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Sur les rails du rêve national

William R. Morrison, University of Northern British Columbia

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Introduction:

William R. Morrison, University of Northern British Columbia, 2003

Si bien des Canadiens de moins de quarante ans n'ont jamais pris le train, il fut un temps où les chemins de fer étaient aussi indispensables à ce pays que les autoroutes et les avions le sont aujourd'hui. Non seulement ont-ils marqué l'avènement du transport et du commerce modernes, mais ils sont au coeur de la croissance du Canada en tant que nation. Du tout premier chemin de fer au pays, la Compagnie du chemin à lisses de Champlain et du Saint-Laurent, à la création de la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada, en 1918, les voies ferrées sont la clé de l'unification du pays.

C'est le chemin de fer qui a donné naissance au Canada moderne. Inaugurée en 1836 entre La Prairie et Saint-Jean, QC, la Compagnie du chemin à lisses de Champlain et du Saint-Laurent reliait Montréal à la vallée de la rivière Hudson et à New York via le Richelieu et le lac Champlain, améliorant grandement le commerce et le transport. Le Chemin de fer du Grand Tronc, inauguré en 1856, joignait Toronto et Montréal, permettant de franchir la distance entre les deux villes en quelques heures à peine. Auparavant, il fallait souvent compter plus d'une semaine pour effectuer le même trajet en carriole.

Mais les grands chemins de fer du Canada ont contribué autant à bâtir la nation qu'à stimuler le commerce. La construction de l'Intercolonial Railway, par exemple, était l'une des conditions pour que les provinces maritimes acceptent de se joindre à la Confédération. D'une longueur de quelque 1 100 km, il fut terminé en 1876 et reliait la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick au Québec et à l'Ontario. Cependant, le Canadien Pacifique, commencé en 1875 mais construit principalement entre 1881 et 1885 afin de relier l'Ontario à la côte du Pacifique, jouera un rôle encore plus déterminant dans l'avenir du nouveau pays. Sans la promesse d'un réseau ferroviaire transcontinental, la Colombie-Britannique n'aurait jamais accepté de faire partie de la Confédération, et il aurait été impossible de coloniser les régions que sont aujourd'hui les provinces du Manitoba, de la Saskatchewan et de l'Alberta. La carrière politique d'hommes comme John A. Macdonald, George-Étienne Cartier et Francis Hincks (qui a déjà déclaré « le chemin de fer et ma politique ne font qu'un ») dépendait largement du succès de leurs projets ferroviaires.

Le Canadien Pacifique était plus qu'une simple ligne d'acier. Il faisait partie intégrante de la « politique nationale » du gouvernement fédéral dans les années qui ont suivi la Confédération. La compagnie était engagée à fond dans la vente des terres des Prairies, le tourisme et l'industrie hôtelière. Elle a en outre construit une flotte de bateaux à vapeur qui transportaient passagers et marchandises du Canada au Japon, à la Chine et vers d'autres pays. Au XXe siècle, la compagnie a étendu ses activités au transport aérien, aux télécommunications et à d'autres secteurs. De toute évidence, ce sont les chemins de fer qui ont permis au « rêve national » d'un Canada uni de devenir réalité.

Le circuit retracera la construction du chemin de fer du Canadien Pacifique du centre du Canada à la côte Ouest, illustrant comment il a permis aux Canadiens de réaliser leur rêve d'unir leur pays d'un « océan à l'autre »


VIEW-6488.F
© McCord Museum
Photograph
Sir William Van Horne, C.P.R. official, Montreal, QC, 1904
A. H. Harris
1904, 20th century
Silver salts on film (nitrate ?) - Gelatin silver process
11 x 15 cm
Purchase from Associated Screen News Ltd.
VIEW-6488.F
© McCord Museum

Keys to History:

William Van Horne (1843-1915) était le directeur général du Canadien Pacifique. Né en Illinois, il commence à travailler comme télégraphiste pour une société de chemin de fer à l'âge de 14 ans. Ambitieux, ce travailleur acharné n'a que 29 ans lorsqu'il devient surintendant général de l'Illinois Central. Nommé directeur général du Canadien Pacifique en 1882, il orchestrera les travaux du chemin de fer vers le nord de l'Ontario, les Prairies et les Rocheuses jusqu'à la côte du Pacifique. C'est lui qui choisit Vancouver comme terminus ouest de la ligne. Lorsque Van Horne prend sa retraite en 1899, le Canadien Pacifique dispose d'un réseau de plus de 10 000 milles (16 000 km) de voies. Il devient citoyen canadien et est fait chevalier en 1914.

What:

Cette photographie montre un bureau d'affaires canadien du XXe siècle.

Where:

Le bureau de Van Horne se trouvait au siège social du Canadien Pacifique à Montréal.

When:

Lorsque cette photographie a été prise, Van Horne était directeur général du Canadien Pacifique depuis déjà plus de vingt ans.

Who:

On ne devinerait jamais à la sobriété de ce bureau que sir William Van Horne était l'un des hommes d'affaires les plus puissants au Canada. On peut se demander, quelle sorte de bureau occuperait aujourd'hui un homme aussi éminent?

N-0000.193.316.2
© McCord Museum
Photograph
G.T.R. bridge over the Ottawa River, Vaudreuil, QC, about 1860
William Notman (1826-1891)
about 1860, 19th century
Silver salts on paper mounted on card - Albumen process
7.3 x 7 cm
Gift of Mr. James Geoffrey Notman
N-0000.193.316.2
© McCord Museum

Keys to History:

Cet imposant pont à poutres en pierre a été construit au-dessus de la rivière des Outaouais à Vaudreuil pour une autre société de chemin de fer, le Grand Tronc. Antérieure au Canadien Pacifique, la compagnie du Grand Tronc avait elle aussi était créée pour relier différentes régions du Canada, dans ce cas-ci, les provinces de l'Est et de l'Ouest du Canada avant la Confédération. Constitué en 1852, le chemin de fer, qui s'étend entre Montréal et Toronto, est achevé en 1854. Il est par la suite prolongé pour devenir, en 1867, le plus long chemin de fer au monde. La compagnie du Grand Tronc construit par la suite une connexion vers l'océan Pacifique, mais elle fait faillite et elle est intégrée au réseau de la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada. Avec le Canadien Pacifique et le Chemin de fer national transcontinental, elle est associée au « rêve national » de relier le Canada d'un océan à l'autre.

What:

Voici un pont à poutres en pierre construit par la compagnie du Grand Tronc.

