Utilisez la commande fichier > imprimer pour imprimer cette page.

Le pont Lions Gate : La construction d'un fleuron de Vancouver

North Vancouver Museum and Archives

Voir le circuit

Introduction:

Depuis 1938, l'élégant pont Lions Gate est une icône de Vancouver. La mince structure suspendue enjambe la baie de Burrard Inlet au chenal First Narrows, marquant ainsi l'entrée du havre de Vancouver et reliant la rive nord au parc Stanley et au centre de la ville. Conçu comme un projet d'investissement visant à favoriser l'aménagement des pentes avec vue de West Vancouver, le pont est vite devenu l'une des voies de circulation les plus importantes de la ville. La construction du Lions Gate a permis d'embaucher de nombreux travailleurs vers la fin de la crise économique. En retour, la structure est devenue un symbole de progrès et d'espoir en des temps meilleurs. Au cours des années, le flot de circulation a fini par dépasser la capacité du pont et celui-ci est alors devenu source d'irritation et de railleries. Dans les années 1990, alors que le gouvernement provincial débattait de l'avenir du pont, les citadins du grand Vancouver en étaient venus à reconnaître son importante valeur patrimoniale. La structure a été partiellement rénovée et - au grand dam de certains - ne comporte encore que trois voies de circulation. Elle offre toujours cependant les fabuleuses vues qui l'ont rendue célèbre pendant plus de sept décennies.


19395
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives
Prospectus
Pont Lions Gate
Sun Publishing Co.
1939, 20e siècle
21 x 28 cm
19395
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives

Clefs de l'histoire:

La beauté du pont Lions Gate a frappé les gens dès le départ. Partout en Amérique du Nord, on construisait des ponts suspendus depuis la fin des années 1800 ; le fameux pont de Brooklyn reliant la ville de New York à ses quartiers a inspiré les visionnaires de Vancouver. L'agence d'architectes montréalaise Monsarrat & Pratley, réputée au Canada pour ses projets de ponts, a dessiné la structure, louangée depuis pour son élégance. En se balançant au bout de la chaîne de levage d'un derrick, l'un des ouvriers du chantier, Joe Lepage disait du pont qu'il était « léger et gracieux comme une toile d'araignée dans le soleil ». Soixante ans plus tard, l'auteur vancouvérois bien connu Douglas Coupland écrivait ce commentaire élogieux : « Peut-être y a-t-il dans votre ville une structure si impressionnante et si magnifique que son existence dans votre esprit devient l'architecture même de celui-ci - une structure vers laquelle sont canalisés tous vos rêves, vos idées et vos espoirs. Dans ma ville, Vancouver, il y a une telle structure, un pont de conte de fées appelé le Lions Gate. »

Quoi:

Cette photographie coloriée du Lions Gate est tirée d'une brochure montrant des points d'intérêt de la ville. Elle a été publiée par la Sun Publishing Company afin de souligner l'inauguration du pont.

Où:

Cette vue prise depuis le sud montre le pont achevé ; l'aménagement paysager qui l'entoure est complété et les lions sculptés sont en place. On aperçoit le vapeur SS Capilano II de la Union Steamship passant sous la travée.

Quand:

Cette brochure a été publiée en 1939. Le célèbre photographe vancouvérois Leonard Frank a pris ce cliché en noir et blanc.

Qui:

Des entreprises locales achetaient ces brochures pour les distribuer à leurs clients. La Sun Publishing Company imprimait sur la couverture le nom, l'adresse et le numéro de téléphone de l'entreprise sous les mots « gracieuseté de ».

988.43.2
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives
Boîte à biscuit
Gray Dunn, Scotland
Après 1939, 20e siècle
5 x 15 x 23 cm
988.43.2
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives

Clefs de l'histoire:

Comme le pont Lions Gate était une grande source de fierté pour les citadins, son image a rapidement été utilisée pour vendre des produits. L'artiste qui a réalisé la scène reproduite sur cette boîte de biscuits en métal était fort probablement installé en Grande-Bretagne, où cette boîte a été manufacturée. Fait intéressant, il a trouvé judicieux d'ajouter une note bucolique au caractère relativement sauvage du parc Stanley, en insistant sur la clôture basse et en donnant plus d'ampleur à la scène pastorale à droite de l'entrée du pont. Cette licence artistique dérivait probablement de l'attitude que l'on entretenait dans la mère patrie à l'égard des postes éloignés de l'Empire, car c'est ainsi que l'on considérait encore Vancouver dans les années 1930. Le nom « Lions Gate » reflète également cet héritage colonial. Bien qu'il y ait un mont à deux sommets arrondis appelé « The Lions » sur la rive nord de Vancouver (qui n'est toutefois pas visible à partir du tablier du pont), le nom fait aussi référence au lion en tant que symbole de l'Empire britannique.

Quoi:

Cette boîte de biscuits provenant d'Écosse a été produite pour le marché d'exportation canadien. L'immigration constante en provenance du Royaume-Uni se traduisait par des chiffres de vente particulièrement avantageux en Colombie-Britannique.

Où:

Les récipients métalliques pour denrées alimentaires de l'époque faisaient grand usage de lieux d'intérêt. Il n'est pas surprenant que le plus long pont de l'Empire britannique ait vite fait l'objet de telles reproductions.

Quand:

Bien que cette boîte ait été manufacturée au début des années 1950, la peinture décorant le couvercle est inspirée d'une photographie de Leonard Frank de 1939. On y a apporté certains ajouts comme les voitures, le paysage et le navire moderne.

Qui:

Cette boîte a été produite par Gray Dunn Biscuit Manufacturers, entreprise fondée en 1853.

11238
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives
Photographie
Vancouver Nord
Aero Surveys Ltd.
1940-1947, 20e siècle
18 x 24 cm
Don de Mr. Phil Harrison
11238
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives

Clefs de l'histoire:

Le pont Lions Gate a été construit au-dessus du chenal First Narrows, qui marque l'entrée du grand havre naturel de Vancouver, la baie de Burrard Inlet. De cette façon, la porté du pont constitue une sorte d'arc de triomphe qui accueille les navires passant en dessous pour entrer dans le port. Le pont relie le parc Stanley, vaste étendue de forêt au bout de la péninsule du centre de la ville (visible en bas à droite), avec les banlieues des versants de la rive nord. En 1925, un premier pont est construit au-dessus du havre, à la hauteur des Second Narrows, plus à l'est. Ce pont bas, ferroviaire et routier, est endommagé dans un accident maritime au début des années 1930. Les résidants doivent de nouveau avoir recours aux traversiers - ce qui remet à l'ordre du jour l'idée de créer une traversée à la hauteur des First Narrows. Même si le pont enjambant les Second Narrows est reconstruit, une majorité de citadins vote en faveur de la construction du Lions Gate lors d'un plébiscite organisé en 1933.

Quoi:

Cette photographie aérienne de Burrard Inlet prise des airs au-dessus de English Bay montre toute l'envergure de l'un des plus grands havres naturels du monde.

Où:

Il s'agit d'une vue en direction de l'est ; la rive nord est à gauche et le centre de la ville, qu'on ne voit pas, est vers la droite. On aperçoit une partie du parc Stanley en bas à droite.

Quand:

Cette photo a été prise vers 1950. Les projets domiciliaires de North et de West Vancouver s'étaient multipliés considérablement dans les années 1940 en raison de ce nouveau lien avec Vancouver.

Qui:

Aero Surveys Ltd., entreprise locale ayant produit cette photographie, a été une pionnière de l'utilisation de la photographie aérienne. Cette technique était alors de plus en plus utilisée pour faire des relevés aériens visant à repérer des sites pour des projets domiciliaires ou industriels.

