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Charité bien ordonnée... : La philanthropie, 1896-1919

Janice Harvey, Collège Dawson

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Introduction:

Dans le contexte actuel où les régimes d'assurance-maladie, de retraite, d'assurance-emploi et d'aide sociale sont omniprésents, on imagine difficilement qu'à une époque pas si lointaine, les gens n'avaient aucune protection contre les calamités de la vie. En effet, la plupart de ces programmes sociaux ont vu le jour au milieu du XXe siècle. Auparavant, les personnes dans le besoin devaient s'en remettre aux seuls organismes de bienfaisance alors existants. Or, une bonne part de cette aide provenait des citoyens de la classe moyenne supérieure, qui faisaient des dons en argent ou mettaient sur pied des organismes ou associations pour s'occuper des problèmes sociaux. C'est ce que nous désignons par le terme philanthropie.

Cependant, la gamme des activités philanthropiques ne se limitait pas aux organismes de bienfaisance, englobant également les hôpitaux, les universités, les musées et les services de santé publique, ainsi que les mouvements d'action humanitaire et de rééducation, comme les sociétés de protection des animaux et de tempérance. Dans la culture des élites de la ville, la philanthropie constituait un élément clé qui leur permettait de confirmer leur statut et leur importance dans l'échelle sociale. Néanmoins, grâce à leurs dons et à leurs associations, les philanthropes ont joué un rôle primordial dans le développement du Canada, en participant à la construction d'institutions urbaines majeures qui font encore partie de notre tissu social.


VIEW-3631
© Musée McCord
Photographie
Statue de Victoria, Hôpital Royal Victoria, Montréal, QC, vers 1900
Wm. Notman & Son
Vers 1900, 19e siècle ou 20e siècle
Plaque sèche à la gélatine
25 x 20 cm
Achat de l'Associated Screen News Ltd.
VIEW-3631
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Sous l'effet de l'industrialisation des villes et de la croissance des populations urbaines, la pauvreté devint un sérieux problème. Les marchés étaient très instables et l'économie subissait de fréquentes dépressions. Par suite de la généralisation de l'économie fondée sur les salaires, une part importante de la population devint dépendante d'une rémunération et, donc, des fluctuations des marchés. En dépit de cette réalité économique, les philanthropes et les élites en général étaient partisans de la théorie de l'économie libérale, selon laquelle le travail est au centre des relations sociales et le chômage est tenu pour suspect. Bien qu'ils reconnaissent que la charité est un devoir du chrétien, les notables ont de plus en plus tendance à considérer la pauvreté comme une responsabilité personnelle, le résultat d'une faiblesse morale. Cette croyance, conjuguée à la crainte qu'une aide trop facilement disponible n'entraîne une dépendance malsaine, amena les philanthropes à établir une distinction entre les pauvres qui, selon eux, méritent une aide charitable et ceux qu'ils qualifièrent de « peu méritants ». Cette approche moraliste de la pauvreté et des autres problèmes sociaux s'est d'ailleurs prolongée au XXe siècle et fait partie de ce que les historiens nomment la « vision du monde victorienne ».

Quoi:

La statue de marbre blanc représente Victoria sous les traits d'une jeune femme consolant des enfants. Ce symbolisme est important, car au moment du dévoilement, en 1897, elle était déjà âgée de soixante-dix-huit ans.

Où:

La statue se dresse dans le hall d'entrée du Pavillon des femmes de l'Hôpital Royal Victoria, à l'intersection de la rue University et de l'avenue des Pins, à Montréal.

Quand:

Excellent exemple de philanthropie, l'Hôpital Royal Victoria (HRV) fut érigé aux frais de Donald Smith (1820-1914) et de son cousin, George Stevens (1829-1921), et ouvrit ses portes en 1893.

Qui:

Il s'agit d'une imposante statue de Victoria I, reine de Grande-Bretagne et d'Irlande. Elle est née en 1819 et régna de 1837 à 1901. La statue fut dévoilée à l'occasion des célébrations de son jubilé, en 1897.

C572_A.07.54
© Musée McCord
Impression
Le salon et le pavé
M. W. Ridley
1876, 19e siècle
Encre sur papier journal - Photolithographie
31.1 x 22.7 cm
C572_A.07.54
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Chez bon nombre d'habitants des villes, la pauvreté constituait un mode de vie davantage lié aux réalités économiques qu'à une quelconque faiblesse morale. Les bas salaires, le coût élevé de la vie, les épisodes récurrents de chômage, surtout durant le ralentissement hivernal, et la fréquence des maladies attribuables aux conditions insalubres dans les villes, voilà autant de facteurs qui rendaient la vie des travailleurs pour le moins précaire. De plus, par suite de la mort du soutien de famille masculin ou de son abandon du foyer, bien des femmes et des enfants ont dû tenter de survivre dans une économie où leurs salaires étaient généralement insuffisants pour élever une famille. La misère représentait une véritable menace pour bon nombre d'entre eux, et si ce malheur frappait, ils devaient alors se résoudre à chercher de l'aide auprès de tiers. Cette illustration tirée d'un journal représente une mère nécessiteuse et son enfant, abandonnée dans la ville tandis que son mari au chômage cherche du travail ailleurs. Incapables de payer le loyer, ils ont été expulsés de leur logement. Considérant les attitudes qui avaient cours à l'époque, il n'est pas étonnant que le texte du journal attribue les malheurs de cette famille à l'ivrognerie.

Quoi:

Cette gravure est l'oeuvre de Mathew White Ridley, peintre et graveur d'art britannique. Elle fut publiée dans l'hebdomadaire montréalais L'Opinion publique, en 1876.

Où:

Cette illustration paraît dans un journal de Montréal, mais elle pourrait représenter le triste sort de femmes et d'enfants miséreux dans la plupart des grands centres urbains industrialisés.

Quand:

L'illustration est parue dans le journal en 1876, soit une année où les taux de chômage et de misère étaient plutôt élevés.

Qui:

L'illustration met en contraste, d'une part, la misère de la pauvre femme et de son enfant recroquevillés sur les marches d'une demeure bourgeoise et, d'autre part, le bonheur des personnes qui se trouvent à l'intérieur de cette demeure.

MP-1978.107.52
© Musée McCord
Photographie
Arbre de Noël, soupe populaire dans le sous-sol d'une église (?), Montréal, QC, vers 1930
Anonyme - Anonymous
Vers 1930, 20e siècle
Plaque sèche à la gélatine
12 x 17 cm
Achat de Napoleon Antiques
MP-1978.107.52
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Un réseau d'aide aux démunis

Au Canada, dans les villes plus anciennes comme Montréal, ce sont des groupes privés qui entreprenaient de venir en aide aux démunis, puisque ni le Québec ni l'Ontario n'avaient adopté les lois Britanniques sur les pauvres. L'Église catholique supervisait les services offerts aux catholiques, tandis que les Églises protestantes, les sociétés nationales et les organismes de bienfaisance privés conjuguaient leurs efforts pour venir en aide aux protestants. Les activités de bienfaisance figuraient depuis longtemps dans la tradition chrétienne, et une large part de la philanthropie passait par le réseau des Églises et leurs fonds destinés aux pauvres. Les Églises protestantes versaient des rentes à leurs paroissiens aînés, tandis que des groupes de femmes fabriquaient des vêtements et des couvertures qu'elles distribuaient aux nécessiteux durant les mois d'hiver, ainsi que des bons échangeables contre du combustible et de la nourriture. Au fil des ans, les Églises en sont venues à ouvrir des soupes populaires ou à offrir des services de repas plutôt que de dispenser de l'assistance. Plusieurs d'entre elles ont aussi entrepris de mener une action communautaire dans les quartiers défavorisés, en offrant des services tels que des classes de catéchisme, des salles de couture, des soupes populaires et, dans certains cas, des refuges. Toutefois, dans les quartiers protestants de Montréal, ce sont les groupes laïques et non les Églises qui ont établi le principal réseau d'organismes de bienfaisance et de grands dépôts de secours à domicile.

Quoi:

On considérait la soupe populaire comme un parfait modèle d'organisme de bienfaisance : il répondait aux besoins de nourriture des gens, tout en étant peu coûteux et facile à mettre sur pied.

Où:

Durant les mois d'hiver, bien des Églises offraient des services d'assistance aux démunis de la paroisse, comme des soupes populaires.

Quand:

La photographie date de décembre 1930, mais elle illustre une situation très courante qui consistait à installer les soupes populaires et autres services aux pauvres dans les sous-sols d'église.

Qui:

Les oeuvres paroissiales comme celle-ci étaient habituellement organisées par des bénévoles des Filles d'Isabelle ou d'autres associations liées à l'Église, comme un comité d'aide aux pauvres.