Where:

Le pont s'élevait au-dessus de la rivière des Outaouais à Vaudreuil.

When:

Le pont n'était construit que depuis quelques années quand cette photo a été prise, vers 1860.

Who:

La grande solidité du pont témoigne de l'habileté et des efforts des premiers ingénieurs et ouvriers qui l'on construit.

VIEW-1682
© McCord Museum
Photograph
Rogers Pass and Mount Carroll on the C.P.R., BC, 1887
William McFarlane Notman
1887, 19th century
Silver salts, frosting on glass - Gelatin dry plate process
20 x 25 cm
Purchase from Associated Screen News Ltd.
VIEW-1682
© McCord Museum

Keys to History:

Il était très difficile de trouver une route par laquelle pourrait passer le Canadien Pacifique à travers les Rocheuses. Plusieurs voies ont été proposées, mais l'une était trop au nord et l'autre, trop près des États-Unis. Le problème est résolu en 1881-1882, lorsque le major A. B. Rogers découvre le col Rogers. À 1 330 m d'altitude, il s'agit d'un des points les plus élevés sur la ligne transcontinentale. Au fil des ans, 250 personnes, pour la plupart des cheminots, seront tuées par des avalanches dans le col, jusqu'à ce que le Canadien Pacifique construise en 1916 le tunnel Connaught, long de 8 km, et qu'il abandonne le col Rogers. En 1962, le passage de la route transcanadienne à travers le col Rogers est achevé. Encore aujourd'hui, il est difficile de circuler sur cette route l'hiver, en raison du fréquent risque d'avalanches.

What:

Les débris laissés par les travaux de construction du chemin de fer déparent cette vue panoramique des montagnes.

Where:

Il s'agit du col Rogers, dans les Rocheuses de la Colombie-Britannique.

When:

La photographie a été prise en 1887, deux ans après l'achèvement de la ligne.

Who:

Des milliers d'ouvriers, dont beaucoup étaient des Chinois, ont déboisé le terrain (on aperçoit une grosse souche au premier plan, à gauche) et posé les rails.

VIEW-1508
© McCord Museum
Photograph
Interior C.P.R. emigrant sleeping car, beds lowered, Montreal, QC, 1884
Wm. Notman & Son
1884, 19th century
Silver salts on glass - Gelatin dry plate process
20 x 25 cm
Purchase from Associated Screen News Ltd.
VIEW-1508
© McCord Museum

Keys to History:

Le Canadien Pacifique était une composante importante de la politique nationale de sir John A. Macdonald. Cette politique visait à favoriser la croissance industrielle dans l'Est, à soutenir la colonisation des Prairies dans l'Ouest et à relier les deux régions au moyen du chemin de fer. On octroie à la compagnie de chemin de fer de vastes concessions, qu'elle peut revendre pour réunir les sommes nécessaires au financement des travaux de construction et par la suite pour réaliser des bénéfices. Les colons sont envoyés vers l'Ouest dans des trains pour « émigrants » ou « pionniers », où ils se retrouvent assis sur des banquettes de bois durant de longues journées de voyage; la nuit, ils dorment sur des plateformes suspendues au-dessus des banquettes. Durant les deux guerres mondiales, on utilisera ces trains pour le transport des troupes.

What:

Voici un wagon-lit pour les colons qui émigrent vers l'Ouest du Canada.

Where:

La photographie a été prise à Montréal, point de départ du voyage des colons.

When:

On est alors en 1884; les wagons étaient probablement presque neufs.

Who:

Ces trains offraient un transport à bas prix pour les émigrants, majoritairement britanniques et européens, qui dormaient sur des plateformes qu'on abaissait au-dessus des banquettes, comme l'illustre cette photographie.

II-93008
© McCord Museum
Photograph
Interior first class C.P.R. car, QC, about 1890
Wm. Notman & Son
1890, 19th century
Silver salts on glass - Gelatin dry plate process
20 x 25 cm
Purchase from Associated Screen News Ltd.
II-93008
© McCord Museum

Keys to History:

À première vue, cette voiture de première classe ne semble pas très différente d'une voiture pour colons. Mais lorsqu'on l'examine plus attentivement, on remarque le tapis qui recouvre le plancher et, surtout, les banquettes rembourrées au lieu des banquettes en bois dur. Ici, pas de couchettes que l'on abaisse du plafond - le soir, les passagers de la première classe se retirent dans des voitures équipées de lits. Il existe aussi une voiture-lit de luxe appelée l'« Honolulu », équipée de mobilier en cuir et même d'une baignoire. Voici une version ultérieure (1890) d'une voiture-lit du Canadien Pacifique.

What:

Voici une voiture à voyageurs de première classe du Canadien Pacifique.

Where:

La photographie a été prise à Québec.

When:

En 1890, cette voiture était en service depuis environ cinq ans.

Who:

Les passagers de première classe payaient un supplément pour s'asseoir sur des banquettes recouvertes de velours et pour avoir le privilège de ne pas se retrouver coude à coude avec les émigrants et les voyageurs de troisième classe.

VIEW-2098
© McCord Museum
Photograph
Mountain Creek bridge, on the C.P.R., BC, 1889
William McFarlane Notman
1889, 19th century
Silver salts on glass - Gelatin dry plate process
20 x 25 cm
Purchase from Associated Screen News Ltd.
VIEW-2098
© McCord Museum

Keys to History:

Les constructeurs du Canadien Pacifique souhaitaient terminer le chemin de fer le plus rapidement possible. Pour ce faire, ils érigent au-dessus des rivières et des canyons des ponts à chevalets comme celui-ci qui seront plus tard remplacés par des structures plus permanentes. Certains atteignent une hauteur impressionnante et requièrent un nombre considérable de poutres. Certains ponts à chevalets seront plus tard fabriqués en acier; le pont à chevalets du CP à Lethbridge est le plus grand en Amérique du Nord. Celui que l'on voit sur cette photographie se trouve dans le parc des Glaciers, en Colombie-Britannique; il est devenu une attraction touristique en raison de sa hauteur et de sa longueur.

What:

Ceci est un pont à chevalets du Canadien Pacifique.

Where:

Le pont franchit le ruisseau Mountain, dans le parc des Glaciers, près de Revelstoke, en C.-B.

When:

Le pont existait depuis quatre ans quand cette photo a été prise en 1889.

Who:

Construit par des ouvriers qualifiés, dont les noms n'ont pas été consignés, le pont a assuré le transport sécuritaire de milliers de voyageurs.

