuses décrétées par la mode de l'époque ».

Qui:

Ce corset ne semble pas avoir été porté, mais il a été conçu pour une silhouette menue.

M970.26.48.1-2
© Musée McCord
Chaussures
Eaton Canada
Vers 1885, 19e siècle
10 x 6 x 23.5 cm
Don de T. Eaton Co. Ltd.
M970.26.48.1-2
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Depuis le début du XIXe siècle, les chaussures pour femmes étaient habituellement dépourvues de talons. Mais dans les années 1870, la chaussure se dote d'un élégant talon bas.

Le talon bas de cette chaussure était appelé un «talon Louis », en référence à Louis XIV, le Roi Soleil, qui adorait danser. Le cuir de ces chaussures est un délicat chevreau traité à l'aniline, un des nouveaux colorants chimiques mis au point dans les années 1860, qui donne au cuir un aspect métallique. Seule partie de la chaussure visible sous les longues jupes de l'époque, le bout est décoré de perles métalliques noires.

Ce type de chaussures décoratives fut très populaire pendant de nombreuses années. En fait, on peut voir des chaussures semblables, avec un bout pointu modernisé, dans le catalogue de 1901 du magasin Eaton qui les offrait à 2,50 $.

Quoi:

Ces chaussures sont en chevreau de couleur bronze. Une courroie à bouton croise le coup-de-pied et le bout est décoré de perles noires. Le nom de « T. Eaton Company Limited, Toronto » a été imprimé en relief sur la semelle.

Où:

Le nom d'aucun fabricant ne figure sur les chaussures, puisqu'elles ont probablement été fabriquées exclusivement pour Eaton.

Quand:

Timothy Eaton a ouvert sa première boutique à Toronto en 1869. Dès les années 1880, cette petite boutique était devenue un magasin à rayons, et son catalogue de vente par correspondance permettait aux clients de tout le Canada de faire leurs achats chez Eaton.

Qui:

Les chaussures en disent long sur leur propriétaire, à la condition qu'on prenne la peine de bien les examiner. Cette paire de chaussures a été portée principalement à l'intérieur, peut-être avec une robe d'après-midi à l'heure du thé, étant donné que les semelles ne montrent presque aucun signe d'usure.

M970.23.43.1
© Musée McCord
Animal en peluche, éléphant
Vers 1907, 20e siècle
Laine? (peluche, broadcloth), soie? (velours), métal, verre
62 cm
Don de Mrs. William Van Horne
M970.23.43.1
© Musée McCord

Description:

Cet éléphant en peluche a appartenu à William Van Horne (1907-1946), le petit-fils de William Cornelius Van Horne (1843-1915) qui fut le président du chemin de fer du Canadien Pacifique entre 1888 et 1899. Une photo du gamin s'amusant avec l'éléphant (1909) se trouve dans la collection du studio Notman conservée au Musée (voir la photo II-172906).

À la fin du 19e siècle et au début des années 1900, plusieurs jouets qui se retrouvent sur le marché canadien proviennent d'Allemagne. Si nous ignorons où cet éléphant a été fabriqué, il ressemble à certains éléphants à roulettes produits par l'un des plus importants fabricants industriels de jouets en peluche de l'époque, la compagnie allemande Steiff. Avant de fonder son entreprise en 1893, Margarete Steiff commence par fabriquer quelques pelotes à épingles en forme d'éléphant dans les années 1880. Une fois sa compagnie mise sur pied, elle lance sur le marché différents types d'animaux dotés, comme cet éléphant, d'un cadre rigide permettant de les tirer sur roulettes ou de grimper sur leur dos. L'entreprise sera surtout reconnue pour ses ours en peluche, produits à partir de 1903.


M990.778.7
© Musée McCord
Grille-pain électrique
1920-1940, 20e siècle
18.8 x 26 x 12 cm
Don de la succession de Mrs. E. T. (Helen) Renouf
M990.778.7
© Musée McCord

Description:

Au cours des années 1920 et 1930, de nombreuses publicités vantent les mérites d'une panoplie de nouveaux appareils électriques devant faciliter les tâches domestiques de la femme « moderne ». Le grille-pain électrique automatique fait partie de ces objets révolutionnaires.

Avant l'avènement de l'électricité, le pain était grillé dans l'âtre, sur une cuisinière au bois ou au gaz, au moyen de fourchettes, de grilles ou d'autres instruments. Puis, au début du XXe siècle apparaissent les premiers grille-pain qui ne sont cependant pas électriques et qui n'éjectent pas le pain automatiquement . C'est à l'Américain Charles Strite, du Minnesota, qu'est attribuée l'invention du grille-pain électrique automatique, qui ne sera produit massivement que vers la fin des années 1920.