M984.306.1419
© Musée McCord
Impression
Toronto - Distribution de nourriture par la St. George's Society
1880, 19e siècle
Encre sur papier journal - Photolithographie
28.3 x 40.1 cm
Don de Mr. Colin McMichael
M984.306.1419
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Au XIXe siècle et au début du XXe siècle, la population canadienne comptait une bonne part d'immigrants. Lorsqu'ils arrivaient au pays, bon nombre d'immigrants avaient peu de moyens, peu de parents pour les aider et pas de logement. Les organismes de bienfaisance existants auraient eu beaucoup de mal à assurer l'aide requise à ces futurs citoyens dans le besoin et, heureusement, ils ont pu compter sur les grandes sociétés nationales fondées au début du XIXe siècle. C'est ainsi que des sociétés comme la Saint Andrew's Society, la Saint George's Society, la Saint Patrick's Society, la Irish Protestant Benevolent Society et la German Society ont non seulement servi de centres mettant l'accent sur l'identité ethnique et les activités socioculturelles, mais ont aussi assuré d'importants services de bienfaisance auprès de leurs communautés. On a mis en place des maisons d'accueil pour immigrants afin d'héberger temporairement les nouveaux arrivants et de les aider à se trouver de l'emploi. Mais surtout, ces sociétés procuraient à leurs compatriotes du secours à domicile (nourriture, vêtements, combustible) durant les mois d'hiver, alors que la misère était un problème majeur.

Quoi:

Cette illustration présente la distribution de nourriture aux démunis par la Saint George's Society, à Toronto.

Où:

Il s'agit de l'illustration des bureaux torontois de la Société au XIXe siècle, mais cette scène typique aurait tout aussi bien pu se passer dans d'autres grandes villes, comme Montréal.

Quand:

La Saint George's Society (dont les oeuvres étaient destinées aux personnes d'origine anglaise) fut fondée à Montréal en 1834 et à Toronto, en 1837.

Qui:

L'hiver était une période de grandes difficultés pour les travailleurs, dont plusieurs se trouvaient au chômage ou touchaient un salaire réduit alors que le coût de la vie était à son niveau le plus élevé, en raison des besoins de combustible et de vêtements.

M990.786.19.1-15
© Musée McCord
Costume de religieuse
Lucienne Simard
1940-1979, 20e siècle
Don du Musée du Château Dufresne
M990.786.19.1-15
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Au XIXe siècle, au Canada, l'Église catholique maintenait et même élargissait son rôle traditionnel d'organisme de bienfaisance, assurant la gestion de la plupart des services d'assistance destinés aux catholiques et mis en place en réaction à la pauvreté industrielle. Ce sont les communautés religieuses qui assumaient la plupart des tâches associées à ces bonnes oeuvres, bien que certains fonds provenaient de philanthropes catholiques, comme Olivier Berthelet. C'est ainsi qu'au cours du XIXe siècle, des trente-deux communautés religieuses formées ou actives à Montréal, sept (dont six se composaient de femmes) étaient directement engagées dans l'assistance aux démunis. Dès 1900, elles avaient mis en place un réseau complet d'organismes de bienfaisance : cinq hôpitaux, sept dispensaires, divers dépôts de secours à domicile, un asile d'aliénés, divers organismes d'aide à l'enfance et aux aînés, deux écoles industrielles et des écoles de réformes, ainsi que des centres pour les aveugles, les sourds et les mères célibataires. Au Québec, jusqu'à la Révolution tranquille des années 1960, ces institutions étaient gérées par des religieuses.

Quoi:

Ensemble, les soeurs de la Charité et les soeurs de la Providence géraient bon nombre des services offerts aux catholiques. Voici le costume que portaient les soeurs de la Charité, communément appelées les soeurs Grises.

Où:

La communauté des soeurs Grises fut fondée en 1737 par Marguerite d'Youville (1701-1771) et officiellement reconnue en 1755.

Quand:

Ce costume date du milieu du XXe siècle, mais la version plus ancienne comportait sensiblement les mêmes caractéristiques.

Qui:

Les soeurs Grises ont dirigé l'Hôpital général à Montréal de 1755 à 1970. Dès 1900, elles gèrent également treize autres établissements de bien-être social à Montréal, ainsi que des institutions dans d'autres villes.

C572_A.06.581.1
© Musée McCord
Impression
Une scène d'hiver
Auguste Trichon (1814 - ? )
1875, 19e siècle
Encre sur papier journal - Photolithographie
16.3 x 23.1 cm
C572_A.06.581.1
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Cette illustration, parue en 1875 dans le journal montréalais L'Opinion publique, représente deux femmes de milieu aisé qui visitent la demeure d'une famille dans le besoin et dont le père est, de toute évidence, malade et sans emploi. Il était fréquent que des représentants des organismes de bienfaisance rendent ainsi visite aux familles demandeuses chez elles, afin de s'assurer qu'elles avaient vraiment besoin d'assistance. Selon les explications fournies par l'un des groupes d'assistance, les visites étaient utiles « pour distinguer les gens méritants des non méritants, pour déterminer quand il convenait d'être charitable et quand il convenait de ne pas donner, pour préserver les fonds de la Société, de manière à éviter toute prodigalité inconsidérée tout en s'assurant qu'aucun nécessiteux ne reparte les mains vides ».1 Plusieurs organismes de bienfaisance et Églises dirigeaient également des sociétés visiteuses, dont les membres (généralement des femmes) rendaient visite aux malades ainsi qu'aux personnes assistées. Grâce à ces visites, des contacts personnels s'établissaient entre riches et pauvres, ce qui permettait aux visiteurs de suivre individuellement l'évolution des besoins des familles et, à l'occasion, de plaider leurs demandes, devenant ainsi de véritables précurseurs des travailleurs sociaux.

Quoi:

Bon nombre des sociétés visiteuses protestantes étaient composées de femmes. Chez les catholiques, ce sont les religieuses ou des représentants de la Société St-Vincent-de-Paul qui se chargeaient habituellement de ce genre de visites.

Où:

Ce genre de reportages d'intérêt humain étaient souvent publiés dans L'Opinion publique (1870-1883) et dans son pendant de langue anglaise, le Canadian Illustrated News (1869-1883). Ces deux journaux étaient des hebdomadaires illustrés.

Quand:

Dans les villes du XIXe siècle et du début du XXe siècle, il n'était pas rare que des travailleurs des organismes de bienfaisance visitent les pauvres dans leur demeure, à l'instar des sociétés visiteuses spécialisées.

Qui:

L'illustration est l'oeuvre de François-August Trichon, imprimeur français du XIXe siècle qui utilisait la xylographie.

X11891
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick
Stéréogramme
Orphelinat pour garçons Wiggins, Saint John, N.-B.
John Saunders Climo
Vers 1875, 19e siècle
Papier albuminé monté sur carton
8.7 x 17.6 cm
X11891
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick

Clefs de l'histoire:

Les organismes de bienfaisance privés

On avait tendance à classer les enfants pauvres parmi les méritants. Et c'était d'autant plus vrai s'ils étaient orphelins : étant donné que ces enfants avaient perdu leurs protecteurs naturels, les philanthropes n'avaient pas à se demander si leurs interventions portaient atteinte aux droits ou aux responsabilités des parents. Compte tenu des taux de mortalité élevés à l'époque, la perte d'un parent était une réalité beaucoup plus fréquente chez les enfants qu'elle ne l'est aujourd'hui. Le Montreal Protestant Orphan Asylum fut fondé en 1822; le mouvement de création d'organismes d'assistance aux enfants prit de l'ampleur dans le reste du Canada au cours des années 1850, période durant laquelle on assista à l'éclosion d'une multitude d'orphelinats protestants dans tous les principaux villages et villes du pays. La plupart de ces institutions étaient créées par des groupes de philanthropes, surtout des femmes, et une bonne part de leur financement dépendait de dons et contributions privés. La plupart de ces établissements accueillaient aussi bien les orphelins comme tels que les enfants n'ayant qu'un seul parent. Pour former les enfants durant leur séjour dans ces asiles, on avait recours à un régime combinant l'école, le travail, l'apprentissage de petits métiers et la religion. Au XXe siècle, les responsables de ces établissements plaçaient les enfants en milieu familial le plus tôt possible.

Quoi:

Il s'agit d'une photographie de l'orphelinat pour garçons Wiggins Male Orphan Institution de St-Jean, au Nouveau-Brunswick. L'établissement accueillait les garçons orphelins ou issus de familles monoparentales et âgés de quatre à dix ans. On pouvait y accueillir trente garçons.

Où:

L'orphelinat illustré ici était situé rue Saint-James, dans le centre-ville. En 1922, on déménagea l'institution avenue Mount-Pleasant, dans un quartier de classe moyenne.

Quand:

La Wiggins Male Orphan Institution fut incorporée en 1867, mais elle n'ouvrit ses portes qu'en 1876. Elle ferma en 1982.

Qui:

Le financement de l'établissement provint d'un legs obtenu en 1863 de Stephen Wiggins (1781-1863), un important commerçant de St-Jean.

II-174417
© Musée McCord
Photographie
Ladies Benevolent Institution, Montréal, QC, 1909
Wm. Notman & Son
1909, 20e siècle
Plaque sèche à la gélatine
20 x 25 cm
Achat de l'Associated Screen News Ltd.
II-174417
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Bien des parents ont eu de la difficulté à assurer la subsistance de leurs enfants. Les salaires versés aux ouvriers non spécialisés suffisaient à peine à les faire vivre, de sorte que toute période de chômage ou de maladie entraînait automatiquement des contraintes de budget extrêmes et, dans bien des cas, la chute dans la misère. C'est en de telles circonstances que les familles faisaient appel aux organismes d'assistance privée à l'enfance, comme la Montreal Ladies' Benevolent Society, présentée ici. Les organismes de ce genre étaient formés par des philanthropes, le plus souvent des femmes, qui se regroupaient en sociétés incorporées. La plupart accueillaient gratuitement les enfants durant les périodes de crise familiale (bien que certains facturaient des frais de pensionnat), puis les retournaient quand la situation s'était améliorée. Pendant qu'ils étaient pris en charge par l'organisme, les enfants recevaient une éducation de base et une formation professionnelle. Les garçons et les filles qui, pour une raison quelconque, ne pouvaient retourner dans leur famille devenaient alors des apprentis ou, à l'adolescence, étaient placés dans d'autres familles. Entre 1832 et 1921, la Ladies' Benevolent Society accueillit plus de trois mille enfants.