VIEW-3261
© McCord Museum
Photograph
C.P.R. train "Imperial Limited", about 1890
Wm. Notman & Son
About 1890, 19th century
Silver salts on glass - Gelatin dry plate process
20 x 25 cm
Purchase from Associated Screen News Ltd.
VIEW-3261
© McCord Museum

Keys to History:

Les locomotives à vapeur éveillent toujours une certaine nostalgie, même chez ceux d'entre nous qui n'ont pas l'âge de se souvenir de l'époque où elles étaient utilisées à la grandeur du pays. L'Imperial Limited, le train express de luxe du Canadien Pacifique, faisait le trajet Montréal-Vancouver sans s'arrêter. Au fil des ans, le Canadien Pacifique mettra en service une grande diversité de locomotives sur ses voies; c'est durant les années 1950 que les locomotives à vapeur seront remplacées par les moteurs à diesel. Les visiteurs de passage à Vancouver peuvent encore aujourd'hui faire une balade à bord du Royal Hudson, un train d'excursion tiré par une locomotive à vapeur du CP qui date de 1940.

What:

Voici le train du Canadien Pacifique appelé Imperial Limited.

Where:

Le train transportait à grande vitesse des voyageurs de Montréal à Vancouver.

When:

La photographie remonte aux alentours de 1890.

Who:

Professionnellement, les ingénieurs qui conduisaient ces trains express suscitaient l'envie. Pour beaucoup de jeunes hommes, ce métier était l'équivalent dans les années 1890 d'un poste d'astronaute aujourd'hui.

VIEW-2117
© McCord Museum
Photograph
Chinese work gang on the C.P.R., Glacier Park, BC, 1889
William McFarlane Notman
1889, 19th century
Silver salts on glass - Gelatin dry plate process
20 x 25 cm
Purchase from Associated Screen News Ltd.
VIEW-2117
© McCord Museum

Keys to History:

Des milliers d'ouvriers chinois, venus de Chine et des États-Unis, ont travaillé sur les tronçons ouest de la voie ferrée du CP. On les préférait aux autres travailleurs parce qu'ils s'accomodaient de salaires inférieurs et de conditions de vie modestes, qu'ils étaient diligents et autonomes. Ils seront néanmoins victimes de discrimination dans les villes situées le long de la voie ferrée, et le gouvernement canadien leur imposera plus tard une « taxe d'entrée » pour décourager l'immigration chinoise. Jusqu'à 1 500 de ces ouvriers, à qui l'on confiait les tâches les plus dangereuses, laisseront leur vie sur la portion de la ligne qui se trouve en Colombie-Britannique. Les mesures de sécurité étaient alors rudimentaires, et on a estimé que deux hommes mouraient pour chaque mille (1,6 km) de voie construit.

What:

Ce groupe de Chinois travaillait sur les voies du Canadien Pacifique.

Where:

Il s'agit du parc des Glaciers, l'une des sections les plus spectaculaires et les plus dangereuses de toute la ligne en raison de la forte déclivité du terrain.

When:

On est en 1889. Le travail sur la ligne ne prendra pas fin, bien sûr, une fois enfoncé le dernier crampon de la voie. Il faudra encore procéder à de nombreux travaux de réfection et d'entretien.

Who:

Les Chinois recevaient un dollar par jour; le salaire quotidien des autres cheminots variait entre 1,50 $ et 1,75 $.

VIEW-1595.0
© McCord Museum
Photograph
Interior of C.P.R. drawing room car, Montreal, QC, composite, 1886
Wm. Notman & Son
1885-1915, 19th century or 20th century
Silver salts on glass - Gelatin dry plate process
24 x 20 cm
Purchase from Associated Screen News Ltd.
VIEW-1595.0
© McCord Museum

Keys to History:

Pour beaucoup de gens, un voyage transcanadien en première classe à bord du Canadien Pacifique était l'expérience d'une vie. C'était là une manière tellement agréable et civilisée de voyager! Quel plaisir de se caler au fond d'un siège rembourré et moelleux, dans un compartiment spacieux où personne ne vous bouscule. Cela valait certainement mieux que de s'entasser sur une banquette en bois dur dans une voiture pour émigrants bondée où il fallait jouer des coudes avec des inconnus. On peut voir par l'expression du visage de cette jeune femme qu'elle estime mériter cette bonne fortune. Peut-être se trouve-t-elle encombrée par tout cet attirail, mais c'était là le prix à payer pour faire partie de l'élite.

What:

Cette photographie composite montre la voiture-salon du Canadien Pacifique : on a photographié chaque sujet séparément, puis on a collé les épreuves sur un fond qui a été photographié de nouveau.

Where:

La voiture-salon a été photographiée à Montréal.

When:

La photographie a été réalisée en 1886, peut-être pour une annonce dont le but aurait été de montrer aux gens comment le train était un mode de transport à la fois confortable et distingué.

Who:

À voir les vêtements des passagers, il est clair que seuls les bien-nantis pouvaient se permettre de voyager dans cette voiture. Est-ce là une sacoche de médecin qu'on a judicieusement placée sur le siège de droite pour montrer que les professionnels optent aussi pour ce mode de transport?

II-136538
© McCord Museum
Photograph
C.P.R. freight department, Montreal, QC, 1901
Wm. Notman & Son
1901, 20th century
Silver salts on glass - Gelatin dry plate process
20 x 25 cm
Purchase from Associated Screen News Ltd.
II-136538
© McCord Museum

Keys to History:

Cette photographie, qui représente des commis du service marchandises du Canadien Pacifique en train de taper des commandes, nous rappelle qu'à une certaine époque, la majorité des employés de bureau étaient des hommes. Il en allait de même pour les téléphonistes. Toutefois, en 1890, 64 % des postes de sténographes et de dactylographes aux États-Unis sont désormais occupés par des femmes. La machine à écrire, inventée en 1867 un Américain du nom de Scholes, leur a ouvert aux un nouveau secteur d'emploi qui finira par remplacer l'aide ménagère au titre de principale source de travail pour les femmes. Cette photographie ayant été prise en 1901, on peut supposer que le Canadien Pacifique était en retard à ce chapitre. Aujourd'hui, les machines à écrire, tout comme les dactylographes masculins, ont pratiquement disparu.

What:

Ici, on voit une pleine salle de commis qui tapent à la machine.

Where:

Il s'agit du service marchandises du Canadien Pacifique à Montréal.

When:

La machine à écrire à été inventée aux États-Unis en 1867.