Les formes de ce grille-pain peuvent être associées au courant Art Déco et plus particulièrement au style streamline (ou aérodynamique), en vogue dans les années 1930, inspiré de l'aérodynamisme et des lignes fluides des avions. Les intérieurs domestiques dotés d'équipements et d'accessoires électriques de style Art Déco deviennent chose commune à cette époque. Caractérisés par leur simplicité et leur fonctionnalité, ces appareils font d'abord leur apparition dans la cuisine et la salle de bain.


M974.81.60.1-4
© McCord Museum
Phonographe (jouet)
1930-1950, 20e siècle
44 x 45 x 34.8 cm
Don de Mrs. Nora Murchison
M974.81.60.1-4
© McCord Museum

Clefs de l'histoire:

Au tournant du 20e siècle, un mouvement pour l'éducation des enfants prend naissance aux États-Unis et atteint bientôt le monde scolaire canadien. Progressivement, les provinces adoptent des lois rendant obligatoire l'instruction scolaire (en Ontario en 1891, au Québec en 1943). Des réformistes valorisent une éducation centrée sur l'élève, où la motivation et l'épanouissement personnel sont au coeur des apprentissages. Ils se questionnent sur les approches pédagogiques, sur les aspects pratiques de la formation et sur le bien-être des enfants à l'école. Cette approche a une incidence sur l'enseignement de la musique en milieu scolaire au moment où se répandent de nouveaux outils de diffusion de la musique : la radio et le gramophone. Dans ce contexte, des compagnies de phonographe se lancent même dans la production de matériel pédagogique.

Quoi:

Ce phonographe permet de faire jouer des disques 78 tours, c'est-à-dire qui effectuent 78 tours par minute sur l'appareil. Ces premiers disques seront remplacés par des microsillons en vinyle de 45 ou de 33 tours par minute.

Où:

L'Allemand Émile Berliner (1851-1929), inventeur du gramophone et du disque plat, ouvre à Montréal en 1897 une usine de fabrication de disques, la Berliner Gramophone Company, puis un studio d'enregistrement rue Peel.

Quand:

En 1888, Émile Berliner invente le disque plat, support d'enregistrement qui remplace peu à peu les cylindres de cire et de métal sur lesquels on enregistrait la voix et la musique depuis 1877.

Qui:

Le Français Charles Cros (1842-1888) a l'idée d'un appareil d'enregistrement et de reproduction du son en 1877. La même année, l'Américain Thomas Edison (1847-1931) dépose le brevet du phonographe.

M996X.2.759
© Musée McCord
Tourne-disque
Victor Talking Machine Co.
1902-1925, 20e siècle
29.5 x 42 x 39 cm
M996X.2.759
© Musée McCord

Description:

Ce tourne-disque a été fabriqué aux États-Unis par la compagnie Victor Talking Machine et a été distribué au Canada par la compagnie Berliner Gramophone Co. Limited, de Montréal. Il s'agit du modèle VV-VI (Victor Victrola VI), qui semble avoir été commercialisé entre 1911 et 1925 . Le premier modèle Victrola a été lancé en 1906.

En 1900, Emile Berliner, qui avait obtenu 13 ans plus tôt un brevet pour son gramophone, son disque horizontal et la matrice pour l'imprimer, installe son entreprise à Montréal. Il y fabrique et distribue de nombreux disques et tourne-disques . Pour sa part, l'entreprise américaine Victor Talking Machine entretient différents liens d'affaires avec la compagnie de Berliner, jusqu'à ce qu'il la rachète en 1924.

Ce tourne-disque est doté d'un pavillon interne, intégré à même sa base de bois, permettant de contrôler l'intensité du son en ouvrant ou en refermant les deux portes placées à l'avant . Sous l'appareil, une étiquette nous indique qu'il était vendu 32,50 $ au Canada.

Enfin, visible sur l'un des côtés du tourne-disque se trouve la fameuse marque de commerce représentant le chien Nipper penché sur un gramophone. Celle-ci, signée par le peintre britannique Francis Barraud, a été enregistrée en 1900 par Emile Berliner et utilisée pendant près de 70 ans.