Quoi:

On voit ici des enfants de la Ladies' Benevolent Society, revêtus de leurs uniformes, dans la cour de l'institution en 1909. Ils se trouvent en présence de l'enseignante, de la directrice et de quelques infirmières auxiliaires.

Où:

La Ladies' Benevolent Society construisit son établissement de trois étages rue Berthelet (aujourd'hui devenue la rue Ontario), en 1856. En 1909, au moment où fut prise cette photographie, on avait ajouté plusieurs annexes.

Quand:

Au Canada, de nombreux organismes de bienfaisance de ce type ont été mis en place au cours du XIXe siècle. Fondée en 1832 par un groupe de femmes de la classe moyenne supérieure, la Montreal's Ladies' Benevolent Society fut l'une des premières sociétés de bienfaisance à voir le jour.

Qui:

C'était le principal organisme de bienfaisance protestant auquel les familles pouvaient s'adresser en période de crise. L'établissement accueillait des enfants, ainsi que des femmes âgées (jusqu'en 1917) et des convalescentes. Les services d'assistance aux enfants existent encore aujourd'hui, sous une forme différente.

II-85086
© Musée McCord
Photographie
Enfants de l'Institut Hervey, Montréal, QC, 1887
Wm. Notman & Son
1887, 19e siècle
Plaque sèche à la gélatine
20 x 25 cm
Achat de l'Associated Screen News Ltd.
II-85086
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Dès le milieu du XIXe siècle, plusieurs philanthropes préconisaient une approche plus réformiste de la part des organismes de bienfaisance, qui devraient inciter les pauvres à devenir autonomes et à s'extraire de la pauvreté plutôt que de répondre ponctuellement à leurs besoins à mesure qu'ils se manifestent. À Montréal, Mlle Eliza Hervey était l'une de ces réformistes. En 1848, elle fonda le centre Home and School of Industry, destiné à former des filles de huit à quatorze ans au métier de domestique. L'Institut était conçu pour les filles, mais leurs frères étaient également admis au besoin. En 1908, on modifia le mandat de l'organisme pour y inclure officiellement la formation des garçons. Le groupe de femmes de la classe moyenne supérieure associées à Mlle Hervey participèrent également à la mise sur pied de divers autres organismes de bienfaisance importants et durables à Montréal. Citons, entre autres, les organismes Protestant Industrial Rooms, conçu pour fournir aux veuves nécessiteuses du travail de couture rémunéré, le centre de petite enfance Protestant Infants' Home, destiné aux nourrissons et à leur mère, et la maison de convalescence Murray Bay Convalescent Home. Ces femmes participèrent aussi à la fondation du YWCA (Young Women's Christian Association) de Montréal, qui contribua lui-même à la mise en place de plusieurs organismes de bienfaisance montréalais, dont la première garderie gratuite.

Quoi:

La photographie, prise par William Notman (1826-1891), présente des enfants assis sur les marches de l'escalier de façade de l'Institut Hervey, en 1886.

Où:

L'Institut Hervey, présenté ici, se trouvait rue de la Montagne. L'organisme occupa cet immeuble de 1875 à 1908, puis déménagea dans des locaux plus spacieux, à l'intersection des avenues Windsor et Claremont, à Westmount.

Quand:

Fondé en 1848 pour pallier la misère des nouveaux immigrants, l'Institut poursuivit ses activités jusqu'au XXe siècle.

Qui:

Lors de son incorporation, en 1875, le centre Home and School of Industry fut rebaptisé Institut Hervey, en l'honneur de sa présidente fondatrice.

PERS-07
Cet artefact appartient à : Collection privée
Photographie
La maison George Moore et la résidence pour personnes âgées de Longue Pointe
PERS-07
Cet artefact appartient à : Collection privée

Clefs de l'histoire:

Avant l'avènement des régimes de retraite, le vieillissement comportait de graves difficultés. En effet, la personne âgée ne pouvait plus travailler en raison de son âge et de ses invalidités, mais les faibles salaires qu'elle avait touchés durant sa vie active ne lui avaient pas permis d'économiser pour ses vieux jours. Étant donnée la précarité de leur situation financière, la plupart des familles étaient absolument incapables de venir en aide à leurs aînés. Les philanthropes avaient tendance à inclure les personnes âgées et les invalides parmi les pauvres méritants. C'est pourquoi, ils mirent sur pied de nombreux établissements de bienfaisance à l'intention de cette classe de miséreux, bien que, dans certains cas, ces derniers étaient simplement admis dans des asiles publics pour les pauvres. En dépit du fait qu'on les classait parmi les « méritants », les pensionnaires des centres pour personnes âgées devaient se soumettre à des règles très strictes et participer aux travaux ménagers s'ils en étaient capables. À Montréal, divers organismes de bienfaisance accueillaient les femmes, mais seul le centre Protestant House of Industry and Refuge acceptait d'héberger des hommes. En 1885, les responsables de cet établissement firent construire un pavillon pour personnes âgées (Old People's Home) sur une ferme cédée par Thomas Molson (1791-1863), conformément au legs de William Workman prévu à cette fin. Ceci devint le principal organisme de bienfaisance à l'intention des protestants du troisième âge. En 1894, James Moore fit construire à ses frais une maison de convalescence à côté de l'édifice principal.

Quoi:

Cette photographie représente le pavillon de campagne Montreal Protestant House of Industry and Refuge Country House (à droite) et la maison de convalescence Moore Convalescent Home. Ils constituaient le principal établissement d'assistance aux personnes âgées à Montréal.

Où:

Le pavillon de campagne était situé à Longue-Pointe, dans l'est de Montréal. La propriété comprenait une vaste exploitation agricole, qui fournissait la plupart des denrées consommées aussi bien dans le pavillon de campagne que dans l'établissement urbain.

Quand:

Le pavillon de campagne fut érigé en 1885 et la maison de convalescence Moore, en 1894. Les deux édifices furent réunis en 1916, au moyen d'une annexe, qui servait à héberger les malades incurables.

Qui:

Le Montreal Protestant House of Industry and Refuge et ses divers services dépendaient presque entièrement des dons et legs de la part de simples citoyens. L'institution existe encore aujourd'hui et sert d'établissement de soins prolongés pour personnes âgées.

PERS-06
Cet artefact appartient à : Collection privée
Photographie
La Montreal Protestant House of Industy and Refuge
PERS-06
Cet artefact appartient à : Collection privée

Clefs de l'histoire:

La plupart des villes avaient un asile des pauvres, habituellement géré par le gouvernement, qui prodiguait de l'assistance à toutes les catégories de pauvres. Ces établissements, que l'on appelait aussi des maisons d'industrie, adoptaient une approche moraliste en matière d'assistance aux indigents. Ainsi, le Montreal Protestant House of Industry and Refuge constitue un bon exemple de ce type d'institution, bien qu'il ait été géré par le secteur privé. À l'origine, on y trouvait des installations pour les personnes âgées, ainsi que des ateliers et un asile de nuit à l'intention d'autres sans-abri, hommes et femmes. Les personnes âgées furent déplacées vers le pavillon de campagne en 1885, ce qui libéra de l'espace pour les refuges dans l'édifice situé en ville. Avant d'être admise dans le refuge, la personne demandeuse devait accepter de travailler, elle devait être disposée à fendre du bois d'allumage ou encore à faire des travaux de couture en échange d'un lit et d'un repas. Les biens ainsi produits par les pensionnaires étaient mis en vente. Le refuge gérait aussi un service de placement de personnel occasionnel qui offrait aux hommes des tâches de journalier, comme l'enlèvement de la neige. Les demandes d'admission étaient particulièrement nombreuses durant les mois d'hiver et, abritant plusieurs centaines de personnes, les refuges étaient souvent surpeuplés. L'institution gérait aussi une soupe populaire, ainsi qu'un dépôt central pour les protestants, chargé de distribuer de la nourriture, des vêtements et du combustible aux familles démunies.

Quoi:

Le Montreal Protestant House of Industry and Refuge était un asile privé destiné aux protestants démunis de Montréal. On y offrait divers services, mais l'activité de bienfaisance se faisait dans une perspective moraliste.

Où:

L'édifice était situé à l'intersection du boulevard Dorchester et de la rue Bleury. Pour s'assurer des revenus de location, les responsables de l'organisme firent construire une rangée de boutiques et de maisons sur le reste de leur propriété foncière, qui s'étendait jusqu'à la rue Jeanne-Mance.

Quand:

Le Montreal Protestant House of Industry and Refuge ouvrit ses portes en 1863. Il fut fermé en 1951, la ville ayant exproprié le terrain afin d'élargir le boulevard Dorchester (aujourd'hui devenu le boulevard René-Lévesque).

Qui:

Il s'agit ici d'une photographie de l'édifice principal du Montreal Protestant House of Industry and Refuge et de ses divers départements. Le bois d'allumage produit par les pensionnaires du refuge de nuit était vendu au public, tandis que le secours à domicile était offert tous les jeudis.