Who:

La machine à écrire a permis aux employés de bureau d'être plus productifs et a ouvert de nouvelles perspectives d'emploi pour les femmes. Néanmoins, tous les employés sur cette photo sont des hommes.

VIEW-2945
© McCord Museum
Photograph
C.P.R. S.S. "Empress of Japan", Vancouver, BC, about 1891
Mayo & Weed
1885-1915, 19th century or 20th century
Silver salts on glass - Gelatin dry plate process
20 x 25 cm
Purchase from Associated Screen News Ltd.
VIEW-2945
© McCord Museum

Keys to History:

Le Canadien Pacifique nourrissait des ambitions qui dépassaient largement les frontières du Canada. Il voulait s'emparer du marché du transport de passagers et de marchandises de luxe entre la Grande-Bretagne et les pays du Pacifique. Lorsqu'il obtient le contrat de livraison de la Poste royale de l'Asie vers la Grande-Bretagne, il construit trois paquebots rapides: l'Empress of India, l'Empress of China et l'Empress of Japan. Ces paquebots transportent du courrier, des voyageurs et des marchandises de valeur comme la soie et le thé. Un nouvel Empress of Japan entre en fonction en 1930, mais tous les paquebots de la flotte Empress sont retirés quand la guerre du Pacifique éclate en décembre 1941. D'autres Empress ont aussi assuré le service entre le Canada et la Grande-Bretagne. L'une des plus grosses catastrophes maritimes de l'histoire canadienne s'est produit en 1914, lorsque l'Empress of Ireland a coulé à la suite d'une collision dans le fleuve Saint-Laurent, faisant plus de mille victimes.

What:

Il s'agit de l'Empress of Japan, un bateau à vapeur du Canadien Pacifique.

Where:

Le paquebot a été photographié dans le port de Vancouver.

When:

L'inauguration du paquebot a eu lieu à Barrow, au Royaume-Uni, en décembre 1890. La photographie a probablement été prise au cours de l'année suivante.

Who:

Fleuron de la flotte, le paquebot a détenu durant 22 ans le record de vitesse transpacifique. À son retrait du service en 1922, il avait traversé le Pacifique 315 fois et parcouru quatre millions de kilomètres.

N-0000.25.1056
© McCord Museum
Photograph, glass lantern slide
Shuswap Lake on the C.P.R., near Sicamous, BC, 1889, copied ca.1902
William McFarlane Notman
About 1902, 19th century or 20th century
Silver salts and transparent ink on glass - Gelatin dry plate process
8 x 10 cm
Gift of Mr. Stanley G. Triggs
N-0000.25.1056
© McCord Museum

Keys to History:

William Notman (1826-1891), un Écossais immigré à Montréal, est le plus important photographe canadien de la fin du XIXe siècle. Ses fils William et George seront embauchés par le Canadien Pacifique pour prendre des vues panoramiques du nouveau chemin de fer à des fins promotionnelles. Le chemin de fer disposait d'une voiture spéciale appelée « Photographic Car No. 1 » qu'il mettait à la disposition des frères Notman. Compte tenu du spectacle grandiose qu'offrent les Rocheuses et puisque l'objectif du voyage est de stimuler la fréquentation touristique, un grand nombre des photographies seront prises en Colombie-Britannique. Les photographies se vendront bien; aujourd'hui, elles sont devenues des objets de collection. Avant l'avènement de la photographie en couleurs, on teignait parfois les clichés à la main afin de les rendre plus attrayants.

What:

Voici une vue de l'un des plus beaux lacs de la Colombie-Britannique.

Where:

Le lac Shuswap est situé sur la ligne du Canadien Pacifique en Colombie-Britannique.

When:

Prise en 1889, la photographie a été teinte plus tard.

Who:

Le Canadien Pacifique avait retenu les services de William M. Notman pour qu'il prenne des photographies panoramiques qui inciteraient les touristes à utiliser les trains et les hôtels du Canadien Pacifique.

N-0000.25.1060
© McCord Museum
Photograph, glass lantern slide
Construction of snow shed on the C.P.R., Glacier Park, BC, 1887, copied ca.1902
William McFarlane Notman
About 1902, 19th century or 20th century
Silver salts on glass - Gelatin dry plate process
8 x 8 cm
Gift of Mr. Stanley G. Triggs
N-0000.25.1060
© McCord Museum

Keys to History:

Constituées de poutres massives, ces structures avaient pour but de protéger la voie du Canadien Pacifique contre les avalanches. Cependant, comme elles bloquaient la vue sur le parc des Glaciers , le Canadien Pacifique construisit une seconde voie à l'extérieur des pare-avalanches pour la circulation durant la belle saison. Il fallait une importante quantité de bois pour bâtir les pare-avalanches et leur construction était très coûteuse, mais ces structures revenaient toutefois moins cher que des tunnels et elles permettaient de sauver de nombreuses vies. On trouve encore quelques-uns de ces pare-avalanches dans le col Rogers. Les pare-avalanches modernes érigés le long de la route transcanadienne dans cette région sont faits de béton et d'acier.

What:

Voici un pare-avalanches construit au-dessus des voies du Canadien Pacifique. Les pare-avalanches rendaient beaucoup plus sécuritaire le transport à travers les Rocheuses.

Where:

Ce pare-avalanches se trouve dans le parc des Glaciers, près de Revelstoke, en C.-B.

When:

Les pare-avalanches ont été construits en 1885 pour empêcher les avalanches de bloquer les voies ferrées.

Who:

En janvier 2003, 14 skieurs ont été tués près de cet endroit lors de deux incidents distincts. Il s'agit d'une région réellement dangereuse.

N-0000.25.1079
© McCord Museum
Photograph, glass lantern slide
C.P.R. docks, Vancouver, BC, 1889, copied ca.1902
William McFarlane Notman
About 1902, 19th century or 20th century
Silver salts and transparent ink on glass - Gelatin dry plate process
8 x 10 cm
Gift of Mr. Stanley G. Triggs
N-0000.25.1079
© McCord Museum

Keys to History:

La ville de Vancouver doit son existence et sa croissance au Canadien Pacifique. Lorsque le premier train traverse le continent en 1886, Port Moody est le terminus de la ligne. Toutefois, en 1887, le Canadien Pacifique construit un autre tronçon de 20 km et prolonge la voie jusqu'à la petite localité de Vancouver, appelée à l'origine Granville. On y construit des quais et d'autres installations, et la même année, le premier navire en provenance de Chine accoste le nouveau quai du chemin de fer. Les trains s'avancent sur des jetées dans l'eau pour venir à la rencontre des navires. La ville deviendra rapidement le principal port du littoral ouest canadien. Entre 1880 et 1923, sa population passera de 0 à plus de 100 000 habitants.