N-1986.5.2.1-57
© Musée McCord
Album photographique
Album de la famille Frothingham, couverture rouge portant le monogramme « LDF », 1862-1885
1862-1885, 19e siècle
21.6 x 17.8 x 7 cm
Don de Miss E. Dorothy Benson
N-1986.5.2.1-57
© Musée McCord

Description:

George H. Frothingham était un important grossiste en quincaillerie de Montréal. Cet album regroupe des photographies des membres de sa famille qui ont été prises entre 1862 et 1885.


ME892.12.2
© Musée McCord
Hochet en forme de corbeau
Côte du Nord-Ouest
Autochtone: Haïda
Anonyme - Anonymous
1800-1850, 19e siècle
12 x 11.4 x 36 cm
Don du Dr. George Mercer Dawson
ME892.12.2
© Musée McCord

Description:

Les hochets en forme d'oiseau sont des objets communs à tous les groupes de la côte nord-ouest et sont généralement associés au chamanisme. La principale figure représentée sur les hochets est le plus souvent le Corbeau, qui porte le soleil dans son bec. Cette figure est devenue, pour les groupes de la côte nord, un symbole important du pouvoir séculaire des chefs puisque selon la mythologie de la région, c'est le Corbeau qui a donné à l'humanité les arts de la civilisation et les règles de la société.


M114.0-1
© Musée McCord
Récipient avec couvercle
Forêts de l'Est
Autochtone: Mi'kmaq
Anonyme - Anonymous
1865-1900, 19e siècle
8.9 x 12.4 cm
Don de Mr. David Ross McCord
M114.0-1
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

L'admiration des autres

Les Euro-Canadiens ont exprimé très tôt leur fascination pour l'art des Mi'kmaq, fascination composée d'admiration pour la dextérité des autochtones et de curiosité pour des formes et des matériaux inconnus. En effet, les Mi'kmaq n'utilisent pas que le bois. Parmi ces matériaux étonnants, figure le piquant de porc-épic teint de différentes couleurs. Dès 1609, l'avocat et colon français Marc Lescarbot est frappé par les couleurs vives des piquants de porc-épic, qu'il estime sans égales dans son pays d'origine.

Les piquants de porc-épic sont naturellement blancs, à l'exception des extrémités qui sont noires. Pour obtenir d'autres couleurs, les Mi'kmaq se servent de teintures extraites de diverses plantes. En outre, depuis le milieu du 19e siècle, ils ont accès à de nombreuses teintures commerciales.

Quoi:

Cette boîte est constituée de panneaux d'écorce de bouleau, cousus de fil fait à partir des racines de l'épinette. La décoration est en piquants de porc-épic teints. Les côtés, garnis de glycéries, sont fixés à l'aide de petits clous en métal. Le couvercle porte comme motif une étoile à huit branches.

Où:

Bien que l'on sache que cette boîte est d'origine mi'kmaq, on ignore si elle a été fabriquée au Québec, au Nouveau-Brunswick ou en Nouvelle-Écosse.

Quand:

Cette boîte a été confectionnée au début du 20e siècle.

Qui:

Les Mi'kmaq semblent être à l'origine de la technique d'insertion de piquants de porc-épic dans des écorces de bouleau et leurs motifs géométriques traditionnels sont uniques.

ME938.10
© Musée McCord
Étui
Forêts de l'Est
Autochtone: Huron-Wendat
Anonyme - Anonymous
1850-1900, 19e siècle
5.5 x 13 x 26 cm
Don de Mr. Henry W. Hill
ME938.10
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Au 19e siècle, la teinture des piquants de porc-épic ou des poils d'orignal est une activité réservée aux femmes. Ces dernières, grâce aux plantes, racines et écorces d'arbres, obtiennent de jolies teintes vives et naturelles. La couleur rouge est obtenue en amenant à ébullition pendant environ 15 minutes de l'eau à laquelle on aura ajouté la fleur du vinaigrier. Aucun « mordant » n'est nécessaire pour faire tenir la couleur obtenue avec cette fleur. Si on désire obtenir une couleur brun-rouge, on ajoutera de la racine de Tsavooyan (savoyane) pulvérisée que l'on fera infuser dans l'eau du vinaigrier. On prendra soin ensuite de retirer de la teinture les poils d'orignal ou les piquants de porc-épic et de les faire tremper dans un savon doux pour finalement rincer le tout à l'eau tiède.

Quoi:

Voici un étui à gants ou à mouchoirs en soie rose dont la base et le rabat sont en écorce de bouleau. Le rabat est magnifiquement décoré de broderie au crin d'orignal teint avec des teintures végétales aux couleurs vives.