362
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives
Photographie
Le pont Lions Gate et Vancouver Ouest
Graphic Industries
20 janvier 1960, 20e siècle
18 x 24 cm
362
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives

Clefs de l'histoire:

Le visionnaire ayant instigué le projet du pont, l'homme d'affaires Alfred Taylor, avait choisi une structure suspendue à la fois pour des raisons pratiques et esthétiques. D'abord, il s'agissait d'une solution économique - le pont a coûté la somme totale de 5,6 millions de dollars. Ensuite, une telle structure pouvait être assez élevée pour ne pas nuire à la circulation maritime. On aperçoit ici un vapeur côtier passant sous l'arche du pont, et l'on constate que le dégagement est largement suffisant. Enfin, la beauté de plusieurs ponts suspendus construits en Amérique du Nord tels que le pont de Brooklyn de New York (1883) était déjà légendaire. Avec le pont Lions Gate, Taylor espérait donner à Vancouver un point de repère de la même catégorie que le Golden Gate, qui était alors en chantier à San Francisco et serait inauguré en 1937. Depuis des endroits comme la digue du parc Stanley, que l'on voit ici au premier plan, les Vancouvérois ont pu assister à la construction du pont et peuvent encore admirer l'ouvrage achevé aujourd'hui.

Quoi:

Dans cette photographie promotionnelle montrant la vue depuis la digue du parc Stanley, on voit le vapeur côtier SS Princess of Vancouver du Canadien Pacifique passant sous le pont Lions Gate.

Où:

Cette photo prise en direction du nord-ouest montre West Vancouver, où beaucoup d'aménagements avaient été réalisés. Le poste de contrôle de la circulation maritime est bien visible au centre de la travée du pont.

Quand:

Cette photographie a été prise le 20 janvier 1960. Si l'on en juge par le fait que les observateurs sur le littoral ne portent pas de manteau, il devait s'agir d'une journée d'hiver particulièrement chaude.

Qui:

La compagnie Dominion Bridge, l'une des entreprises ayant participé à la réalisation du pont, était propriétaire de cette photographie documentaire qui montre clairement l'aspect du pont et l'endroit où il est situé.

13282
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives
Photographie
A. J. Taylor et collègues
20e siècle
8 x 13 cm
13282
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives

Clefs de l'histoire:

L'homme d'affaires et ingénieur vancouvérois Alfred James Towle Taylor (assis avec assurance au milieu du groupe) voyait le pont comme un moyen de relier le coeur du centre de la ville au potentiel d'aménagement qu'offrait la rive nord. Il évaluait que les pentes avec vue de West et de North Vancouver étaient prêtes à accueillir des projets domiciliaires, y compris les élitistes British Properties qu'il avait créées et dessinées avec l'équipe figurant sur cette photo. Taylor passa des années en pourparlers avec le gouvernement et l'autorité portuaire au sujet du bien-fondé et des dimensions du Lions Gate. Il obtint finalement l'appui du premier ministre William Lyon Mackenzie King et le projet pu aller de l'avant. Taylor avait besoin de capitaux de placement afin de financer ce projet de près de 6 millions de dollars et d'un apport additionnel de 4 millions de dollars pour l'aménagement foncier. Il trouva ses bailleurs de fonds dans la famille britannique Guinness, à laquelle appartenait lord Southborough, dont les descendants possèdent encore aujourd'hui de grandes propriétés de premier ordre sur la rive nord. Les cendres de Taylor furent dispersées à partir du pont, conformément au souhait qu'il exprima sur son lit de mort.

Quoi:

On voit ici Alfred Taylor entouré de ses associés de la British Pacific Properties Ltd., entreprise qui mit en oeuvre les projets domiciliaires huppés de West Vancouver.

Où:

Cette photo a été prise dans les Capilano Estates, secteur des British Properties à West Vancouver. Le groupe mettait la touche finale aux projets d'aménagement qui comprenaient un terrain de golf.

Quand:

Cette photo fut probablement prise en 1935. Taylor et ses amis ne prévoyaient pas seulement le pont, mais aussi le projet domiciliaire des British Properties qui rendrait le pont nécessaire.

Qui:

Debout (de gauche à droite) : l'architecte de paysage James F. Dawson et l'architecte de terrains de golf Stanley F. Thompson. Assis (de gauche à droite) : John Anderson, A.J.T. Taylor et G.S. Conway de British Pacific Properties Ltd.

1601
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives
Photographie
La construction du pont Lions Gate
David Loughnan
Octobre 1937, 20e siècle
8 x 13 cm
1601
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives

Clefs de l'histoire:

Le fait d'ouvrir une voie à travers le parc Stanley pour créer la levée d'accès sud au pont a donné lieu à beaucoup de controverse. À l'époque, certains citadins craignent que ce déboisement détruise la beauté naturelle du parc, qui est couvert d'une forêt dense. Malgré tout, les travaux de construction du pont commencent en mars 1937 par ce défrichage. Ici, une équipe de travail dégage une emprise routière de 66 pieds de large (20 m) au moyen d'une pelle à vapeur. Même si l'on a pris soin de préserver les plus grands et les meilleurs spécimens d'arbres, ce qui explique les larges courbes que décrit la route, l'espace défriché couvre malgré tout une superficie de 10 acres (4 ha). La controverse au sujet de la voie d'accès ressurgira 60 ans plus tard quand la province étudiera des projets de rénovation du pont. Le Service des parcs de Vancouver, fort d'un immense appui populaire, a sévèrement restreint l'élargissement de la voie d'accès, décision qui a eu pour conséquence de limiter la remise à neuf du pont à une rénovation qui reste assez proche de l'original.

Quoi:

La construction d'une levée d'accès constituait la première étape majeure du projet, puisqu'on avait besoin d'une route permettant d'apporter les matériaux vers le pylône sud et l'extrémité sud du pont.

Où:

Cette photo a été prise au centre du parc Stanley. L'opposition au projet de pont, qui a forcé la tenue d'un plébiscite en 1933, se concentrait sur les dommages qu'une voie d'accès entraînerait pour le plus grand parc de Vancouver.

Quand:

Ce travail a été effectué au printemps 1937. Le financement du projet et le lent processus d'approbation par le gouvernement fédéral ont retardé de quatre ans le début des travaux après le plébiscite.

Qui:

Les ouvriers ont dégagé la voie d'accès avec des outils manuels, des chevaux, des camions et la pelle à vapeur que l'on voit ici ; il s'agissait d'un travail exigeant en main-d'oeuvre

1618
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives
Photographie
La construction du pont Lions Gate
David Loughnan
Octobre 1937, 20e siècle
8 x 13 cm
1618
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives

Clefs de l'histoire:

Quand est venu le temps de construire les pilots de fondation des deux pylônes du pont, les conditions du terrain différaient considérablement d'un côté et de l'autre du chenal First Narrows. À cause de l'escarpement du côté du parc Stanley, les fondations sud ont dû être construites dans l'eau - tâche rendue difficile par les forts courants et la marée. Après avoir mis à niveau le lit de l'océan par dynamitage, on a mis en place des caissons (des compartiments étanches) permettant de construire sous l'eau. Ces structures rondes pouvant atteindre le fond rocheux mesuraient 48 pieds (15 m) de diamètre et 41 pieds (13 m) de hauteur. Fabriqués en acier, en béton et en bois, ces caissons ont été construits sur la rive, apportés au bon endroit par flottaison, puis immergés. Une fois les semelles de fondation construites à l'intérieur des caissons, le beau revêtement de granite prévu par les architectes a été appliqué sur la portion des pilots visible au-dessus de l'eau.

Quoi:

Une photographie prise au début du chantier. Le photographe a écrit : « Les deux caissons sont en position et on s'apprête à les immerger. »

Où:

Ces travaux ont lieu au sud des First Narrows, chenal marquant l'entrée de la baie de Burrard Inlet, en bas de l'escarpement, au bout de la levée d'accès du parc Stanley.

Quand:

Cette photo a été prise le 6 octobre 1937, un peu plus de six mois après le début des travaux.

Qui:

Le photographe amateur et résidant de North Vancouver David Loughnan a pris cette photo et bien d'autres qui permettent de suivre la progression du chantier.