What:

Ces quais se trouvent à l'extrémité ouest de la grande voie commerciale du Canada.

Where:

Ce sont les quais du Canadien Pacifique à Vancouver, en C.-B.

When:

On a ouvert les quais dès que le chemin de fer a été terminé.

Who:

Les bateaux, les entrepôts et les wagons de marchandises employaient des milliers d'ouvriers; la compagnie de chemin de fer occupait donc une place prépondérante dans la ville et dans la province.

VIEW-1794
© McCord Museum
Photograph
C.P.R. tea shed, Vancouver, BC, 1887
William McFarlane Notman
1887, 19th century
Silver salts on glass - Gelatin dry plate process
20 x 25 cm
Purchase from Associated Screen News Ltd.
VIEW-1794
© McCord Museum

Keys to History:

Le commerce du thé était très rentable pour le Canadien Pacifique. Trois semaines à peine après l'arrivée du premier train à Port Moody, en 1886, un navire arrive de Yokohama avec à son bord un million de livres de thé. Le chargement est rapidement expédié à Montréal, et de là, en Grande-Bretagne. Trois ans plus tard est ouvert à Vancouver un consulat japonais qui s'occupent des questions de commerce et d'immigration. Aussi dès 1891, il se pratique un commerce lucratif des mandarines en provenance du Japon. Durant les premières années d'exploitation du chemin de fer, avant la colonisation massive des Prairies autour de 1895, le chemin de fer tire une large part de ses revenus de ce commerce.

What:

Cet entrepôt est rempli de boîtes de thé, une marchandise précieuse et chère.

Where:

Les entrepôts se trouvaient aux quais de Vancouver.

When:

Lorsque cette photo a été prise en 1887, il y avait environ un an que l'on avait commencé à faire le commerce du thé.

Who:

Cultivé et cueilli en Chine et en Inde, le thé était transporté par train express à travers le Canada à destination du marché britannique.

VIEW-2141
© McCord Museum
Photograph
C.P.R. docks, Vancouver, BC, 1889
William McFarlane Notman
1889, 19th century
Silver salts on glass - Gelatin dry plate process
20 x 25 cm
Purchase from Associated Screen News Ltd.
VIEW-2141
© McCord Museum

Keys to History:

La soie est la marchandise la plus précieuse que transportent les paquebots du Canadien Pacifique depuis l'Orient jusqu'à ses quais de Vancouver. Elle est si chère et si périssable qu'on l'expédie vers New York à bord de trains de la soie spéciaux qui traversent le Canada sans s'arrêter. Tous les autres trains, même les trains de voyageurs, doivent leur céder le passage. Atteignant en moyenne 90 km/h, ce sont les trains les plus rapides sur la ligne. Dans les années 1920, les trains de la soie franchissent la distance entre Vancouver et New York en à peine 80 heures. Un tel exploit doit sembler miraculeux aux yeux de ceux qui peuvent encore se rappeler l'époque où le même voyage prenait des mois en canot. Les paquebots du Canadien Pacifique seront utilisés par l'armée durant les deux guerres mondiales.

What:

Voici une autre vue des quais du Canadien Pacifique à Vancouver, en C.-B.

Where:

Vancouver a été fondé par le Canadien Pacifique qui en a fait son terminus ouest; la ville doit donc, dans une large mesure, les débuts de son expansion à la compagnie de chemin de fer.

When:

Lorsque cette photographie a été prise en 1889, le chemin de fer et la ville n'existaient que depuis quelques années. Vancouver avait été fondé en 1886, et le chemin de fer avait été achevé l'année précédente.

Who:

Avant la mise en service des porte-conteneurs, les marchandises étaient manutentionnées par de nombreux débardeurs, qui travaillaient pour la plupart manuellement.

VIEW-2028
© McCord Museum
Photograph
Sulky plough on the C.P.R., MB, 1889
William McFarlane Notman
1889, 19th century
Silver salts on glass - Gelatin dry plate process
20 x 25 cm
Purchase from Associated Screen News Ltd.
VIEW-2028
© McCord Museum

Keys to History:

Dès ses débuts, le Canadien Pacifique participe au développement agricole des Prairies. La compagnie obtient de vastes concessions qu'elle vend pour financer ses travaux de construction. Elle contribue aussi à l'amélioration du sol, en réalisant, par exemple, des travaux d'irrigation dans le sud de l'Alberta. La compagnie établit des fermes expérimentales pour prouver aux colons que la terre peut donner de bonnes récoltes et pour leur présenter les plus récentes machines agricoles et méthodes de culture. La charrue à siège représente une importante innovation technologique; autrefois, les fermiers devaient marcher derrière la charrue. La ferme de Strathmore, en Alberta, est particulièrement vaste et moderne.

What:

L'homme conduit une charrue à siège.

Where:

La scène représente une ferme expérimentale du Canadien Pacifique au Manitoba.

When:

Ces fermes ont commencé leurs activités durant les années 1880, à l'époque où le Canadien Pacifique vendaient des terres.

Who:

Le conducteur, dont les vêtements élégants nous portent à penser qu'il s'agit probablement d'un représentant du Canadien Pacifique, retourne le sol vierge des prairies au moyen d'une charrue à siège tirée par trois chevaux.

VIEW-1425
© McCord Museum
Photograph
C.P.R. station, Winnipeg, MB, 1884
William McFarlane Notman
1884, 19th century
Silver salts on glass - Gelatin dry plate process
20 x 25 cm
Purchase from Associated Screen News Ltd.
VIEW-1425
© McCord Museum

Keys to History:

Solide et imposante, cette gare en pierre donne une indication du rôle influent que joue le Canadien Pacifique dans le développement des villes de l'Ouest du Canada. Après la construction du chemin de fer, Winnipeg devient la porte de l'Ouest; des centaines d'immigrants y passent sur leur route pour établir de nouvelles fermes. En 1904, ce bâtiment détruit par un incendie sera remplacé par une gare plus grande qui abrite aujourd'hui l'Aboriginal Centre of Winnipeg.

What:

Voici la nouvelle gare du Canadien Pacifique à Winnipeg, au Manitoba.

Where:

Des dizaines de milliers d'immigrants sont passés par cette gare, en route vers une nouvelle vie sur les fermes des Prairies.