Où:

Ce genre d'objet était vendu à Wendake aussi bien qu'à Québec où les Hurons-Wendats se rendaient régulièrement pour vendre leur marchandise (paniers, mocassins, raquettes et autres souvenirs).

Quand:

Cet étui de forme rectangulaire a été réalisé entre 1850 et 1900.

Qui:

Ce genre d'étui était confectionné et patiemment brodé par les Huronnes-Wendates, spécialistes de la broderie au crin d'orignal au 19e siècle.

M980.199.1.1-6
© Musée McCord
Horloge
Vers 1874, 19e siècle
42 x 35 x 27 cm
M980.199.1.1-6
© Musée McCord

Description:

Ce modèle d'horloge, originaire de France, était fréquemment utilisé pour décorer les appartements masculins comme la bibliothèque et le cabinet d'études. La caisse pyramidale ainsi que l'ornementation de style égyptien sont associés au renouveau de ce style, apparu après la campagne d'Égypte de Napoléon en 1798. Ce style est demeuré populaire dans la décoration d'objets associés à l'académisme, au classicisme et au savoir général.


M10981
© Musée McCord
Encensoir
Pierre Huguet dit Latour
1807, 19e siècle
Métal
94.5 x 10.8 cm
Achat de Mr. H. Baron
M10981
© Musée McCord

Description:

La tradition de brûler de l'encens lors de cérémonies remonte à l'Antiquité; on utilisait l'encens chez les Grecs, les Juifs et les Romains lors de sacrifices religieux. Après en avoir interdit l'utilisation pendant trois siècles, l'Église la réintroduit dans la liturgie. Cet encensoir provient de la fabrique de Lacadie et serait de la main de Pierre Huguet dit Latour (1749-1817). Sa particularité réside dans son ornementation radicalement différente des décors conventionnels du même type d'objet. Il s'agit du seul exemplaire connu de ce modèle.

Clefs de l'histoire:

Un encensoir est un récipient de métal dans lequel on brûle l'encens cérémonial. Dans sa forme habituelle, l'encensoir est suspendu à des chaînettes qui permettent de le balancer durant l'encensement.

L'encens, que l'on faisait brûler sur des charbons ardents dans l'encensoir, a été utilisé depuis l'Antiquité lors des sacrifices religieux par les Grecs, les Juifs et les Romains. L'Église catholique en rejeta l'utilisation pendant trois siècles avant de l'introduire dans sa liturgie, tout en la codifiant sévèrement . Malgré ces restrictions, l'usage de l'encens entrait dans plusieurs rites catholiques au XIXe siècle.

L'importance de cet encensoir provient du fait qu'il s'écarte radicalement des décors conventionnels. De longs godrons sophistiqués, gravés dans la masse, lui confèrent élégance, sobriété et classe, notamment parce qu'ils s'étirent sur la cassolette depuis le pied jusqu'au sommet de la panse .

Quoi:

Le dessous de cet encensoir en argent sterling porte le poinçon « MONTREAL P.H. », la marque de Pierre Huguet, dit Latour (1771-1828).

Où:

Cet encensoir a été fabriqué à Montréal et fut utilisé à la fabrique de Lacadie, Québec.

Quand:

Selon les livres de compte de la fabrique de Lacadie, cet encensoir a été commandé en 1807.

Qui:

Pierre Huguet dit Latour a commencé à travailler à la boutique d'orfèvrerie de son père en 1788, alors qu'il était âgé de 17 ans. En 1817, lors du décès de son père, il hérita de tous les outils et biens meubles de son atelier.

M18972
© Musée McCord
Table
Vers 1870, 19e siècle
72 x 66 cm
Don de Mr. Frederick Cleveland Morgan
M18972
© Musée McCord

Description:

Ce type de table était utilisé pour jouer aux dames, aux échecs ou à tout autre jeu nécessitant un tablier (plateau). Même si elles font leur apparition au Moyen-âge, elles deviennent très populaires à l'époque victorienne. Ces tables faites de papier mâché, sont prisées pour leur légèreté et leur fonction décorative.