1772
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives
Photographie
La construction du pont Lions Gate
David Loughnan
Mars 1938, 20e siècle
13 x 9 cm
1772
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives

Clefs de l'histoire:

Les pylônes d'acier du pont, hauts de 364 pieds (111 m), ont été construits au-dessus de semelles de fondation cruciformes en plaques d'acier boulonnées aux pilots de fondation. Chaque section de 22 tonnes (20 t) des pylônes, fabriquées dans la région à l'usine de la Dominion Bridge de Burnaby, a été mise en place à l'aide d'un engin appelé le creeper traveller. Il s'agissait d'un derrick mobile pourvu d'un mât de 30 pieds (9 m) et d'une flèche de 50 pieds (15 m) capable de se mouvoir vers le haut et le bas. Il se déplaçait vers le haut à mesure que le pylône s'élevait. Le pylône sud a d'abord été érigé. Quand il a été presque terminé, les ouvriers ont hissé l'Union Jack - qui était encore le drapeau officiel du Canada à l'époque - à son sommet. Faites un zoom avant pour bien le voir sur la photo. Le pylône sud a été achevé le 10 mars 1938 ; on a alors démonté le derrick pour le transporter du côté nord.

Quoi:

« Hisser l'Union Jack, une tradition chez les travailleurs de l'acier quand on atteint le sommet. Le pylône sud est presque achevé », a écrit le photographe David Loughnan en guise de légende pour cette photo.

Où:

Ce cliché du pylône sud a probablement été pris depuis l'extrémité nord de la levée d'accès traversant le parc Stanley.

Quand:

Cette photographie a été prise le 9 mars 1938, près d'un an après le début du chantier.

Qui:

Le gouvernement fédéral a remplacé l'Union Jack par le Red Ensign comme drapeau officiel du pays en 1945. L'unifolié actuel a remplacé ce dernier en 1965.

8488
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives
Photographie
La construction du pont Lions Gate - Les pylônes principaux
1938, 20e siècle
Don de Mr. Earl McGregor
8488
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives

Clefs de l'histoire:

Afin de construire les fondations du pylône nord dans la zone littorale sablonneuse, les travailleurs ont créé un caisson (compartiment étanche), grande boîte en béton sans fond pesant 8 700 tonnes (7 900 t). À partir du 13 août 1937, les ouvriers ont immergé ce caisson graduellement en extrayant le matériau accumulé à l'intérieur. On a atteint le fond rocheux trois mois plus tard, à une profondeur de 72 pieds (22 m) au-dessous du point de départ. Une fois le pilot de fondation construit, surmonté de la semelle de fondation et recouvert de granite, le pylône nord a été érigé rapidement, en un mois environ. On l'a achevé le 29 avril 1938. Quand les pylônes ont été en place, on y a accroché des câbles et l'on a construit une paire de passerelles temporaires devant servir d'échafaudages. Cette infrastructure à permis de commencer les travaux reliés aux câbles principaux. La plupart des hommes travaillant en hauteur faisaient partie d'une équipe d'experts de la Dominion Bridge venue du Québec.

Quoi:

Cette photo montre le pylône nord du pont presque achevé. On aperçoit le pylône sud à l'arrière-plan et le phare dominé par le cap de Prospect Point à sa droite.

Où:

Cette vue montre le côté nord du chenal First Narrows menant à la baie de Burrard Inlet.

Quand:

Cette photographie a été prise au printemps de 1938.

Qui:

Earl McGregor fait partie des nombreux photographes amateurs ayant constitué, à titre privé, des albums de clichés qui suivent la progression du chantier. Il travaillait pour la Dominion Bridge Company.

1764
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives
Photographie
La construction du pont Lions Gate
David Loughnan
Mars 1938, 20e siècle
9 x 13 cm
1764
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives

Clefs de l'histoire:

Comme il n'y avait pas d'escarpement du côté nord, un viaduc en pente de 2 196 pieds (669 m) a dû être construit pour mettre la route de plain-pied avec le pont. Il a été construit conformément à la déclivité maximale permise de 5 % de pente. Les travailleurs ont coulé les dés que l'on voit sur cette photo pour les 27 piliers en acier. Afin de donner au pont de belles proportions, ces piliers sont de plus en plus espacés à mesure que la structure s'élève. Au nord du viaduc, le remblai de gravier supportant l'assiette de route a entièrement modifié la topographie du site. Une culée en béton à la limite du remblai de gravier, que l'on voit en chantier à l'avant-plan, marquait le début des ouvrages en acier ; elle a été ensuite couverte par le remblai. Un monte-matériaux mobile (à gauche au centre de la photographie) de 120 pieds (37 m) de hauteur, pourvu d'une flèche de 75 pieds (23 m) et se déplaçant le long d'un rail, permettait de soulever les piliers du viaduc pour les mettre en place.

Quoi:

La légende du photographe David Loughnan se lit ainsi : « Vue depuis le haut de la culée de béton à la fin du viaduc en chantier. »

Où:

Le viaduc a été construit sur la rive nord du chenal First Narrows, sur la plaine inondable de la rivière Capilano. Le terrain de cette réserve appartenait à la bande autochtone des Capilanos.

Quand:

Cette photo a été prise le 2 mars 1938. Les premières structures d'acier devant supporter le viaduc ont été érigées le 25 novembre 1937.

Qui:

Un agent nommé par le ministère des Affaires indiennes a cédé les droits de propriété des terres de la réserve nécessaires à la construction de l'accès nord du pont. La bande autochtone des Capilanos n'a pas été consultée au cours du processus d'approbation.

1801
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives
Photographie
La construction du pont Lions Gate
David Loughnan
Avril 1938, 20e siècle
8 x 13 cm
1801
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives

Clefs de l'histoire:

Pendant la construction du pont Lions Gate, les Vancouvérois profitaient du meilleur spectacle gratuit en ville ; ils pouvaient observer les travaux et en noter la progression. Le site étant bien en vue, le chantier devint un grand événement public. Les journaux faisaient chaque jour état des derniers développements. Sur cette photo, des citadins observent les travaux depuis un pavillon de jardin. Ce dernier est situé près de la maison en bois du préposé à l'entretien du réseau d'aqueduc Frank Harris, personnage bien connu de l'endroit qui, avec sa femme Lily, a élevé là ses dix enfants. Ces deux structures ont été démolies depuis. L'un des observateurs est venu dans un cabriolet décapotable de 1920 ; ils assistent au démontage du derrick sur le pylône nord achevé. La construction d'un pont était et demeure un casse-tête d'assemblage unique en son genre. C'est une tâche beaucoup plus complexe que la construction d'une maison, car chaque segment doit être autoporteur jusqu'à ce que la structure entière puisse tenir comme un tout. On peut imaginer la complexité des calculs, à une époque où l'on ne disposait de rien de plus techniquement avancé que la règle à curseur.

Quoi:

La légende du photographe David Loughnan pour ce cliché se lit ainsi : « Pylône de la rive nord terminé et derrick en train d'être descendu du sommet. »

Où:

Cette vue est prise depuis la promenade du littoral du parc Stanley, d'où citadins et visiteurs peuvent encore profiter des vues les plus impressionnantes du pont.

Quand:

Cette photographie a été prise le 24 avril 1938.

Qui:

Frank Harris, le « joyeux sage du parc Stanley » était chargé de l'entretien des conduites d'eau. Situées au fond du chenal des First Narrows, ces dernières transportaient l'eau de la rivière Capilano à Vancouver.

5293
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives
Photographie
Vers 1937, 20e siècle
24 x 18 cm
Don du Swan Wooster Eng. Ltd.
5293
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives

Clefs de l'histoire:

Chacun des deux câbles géants soutenant le pont Lions Gate était formé de nombreux torons qui étaient ancrés individuellement de chaque côté de la structure dans des culées de béton massives. Chaque toron était retenu par un rivet d'acier à tête ronde. Quatre colliers de fixation, chacun pesant 900 livres (407 kg), permettaient de fixer les torons en position radiale. Le massif d'ancrage nord mesurait 30 pieds sur 74 (9 m sur 23) et était d'une profondeur de 44 pieds (13 m). Il pesait 20 000 tonnes (18 140 t) et était conçu pour supporter une traction de câble maximale de 6 300 tonnes (5 714 t). Ce massif d'ancrage servait aussi de semelle de répartition des charges, de telle manière que le poids de la structure en acier offrait une résistance supplémentaire à la traction des câbles de suspension. Le massif d'ancrage sud était en forme de biseau, pesait environ 15 000 tonnes (13 605 t) et était enfoui à une profondeur de 40 pieds (12 m) dans de l'argile durcie. Le seul décès survenu au cours du chantier a été le résultat d'un éboulement dans la fosse du massif d'ancrage sud. Un malheureux terrassier, Lester Thorstad, est mort écrasé sous l'effondrement.