When:

La photographie a été prise en 1884, peu de temps après la construction de la gare.

Who:

Le groupe de voyageurs semble écrasé par l'imposante structure en pierre de la gare, qui donne une idée de la puissance du chemin de fer au sein de la communauté.

VIEW-1426.1
© McCord Museum
Photograph
C.P.R. yards, Winnipeg, MB, 1884
William McFarlane Notman
1884, 19th century
Silver salts on paper mounted on paper - Albumen process
20 x 25 cm
Purchase from Associated Screen News Ltd.
VIEW-1426.1
© McCord Museum

Keys to History:

Il est intéressant de comparer différentes photographies des gares de marchandises du Canadien Pacifique à Winnipeg. Sur la photographie de Notman, prise en 1884, on voit peu de wagons, puisque à cette époque, la ligne ne traverse pas encore l'Ontario de part en part, même si une ligne se rend déjà au sud vers le Minnesota. Cependant, dès 1903, l'Ouest est en pleine expansion et les gares de marchandises reçoivent beaucoup plus de trains. En 1925, elles regorgent de wagons à céréales, à marchandises et à bestiaux. Deux choses toutefois ne changent pas : les arbres se font toujours aussi rares, et le paysage est toujours aussi plat. L'horizon s'étend à perte de vue.

What:

Ici, on voit des voies ferrées qui s'étirent à perte de vue.

Where:

Les voies ferrées se trouvaient dans le nord de la ville, au coeur de la communauté immigrante.

When:

Cette photo a été prise en 1884, année précédant l'achèvement du chemin de fer.

Who:

Ici, il n'y a pas de clef « Qui » puisqu'on ne voit aucun être humain dans cette scène. Le photographe a choisi d'illustrer l'immensité et, possiblement, les ressources potentielles des prairies de l'Ouest.

MP-0000.25.971
© McCord Museum
Photograph, glass lantern slide
Donald Smith, later Lord Strathcona, driving the last spike, C.P.R., Craigellachie, BC, 1885, copied about 1910
Alexander Ross
1885, 19th century
Silver salts and transparent ink on glass - Gelatin dry plate process
8 x 10 cm
Gift of Mr. Stanley G. Triggs
MP-0000.25.971
© McCord Museum

Keys to History:

Voici une version coloriée à la main de ce que l'on peut probablement considérer comme la plus célèbre photographie de l'histoire du Canada. Le 7 novembre 1885, Donald Smith, l'un des dirigeants du Canadien Pacifique, enfonce le dernier crampon de la voie à Craigellachie, près de Sicamous, en Colombie-Britannique. Smith (1820-1914), qui a fait fortune au sein de la Compagnie de la Baie d'Hudson, deviendra plus tard Haut-commissaire du Canada à Londres. Il sera fait chevalier et recevra le titre de baron Strathcona. Le grand barbu coiffé d'un haut-de-forme qui se tient derrière lui est sir Sandford Fleming. Fleming était l'un des administrateurs du Canadien Pacifique. C'est lui qui a dessiné le premier timbre-poste canadien et on lui doit également l'invention de l'heure normale.

What:

Cette photographie célèbre immortalise le moment historique où le dernier crampon a été enfoncé, marquant l'achèvement de la ligne du Canadien Pacifique.

Where:

L'événement a eu lieu à Craigellachie, près de Sicamous, en C.-B.

When:

On est le 7 novembre 1885.

Who:

Les personnages illustres-Donald Smith, William Van Horne et autres-sont au centre, tandis que les travailleurs ordinaires qui assistent à la scène sont au premier plan et regardent l'objectif.

VIEW-1378.1
© McCord Museum
Photograph
C.P.R. round house, Medicine Hat, AB, 1884
William McFarlane Notman
1884, 19th century
Silver salts on paper mounted on paper - Albumen process
20 x 25 cm
Purchase from Associated Screen News Ltd.
VIEW-1378.1
© McCord Museum

Keys to History:

De forme ronde ou semi-circulaire (comme celle-ci), la rotonde est une sorte de hangar pour les trains dont les portes débouchent sur une plaque tournante qui se déplace pour diriger le train sur une voie désignée. Ce type de structure était aussi utilisé en Europe. En voici une française, photographiée durant les années 1860, et une anglaise qui date de 1844 et qui a été en service durant 120 ans. Il est intéressant de noter l'absence totale d'arbres dans ce paysage typique du sud-est de l'Alberta. Les photographies de Notman jettent un éclairage intéressant sur l'architecture industrielle à la fois sobre et pratique de cette période.

What:

Voici une rotonde du Canadien Pacifique.

Where:

La rotonde est située à Medicine Hat, dans cette région qui allait plus tard devenir la province de l'Alberta.

When:

La photographie a été prise en 1884. La rotonde devait alors être presque neuve ou même encore en construction.

Who:

Le photographe a choisi de représenter un nouveau paysage industriel sans y faire figurer les ouvriers ayant construit la rotonde.

VIEW-2101
© McCord Museum
Photograph
Glacier Hotel, on the C.P.R., BC, 1889
William McFarlane Notman
1889, 19th century
Silver salts on glass - Gelatin dry plate process
20 x 25 cm
Purchase from Associated Screen News Ltd.
VIEW-2101
© McCord Museum

Keys to History:

L'hôtel Glacier House a été construit en 1886 au pied du glacier Illecillewaet, près du col Rogers. Au début, le bâtiment se résumait à un restaurant. La pente était si abrupte sur cette portion de la ligne que le Canadien Pacifique a construit une salle à manger pour nourrir les passagers, ce qui lui évitait d'avoir à tirer une voiture-restaurant et un wagon-cuisine à travers le col. Il fallait avoir recours à plusieurs locomotives uniquement pour y faire passer les voitures de voyageurs. On agrandira ensuite le bâtiment pour en faire un hôtel qui deviendra le premier centre d'alpinisme au Canada. Le tunnel Connaught, construit en 1916 pour contourner le col, est fermé en 1926.

What:

Voici l'hôtel Glacier House, un lieu de villégiature sur la ligne du Canadien Pacifique.

Where:

L'hôtel est situé au pied du glacier Illecillewaet, près du col Rogers, dans les Rocheuses de la Colombie-Britannique.

When:

L'hôtel a ouvert ses portes peu de temps après la fin des travaux de construction du chemin de fer en 1885.