Clefs de l'histoire:

La table de jeu est à la mode dans les foyers de l'est du Canada. Cette table de style anglais est faite en papier et en métal. Le papier mâché ou les feuilles de papier sont, dès les années 1850 et 1860, ornés en surface à l'aide de laque et d'incrustations de nacre aux motifs compliqués, rehaussées avec de la peinture dorée à motifs floraux. En 1866, le volume de production augmente, et les meubles « sont fabriqués en fonction de l'exportation vers le Canada... en grande variété... décorés pour répondre aux goûts des acheteurs dans les pays vers lesquels ils sont exportés... envers ... des décors exubérants. » Vers les années 1870, la classe moyenne, qui voit sa part de marché augmenter, exige une ornementation plus recherchée. « On a appris au public que la quantité de matériau constitue le véritable test de qualité... celui-ci exige plus de nacre et d'or. » Le décor tourmenté des bords du plateau et la tige en forme de vase arriveront certainement à enjoliver n'importe quel domicile.

References
R. K. Symonds et B. B. Whinery, Victorian Furniture, Londres, Studio Editions, 1987, p. 195-201.



Clive D. Edwards, « Papier mâché », dans Victorian Furniture : Technology and Design, Manchester, Manchester University Press, 1993, p. 124-34. Citation, p. 131.



Conrad Graham, Eclectic Tastes : Fine and Decorative Arts from the McCord, Montréal, Musée McCord d'histoire canadienne, 1992, p. 100.



Harold Osborne, The Oxford Companion to the Decorative Arts, Oxford, Oxford University Press, 1985, p. 507.

Source : circuit web 'Meubler son intérieur' de Jane Cook, Université McGill (Voir sous l'onglet Liens)

Quoi:

C'est une planche de jeu avec des incrustations de nacre qui constitue le plateau de cette table en papier minutieusement laquée et peinte.

Où:

Les tables de ce type, utilisées dans les salles de jeux et les salons, pouvaient servir à deux joueurs assis.

Quand:

Elles étaient à la mode dans les années 1860 et 1870, mais ont perdu de la faveur à partir des années 1880, quand leur ornementation de plus en plus chargée a été jugée de mauvais goût.

Qui:

Henry Clay et Jennens and Bettridge, d'Angleterre, fabriquaient les objets en papier et en papier mâché qui étaient importés en plus grande quantités au Canada.

M18973
© Musée McCord
Table
Vers 1870, 19e siècle
72 x 49 x 50 cm
Don de Mr. Frederick Cleveland Morgan
M18973
© Musée McCord

Description:

Ce type de table était utilisé pour jouer aux dames, aux échecs ou à tout autre jeu nécessitant un tablier (plateau). Même si elles font leur apparition au Moyen-âge, elles deviennent très populaires à l'époque victorienne. Ces tables faites de papier mâché, sont prisées pour leur légèreté et leur fonction décorative.

Clefs de l'histoire:

Cette table en papier-mâché de style néorococo était utilisée pour jouer à différents jeux de société.

Le tablier, c'est-à-dire le plan carré comptant 64 petites cases sur la surface plane de la table, servait aux jeux de dames ou à d'autres jeux. Une fois la partie terminée, une charnière fixée à la partie supérieure permettait de replier et de ranger la table. Ces meubles extrêmement décorés embellissaient le décor des salons victoriens.

Les motifs de la table ont subi l'influence néorococo, ce style inspiré des formes des coquillages et caractérisé par l'abondance des ornements contournés.

Quoi:

Cette petite table en papier mâché et bois, incrustée de nacre, était utilisée pour jouer à différents jeux de société.

Où:

En 1825, la société anglaise Jennens and Bettridge fit breveter un procédé permettant d'incruster du nacre non taillé dans une surface de papier mâché.

Quand:

Les meubles en papier mâché sont propres à l'époque victorienne.

Qui:

Ce genre de table néorococo contribuait au décor des luxueux salons des demeures bourgeoises.

M18984.1
© Musée McCord
Chaise
Vers 1870, 19e siècle
86 x 51 x 58 cm
Don de Mr. Frederick Cleveland Morgan
M18984.1
© Musée McCord

Description:

Cette chaise dont le dossier et les petits accotoirs sont faits de papier mâché, est décorée dans le style néo-rococo, style qui domine toute la production commerciale du dix-neuvième siècle. Ce type de chaise était fabriqué en pressant ensemble plusieurs couches de papier imbibé de colle, déposé dans un moule de la forme désirée pour les faire sécher. L'ossature, c'est-à-dire le cadre du siège, les pieds et le dossier sont en bois, offrant ainsi la résistance nécessaire au support du poids d'une personne.