Quoi:

Ceci est un massif d'ancrage. Chaque toron du câble était constitué de 47 fils provenant de la John A. Roebling's Sons Company des États-Unis.

Où:

Il s'agit ici de l'ancrage dans l'escarpement de la rive sud à la limite du parc Stanley.

Quand:

Cette photographie a été prise le 16 août 1938 ; tous les travaux reliés aux câbles avaient été achevés à la fin du mois d'avril précédent.

Qui:

Une entreprise du Québec, l'anglo-canadienne Wire Rope Company, avait assemblé les fils d'acier de la Roebling en torons de 3 400 pieds (1 036 m) et les avait expédiés par transport ferroviaire à Vancouver.

8485
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives
Photographie
La construction du pont Lions Gate
Vers 1938, 20e siècle
Don de Mr. Earl McGregor
8485
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives

Clefs de l'histoire:

L'une des innovations du chantier du pont Lions Gate a été l'utilisation de torons préfabriqués pour les câbles de suspension. Auparavant, on les assemblait sur place. Une entreprise américaine a fourni les fils qui ont été ensuite torsadés en torons par une entreprise du Québec, puis enroulés sur des bobines de bois pour le transport par train à Vancouver. Les ouvriers du chantier ont ensuite hissé les câbles et les ont disposés sur des selles au sommet des pylônes. Le groupement habituel des torons circulaires est hexagonal, puisqu'on utilise de nombreux torons des séries 1, 7, 19, 37, 61, 91, 127... Le câble qui en résulte ne doit être ni trop rigide ni trop difficile à ancrer. Chaque toron mesurant 1,44 pouce (3,65 cm) d'épaisseur, les ingénieurs ont décidé d'en utiliser 61 pour chacun des câbles du pont. Les ouvriers ont resserré les torons avec des clés à molettes, les « accordant » à la bonne fréquence comme on le ferait pour un piano.

Quoi:

Cette photographie montre des travailleurs en train de disposer les torons un à la fois sur la selle du pylône sud.

Où:

Cette scène se déroule au sommet du pylône sud. Les torons chargés sur des barges étaient hissés un à la fois quand les ouvriers en faisaient la demande par téléphone.

Quand:

Cette photo a été prise en mai 1938. Les 122 torons (61 pour chacun des câbles) ont été mis en place en 16 jours ; comme on bénéficiait de la lumière du jour pendant de longues heures, on organisait trois quarts de travail.

Qui:

Deux des travailleurs sur cette photo ont été identifiés : Archie McQueen (à gauche) et Rummy Crofts (à droite).

5295
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives
Photographie
La construction du pont Lions Gate
1937, 20e siècle
18 x 24 cm
5295
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives

Clefs de l'histoire:

Les ouvriers ont stabilisé les câbles de suspension en boulonnant des serre-câbles géants à intervalles réguliers. Cela n'a pas été une tâche facile. Dans la journée, sous l'action de la chaleur, les torons placés sur le dessus se tortillaient « comme d'immenses reptiles ». Ils se dilataient, s'arquaient, gondolaient et se torsadaient, puis tombaient au milieu des autres torons moins échauffés. Pour éviter cette situation, on devait effectuer le travail quand la température était uniforme, généralement la nuit, à l'aide de projecteurs. Les torons retenus par les serre-câbles formaient les deux principaux câbles devant soutenir le poids du pont. Les serre-câbles étaient pourvus de grands sillons faisant office de selles pour les suspentes, soit les câbles verticaux en acier qui allaient soutenir le tablier du pont. Les travailleurs s'affairaient sur deux longues passerelles temporaires suspendues un mètre au-dessous des câbles principaux en guise d'échafaudage. Les photographies de chantier montrent que les hommes travaillaient sans aucun équipement ou vêtement de protection.

Quoi:

Cette photographie montre un ouvrier posant près d'un des serre-câbles destinés à retenir les 61 torons formant les câbles principaux.

Où:

Ce cliché à été pris sur la portée principale du pont ; le câble descend du pylône sud.

Quand:

Les serre-câbles ont été installés au cours du mois de mai 1938.

Qui:

Les serre-câbles ont été fabriqués par une entreprise locale, la Vancouver Engineering Works Ltd., qui a exploité la première fonderie d'acier de la côte Ouest.

3622
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives
Photographie
Le pont Lions Gate en construction
Leonard Frank
Vers 1938, 20e siècle
44 x 56 cm
Don de Mr. Robert C. Harris
3622
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives

Clefs de l'histoire:

Les suspentes devant retenir le tablier ont été transformées en échelles par la fixation de barres transversales à des intervalles de 15 pouces (38 cm). Chacun de ces câbles verticaux, constitués de 163 fils, mesurait 1,75 pouce (4,45 cm) de diamètre. L'une après l'autre, des sections de plate-forme et de poutres en treillis Warren ont été hissées à partir d'un chaland et suspendues aux suspentes. Chacune des sections pesait 1 572 tonnes (1 426 t). On a commencé au centre de la portée pour se déplacer ensuite vers les extrémités. Les poutres devaient stabiliser le pont suspendu, empêchant le gauchissement ou le gondolage. Le 12 octobre 1963, le pont a résisté à l'ouragan Frieda qui a détruit de grands secteurs de forêt ancienne du parc Stanley. Au milieu du pont, le dégagement sous la portée était calculé à 200 pieds (61 m) à la plus forte marée. Pour des raisons d'économie, le tablier s'abaissait du milieu vers les extrémités en lignes presque droites au lieu des habituelles lignes courbes.

Quoi:

Le transatlantique Empress of Japan du Canadien Pacifique passe sous les premières sections de plate-forme en train d'être suspendues aux deux câbles principaux.

Où:

Cette photo a été prise depuis la longue plage nord du parc Stanley, devenue l'un des points d'observation préférés des Vancouvérois désireux d'observer le chantier du pont.

Quand:

Cette photo a été prise le 15 juin 1938. Il a fallu 12 jours pour suspendre les 174 sections de plate-forme et de poutres.

Qui:

Le renommé photographe local Leonard Frank a pris plusieurs photographies du chantier du pont.

001.16.1
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives
Armature de pont (fragment)
1937, 20e siècle
Acier
Don de l' American Bridge
001.16.1
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives

Clefs de l'histoire:

Cette section d'une poutre d'acier provenant du pont d'origine a été remplacée au cours des travaux de rénovation du tablier en 2001. Sa forme en biseau s'explique par le fait qu'elle était placée à l'une des extrémités. On la voit en place, à droite, dans cette autre [object=19395]image[/object]. La photo montre bien la technique de rivetage que l'on utilisait à l'époque, et qui consistait à retenir ensemble deux plaques de métal à l'aide de rivets métalliques. Cette technique est antérieure au soudage de l'acier et était en usage depuis longtemps dans la construction de navires et de bâtiments. Le North Vancouver Museum and Archives possède en plus dans ses collections une autre portion de poutre semblable à celle-ci ; elles étaient à l'origine placées au-dessus du tablier. Ces pièces sont sans doute les vestiges les plus importants de l'ancienne structure du pont. Des documents signalent toutefois que les anciennes rambardes du viaduc nord servent aujourd'hui de garde-corps au quai de Jericho Beach à Vancouver.

Quoi:

Il s'agit d'une section de poutre Warren de la structure d'origine et qui a été installée en juin 1938.

Où:

Cette pièce provient de l'extrémité sud-est du pont, juste derrière le massif d'ancrage du câble.

Quand:

Cette portion de poutre a été enlevée pour être remplacée par une autre pendant les travaux qui ont eu lieu dans la nuit du 29 au 30 septembre 2001.

Qui:

Amix Salvage and Sales Ltd. de Surrey, en Colombie-Britannique, a fait don de ce vestige de poutre, vieux de 70 ans. Cet entrepreneur était chargé de l'enlèvement et de la mise à la ferraille des vieux matériaux du pont.