Who:

Le chemin de fer réalisait des revenus supplémentaires en conviant les gens à son hôtel pour profiter du paysage et de l'air vivifiant des montagnes. Quelques employés posent pour le photographe.

VIEW-1434.1
© McCord Museum
Photograph
C.P.R. machine shop, Winnipeg, MB, 1884
William McFarlane Notman
1884, 19th century
Silver salts on paper mounted on paper - Albumen process
20 x 25 cm
Purchase from Associated Screen News Ltd.
VIEW-1434.1
© McCord Museum

Keys to History:

Cette vue de l'atelier d'usinage du Canadien Pacifique à Winnipeg, prise en 1884, nous en dit beaucoup sur les techniques industrielles de la fin du XIXe siècle au Canada. Au premier plan, on aperçoit un tour qui, à l'instar des autres machines, est actionné par une courroie en cuir qui s'enroule, dans sa portion supérieure, autour d'un gros arbre rotatif sous le toit. L'arbre est mû à une extrémité par une courroie plus grande reliée à un moteur à vapeur. Certaines machines tournent très rapidement et le risque d'accidents où des travailleurs restent coincés dans les courroies est évident. C'est entre autres pour améliorer la sécurité au travail que les cheminots formeront des syndicats au Canada et aux États-Unis.

What:

Voici un atelier d'usinage du Canadien Pacifique ainsi que l'équipement qui s'y trouvait.

Where:

L'atelier est situé à Winnipeg.

When:

On est en 1884.

Who:

William Notman choisissait souvent de photographier les lieux de travail sans les employés, comme si les machines étaient plus importantes et plus intéressantes que les hommes qui les faisaient fonctionner.

VIEW-1634
© McCord Museum
Photograph
C.P.R. Hotel, Banff, AB, 1887
William McFarlane Notman
1887, 19th century
Silver salts, frosting on glass - Gelatin dry plate process
20 x 25 cm
Purchase from Associated Screen News Ltd.
VIEW-1634
© McCord Museum

Keys to History:

L'hôtel du Canadien Pacifique à Banff (qui tire son nom du lieu d'origine en Écosse de deux administrateurs de la société) est construit à proximité de sources thermales naturelles. La beauté des Rocheuses a toujours été un important facteur d'attraction pour le chemin de fer, et les sources thermales minérales ajoutent au charme du paysage. Le Canadien Pacifique bâtit l'hôtel pour accroître le trafic de voyageurs, puisque au début, on ne peut s'y rendre que par train. Le Canadien Pacifique espère aussi en retirer un bénéfice. À l'origine, les chambres coûtent 3,50 $, ce qui est une somme considérable pour 1888. L'hôtel actuel sera terminé en 1928 et il deviendra un lieu de villégiature de réputation mondiale. Aujourd'hui, le prix des chambres varie entre 180 $ et 1 500 $ pour la suite présidentielle.

What:

L'hôtel de Banff était l'établissement de villégiature le plus somptueux du Canadien Pacifique.

Where:

L'hôtel de Banff, en Alberta, a été construit sur l'emplacement de sources thermales découvertes par les hommes qui construisaient la ligne du Canadien Pacifique. La région abrite maintenant une station de ski de renommée mondiale et un parc national.

When:

Cette photographie a été prise en 1887.

Who:

Des dizaines de milliers de touristes du monde entier ont séjourné à cet hôtel et à celui qui l'a remplacé afin de profiter des sources thermales, du paysage grandiose et des autres attraits de la région.

VIEW-2520
© McCord Museum
Photograph
C.P.R. cooking car, Montreal, QC, about 1890
Wm. Notman & Son
About 1890, 19th century
Silver salts on glass - Gelatin dry plate process
20 x 25 cm
Purchase from Associated Screen News Ltd.
VIEW-2520
© McCord Museum

Keys to History:

À certains égards, les photographies de Notman qui mettent en scène les activités quotidiennes à bord des trains du Canadien Pacifique sont les documents les plus intéressants de sa production photographique. On peut y découvrir une foule de détails sur la préparation des aliments à l'intention des passagers des luxueuses voitures-restaurants. Remarquez les rails de sécurité, conçus pour empêcher les immenses marmites de tomber de la surface de cuisson lorsque les voitures sont en marche, et les cheminées qui évacuent les émanations de charbon à l'extérieur du train. Le cuisinier est en train de scier une cuisse de boeuf à l'aide d'une scie à métaux. Les planches en bois utilisées comme surface de travail ne semblent pas très hygiéniques; on peut espérer qu'elles étaient désinfectées régulièrement à l'eau de Javel, car à cette époque, l'intoxication alimentaire était plus fréquente qu'aujourd'hui.

What:

Cette voiture-cuisine du Canadien Pacifique est une véritable cuisine sur roues.

Where:

La photo a été prise à Montréal, mais elle aurait tout aussi bien pu être faite n'importe où entre Vancouver et ici.

When:

La photo date des environs de 1890, mais ce type de voiture a été utilisé pendant plusieurs décennies par le Canadien Pacifique.

Who:

Combien étaient payés ces trois hommes? À titre de travailleurs spécialisés, ils pouvaient recevoir jusqu'à 3 $ par jour, un salaire dérisoire aujourd'hui, mais qui suffisait à soutenir une famille en 1890.

VIEW-1749
© McCord Museum
Photograph
Cisco bridge on the C.P.R., BC, 1887
William McFarlane Notman
1887, 19th century
Silver salts, frosting on glass - Gelatin dry plate process
20 x 25 cm
Purchase from Associated Screen News Ltd.
VIEW-1749
© McCord Museum

Keys to History:

Le pont de pierre et d'acier du Canadien Pacifique qui enjambe le fleuve Fraser à Cisco, en Colombie-Britannique, est un célèbre jalon de la ligne. Autrefois, une station télégraphique s'élevait à cet emplacement. Lorsque le chemin de fer Northern Transcontinental (aujourd'hui intégré au CN) est construit au début du XXe siècle, il descend lui aussi le long du canyon du Fraser. Le canyon est si étroit dans ce passage qu'il n'y a pas assez de place pour faire circuler les deux lignes du même côté ce qui oblige le CN à traverser au même endroit. On y trouve donc deux ponts presque côte à côte.

What:

Ce pont ferroviaire du Canadien Pacifique est fait de pierre et d'acier.

Where:

Il a été construit à Cisco, dans le canyon du fleuve Fraser, en C.-B.

When:

La photographie a été prise en 1887, peu de temps après la construction du pont.

Who:

Solide et durable, ce pont témoigne du talent des ingénieurs qui l'ont conçu et des ouvriers qui l'ont construit.