M987.181.2
© Musée McCord
Casquette de crieur de journaux
1900-1925, 20e siècle
Don de Mme Hubert Senecal
M987.181.2
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Dans les villes du XIXe siècle, de nombreux jeunes garçons travaillaient à de petits commerces ambulants, soit comme camelots, cireurs de chaussures et commissionnaires. Cette situation soulevait des inquiétudes quant aux atteintes possibles à la moralité : selon les partisans de la réforme sociale, il fallait absolument inculquer de bonnes valeurs à ces jeunes garçons. En 1871, un groupe de philanthropes protestants ouvrirent un centre pour jeunes garçons de Montréal (Montreal Boy's Home), inspiré du modèle des centres créés en Angleterre par Lord Shaftesbury (1801-1885) à l'intention des jeunes porteurs de journaux. L'établissement, situé rue de la Montagne, recevait surtout des garçons adolescents et ceux-ci payaient pension durant leur séjour. Les directeurs du centre voulaient susciter chez les jeunes l'amélioration personnelle et l'autonomie, grâce à un régime de règles strictes et en leur offrant des ateliers, une bibliothèque, des salles de lecture et une banque d'épargne, ainsi que des cours du soir (programme scolaire régulier et formation professionnelle). En 1905, l'immeuble fut doté d'une piscine et d'un gymnase. Bien que les directeurs aient eu abondamment recours à une approche moralisatrice, le centre constituait un service important pour beaucoup de ces jeunes, surtout ceux qui se retrouvaient seuls dans la grande ville. En 1909, l'association ouvrit également le centre Shawbridge Boy's Farm, première maison de réforme destinée aux garçons protestants.

Quoi:

Ce type de casquette servait souvent de coiffure aux camelots. Elle avait l'avantage d'être à la fois légère et chaude. De nombreux modèles étaient munis de rabats pour tenir les oreilles au chaud durant les longues nuits d'hiver.

Où:

Dans la plupart des villes européennes et canadiennes, on trouvait de jeunes garçons travaillant à de petits commerces ambulants, soit comme camelots, cireurs de chaussures, messagers, et ainsi de suite.

Quand:

Avant l'entrée en vigueur des lois sur la fréquentation scolaire obligatoire, de nombreux jeunes garçons travaillaient pour contribuer au soutien de leur famille ou, dans le cas des jeunes ayant émigré seuls ou quitté leur famille, pour subvenir à leurs propres besoins.

Qui:

La plupart des jeunes camelots provenaient de la classe ouvrière. Ils étaient très mal rémunérés et avaient souvent de la difficulté à se trouver un logement qui soit à la fois suffisamment bon marché et salubre.

M985.230.5737
© Musée McCord
Impression
Montréal - Asile des orphelins protestants, rue Sainte-Catherine
3 juillet, 1875, 19e siècle
Encre sur papier journal - Photolithographie
39.2 x 28.4 cm
Don de Mr. Colin McMichael
M985.230.5737
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Un observateur moderne peut beaucoup apprendre au sujet des philanthropes du passé en examinant les nombreux sites historiques qu'ils ont laissés derrière eux, soit une foule d'édifices et de parcs remarquables. Bien que la motivation de base de la philanthropie ait été une combinaison de considérations religieuses, humanistes et de contrôle social, les philanthropes faisaient également partie d'une élite urbaine consciente de ses privilèges et qui se voyait chargée d'une mission importante pour le développement des villes. Le philanthrope assumait notamment la responsabilité de traiter des problèmes sociaux, tout en ayant le désir d'établir des institutions sociales et culturelles dont sa ville pourrait s'enorgueillir. À cet égard, l'architecture revêtait une importance toute particulière. C'est pourquoi, les établissements philanthropiques étaient habituellement logés dans des édifices imposants et présentant une architecture soignée. Il était donc de mise d'inclure de telles institutions dans les parcours proposés aux visiteurs. C'est d'ailleurs ce qui explique cette anomalie qui faisait en sorte que la plupart des établissements de bienfaisance étaient situés dans les quartiers riches de la ville, plutôt que dans des secteurs facilement accessibles aux pauvres.

Quoi:

Ce croquis, tiré d'une édition de juillet 1875 de l'hebdomadaire montréalais The Canadian Illustrated News, illustre la façade du Montreal Protestant Orphan Asylum à cette époque. Les portes avant avaient été données par l'homme d'affaires Peter McGill (1789-1860).

Où:

L'orphelinat illustré ici fut construit en 1849, rue Ste-Catherine près de Drummond, au coeur du quartier huppé appelé le Golden Square Mile. En 1894, l'établissement fut déménagé à l'intersection des rues Summerhill et Côte-des-Neiges.

Quand:

Le Protestant Orphan Asylum fut fondé en 1822 par un comité de femmes de la classe moyenne supérieure. La société, incorporée en 1843, existe encore de nos jours, sous une forme différente.

Qui:

Durant tout le XIXe siècle, l'institution accueillit des orphelins. Au cours du XXe siècle, la société assouplit ses règles pour y admettre aussi des enfants qui n'étaient pas orphelins.

M988.98.2
© Musée McCord
Peinture
Mme George A. Drummond, Lady Drummond
Robert Harris
Vers 1897, 19e siècle
Huile sur toile
37 x 29.3 cm
Don de la succession de Mr. Guy Drummond
M988.98.2
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Beaucoup de philanthropes étaient motivés à la fois par une volonté d'aider autrui et par la conviction que quelque chose de fondamental n'allait pas chez ceux qui avaient besoin d'aide. On trouvait toujours certains réformistes pour faire valoir que les organismes de bienfaisance ne servaient qu'à encourager la dépendance et que l'assistance ne devrait être distribuée que très parcimonieusement. Ce mouvement se concrétisa avec l'avènement, en Angleterre, des Charity Organization Societies (COS), en 1869. Les partisans d'un modèle soi-disant « scientifique » d'organismes de bienfaisance faisaient valoir la nécessité d'enquêter sur les demandes d'aide afin de réduire les dons superflus, de bien coordonner les différents organismes pour accroître leur efficacité et réduire les cas de fraude et de toujours favoriser l'autonomie plutôt que de distribuer de l'aide. En 1900, on mit sur pied une société de type COS à Montréal, principalement à l'instigation du Conseil local des femmes de Montréal (Montreal Local Council of Women). Au XXe siècle, la collaboration s'est accrue entre les organismes de bienfaisance privés, le tout se traduisant notamment par des appels de financement conjoints et même par la mise en commun de travailleurs sociaux. De nouveaux organismes-cadres, comme l'Association du bien-être familial et le Conseil de développement social du Montréal métropolitain, ont également vu le jour.

Quoi:

Lady Julia Drummond, première présidente du Conseil local des femmes de Montréal, fut la principale instigatrice de l'implantation réussie d'une société de type COS à Montréal.

Où:

Lady Drummond, philanthrope de premier ordre, fut également très active dans les oeuvres de la Croix rouge canadienne au cours de la Grande Guerre et, en 1920, elle ouvrit un centre d'accueil pour filles à Montréal.

Quand:

Ce portrait, réalisé par l'illustre peintre canadien Robert Harris (1849-1919), date de 1897. À cette époque, Lady Drummond était membre active du Conseil des femmes et participait à la mise sur pied de l'organisme Infirmières de l'Ordre de Victoria.

Qui:

Grace Julia Parker Drummond est née à Montréal, en 1859, et elle y vécut presque toute sa vie.

VIEW-5027
© Musée McCord
Photographie
Montreal General Hospital, rue Dorchester, Montréal, QC, 1913
Wm. Notman & Son
1913, 20e siècle
Plaque sèche à la gélatine
20 x 25 cm
Achat de l'Associated Screen News Ltd.
VIEW-5027
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Cas particuliers

Les philanthropes étaient engagés dans bien d'autres oeuvres de bienfaisance que l'assistance aux pauvres, et notamment dans les établissements hospitaliers. À l'origine, les hôpitaux étaient des institutions de bienfaisance créées pour procurer des soins médicaux aux pauvres; mais au cours du XIXe siècle et au début du XXe siècle, sous l'influence d'une approche médicalisée de la pauvreté et par suite des besoins pressants d'une population en pleine croissance, on assista à un accroissement du nombre, de la taille et de la spécialisation des hôpitaux. Comme bien d'autres services sociaux au Québec, l'organisation des hôpitaux se fit sur une base confessionnelle. Les hôpitaux catholiques étaient dirigés par des communautés religieuses, tandis que la gestion des hôpitaux protestants était plutôt laïque. Le premier hôpital protestant de Montréal fut le Montreal General Hospital (MGH, Hôpital général de Montréal), fondé en 1819. D'autres grandes villes canadiennes mirent aussi sur pied des établissements de soins généraux : par exemple, le Toronto General, qui date de 1829. Bien que depuis les années 1830, les hôpitaux pouvaient compter sur de généreuses subventions gouvernementales, la plupart dépendaient encore des dons de philanthropes pour s'établir et pour développer de nouveaux services, ouvrir de nouveaux pavillons, et ainsi de suite.

Quoi:

Voici une photographie de l'Hôpital général de Montréal, ce grand établissement de soins hospitaliers qui a desservi la population protestante de la ville à compter du début des années 1800.

Où:

L'établissement occupait le quadrilatère délimité par le boulevard Dorchester (devenu René-Lévesque) et les rues de La Gauchetière, de Bullion et St-Dominique. Il fut déménagé avenue des Pins en 1955.