5294
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives
Photographie
La construction du pont Lions Gate
1937, 20e siècle
17 x 24 cm
5294
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives

Clefs de l'histoire:

Le maître d'ouvrage du pont, A.J.T. Taylor, prévoyait profiter d'une main-d'oeuvre à bon marché pendant la crise économique qui sévisait. Malgré tout, le chantier du pont a permis de créer des emplois, ce qui a été favorablement accueilli dans une ville paralysée par les émeutes ouvrières et minée par la présence de chômeurs sans logis. Le nombre maximal d'ouvriers pouvant figurer sur la liste de paie du chantier était de 334 en octobre 1937. On voit ici un groupe d'ouvriers en train de construire la chaussée, ce qu'on a entrepris une fois que les sections de plate-forme et de poutres ont été hissées et mises en place et que le système de la plate-forme a été installé, en commençant par les longrines qui reliaient les poutres entre elles. Ensuite, de sections de grille d'acier en T ont été fixées par-dessus puis remplies de 3 pouces (8 cm) de béton pour constituer la chaussée. Les travailleurs coulaient le béton par sections, et travaillaient simultanément aux deux extrémités de la travée afin d'éviter toute surcharge pour les câbles. Après la pose du béton, le pont allait atteindre la charge de calcul prévue par les architectes.

Quoi:

Une équipe de travail coule le béton sur la grille d'acier de la chaussée. Ces hommes utilisent des méthodes de construction plutôt primitives, comme le lissage du béton à la truelle.

Où:

Cette photographie prise au centre du pont offre une vue en direction du sud vers le parc Stanley.

Quand:

Le béton a été coulé entre le 16 et le 23 août 1938.

Qui:

Ce sont des équipes de travail formées de Vancouvérois qui ont assumé la plupart des tâches non spécialisées comme le coulage du béton.

001.16.2
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives
Fragment de navire (pont)
1937, 20e siècle
21 x 8 x 70.5 cm
Don de l' American Bridge
001.16.2
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives

Clefs de l'histoire:

Cette section du tablier d'origine montre le motif en T de la grille, que l'on fabriquait en soudant ensemble de minces bandes d'acier. L'utilisation de cette grille a permis de construire une plate-forme de chaussée beaucoup plus légère que celle qu'on aurait obtenue par la méthode habituelle, qui consiste à couler des dalles de béton. Elle a permis de réduire le poids total d'environ 30 livres par pied carré (146 kg/m2), différence significative pour un pont suspendu. De plus, cette méthode ne nécessitait pas de coffrage puisque le béton était coulé et lissé sur la largeur entière de la chaussée. Trois décennies plus tard, la plate-forme s'était détériorée par suite d'un usage intensif ; le pont supportait le triple du flot de circulation pour lequel il avait été conçu. La grille en acier sans enduit a exacerbé le problème, la rouille et l'écaillage endommageant le béton. En 1972, le bureau d'études local Buckland & Taylor Ltd. a évalué l'état et la sécurité de toutes les composantes du pont. Des réparations urgentes se sont poursuivies pendant des années ; parmi celles-ci figurait le remplacement de la section nord du tablier.

Quoi:

Des sections préfabriquées d'une grille d'acier légère comme celle que l'on voit ici ont été soudées ensemble sur place pour créer le tablier du pont, puis remplies de béton.

Où:

Cette section du tablier d'origine provenant de la partie sud du pont a été remplacée au cours de la rénovation. La marche à suivre habituelle pour de telles composantes était de briser le béton et de recycler l'acier immédiatement en le fondant dans un haut fourneau électrique.

Quand:

Cette section du tablier d'origine a été enlevée quand la chaussée du pont a été remplacée au cours de l'été et de l'automne 2001.

Qui:

Les ouvriers ont découpé l'ancien tablier à l'aide d'un outil à trois griffes fabriqué au Japon et ressemblant à de grandes cisailles de jardinier.

980.165.2a-b
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives
Fil de fer
1937, 20e siècle
Acier
18 cm
Don de Buckland & Taylor Ltd.
980.165.2a-b
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives

Clefs de l'histoire:

Ce morceau de fil métallique utilisé pour recouvrir les câbles porte encore des traces de cette peinture orangée prévue par les règlements internationaux de navigation aérienne. Cette couleur était utilisée sur les câbles et les suspentes en acier soutenant le tablier afin de les rendre parfaitement visibles aux petits avions, conformément aux règlements de la navigation aérienne de l'époque. La plupart des composantes en acier du pont étaient peintes en un riche vert émeraude ou en vert olive. Seule la face inférieure de la structure était peinte en marron foncé. Quand les câbles ont pleinement supporté le poids des suspentes, des planches de cèdre (on voit l'une d'elles sur cette photographie) ont été ajoutées autour pour modifier la disposition hexagonale des torons et donner aux câbles une forme cylindrique. Les câbles ont ensuite été entourés de fil d'acier galvanisé. Tout comme les câbles principaux, le fil de recouvrement était manufacturé par la John A. Roebling's Sons Company des États-Unis, qui avait aussi produit le fil d'acier pour le premier grand ouvrage suspendu, le pont de Brooklyn.

Quoi:

Cette photo montre une partie d'une planche de cèdre utilisée pour donner une forme cylindrique aux câbles, ainsi qu'un morceau du fil d'acier galvanisé qui recouvrait les câbles.

Où:

Ce fil a été utilisé pour recouvrir les deux câbles principaux sur toute leur longueur afin de sécuriser et de protéger les 61 torons à l'intérieur.

Quand:

Le recouvrement des câbles est l'un des travaux de finition qui a été effectués à la fin du projet, au cours du mois d'octobre 1938.

Qui:

Evelyn Caldwell, journaliste locale bien connue, a été la première femme à traverser le pont en passant par les passerelles et la plate-forme. Elle relatait son expérience dans un article du Vancouver News-Herald paru le 30 août 1938.

5296
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives
Photographie
La construction du pont Lions Gate
1937, 20e siècle
18 x 24 cm
5296
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives

Clefs de l'histoire:

Le recouvrement des câbles a été effectué dans les mois qui ont précédé l'inauguration du pont. Les trois ouvriers sur cette photo se servent d'une machine rotative à air comprimé. On ne remettait pas de vêtements spéciaux, de chaussures de travail ou d'équipement de sécurité aux travailleurs. Aucun de ces hommes ne porte un casque protecteur ou un harnais de sécurité permettant d'éviter la chute. Ils ont coiffé leur chapeau de feutre ou leur casquette habituelle, et l'homme à gauche porte des mocassins. Un article du magazine Maclean's du 15 août 1938 nous indique quelle attitude avaient ces hommes qui chaque jour risquaient leur vie. À une telle hauteur, un simple faux pas aurait pu provoquer des blessures graves ou la mort. Le journaliste dit de l'ouvrier Joe Lepage : « Le grand espace au-dessous de lui ne signifie pas plus pour Joe que ce que représente la distance entre le porche de la cuisine et la cour pour la ménagère qui va étendre son linge après la lessive du lundi. »

Quoi:

Cette photo montre des travailleurs se servant de la machine à recouvrir les câbles. Celui qui est au niveau inférieur est sur la passerelle.

Où:

Cette photo a été prise du côté nord du pylône nord ; on aperçoit la rivière Capilano et West Vancouver à l'arrière-plan.

Quand:

Cette photo a été prise le 19 octobre 1938. On a recouvert les câbles après avoir serré les 61 torons qui les constituaient avec des serre-câbles et après avoir suspendu la plate-forme de la route aux suspentes.

Qui:

Les meilleurs monteurs de hautes charpentes métalliques du Canada venaient surtout de Montréal. Ils étaient à l'emploi de la Dominion Bridge, entrepreneur chargé de l'installation des câbles.