M965.106
© Musée McCord
Sculpture
Thomas Baillairgé
1833, 19e siècle
39 x 15 x 11 cm
Achat de M. Jean Octeau
M965.106
© Musée McCord

Description:

Cette sculpture sur bois doré est le pendant d'une autre conservée au Musée des beaux-arts du Canada. Ces deux objets ont souvent été attribués à l'atelier de Thomas Baillargé (1791-1859), sculpteur mais aussi architecte et fils de François Baillargé. On peut maintenant déterminer avec certitude qu'elles ont été produites par Thomas Baillargé lui-même. Ces figures ont été commandées par l'église Saint-Germain, actuelle cathédrale de Rimouski.


M987.216
© Musée McCord
Girouette
Anonyme - Anonymous
1875-1900, 19e siècle
122 x 28 cm
Don de M. Maurice Lemay
M987.216
© Musée McCord

Description:

Ce chanteclair proviendrait du couvent de Saint-Nérée de Bellechasse, Québec, où il couronnait l'abat-voix de la chaire. Depuis des siècles, le coq est un symbole chrétien, représentant le reniement de saint Pierre. On le trouvait fréquemment dans les églises du Québec dont les girouettes, notamment, empruntaient souvent la forme d'un coq. Le coq gaulois, utilisé en France comme symbole de l'ancienne monarchie, était également reconnu comme tel au Québec au début du dix-neuvième siècle.


M968.125.1.1-2
© Musée McCord
Lampe (à droite)
1859-1862, 19e siècle
Métal
55 x 20 cm
Achat de la succession Norton
M968.125.1.1-2
© Musée McCord

Description:

Cette élégante lampe électrique a probablement d'abord été une lampe à huile alimentée au kérosène. En effet, par l'agencement de ses différentes parties et par ses motifs, elle s'apparente beaucoup aux lampes composites fonctionnant au kérosène de la fin des années 1850 et du début des années 1860. La conversion de cette lampe en appareil électrique a pu être effectuée dès les années 1890 pour des raisons utilitaires, alors que l'électricité s'infiltrait progressivement dans l'univers domestique des Québécois. Il est aussi possible qu'elle ait été convertie au cours du XXe siècle par quelqu'un qui s'intéressait au mobilier antique.

Clefs de l'histoire:

À la suite de la découverte du kérosène en 1854, les lampes brûlent ce combustible peu coûteux. La simple lampe au kérosène à gauche a un socle de forme octogonale estampé avec des fleurs de lis. Les Canadiens-Français ont adopté dans leurs armoiries cet emblème de la maison royale des Bourbons, datant du 12e siècle. Avec l'invention de l'ampoule électrique en 1879, l'éclairage à incandescence, plus brillant, fait concurrence à la lampe au kérosène. Les anciennes lampes sont adaptées pour utiliser cette nouvelle source d'énergie. La lampe de droite a été convertie à l'électricité. Elle est munie d'une cheminée fine et d'un bol bleu décoré de fleurs. Les lampes à l'huile des années 1890 ont des couvercles de cheminée de verre et des réservoirs d'huile circulaires, et sont ornées de scènes colorées ou présentent des formes peu banales obtenues par moulage. Elles reposent sur des socles métalliques joliment ajourés. À cette époque, la concurrence joue entre l'éclairage au gaz, sécuritaire, et le développement du manchon de lampe à incandescence.

References
Michel Lessard, Objets anciens du Québec : La vie domestique, Montréal, Éditions de l'homme, 1994, p. 112, ill. 1 et 2.



Loris Shano Russell, A Heritage of Light, Toronto, University of Toronto Press, 1968, p. 177-178, 200 et 314-315.

Quoi:

On peut voir à gauche une lampe au kérosène avec une mèche en coton, et dont la base en verre est ornée de fleurs de lis. À droite, c'est une lampe au kérosène convertie en une élégante lampe à l'électricité.

Où:

L'origine de ces appareils d'éclairage est inconnue. Ils ont été utilisés au Québec au cours des 19e et 20e siècles.

Quand:

Les lampes au kérosène étaient utilisées à compter des années 1860. Quelques-unes ont été converties à l'électricité aussi tôt qu'au début des années 1880.

Qui:

Les fabricants et les utilisateurs de ces lampes sont inconnus.