Quand:

L'hôpital fut créé en 1819 par un groupe de médecins et de philanthropes. On l'aménagea dans ses édifices permanents en 1822. Au fil des ans, des agrandissements se greffèrent à l'immeuble principal pour produire la constellation d'immeubles que nous voyons sur cette photo de 1913.

Qui:

Sur la liste des philanthropes associés à l'Hôpital général de Montréal en raison de leurs dons ou de leur implication au sein de comités, on retrouve tout le gratin des personnalités les plus importantes de Montréal.

VIEW-1980
© Musée McCord
Photographie
Protestant Insane Asylum, Hôpital Douglas, Verdun, QC, vers 1890
Wm. Notman & Son
Vers 1890, 19e siècle
Plaque sèche à la gélatine
20 x 25 cm
Achat de l'Associated Screen News Ltd.
VIEW-1980
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Malgré le fait que le gouvernement ait joué un rôle plus important à l'égard des déficients mentaux, souvent considérés comme une menace à l'ordre social, qu'à l'égard des démunis, il reste que la philanthropie remplissait encore une mission non négligeable en ce domaine. C'est au milieu du XIXe siècle que s'amorça en Occident le mouvement de création d'asiles d'aliénés. Au Québec, le modèle mis en place était différent de ce qui se faisait ailleurs, puisque le gouvernement versait à des institutions privées des sommes pour chaque patient pris en charge plutôt que de gérer lui-même des asiles publics. Comme de coutume, l'asile catholique de Montréal était sous la direction de religieuses. Les philanthropes protestants organisèrent une rencontre en 1881 afin de mettre sur pied un asile distinct. Cet hôpital, qui ouvrit finalement ses portes en 1890, fut largement financé par des dons et des contributions du public. Les médecins y administraient les types de soins répandus à cette époque et qui, dans bien des cas, se résumaient en un amalgame de travail (surtout des travaux agricoles), de loisirs, de religion et de saine alimentation. À mesure que les gens acceptèrent l'idée de confiner l'un de leurs proches dans un asile, le nombre de patients de l'établissement ne cessa de s'accroître, passant de cent trente-neuf en 1890 à mille deux cents en 1936.

Quoi:

Voici une photographie du premier édifice de l'asile Protestant Hospital for the Insane. Les dons privés étaient indispensables à sa survie, car les subventions gouvernementales ne permettaient jamais de couvrir les coûts réels.

Où:

L'hôpital fut construit à la campagne, sur une terre de cent dix acres située sur la route Lower Lachine Road (l'actuel boulevard LaSalle-Wellington), en surplomb du fleuve Saint-Laurent. Plus tard, on y annexa une autre terre de soixante acres. Ce site fait aujourd'hui partie de Verdun.

Quand:

La loi constitutive fut accordée en 1881, et l'on procéda alors à l'élection du premier conseil d'administration. La terre fut acquise en 1887, mais l'hôpital ne fut en mesure d'accueillir ses premiers patients qu'à compter de 1890.

Qui:

En 1965, l'établissement fut officiellement rebaptisé Douglas Hospital-Hôpital Douglas, à la mémoire du Dr James Douglas (1800-1886), pionnier de la psychiatrie au Québec et dont le fils fut, pour l'institution, l'un des principaux donateurs au début du XXe siècle.

II-168198
© Musée McCord
Photographie
Cuisine du dispensaire diététique de Montréal, Montréal, QC, 1907
Wm. Notman & Son
1908, 20e siècle
Plaque sèche à la gélatine
20 x 25 cm
Achat de l'Associated Screen News Ltd.
II-168198
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Les philanthropes ont reconnu qu'il y avait un lien évident entre les problèmes de santé et la pauvreté. Les hôpitaux se chargeaient de traiter les problèmes médicaux, mais aucune ressource n'était affectée aux aspects plus globaux de la santé publique, comme les déficiences du régime alimentaire. Un groupe de femmes montréalaises, affilié au YWCA et à l'American Presbyterian Church, s'attaqua au problème en mettant sur pied un dispensaire diététique. Ce service de cuisine diététique se chargeait d'apprêter des aliments nourrissants et de les livrer aux malades démunis, aux personnes en convalescence et atteintes de maladie incurable. Les personnes détenant une autorisation du médecin, d'un membre du clergé, d'un travailleur social ou d'un membre du comité avaient droit aux repas gratuitement, tandis que les autres devaient débourser l'équivalent du coût du repas ou un peu moins. Les repas se composaient pour la plupart d'aliments tels que concentré de boeuf, bouillon de volaille, viandes cuites, oeufs, gelées, crèmes-desserts, farine d'avoine, fruits et légumes frais, tous indispensables pour refaire ses forces mais hors de prix pour les familles démunies. Le dispensaire embauchait aussi des infirmières pour s'occuper des malades et aider les familles démunies recommandées par les services sociaux.

Quoi:

La photographie présente la cuisine impeccable du Dispensaire diététique de Montréal. On considérait que pour préparer de la nourriture saine, il fallait à la fois des ingrédients de bonne qualité et une hygiène irréprochable, deux conditions plutôt difficiles à réunir dans les foyers de la classe ouvrière.

Où:

En 1908, au moment où cette photo fut prise, le dispensaire était situé rue Mansfield. On ouvrit également d'autres dispensaires dans divers quartiers ouvriers.

Quand:

Le Dispensaire diététique de Montréal ouvrit ses portes en 1879, époque où de telles institutions étaient populaires dans bien des grandes villes.

Qui:

À leurs débuts, les institutions philanthropiques de ce genre étaient habituellement gérées et financées par des femmes de la classe moyenne supérieure, qui consacraient de longues heures à collecter des fonds et à aider à la préparation des repas.

M966.167.10.3-4
© Musée McCord
Bonnet de marin
1867, 19e siècle
51 cm
Don de Mrs. George B. Dorey
M966.167.10.3-4
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Cette coiffe de matelot a été conçue pour un jeune garçon. Malgré le fait que l'habillement inspiré de la marine ait été très populaire auprès de la bourgeoisie du XIXe siècle, on ne peut pas dire que l'attitude générale à l'égard des vrais matelots ait été empreinte d'admiration. En effet, dans les villes portuaires comme Montréal et Halifax, où les matelots se retrouvaient en grand nombre, l'élite locale les tenait pour des buveurs excessifs enclins à la violence et à l'illégalité. En réaction à ce qu'ils percevaient comme un problème social potentiel, les notables instaurèrent une sorte de contrôle social bienveillant en ouvrant des instituts pour marins (Sailor's Institute) où l'on offrait à ces derniers des équipements récréatifs qui n'étaient ni des tavernes, ni des bars. Dans ces établissements, les activités se pratiquaient dans les salons de lecture, dotés de journaux et de revues, les fumoirs et les salles de jeux, tandis que les salons d'écriture, équipés de papeterie, de stylos et de services postaux, permettaient aux marins de rester en contact avec leurs familles à l'étranger. Il y avait toujours du café, du pain et du beurre à bon prix et, dans la plupart de ces instituts, on organisait des activités sociales, notamment des concerts, et ainsi de suite. On inscrivait aussi à l'horaire des réunions de gospel, de prière et de tempérance, bien que les marins préféraient généralement les activités plus profanes.

Quoi:

Les instituts pour marins étaient des installations récréatives mises en place par les membres de la bourgeoisie dans le but de contrôler l'instabilité sociale qu'ils associaient à la présence de marins enivrés et loin de leur pays.

Où:

Ce genre d'instituts se trouvaient la plupart du temps près des quais. Le Montreal Sailor's Institute était situé à l'intersection de la rue des Commissaires et du square de la Maison des douanes, près du port.

Quand:

Le Montreal Sailors' Institute ouvrit ses portes en 1862 et fut incorporé en 1869. En 1914, il y avait également un Club de marins catholiques dans la ville.

Qui:

Les instituts pour marins étaient mis sur pied par les classes fortunées. À Montréal, le principal instigateur de l'Institut et de son financement était sir Hugh Allen (1810-1882), notable canadien d'origine écossaise et propriétaire d'une importante compagnie de navigation.

19695
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick
Photographie
Repas de Noël pour les enfants des soldats
décembre 1915, 20e siècle
Gélatine argentique sur carton
21.7 x 30.1 cm
19695
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick

Clefs de l'histoire:

Les associations philanthropiques naissaient souvent dans la foulée d'événements particuliers. Au cours de la Première Guerre mondiale, diverses associations, dont les Women's Patriotic Leagues et les Ligues des femmes des soldats avaient pour mandat de fournir des services aux familles des soldats au Canada. Le gouvernement assuma un rôle actif peu commun en faisant voter une loi pour assurer le soutien des familles des soldats, notamment grâce aux allocations aux épouses de mobilisés et aux règlements sur la délégation de solde. Toutefois, de manière typiquement canadienne, ces fonds étaient gérés par le Fonds patriotique canadien, groupe semi-privé, et ses visiteurs de la classe moyenne. En règle générale, les philanthropes (tout comme le gouvernement) hésitaient beaucoup à aider les familles, parce qu'ils ne voulaient pas aller à l'encontre de l'idéologie dominante selon laquelle ce sont les hommes qui doivent assumer le rôle de soutien de famille. Or, cette approche habituelle fut modifiée temporairement sous l'influence de la reconnaissance des droits des soldats et de la volonté de stabiliser les familles sur le front intérieur, cependant, l'aide était distribuée en fonction des besoins et, souvent, selon une attitude très moraliste. Néanmoins, ces efforts en contexte de guerre ont constitué un premier pas timide vers le principe des allocations familiales et la reconnaissance de la responsabilité du gouvernement en matière d'assistance sociale.