5303
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives
Photographie
La construction du pont Lions Gate
1937, 20e siècle
19 x 24 cm
5303
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives

Clefs de l'histoire:

Le pont à été achevé des mois avant la date prévue, en partie à cause de la température clémente et de l'absence de problèmes techniques. Il était doté de quatre plates-formes d'observation situées à l'extérieur des poutres ; au milieu, il y avait un poste de signalisation où les employés contrôlaient la circulation maritime au moyen de lampes à codage Morse. Sur cette photo, on peut voir l'aménagement original du tablier, divisé en deux larges voies de circulation pour les automobiles et qu'on redivisa plus tard en trois voies étroites. La nuit, 60 lampes à vapeur de sodium illuminaient la structure. Au cours de la cérémonie d'inauguration, le 26 mai 1939, l'entrepreneur A.J.T. Taylor offrait ce commentaire un peu pompeux :

"Un enfant vigoureux est né, richement doté des capacités qui lui permettront d'être à notre service pendant de nombreuses années. À l'encontre d'un enfant humain, il ne peut être incommodé par la négligence ou même par l'ignorance de sa valeur spirituelle. Il continuera de contribuer au bonheur de millions de personnes longtemps après que ses instigateurs seront disparus et oubliés."

Quoi:

Cette photo offre une vue du pont achevé juste avant son ouverture à la circulation.

Où:

Cette photo prise depuis le poste de contrôle de la circulation maritime au centre de la portée offre une vue vers le nord. Ce poste de contrôle a été rendu obligatoire par l'autorité portuaire de la province.

Quand:

Cette photographie a été prise en octobre 1939.

Qui:

La population a tout de suite adopté le pont ; un million de véhicules traversaient le Lions Gate au cours de la première année qui a suivi son ouverture, soit une moyenne de 2 800 véhicules par jour.

003.12.8
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives
Faîteau
1937, 20e siècle
Acier
74 x 15 cm
003.12.8
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives

Clefs de l'histoire:

Une partie de l'élégant décor architectural du pont d'origine a été enlevée au cours des années, y compris ce faîteau qui décorait un poteau de lampadaire. Les architectes et les designers avaient apporté beaucoup de soin à l'esthétique du pont. Les pylônes s'élevaient avec grâce et étaient ponctués de composantes telles que des contreventements en croix de Saint-André et des entretoises courbées et perforées au-dessus de la chaussée et dans [object=5303]la partie supérieure[/object]. L'aménagement de l'accès sud, du massif d'ancrage nord et du bâtiment administratif arbore des éléments épurés typiques de l'Art déco tardif et du style Art moderne qui étaient alors en faveur. Le projet se révéla une telle réussite que trois autres ponts furent copiés sur le Lions Gate notamment un dans le havre de Halifax, en Nouvelle-Écosse. La Dominion Bridge déclarait même dans un texte relatant l'histoire de l'entreprise que le pont Lions Gate « de l'avis de plusieurs figurait au nombre des plus beaux ouvrages de génie civil du continent ».

Quoi:

Ce faîteau couronnait à l'origine [object=5303]un poteau[/object] de lampadaire. Les lampes à vapeur de sodium projetaient une lumière jaunâtre plus efficace dans le brouillard.

Où:

Les lampadaires étaient disposés le long du pont afin d'éclairer la chaussée.

Quand:

Ce faîteau a probablement été enlevé au cours des rénovations effectuées dans les années 1970 par Buckland & Taylor Ltd. Un donateur anonyme l'a apporté au North Vancouver Museum and Archives.

Qui:

Les partenaires C.N. Monsarrat et P.L. Pratley ont conçu le décor architectural du pont en collaboration avec l'architecte montréalais John W. Wood. Le bâtiment administratif et les postes de péage ont été conçus par les architectes vancouvérois Palmer & Bow.

5302
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives
Photographie
La construction du pont Lions Gate
1937, 20e siècle
18 x 24 cm
5302
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives

Clefs de l'histoire:

En guise de touche finale, une paire de lions sculptés de style Art déco fut installée à l'entrée sud du pont. Fabriqués en béton, ils constituent la dernière oeuvre du sculpteur vancouvérois d'origine italienne Charles Marega, qui mourut d'une crise cardiaque deux mois après. Ces lions font partie des monuments publics les plus admirés de Vancouver. Marega était déçu d'avoir à les réaliser en béton, mais fut heureux de recevoir cette commande pendant la Crise. Il écrivit à sa famille en Suisse :

"Je sculpte un lion pour le pont suspendu de Vancouver. J'ai eu bien du mal à obtenir cette commande... mais le président du comité du pont [A.J.T. Taylor], qui est un ami de longue date... me l'a finalement accordée. J'aurais préféré faire ces lions en bronze ou en pierre - mais il faut que ce soit bon marché, alors ils seront faits en béton, ce qui m'ennuie... Je dois cependant me réjouir du simple fait d'obtenir du travail."

Quoi:

Une paire de lions monumentaux en béton orne l'entrée sud du pont Lions Gate.

Où:

Ces lions ont été créés à Vancouver même si l'ingénieur du pont, natif de Montréal, a fait des pressions pour qu'on les fasse sculpter dans sa ville.

Quand:

Les lions ont été installés à temps pour l'inauguration officielle du pont le 26 mai 1939.

Qui:

Le sculpteur Charles Marega s'est installé à Vancouver en 1909. Il acheva les lions peu de temps avant sa mort en 1939.

993.21.1a-b
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives
Sculpture
Charles Marega
1937, 20e siècle
50 x 29 x 90 cm
Don de Mrs. Eileen Ainslie
993.21.1a-b
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives

Clefs de l'histoire:

Les lions flanquant l'entrée sud du pont mesurent 12 pieds de long (4 m) et un peu plus de 6 pieds (2 m) de haut. Le promoteur du pont, A.J.T. Taylor, était clairement attaché à ces sculptures, symboles de ce projet gigantesque. Quand on les assembla, il scella des objets personnels à l'intérieur de l'un deux, notamment un texte relatant l'histoire de son combat pour mener ce projet à terme et ses bottines d'enfant. Ces objets sont toujours là aujourd'hui. Taylor avait aussi commandé au sculpteur Charles Marega une plus petite paire de lions pour décorer sa propriété. Placés sur des plinthes, ils flanquaient l'entrée de sa demeure de West Vancouver, Kew House. Des propriétaires ultérieurs de la maison emportèrent ces lions avec eux quand ils déménagèrent et les installèrent sur la véranda de leur maison de North Vancouver, puis en firent don au North Vancouver Museum and Archives en 1993. Les plus petits lions sont de mêmes dimensions que les maquettes préliminaires de Marega, conservées dans les collections du Musée de Vancouver.

Quoi:

Le sculpteur Charles Marega avait réalisé ces copies de dimensions réduites des lions du pont à la demande du promoteur du pont, A.J.T. Taylor.

Où:

Ces copies flanquaient à l'origine le portail de la propriété de Taylor à West Vancouver.

Quand:

Ces copies ont été réalisées pour souligner l'exploit de Taylor, point fort de sa carrière.

Qui:

Eileen Ainslie a fait don des lions à la mémoire de son mari John, qui avait acheté Kew House, ancienne propriété de Taylor à West Vancouver, et y avait vécu.

962
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives
Ticket
Ticket d'automobile pour le pont Lions Gate
1938, 20e siècle
6 x 9 cm
962
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives

Clefs de l'histoire:

Le pont Lions Gate ayant été construit par des promoteurs privés, les utilisateurs devaient verser un droit de péage à la First Narrows Bridge Company afin de rembourser les investisseurs. Un billet de voiture hebdomadaire coûtait 1, 25 $ alors que les piétons devaient payer 7,5 cents par passage et les voitures 25 cents (plus 5 cents par passager supplémentaire). Reeve Joseph B. Leyland de West Vancouver acheta le premier billet et le maire de Vancouver, George C. Miller, le deuxième. Les cabines de péage et le bâtiment administratif, dessinés par l'agence d'architectes locale Palmer & Bow, étaient situés à l'extrémité nord du pont. Palmer & Bow avaient aussi conçu Kew House, la demeure luxueuse de A.J.T. Taylor à West Vancouver. En 1952, la dette aux investisseurs était remboursée ; la province de Colombie-Britannique acheta le pont pour 6 millions de dollars trois ans après. Le gouvernement continua de percevoir un droit de péage par le biais de la British Columbia Toll Bridges Authority jusqu'en 1963, ce qui a eu pour conséquence que les utilisateurs ont payé le pont deux fois.