M969.25.5
© Musée McCord
Corset, modèle « Le Merveilleux »
Vers 1900, 20e siècle
32.7 x 38.3 cm
Don de Mrs. George Daly
M969.25.5
© Musée McCord

Description:

À la toute fin des années 1890 est apparue une nouvelle silhouette modelée par un style de corset entièrement redessiné. Créé en réaction à la controverse entourant les effets du laçage excessivement serré, le corset « santé » à devant droit offrait une silhouette plus naturelle tout en donnant l'illusion d'une belle taille fine. Une nouveauté pleine d'attraits en raison des nouvelles possibilités d'activités dont jouissaient désormais les femmes. Les baleines du nouveau corset offraient plus d'ampleur pour le devant du corps, mais comprimaient néanmoins la taille sur les côtés et à l'arrière. La silhouette en S qui en résultait est devenue de plus en plus accentuée au cours de la décennie suivante.

Clefs de l'histoire:

Aujourd'hui, l'une des questions les plus controversées concernant les femmes est la minceur irréaliste des top modèles et des vedettes de cinéma. Or, dans les années 1870 et 1880, le tour de taille « standard » pour une femme était d'environ 46 cm (18 pouces).

Mais ce remarquable exploit ne pouvait être réalisé qu'à l'aide d'un corset. Fabriqué à partir de fanons de baleine ou de tiges de métal ou encore d'élastiques cousus à même un vêtement de coton, de soie, de satin ou de caoutchouc, le corset rétrécissait la taille quand on en serrait les lacets, autant que la dame le désirait. Comme cette opération exigeait habituellement l'aide d'une domestique, les femmes qui voulaient être à la mode ne pouvaient se vêtir seules. Jadis, le corset était porté par les hommes, les femmes et même les enfants de l'aristocratie, mais dans les années1860, il constituait surtout un vêtement féminin.

Le corset limitait grandement la mobilité de la personne qui le portait. Plus tard, il en est venu à symboliser toutes les restrictions sociales et politiques imposées aux femmes de cette époque.

Source : circuit web 'À l'ombre de Lui' de Elise Chenier, Université McGill (Voir sous l'onglet Liens)

Quoi:

Ce corset en soie et en satin doublé de coton et garni de ruban de dentelle et de soie est doté de baleines en métal recouvertes de twill de soie. Il s'attache par devant au moyen d'agrafes en oeillet métalliques ; pour le serrer, on tire sur des lacets de soie situés à l'arrière.

Où:

Ce corset a été confectionné à Paris, en France, à la fin du XIXe siècle.

Quand:

Les corsets enserraient toujours la taille, mais l'apparence recherchée a considérablement varié d'une décennie à l'autre.

Qui:

Cet article appartenait probablement à une femme fortunée, même si le corset était un dessous porté par les femmes de toutes les classes sociales.

M994.58.3.1-14
© Musée McCord
Microscope
1900-1910, 20e siècle
36 x 19 x 17 cm
Don de Mrs. Lee Lindsay
M994.58.3.1-14
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Le microscope peut être considéré comme un symbole de la médecine moderne. Son utilisation dans les laboratoires des hôpitaux et des bureaux de santé du Québec à partir de la fin du XIXe siècle signale l'émergence d'une nouvelle compréhension des origines et des modes de propagation des maladies. Grâce aux découvertes scientifiques de Louis Pasteur en France et de Robert Koch en Allemagne, la théorie des miasmes est discréditée. On considère maintenant des êtres vivants microscopiques comme la principale source de toute une variété de maladies contagieuses. Ces microbes ou germes sont introduits chez l'être humain par un ensemble de vecteurs (humains, animaliers, aériens, etc.) et s'y multiplient. L'analyse bactériologique révèle que le lait constitue un milieu propice à la reproduction de bactéries pathogènes telles que l'E.coli, la typhoïde et la tuberculose. Le lait contaminé transmet ainsi nombre de maladies extrêmement dangereuses à ceux qui le consomment.

Quoi:

Le microscope est un instrument essentiel de la bactériologie. Grâce à un ensemble de lentilles, il peut atteindre un fort taux d'agrandissement, ce qui permet d'observer les organismes les plus minuscules.

Où:

Fabriqué à Vienne par la compagnie C. Reichert, ce microscope traverse l'Atlantique. Il appartient pendant plusieurs années à W.D. Lighthall (1857-1954), avocat, auteur, réformateur et homme politique montréalais.

Quand:

Au milieu du XVIIIe siècle, la microscopie connaît des progrès importants et le microscope composé, muni de plusieurs lentilles, s'impose. Après 1850, le perfectionnement des lentilles permet d'accroître considérablement la puissance des microscopes.

Qui:

L'utilisation du microscope permet au scientifique allemand Robert Koch (1843-1910) d'identifier le bacille de la tuberculose en 1882.