Quoi:

Voici l'illustration d'une activité spéciale - un repas de Noël - organisée pour les enfants des soldats qui avaient quitté leurs familles au Canada pour combattre en Europe au cours de la Première Guerre mondiale.

Où:

L'événement se déroule à la Centenary Church, rue Carmarthen à St-Jean, au Nouveau-Brunswick.

Quand:

En décembre 1915, au moment où cette photographie fut prise, le Canada était déjà en guerre depuis plus d'un an. Ce genre d'activité était jugé important au maintien du bon moral des familles.

Qui:

Cet événement particulier avait été organisé par la ligue locale des femmes des soldats. Cet organisme avait vu le jour durant la guerre des Boers et reprit du service au cours de la Première Guerre mondiale. Il avait pour mandat de fournir du soutien aux familles et de faire en leur nom des pressions sur les gouvernements.

I-63563
© Musée McCord
Photographie
Université McGill, Montréal, QC, photographie composite, 1871
William Notman (1826-1891)
1871, 19e siècle
Plaque de verre au collodion humide
17 x 12 cm
Achat de l'Associated Screen News Ltd.
I-63563
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Les causes connexes

Les philanthropes étaient engagés dans une foule de causes sociales, dont l'éducation, la santé publique, les musées, les parcs et la protection des animaux. Les universités profitèrent grandement et de façon toute particulière de leur soutien. Étant donné le lien que l'on établissait entre, d'une part, le manque d'éducation et la pauvreté et, d'autre part, entre l'éducation et l'avancement, les gens furent amenés à soutenir cette cause. Bien que le gouvernement assumait sa responsabilité à l'égard du système scolaire, la mise sur pied, le développement et la modernisation de bon nombre d'universités dépendaient des dons privés. C'était le cas de l'Université McGill à Montréal, qui avait été créée par suite d'un legs de terrain et d'argent. Au fil des ans, cet établissement fut soutenu par des dons considérables consentis par des mécènes qui assurèrent les fonds nécessaires à la mise en place de nouvelles facultés dans des immeubles construits à cette fin, à l'ouverture de nouveaux services et au recrutement d'une plus grande clientèle étudiante. Grâce à cette source de financement assurée, l'Université McGill fut en mesure de se tenir au fait des progrès scientifiques de pointe et de maintenir jusqu'à ce jour son statut d'institution de calibre mondial.

Quoi:

Cette illustration résulte d'une sorte de mosaïque photographique appelée « épreuve composite ». On y voit les premiers édifices de l'Université McGill et, à gauche, M. James McGill (1744-1813), le premier mécène de l'établissement, et M. J. W. Dawson (1820-1899), qui occupa les fonctions de recteur de 1855 à 1893.

Où:

L'Université McGill fut construite sur le domaine de quarante-six acres légué à cette fin par James McGill. Les grilles de l'établissement sont situées rue Sherbrooke, face à la rue University, au coeur du quartier anglophone qui se trouve au pied du mont Royal.

Quand:

Le Collège McGill reçut sa charte royale en 1821 et il offrait, au moment d'ouvrir ses portes, en 1829, une faculté de médecine. Tout au long du siècle, on créa de nouveaux programmes et de nouvelles facultés et écoles professionnelles.

Qui:

C'est largement grâce au soutien de plusieurs philanthropes fortunés que l'Université McGill a connu une telle croissance. L'établissement témoigne de l'un des plus importants legs philanthropiques au Canada.

VIEW-13052
© Musée McCord
Photographie
Nouvelle Art Gallery, rue Sherbrooke, Montréal, QC, 1913
Wm. Notman & Son
1913, 20e siècle
Plaque sèche à la gélatine
20 x 25 cm
Achat de l'Associated Screen News Ltd.
VIEW-13052
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Les philanthropes et les élites urbaines étaient également très actifs dans la promotion des institutions culturelles. Ils considéraient que les musées, les galeries d'art et les bibliothèques étaient des institutions civiques importantes, et la plupart de celles-ci se sont d'ailleurs développées grâce aux dons et aux organismes philanthropiques. Montréal était le lieu privilégié de tels développements. En 1860, on y forma une Société des Arts ayant pour mandat d'organiser des expositions. En 1877, un legs de terrain et d'argent, reçu à point nommé de la part de Benaiah Gibb, permit au groupe de construire une galerie d'art permanente dans le Square Phillips. À peu près à la même époque, on inaugurait des musées d'art à New York et à Boston, tandis que les citoyens de Toronto commençaient à recruter des fonds en vue de construire un musée, qui ouvrit finalement ses portes en 1912.

Les toiles de M. Gibbs formaient l'essentiel de la collection de la galerie montréalaise, et d'autres mécènes prêtèrent des oeuvres pour des expositions. Dès 1912, on jugea que l'espace d'exposition était devenu trop restreint, et l'on procéda donc à la construction de l'élégant édifice représenté ici, qui allait servir de nouvel emplacement pour la galerie. Encore une fois, le tout fut financé exclusivement par des dons de particuliers.

Quoi:

La Montreal Art Gallery est le plus ancien musée d'art du Canada. Elle fut rebaptisée Musée des beaux-arts (Montreal Museum of Fine Arts) en 1960.

Où:

L'illustration présente le nouvel immeuble de la galerie, situé rue Sherbrooke, au coeur du quartier huppé appelé Golden Square Mile et entouré d'élégants édifices victoriens.

Quand:

La nouvelle galerie d'art fut terminée en 1912. L'édifice, qui fait encore partie du Musée actuel, est relié aux galeries principales, maintenant logées dans un immeuble plus moderne, situé de l'autre côté de la rue.

Qui:

L'édifice original fut dessiné par les architectes Edward (1867-1923) et William Maxwell (1874-1952), qui construisirent plusieurs des maisons bourgeoises que l'on trouve dans ce quartier cossu.

MP-0000.25.254.2
© Musée McCord
Photographie, diapositive sur verre
Laboratoire d'hygiène, Pavillon de médecine, Université McGill, Montréal, QC, vers 1895
Anonyme - Anonymous
Vers 1895, 19e siècle
Plaque sèche à la gélatine
8 x 8 cm
Don de Mr. Stanley G. Triggs
MP-0000.25.254.2
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Dans les années 1860, inspirés par ce qui se faisait ailleurs, des citoyens et des médecins importants dans des grandes villes canadiennes comme Montréal décidèrent de former des organisations ayant pour mandat de faire pression pour l'amélioration des conditions d'hygiène du milieu par l'investissement dans des systèmes d'aqueduc et d'égout, la collecte des déchets, le contrôle des animaux et la vaccination. L'hygiène constituait en effet un facteur déterminant dans les premiers efforts de lutte à la pauvreté et aux taux de mortalité élevés. Les découvertes et progrès médicaux renforçaient par ailleurs cette prise de conscience du rôle important des bactéries dans la propagation des maladies et de l'efficacité des techniques de stérilisation et d'aseptisation. Les taux de mortalité étant encore élevés, les questions d'hygiène publique étaient toujours très préoccupantes au début du XXe siècle, et l'on se tournait de plus en plus vers les hôpitaux et les laboratoires universitaires pour apporter des améliorations en ce domaine plutôt que vers des groupes de pression philanthropiques. L'Université McGill joua un rôle majeur dans l'introduction de progrès médicaux et dans la formation d'une nouvelle génération de médecins. Les hôpitaux modernes et bien équipés, comme le Royal Victoria, ont eux aussi beaucoup contribué à élever le niveau de santé publique.

Quoi:

La photographie présente le nouveau laboratoire d'hygiène du Pavillon de médecine de l'Université McGill. Les laboratoires de ce type ont largement contribué à la formation des médecins et aux progrès dans le domaine de la santé publique.

Où:

Le Pavillon de médecine était situé sur le campus principal de McGill, dans la partie supérieure nord-est.

Quand:

Le laboratoire ouvrit ses portes en 1895, et l'on procéda à peu près à la même époque à l'inauguration d'un laboratoire de bactériologie.

Qui:

On doit ces progrès particuliers à la générosité de deux importants philanthropes montréalais, Donald Smith (1820-1914) et J. H. R. Molson (1826-1897).