Quoi:

Ce billet de péage hebdomadaire permettait aux utilisateurs de traverser le nouveau pont Lions Gate.

Où:

Les utilisateurs devaient s'arrêter aux cabines de péage, situées à l'extrémité nord du pont, près de Marine Drive.

Quand:

Les premiers billets pour automobiles ont été mis en vente le 14 novembre 1938.

Qui:

Au début, la First Narrows Bridge Company percevait les droits de péage. Après l'achat du pont par la province en 1955, c'est la British Columbia Toll Bridges Authority qui les percevait.

NVMA_7563
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives
Photographie
Le roi et la reine
1939, 20e siècle
11 x 16 cm
NVMA_7563
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives

Clefs de l'histoire:

Au cours de l'année suivant son inauguration, le roi George VI et la reine Élisabeth firent les honneurs du pont au cours d'une tournée du Dominion. C'était la première fois qu'un monarque britannique régnant visitait le Canada. Le pont, d'une hauteur de 364 pieds (111 m) et d'une longueur de 6 000 pieds (1,829 m) était alors le plus grand pont suspendu de sa catégorie dans l'Empire britannique. Le roi et la reine ignorèrent avec superbe un groupe d'autochtones Capilano qui les attendaient avec des présents et passèrent devant eux sans s'arrêter. Une lettre du secrétaire honoraire du Comité d'accueil de Ses Majestés « expliqua » plus tard que le cortège royal avait tout de même ralenti de manière significative ! Bien que les terrains au point d'accès nord du pont fussent la propriété de la nation Squamish, à laquelle le peuple Capilano appartenait, un agent fédéral du ministère des Affaires indiennes en avait simplement cédé les titres de propriété, conformément à la pratique de l'époque et sans aucune consultation directe.

Quoi:

Cette photo montre le cortège royal du roi George VI et de la reine Élisabeth, formé d'une voiture décapotable et d'une escorte à motocyclette, s'approchant de l'accès nord du pont.

Où:

Le cortège royal traversa d'abord le pont des Second Narrows vers le nord, suivit un trajet en boucle dans North Vancouver et revint à Vancouver en passant par le Lions Gate.

Quand:

Cette visite se déroula le 29 mai 1939. Le roi et la reine, arrivés à Québec le 17 mai, traversèrent neuf provinces, rendirent visite au président Roosevelt à Washington, puis repartirent de Halifax le 15 juin.

Qui:

Le roi George VI avait accédé au trône en 1937 après qu'Édouard VIII eut abdiqué afin d'épouser une femme divorcée, l'Américaine Wallis Simpson.

1938-2
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives
Photographie
Livret souvenir
1938
28 x 20 cm
1938-2
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives

Clefs de l'histoire:

Le pont Lions Gate est immédiatement devenu un objet de fierté pour les citadins. Cette brochure souvenir qui se vendait 25 cents a été publiée pour raconter l'histoire et rendre hommage - ainsi que faire la publicité - de tous ceux qui ont pris part à sa réalisation. Une photographie du maire de Vancouver de l'époque, George C. Miller, portant les insignes de sa fonction est reproduite à la première page. La brochure était dédiée « aux administrateurs visionnaires ... aux ingénieurs et aux ouvriers... qui traduirent ce rêve ... à l'esprit pionnier intrépide, inhérent à la race britannique qui ne connaît aucune défaite ». La brochure énumère beaucoup de faits, y compris des détails du processus de construction du pont, et dresse la liste des matériaux qui ont été nécessaires pour le réaliser : 10 200 tonnes (9 251 t) d'acier ; 40 000 verges cubes (30 580 m3) de béton ; 816 000 livres (370 t) d'acier d'armature ; 1 000 tonnes (907 t) de câbles ; 2 000 000 de pieds-planches (4 719 m3) de petit bois d'oeuvre (usage temporaire) ; 35 000 pieds cubes (991 m3) de granite ; 360 tonnes (326 t) de rivets, boulons et baguettes ; et 5 000 gallons (22 730 l) de peinture.

Quoi:

Cette brochure souvenir officielle a été publiée sous la direction de la Lions Gate Bridge Company Ltd. « afin de promouvoir l'intérêt envers le Progrès du Grand Vancouver ».

Où:

Cette brochure semble avoir été publiée en vue d'une distribution massive et était probablement offerte en ville dans divers points de vente.

Quand:

Publiée en 1938, cette brochure était conçue comme un souvenir pour ceux qui avaient suivi l'évolution des travaux du pont.

Qui:

Frank de West, de West Vancouver, a publié cette brochure. Des messages publicitaires de nombreuses entreprises ayant participé au projet mettaient leur rôle en valeur tout en chantant les louanges du pont.

1938-3
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives
Photographie
Journal West Vancouver
1938, 20e siècle
50 x 23 cm
1938-3
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives

Clefs de l'histoire:

Des entreprises utilisaient le nouveau pont pour promouvoir les ventes. Le texte hyperbolique dans le coin supérieur gauche de cette publicité pleine page pour un magasin de meubles montre qu'on entretenait un sentiment de fierté impériale envers le pont et son impact économique significatif sur la ville dans son ensemble. On peut y lire :

"Célébrons le Majestueux Pont suspendu qui relie à tout jamais la Reine des Villes du Pacifique à la plus jeune et la plus belle de ses filles suburbaines. Nous partageons votre fierté de disposer désormais de l'un des plus beaux ponts de l'Empire. West Vancouver se trouve maintenant à douze minutes du Centre de notre belle Ville. Emboîtant le pas à cette grande marche vers le progrès, notre grand magasin comportant cinq vastes étages de 42 000 pieds carrés [3 900 m2] de surface de vente est situé au coeur du secteur des magasins de détail ... et met à votre disposition une profusion de styles parmi les plus récents et les plus en demande de meubles modernes ou d'époque."

Quoi:

Il s'agit d'une publicité pleine page publiée dans un supplément de l'hebdomadaire West Vancouver News pour le magasin de meubles William Worrall de Vancouver.

Où:

Le magasin était situé au 939 de la rue Granville. La compagnie incitait tout particulièrement les clients de West et de North Vancouver à venir au centre-ville en utilisant le nouveau pont.

Quand:

Ce supplément accompagnait l'hebdomadaire West Vancouver News du 24 novembre 1938.

Qui:

Venu d'Angleterre, l'homme d'affaires bien connu William Worrall avait émigré au pays vers 1912. Il exploitait un magasin de meubles dans divers locaux de la rue Granville à Vancouver. Il est mort en 1968.

8E01
Cet artefact appartient à : © Stephen L. Norris
Dessin, caricature
"...Je me demande si nous allons arriver au bureau avant qu'ils ne marchent sur la lune...?"
Len Norris
15 octobre 1958, 20e siècle
8E01
Cet artefact appartient à : © Stephen L. Norris

Clefs de l'histoire:

Le flot de circulation a vite excédé la capacité du pont. Avec une chaussée d'abord divisée en deux voies, puis réaménagée en 1954 en trois voies étroites de 2,9 m, l'espace sur le tablier était extrêmement restreint. À l'époque de la construction du pont, les urbanistes estimaient que dans le futur, un Vancouvérois sur sept posséderait une voiture. Quelle erreur ! La circulation dense et ralentie aux deux extrémités du Lions Gate est devenue une constante et des allusions au car-strangled spanner, au « pont à bouchons », revenaient constamment dans les tribunes. Parmi les autres événements mémorables mentionnés dans les médias au sujet du pont, on note une blague des étudiants en génie de l'université de Colombie-Britannique qui, en 1982, y avaient suspendu une coccinelle Volkswagen ainsi que l'installation surnommée Gracie's necklace. Cette dernière, formée d'une guirlande lumineuse qui suivait la courbe des câbles, a été allumée à temps pour l'exposition universelle de Vancouver, Expo 86, et nommée d'après la politicienne locale, Grace McCarthy, qui avait piloté le projet.

Quoi:

Ceci n'est que l'une des nombreuses caricatures de Len Norris portant sur les interminables bouchons de circulation auxquels donnait lieu le pont, devenu insuffisant au fil des ans.