MC989.119.20
© Musée McCord
Girouette
19e siècle
55.7 x 48.5 x 16.5 cm
Achat de Mrs. Margaret deVolpi
MC989.119.20
© Musée McCord

Description:

C'est au faîte des clochers et souvent sous la forme d'un coq que la girouette "vire au vent", d'où son surnom. Sans perdre de plumes, elle annonce d'où vient le vent, pivotent en direction des points cardinaux fixés aux quartre bouts de deux tiges croisées.


ME983X.94
© Musée McCord
Ulu
Arctique central ou Arctique de l'Est
Inuit : Nunatsiarmiut ou Iglulingmiut
Anonyme - Anonymous
1900-1930, 20e siècle
8 x 8.7 cm
ME983X.94
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

L'ulu, le couteau de la femme inuite, se compose d'une poignée et d'une lame, les deux étant transversaux. La poignée peut être constituée d'une à trois pièces. La poignée à une pièce est la plus simple : la lame y est insérée directement, une forme très courante en Arctique de l'Ouest. Une poignée à deux pièces possède une soie, sorte de tige située entre la poignée et la lame. La poignée à trois pièces présente une partie intermédiaire entre la soie et la lame. La lame peut être longue ou courte et de différentes largeurs.

La forme de l'ulu regroupe un ensemble de facteurs pour un maximum d'efficacité. La longueur de la poignée correspond approximativement à la largeur de la main, offrant ainsi une bonne prise. Lorsque la lame est fixée à la poignée uniquement par une soie, la souplesse du poignet est totalement sollicitée. L'ulu à soie présente un espace entre le bord tranchant et la poignée, ce qui protège les doigts des deux mains. Une longue lame protège également les doigts et dure plus longtemps puisque la lame finit par s'user avec le temps.

Quoi:

Cet ulu est muni d'une poignée en ivoire oblongue décorée. La soie en cuivre est collée à la base de la poignée et fixée à la lame d'acier par un seul rivet. La lame en forme de demi-lune se termine par un bord supérieur droit et elle est aiguisée d'un seul côté.

Où:

Le style d'un ulu peut indiquer sa provenance. Le bord supérieur à angle droit de la lame, sa haute forme en demi-lune et la poignée en deux morceaux nous indiquent que cet ulu provient sans doute de Qikiqtaaluk (île de Baffin), au Nunavut, où habitent les Nunatsiarmiut au sud, et les Iglulingmiut au nord-ouest.

Quand:

L'ulu est utilisé par les peuples inuits depuis des millénaires. Celui-ci présente un des styles développés au début du 20e siècle.

Qui:

Le décor sur la poignée de cet ulu -- une croix aux branches évasées entourée de motifs floraux -- se retrouve sur des objets provenant de Qikiqtaaluk et de la Sibérie. Transmis au fil des millénaires à travers les immenses territoires de l'Arctique, ces motifs font partie du riche patrimoine préservé par les Inuits, dont les Nunatsiarmiut et les Iglulingmiut.

ACC1183
© Musée McCord
Bol
Côte du Nord-Ouest
Autochtone: Haïda
Anonyme - Anonymous
1800-1850, 19e siècle
14.1 x 15.8 x 25.1 cm
Don du Dr. George Mercer Dawson
ACC1183
© Musée McCord

ACC1190
© Musée McCord
Bol
Côte du Nord-Ouest
Autochtone: Haïda
Anonyme - Anonymous
1800-1850, 19e siècle
9 x 11 x 15.5 cm
Don du Dr. George Mercer Dawson
ACC1190
© Musée McCord

ACC1180
© Musée McCord
Bol
Côte du Nord-Ouest
Autochtone: Haïda
Anonyme - Anonymous
1800-1850, 19e siècle
14.5 x 16.9 x 31.9 cm
Don du Dr. George Mercer Dawson
ACC1180
© Musée McCord

ACC1203
© Musée McCord
Bol en corne
Côte du Nord-Ouest
Autochtone: Haïda
Anonyme - Anonymous
1800-1850, 19e siècle
13.5 x 15.9 x 20 cm
Don du Dr. George Mercer Dawson
ACC1203
© Musée McCord

M14099
© Musée McCord
Récipient avec couvercle
Forêts de l'Est
Autochtone: Mi'kmaq
Anonyme - Anonymous
1904, 20e siècle
7.8 x 10.5 cm
Don de Mr. David Ross McCord
M14099
© Musée McCord

© Musée McCord Museum