VIEW-566.1
© Musée McCord
Photographie
À l'île Sainte-Hélène, Montréal, QC, vers 1875
William Notman (1826-1891)
Vers 1875, 19e siècle
Sels d'argent sur papier monté sur papier - Papier albuminé
10 x 8 cm
Achat de l'Associated Screen News Ltd.
VIEW-566.1
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Le manque d'espaces verts et les conditions générales d'insalubrité dans les villes soulevaient d'autres préoccupations en matière de santé publique. Dans ce domaine, les autorités municipales s'impliquaient beaucoup plus qu'elles n'en avaient l'habitude. S'inspirant de l'exemple de Central Park, à New York, le conseil municipal de Montréal se fit octroyer un prêt par le gouvernement et commença à acquérir du terrain sur le mont Royal. Conçu par le même architecte que Central Park, ce parc « rural » fut inauguré en 1876, mais son accessibilité limitée en fit plutôt une enclave réservée à l'élite anglophone pendant une bonne partie du XXe siècle. La ville ouvrit deux autres parcs destinés aux classes ouvrières, soit celui de l'île Sainte-Hélène, en 1874, et le Parc Lafontaine, dans les années 1880. Tous deux se trouvaient sur des terrains appartenant au gouvernement fédéral (Vancouver utilisa la même méthode pour son Stanley Park, en 1884). Cependant, cela ne constituait qu'une solution très partielle au manque de parcs à l'intérieur de la ville. En 1902, un organisme appelé Montreal Parks and Playgrounds Association vit le jour et se donna pour mandat de superviser les terrains de jeu, afin de contribuer à l'amélioration de la santé des enfants et à la réduction du taux de délinquance. Cette association privée organisa de nombreux programmes récréatifs en période estivale et fit pression pour que la Ville construise des parcs dans les quartiers.

Quoi:

Le parc original de l'île Sainte-Hélène, tel qu'on le voit ici, fut créé à l'extrémité sud de l'île. La Ville fit l'acquisition du reste de l'île en 1907, et à l'époque, le parc était accessible par traversier.

Où:

L'île Sainte-Hélène se trouve dans le fleuve Saint-Laurent, au sud de Montréal.

Quand:

La ville inaugura le parc de l'île Sainte-Hélène en 1874. Peu de temps après, on y implanta des équipements récréatifs, afin l'activité des visiteurs ne se limite pas à l'observation de la nature.

Qui:

La Ville joua un rôle majeur en fournissant des espaces pour l'aménagement de parcs. En 1912, soixante petits parcs de quartier avaient vu le jour et la Ville consacrait 10 000 $ par année aux terrains de jeu.

M930.50.1.589
© Musée McCord
Gravure
Emblème de The Quebec Society for the Prevention of Cruelty to Animals
John Henry Walker (1831-1899)
1850-1885, 19e siècle
Encre sur papier - Gravure sur bois
4.7 x 4.6 cm
Don de Mr. David Ross McCord
M930.50.1.589
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Les philanthropes ne se sont pas limités à soulager la misère humaine : ils ont aussi défendu la cause des animaux. La première société de protection des animaux (Humane Society) fut créée en Angleterre, en 1824, tandis qu'en Amérique du Nord, ces sociétés commencèrent à voir le jour dans les années 1860. En 1869, un groupe de philanthropes montréalais formèrent la Canadian Society for Prevention of Cruelty to Animals (SPCA), soit la première société du genre au Canada. Parmi les principales causes que le groupe prit en charge, citons les cas de mauvais traitements infligés aux chevaux par les employeurs, tels que la Street Railway, ainsi que la cruauté envers le bétail en transit vers les marchés et l'abattage au fusil des oiseaux chanteurs. À titre de membres de l'élite de la ville, les dirigeants de la SPCA purent recourir à leur influence politique et commerciale pour faire en sorte que les lois existantes sur la protection des animaux soient améliorées et appliquées. Ils élaborèrent également des campagnes de sensibilisation et entreprirent d'apporter des améliorations pratiques, comme l'installation en nombre suffisant d'abreuvoirs pour les chevaux et les chiens. En 1912, on ouvrit un refuge pour les animaux à Montréal, et l'on augmenta petit à petit le nombre d'inspecteurs rémunérés, selon les fonds disponibles.

Quoi:

Cet emblème, dessiné par l'artiste John Henry Walker (1831-1899), fut utilisé par de nombreuses organisations de la SPCA, dont celles de Québec et de Montréal. On y voit l'ange de la miséricorde qui vient en aide à un cheval affaissé.

Où:

La SPCA de Québec fut fondée en 1870 et incorporée en 1887.

Quand:

Au cours des années 1870 et 1880, des citoyens philanthropes mirent sur pied des sociétés de protection des animaux dans la plupart des grandes villes canadiennes.

Qui:

Les sociétés de protection des animaux étaient des organismes privés, le financement de leurs activités provenant de dons privés de la part de leurs membres et donateurs, ainsi que d'événements de collecte de fonds. Elles sont encore actives de nos jours.

II-79945.1
© Musée McCord
Photographie
Charles Alexander, Montréal, QC, 1886
Wm. Notman & Son
1886, 19e siècle
Sels d'argent sur papier monté sur papier - Papier albuminé
14 x 10.2 cm
Achat de l'Associated Screen News Ltd.
II-79945.1
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Les philanthropes

Certains citoyens consacraient leur vie aux activités philanthropiques, investissant temps et argent à l'avancement de causes sociales. À Montréal, l'un des plus illustres exemples de ce type de personnes engagées est sans doute M. Charles Alexander (1816-1905). Il consacra son temps et ses compétences de gestionnaire à divers organismes de bienfaisance et il fut très actif dans le mouvement de réforme pénitentiaire. C'est lui qui accueillait les gens sollicitant de l'aide auprès du dépôt central du Protestant House of Industry and Refuge, dont il dirigeait le comité d'assistance aux démunis; il y occupa aussi le poste de président. Le projet qui lui tenait le plus à coeur était le centre d'accueil pour jeunes garçons Boy's Home, établissement qu'il fit construire à ses frais et qu'il géra pendant trente-cinq ans; mais il fut également administrateur au sein de divers autres organismes, dont l'Institut Mackay (pour enfants sourds), le Fresh Air Fund, la Society for the Protection of Women and Children, la SPCA, le Montreal Sailor's Institute, l'Hôpital général de Montréal, le Protestant Insane Asylum, le Sheltering Home, la Montreal Art Association et la Montreal Temperance Society.

Quoi:

En raison de son engagement dans la plupart des organismes de bienfaisance de la ville, Charles Alexander représentait, aux yeux des protestants montréalais, l'exemple parfait de la philanthropie. À sa mort, en 1905, les journaux rapportèrent que son cortège funèbre fut l'un des plus imposants que la ville ait connus.

Où:

M. Alexander passa sa vie adulte à Montréal. Il habitait rue Mackay.

Quand:

Charles Alexander naquit en Angleterre en 1816 et émigra au Canada en 1840. Ce portrait date de 1886, alors qu'il était âgé de soixante-dix ans.

Qui:

Propriétaire d'une confiserie, Charles Alexander fut également échevin (conseiller municipal) et se fit élire à l'Assemblée nationale. C'est l'un des plus illustres philanthropes de Montréal.

II-63273.1
© Musée McCord
Photographie
Mme J. H. R. Molson, Montréal, QC, 1881
Notman & Sandham
1881, 19e siècle
Sels d'argent sur papier monté sur papier - Papier albuminé
15 x 10 cm
Achat de l'Associated Screen News Ltd.
II-63273.1
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Bon nombre des organismes de bienfaisance privés destinés aux femmes et aux enfants étaient dirigés par des femmes, qui assuraient l'essentiel des activités de bienfaisance des sociétés nationales et des Églises protestantes. À cause de l'idéologie sexiste de l'époque, le rôle des femmes dans les activités socio-politiques était plutôt restreint, mais leur implication dans les organismes de bienfaisance était considérée comme un devoir chez les femmes de la classe moyenne supérieure, auxquelles on inculquait en bas âge les qualités naturelles de compassion et d'autorité morale. Bien des femmes ont donc consacré beaucoup de temps et d'efforts à la gestion des organismes de bienfaisance et à la collecte de fonds. Certaines femmes détentrices d'une fortune personnelle firent des dons philanthropiques substantiels, en plus de donner leur temps. À Montréal, l'une d'entre elles se nommait Louisa Goddard Frothingham Molson (1827-1910). Elle s'engagea dans des activités de bienfaisance dès l'âge de dix-huit ans. Riche héritière à la fois de par son père et de par son mari, elle apporta son soutien à plusieurs organismes de bienfaisance tout au long de sa vie et légua par testament près de 500 000 $ de dons à des organismes, hôpitaux et universités.

Quoi:

Louisa Frothingham Molson fut membre active du Protestant Orphan Asylum pendant soixante-quatre ans. Elle fut également membre de divers autres organismes de bienfaisance et versa des dons à plusieurs autres.

Où:

Louisa Frothingham Molson est née à Montréal. Elle vécut à Piedmont, demeure familiale située sur la montagne, en surplomb de l'avenue des Pins, que son père lui légua à sa mort.

Quand:

Née en 1827, Louisa Frothingham Molson mourut en 1910.

Qui:

Louisa Goddard Frothingham Molson était la fille de John Frothingham (1788-1870), grossiste en quincaillerie. Elle épousa J. H. R. Molson (1826-1897) en 1873.

II-170354
© Musée McCord
Photographie
Sir Donald Smith, Lord Strathcona, Montréal, QC, 1908
Wm. Notman & Son
1908, 20e siècle
Plaque sèche à la gélatine
25 x 20 cm
Achat de l'Associated Screen News Ltd.
II-170354
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Donald Smith (1820-1914) fut l'un des philanthropes les plus connus à Montréal au début du XXe siècle. Commissaire à la Compagnie de la Baie d'Hudson, politicien, magnat du chemin de fer, président de banque et investisseur dans de nombreuses entreprises, M. Smith était aussi l'exemple canadien parfait de celui qui, parti de rien, a réussi. Ce philanthrope appuya une foule de causes, distribuant plus de 7 500 000 $. Le plus illustre exemple de sa générosité est sans doute l'Hôpital Royal Victoria, qu'il paya en entier avec son cousin, George Stephens. Cependant, il fit aussi d'importantes contributions à plusieurs universités (surtout McGill) et hôpitaux, tant au Canada qu'en Angleterre, ainsi qu'au YMCA et au Theological College. Contrairement aux habitudes de l'époque, il appuya financièrement l'éducation des jeunes filles et des femmes par l'entremise du Trafalgar Institute et de l'Université McGill, où il fit construire le Royal Victoria College qu'il dota. En langue populaire, on utilisa le mot Donalda pour désigner les filles du premier groupe d'étudiantes féminines de McGill. M. Smith était un homme flamboyant, qui adorait les divertissements de luxe, mais il était aussi un humaniste qui contribua réellement à l'avancement de plusieurs causes.