Où:

Pendant 38 ans, les dessins de Len Norris ont paru régulièrement dans les pages éditoriales du Vancouver Sun.

Quand:

Cette caricature a paru dans le Vancouver Sun du 15 octobre 1958. Déjà en 1950, soit 12 ans seulement après la construction du pont, un éditorial paru dans un journal expliquait que la circulation excédait la capacité du pont.

Qui:

Le caricaturiste Len Norris est entré au service du Vancouver Sun en 1950. Il est devenu célèbre au pays ; les recueils annuels de ses dessins sont devenus des cadeaux de Noël populaires. On peut voir une sélection de ses oeuvres sur le site de la bibliothèque de l'université Simon Fraser.

14467
Cet artefact appartient au : © Alexis MacKintosh/Vox Veritas Pictures
Photographie
La construction du pont Lions Gate
Alexis MacKintosh
2001, 21e siècle
27 x 40 cm
14467
Cet artefact appartient au : © Alexis MacKintosh/Vox Veritas Pictures

Clefs de l'histoire:

Pendant des décennies, le gouvernement de Colombie-Britannique s'est lancé dans de nombreux verbiages à propos de solutions possibles au désastreux problème de la circulation sur le pont. À certains moments, on a proposé de construire une structure jumelle ou de créer un troisième pont au-dessus de Burrard Inlet, mais ces discussions sont demeurées sans suite. Dans les années 1990, la province a sérieusement étudié la possibilité de remplacer la structure. Mais comme la population reconnaissait de plus en plus la valeur patrimoniale du pont et qu'on s'opposait à l'élargissement de la voie d'accès aux dépens du parc Stanley, on a délaissé ces projets de reconstruction. La structure a plutôt été rénovée sans qu'on la modifie de façon majeure ; on a remplacé le tablier et les poutres ; on a agrandi l'espace accordé à la chaussée en ajoutant des trottoirs en porte-à-faux, ce qui déplace la circulation piétonne et cycliste à l'extérieur des pylônes. Le tablier a été remplacé une section à la fois - de la même manière qu'il a été construit à l'origine. Dans cette photographie, on aperçoit de nouvelles sections placées en attente sous l'extrémité nord, une barge emportant une nouvelle section à gauche, et une ancienne section rejetée, emportée par une barge à droite.

Quoi:

Cette photo montre la rénovation du pont complétée au tiers. Les sections du tablier ont été remplacées une à la fois.

Où:

Cette vue à été prise en direction de l'extrémité nord du pont ; on voit les nouvelles sections du tablier en place à gauche et les anciennes sections à droite.

Quand:

Les travaux ont commencé dans la nuit du 9 au 10 septembre 2000, et ont été achevés dans la nuit du 29 au 30 septembre 2001.

Qui:

La photographe de renommée internationale Alexis Mackintosh, en collaboration avec Air Digitale, a fait le relevé photographique des travaux de rénovation. On peut voir d'autres oeuvres de Mackintosh sur le site Web des Archives nationales du Canada .

14473
Cet artefact appartient à : © Alexis MacKintosh/Vox Veritas Pictures
Photographie
La construction du pont Lions Gate
Alexis MacKintosh
2001, 21e siècle
27 x 40 cm
14473
Cet artefact appartient à : © Alexis MacKintosh/Vox Veritas Pictures

Clefs de l'histoire:

La plupart de travaux de rénovation du pont se sont déroulés de nuit, de manière que le flot de circulation quotidien de 70 000 véhicules ne soit pas interrompu. La décision de suivre un tel échéancier complexe - peut-être pour la première fois dans le monde - indique toute l'importance de la voie de circulation qu'est le pont. American Bridge/Surespan, une coentreprise, a remporté le contrat de 86, 5 millions de dollars en vue de réaliser cet exploit logistique. Au cours des travaux, le pont était fermé chaque jour entre 20 h et 6 h, ainsi que certains week-ends. Du nord au sud, 47 sections de tablier d'environ 20 m de long et pesant chacune 106 t ont été progressivement installées. Un système de levage mobile a permis d'assurer un lien continu pendant les travaux, en plus de permettre de hisser et d'abaisser les sections. Les travaux ont duré un an, de la nuit du 9 au 10 septembre 2000, à celle du 29 au 30 septembre 2001. Réalisé sans interruption majeure de la circulation, le projet a été louangé comme un grand exploit d'ingénierie.

Quoi:

Dans cette vue rapprochée de nuit, on voit une composante du tablier à remplacer qui est chargée sur une barge.

Où:

La composante en question est la section 23, située au milieu de la portée.

Quand:

Comme le système de levage est au milieu de la portée, il est probable que cette photo a été prise au milieu de l'année pendant laquelle les travaux ont été réalisés - soit au printemps de 2001.

Qui:

La photographe Alexis Mackintosh a pris cette photo depuis un hélicoptère. Elle fait partie de la commande qu'elle a reçue, conjointement avec Air Digitale, de faire le suivi photographique des travaux de rénovation.

13283
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives
Photographie
Le pont Lions Gate rénové
Cecil Halsey
2003, 21e siècle
10 x 15 cm
13283
Cet artefact appartient à : © North Vancouver Museum and Archives

Clefs de l'histoire:

Le pont Lions Gate rénové semble encore plus léger et délicat que la structure d'origine. Les grandes poutres de soutien, qui s'élevaient avant bien au-dessus du tablier, ont été remplacées par des poutres plus étroites fixées sous le tablier, ce qui permet aux utilisateurs de profiter de la vue. La chaussée est maintenant plus large de 40 % car les trottoirs ont été placés à l'extérieur de la structure. La voie d'accès qui traverse le parc Stanley a été rectifiée et quelque peu élargie. Bien que la rénovation du pont ait accordé aux automobilistes des voies de circulation plus larges, elle n'a pas apporté de solution au problème de la circulation. Les bouchons aux deux extrémités du Lions Gate sont encore un inconvénient fréquent pour ceux qui voyagent du centre-ville vers la rive nord - surtout aux heures de pointe --, mais beaucoup croient que la beauté et la sauvegarde de ce pont patrimonial contribuent à amoindrir ces désagréments.

Quoi:

Cette vue nous montre le pont Lions Gate dans son état actuel ; on y voit bien les trottoirs à l'extérieur des pylônes.

Où:

Cette photographie a été prise depuis le passage supérieur du parc Stanley, un petit pont d'origine qui a aussi été reconstruit au cours des travaux de rénovation.

Quand:

Comme le pont a été ouvert à la circulation en 1938, des touristes du monde entier ont pu prendre des clichés semblables ; ce point d'observation est situé sur le trajet d'autobus menant à un autre point d'observation du parc Stanley qui permet d'admirer les First Narrows.

Qui:

Le bureau d'études Buckland & Taylor Ltd. de North Vancouver a été chargé de la rénovation de toute la structure suspendue.

Conclusion:

En 1890, le pionnier de Vancouver George Grant Mackay s'arrêtait à la limite du parc Stanley, regardait de l'autre côté des First Narrows et déclarait : « Un jour, retenez bien mes paroles, il y aura un pont ici. » Il avait absolument raison. Bien que le projet ait été entrepris comme un plan d'investissement durant la Crise, le pont Lions Gate est devenu une voie de circulation majeure entre la ville de Vancouver et les banlieues qui se développaient rapidement au cours du XXe siècle. Construit à une époque où la densité actuelle de la circulation automobile était inimaginable, la structure s'est plus tard révélée trop petite et étroite. Toutefois, sa beauté est demeurée incontestée. Structure suspendue étonnante, le Lions Gate est maintenant reconnu comme l'un des ouvrages remarquables dans le monde. Ses lignés épurées ont aussi contribué à sa sauvegarde pendant les débats des années 1990 concernant sa viabilité. Resté un symbole de fierté pour les citadins de Vancouver, le pont Lions Gate demeurera à coup sûr une icône canadienne longtemps encore pendant le XXIe siècle -et peut-être même au-delà.

Bibliographie

D'Acres, Lilia and Donald Luxton, Lions Gate (Vancouver: Talonbooks, 1999).


© Musée McCord Museum