Quoi:

Cette photographie présente Sir Donald Smith, assis dans son manoir de la rue Dorchester. M. Smith était l'un des philanthropes les plus en vue de Montréal, au début du XXe siècle.

Où:

Émigré d'Écosse en 1838, M. Smith passa la majeure partie de sa vie dans l'Ouest canadien, puis s'installa à Montréal. Il déménagea à Londres en 1896, lorsqu'il fut nommé haut commissaire canadien.

Quand:

Donald Smith est né en 1820 et sa carrière d'homme d'affaires et de politicien s'étendit sur presque tout le XIXe siècle. Il mourut à Londres, en 1914.

Qui:

Sir Donald Smith reçut le titre de Lord Strathcona and Mount Royal et fut élevé au rang de noble en 1896.

II-137467
© Musée McCord
Photographie
Sir William C. MacDonald, Montréal, QC, 1901
Wm. Notman & Son
1901, 20e siècle
Plaque sèche à la gélatine
17 x 12 cm
Achat de l'Associated Screen News Ltd.
II-137467
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Sir William Macdonald (1831-1917), fondateur de la société McDonald Tobacco, fut l'un des plus généreux philanthropes du début du XXe siècle, ses dons totalisant 15 000 000 $, dont 13 000 000 $ versés à l'Université McGill. Moins connu que plusieurs de ses contemporains, M. Macdonald était célibataire et vivait dans une modeste demeure de la terrasse Prince of Wales. Ses activités philanthropiques portaient principalement sur la modernisation de l'Université McGill, dont il finança la construction et les coûts d'exploitation des pavillons de physique, de génie et de chimie, ainsi que d'un édifice pour l'association étudiante. Natif de l'Île-du-Prince-Édouard, M. Macdonald s'intéressait tout particulièrement à l'éducation en milieu rural et contribua à la mise sur pied d'un programme d'éducation en milieu rural qui fournissait de l'assistance à des écoles partout au Canada. Sa plus spectaculaire contribution en matière d'éducation fut sans doute le Collège Macdonald, qu'il fit construire et dota. À sa mort, M. Macdonald légua aux fils de son assistant, David Stewart, une entreprise d'une valeur estimée de 20 000 000 $. Ses importantes contributions philanthropiques se sont perpétuées par l'intermédiaire de la Fondation Macdonald Stewart, que lui et la famille de son assistant avaient mise en place.

Quoi:

Voici une photographie de Sir William Macdonald, l'un des plus généreux philanthropes du début du XXe siècle.

Où:

Né à Glenaladale, dans l'Î.-P.-É., M. Macdonald déménagea à Montréal vers 1852 et lança son entreprise à succès dans le domaine du tabac en 1858. Il passa le reste de sa vie à travailler à Montréal.

Quand:

Né en 1831, William Macdonald mourut à Montréal en 1917.

Qui:

Sir William Macdonald reçut le titre de chevalier en 1898.

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© Musée McCord
Carnet de bal
Bal de bienfaisance au profit du Montreal Maternity Hospital
1922, 20e siècle
Encre sur carton
12.6 x 6.2 cm
C288_D.31
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

La plupart des associations de philanthropie furent d'abord des sociétés d'abonnés volontaires; par la suite, on les incorpora pour des raisons juridiques. Les membres devaient verser une cotisation annuelle. Grâce à cette méthode, qui permettait à des personnes moins fortunées de participer collectivement à des activités de philanthropie, le volume des interventions philanthropiques s'est considérablement accru. Les événements de collecte de fonds constituaient en outre une façon d'élargir le cercle des appuis. L'un de ces événements les plus populaires à l'époque était le bal de bienfaisance. Voici un carnet de bal créé pour l'un de ces événements. Certains de ces carnets étaient de véritables oeuvres d'art, mais ceux qui servaient dans le cadre d'événements de bienfaisance étaient généralement de facture simple. La couverture du carnet servait à annoncer l'organisme de bienfaisance, en présentant la liste des notables associés au groupe, soit à titre de membres ou de participants au patronage de l'événement. Les pages intérieures du carnet présentaient la liste des danses et l'on y ménageait un espace pour que le détenteur du carnet puisse y inscrire ses partenaires pour chaque danse de la soirée. La perforation au bas du carnet permettait au détenteur d'y fixer un crayon.

Quoi:

Ce bal de bienfaisance était organisé au profit du Montreal Maternity Hospital, qui existait depuis 1843.

Où:

Le bal de bienfaisance annoncé dans ce carnet devait avoir lieu à l'Hôtel Windsor, l'un des établissements montréalais les plus chic de l'époque.

Quand:

La plupart des associations et organismes qui avaient recours au bal de bienfaisance pour financer leurs activités organisaient ce genre d'événement chaque année à date fixe, afin qu'il soit inscrit au calendrier des mondanités.

Qui:

Le bal de bienfaisance était une forme très lucrative de collecte de fonds, car il était conçu pour convier les membres de la bourgeoisie à une soirée de gastronomie et de danse. Son organisation nécessitait des efforts considérables.

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© Musée McCord
Photographie
Exposition d'artisanat, Protestant Hospital for the Insane, Verdun, QC, 1913-1914
Wm. Notman & Son
1913-1914, 20e siècle
Gélatine argentique
20 x 25 cm
Achat de l'Associated Screen News Ltd.
VIEW-13422
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

La vente de charité ou l'exposition d'artisanat constituait la quintessence de l'événement bénéfice, car ce type d'activité permettait d'aller chercher l'appui potentiel de l'ensemble de la communauté, tout en encaissant des profits considérables. Les ventes de charité se fondaient sur le principe mercantile de base selon lequel les gens sont plus disposés à se départir de leur argent s'ils reçoivent quelque chose en retour. De nombreux organismes tenaient ces événements chaque année, et l'on s'y préparait bien des mois à l'avance. En effet, l'organisation de ventes de charité nécessitait beaucoup de travail et de planification - il fallait produire les articles mis en vente, prévoir des rafraîchissements, décorer la salle, distribuer des invitations et de la publicité, et ainsi de suite. Ce sont les membres de l'organisme hôte qui devaient s'acquitter de ces tâches préliminaires et ce sont eux également qui, le jour de l'événement, allaient devoir travailler aux tables de vente. Il semble cependant que, de façon générale, les ventes de charité à Montréal étaient beaucoup moins élaborées que certaines des foires de bienfaisance tenues aux États-Unis, où l'on trouvait des décors de théâtre et des costumes très recherchés, ainsi que des manèges.

Quoi:

L'exposition d'artisanat photographiée ici semble assez modeste; il se peut qu'elle ait été limitée à la vente d'objets confectionnés par les patients de l'hôpital, et, le cas échéant, il ne s'agirait pas d'un gros événement bénéfice annuel.

Où:

Les organismes de bienfaisance organisaient souvent leurs ventes dans de grandes salles qu'ils louaient au centre-ville. Cependant, dans les hôpitaux, on avait plutôt tendance à tenir les ventes de charité dans les grands locaux dont on disposait.

Quand:

Habituellement, on organisait les ventes de charité durant la période de Noël, afin de profiter des achats du temps des Fêtes.

Qui:

Cette exposition d'artisanat se tenait au profit du Protestant Hospital for the Insane de Verdun, mais bon nombre d'organismes de bienfaisance utilisaient ce genre d'événement comme principale source de financement.

Conclusion:

Au cours de la Grande Crise des années 1930 et de l'entre-deux-guerres, le rôle de l'État dans le financement et la gestion des services sociaux s'est considérablement accru, avec la mise en place de l'État providence et des programmes d'assurance sociale. Cependant, la philanthropie n'a rien perdu de son importance et est demeurée au coeur de la réalité canadienne. Bon nombre d'organismes de bienfaisance et de services sociaux privés ont poursuivi leurs oeuvres parallèlement aux services gouvernementaux ou sous leur supervision, tandis que l'importance du secteur du bénévolat, comme on le désigne souvent, n'a cessé de croître au cours des dernières années, par suite du désengagement de l'État. En outre, les dons philanthropiques versés aujourd'hui aux universités, hôpitaux et institutions culturelles, ainsi qu'aux organismes de bienfaisance, sont aussi considérables qu'à l'époque. Bien qu'une bonne part des dons provienne toujours de personnes fortunées, on remarque que les dons des entreprises et des fondations privées sont également devenus d'importantes sources de financement. Sans oublier la contribution des simples citoyens canadiens qui, dans une bonne proportion, consacrent régulièrement temps et argent à des causes qui leur tiennent à coeur.

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Musée des beaux-arts de Montréal.
http://www.mbam.qc.ca consulté le 10 novembre 2003.


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