VIEW-1365.1
© McCord Museum
Photograph
C.P.R. construction supply station, Laggan, AB, 1884
William McFarlane Notman
1884, 19th century
Silver salts on paper mounted on paper - Albumen process
20 x 25 cm
Purchase from Associated Screen News Ltd.
VIEW-1365.1
© McCord Museum

Keys to History:

Laggan est un village situé dans les Highlands, en Écosse, qui a servi de décor à une série de la BBC intitulée « Monarch of the Glen ». L'utilisation de ce nom au Canada sert, comme dans le cas de Banff et de Craigellachie, à rappeler le rôle de premier plan joué par les Écossais aux premiers jours de la création du Canadien Pacifique. Cette photographie met en relief le caractère sauvage des campements temporaires, aux derniers stades de la construction du chemin de fer. Notez à droite le bâtiment plutôt primitif, probablement une baraque pour les travailleurs. Laggan est encore aujourd'hui le nom d'une subdivision du Canadien Pacifique dans les Rocheuses.

What:

Il s'agit d'un dépôt de matériaux de construction sur la ligne du Canadien Pacifique.

Where:

Le dépôt est situé à Laggan, qui donne aujourd'hui son nom à une subdivision du Canadien Pacifique dans les Rocheuses de la Colombie-Britannique.

When:

La photographie a été prise en 1884, quand le chemin de fer était encore en construction.

Who:

Où sont les travailleurs? Sur la ligne en train de poser des rails? En train de manger ou de dormir dans ce qui ressemble à une baraque sur la droite de la photo? Ces trois options résument assez bien la vie d'un cheminot en 1884.

VIEW-1606
© McCord Museum
Photograph
C.P.R. elevator, Port Arthur, ON, 1887
William McFarlane Notman
1887, 19th century
Silver salts on glass - Gelatin dry plate process
20 x 25 cm
Purchase from Associated Screen News Ltd.
VIEW-1606
© McCord Museum

Keys to History:

Après l'achèvement du tronçon entre Winnipeg et l'extrémité du lac Supérieur en 1882, le Canadien Pacifique effectue le transport vers l'est de grandes quantités de blé et d'autres céréales en provenance des Prairies. Cet élévateur a été construit à Fort William (qui fait maintenant partie de Thunder Bay, en Ontario) pour entreposer les céréales à expédier par bateau par les Grands Lacs. Les gares de marchandises et l'élévateur ont été érigés sur l'emplacement du premier fort William, un poste de traite des fourrures du XVIIIe siècle, démoli au nom du progrès (on l'a reconstruit ailleurs). Ce n'est qu'en 1885 qu'on parviendra à finir la voie ferrée dans le reste du nord de l'Ontario.

What:

À une certaine époque, les élévateurs à grains comme celui-ci étaient un symbole pour chaque ville, de Thunder Bay aux Rocheuses.

Where:

Ce silo-élévateur se trouve à Port Arthur (aujourd'hui Thunder Bay, en Ontario), d'où on chargeait les céréales à bord de bateaux à destination des marchés nord-américains et européens.

When:

Au moment où cette photographie a été prise, en 1887, le silo-élévateur devait exister depuis un an ou deux.

Who:

Les fruits du labeur de plusieurs milliers de fermiers des Prairies ont transité par ces silos. La plupart des anciens silos-élévateurs ont été démoli, pour être remplacés par des structures plus imposantes, mais moins nombreuses.

VIEW-6805
© McCord Museum
Photograph
Royal Tour: arrival of the train at C.P.R. station, Vancouver, BC, 1901
William McFarlane Notman
1901, 20th century
Silver salts on film (nitrate ?) taped to supporting glass - Gelatin silver process
20 x 25 cm
Purchase from Associated Screen News Ltd.
VIEW-6805
© McCord Museum

Keys to History:

La première gare ferroviaire de Vancouver n'était guère plus qu'un simple abri en bois. La seconde gare, que l'on voit sur cette photo, était beaucoup plus imposante. On l'a démolie en 1912 pour faire place à la gare actuelle, vue d'un autre angle. Plus vaste, cette dernière n'est toutefois pas plus impressionnante sur le plan architectural. En octobre 1901, le duc et la duchesse de Cornwall, qui deviendront par la suite le roi George V et la reine Mary, se rendent à Vancouver. Leur visite causera un grand émoi dans la région. Même dans des endroits reculés comme Golden, en Colombie-Britannique, les enfants regroupés en un long cordon dans la neige, agitent des drapeaux britanniques pour saluer le passage du couple royal à bord d'un train du Canadien Pacifique.

What:

La gare du Canadien Pacifique a été décorée pour un événement important.

Where:

Il s'agit de la gare ferroviaire de Vancouver, dernière étape, dans l'Ouest, d'un voyage royal.

When:

L'événement est le voyage royal d'octobre 1901.

Who:

Comme un public de théâtre qui attend le lever du rideau, la gare attend l'arrivée du duc et de la duchesse de Cornwall, qui deviendrait plus tard le roi George V et la reine Mary, à l'occasion de leur voyage à travers le pays.

VIEW-1741
© McCord Museum
Photograph
Kamloops on the C.P.R., BC, 1887
William McFarlane Notman
1887, 19th century
Silver salts on glass - Gelatin dry plate process
20 x 25 cm
Purchase from Associated Screen News Ltd.
VIEW-1741
© McCord Museum

Keys to History:

Nombre des photographies de Notman se révèlent non seulement être des documents historiques de grande valeur, mais aussi de véritables oeuvres d'art. Dans cette photographie, la lumière et les ombres ainsi que le détail des nuages soulignent la virtuosité de Notman, tant à la prise de vuesqu'au tirage. Kamloops était à l'origine le site d'un poste de traite de fourrures fondé en 1812, mais comme en fait foi cette image, ce n'était qu'une toute petite localité avant l'arrivée du chemin de fer. Comme beaucoup d'autres villes du sud de la Colombie-Britannique, Kamloops doit son existence au chemin de fer.

What:

On voit ici une ville fluviale et un bateau à vapeur.

Where:

Il s'agit de Kamloops, en Colombie-Britannique.

When:

La photo a été prise en 1887.

Who:

Le photographe, William McFarlane Notman (1857-1913), fils du célèbre photographe montréalais William Notman (1826-91), a fait plusieurs voyages à travers le Canada pour prendre des photographies pour le Canadien Pacifique.

Conclusion:

La construction du Canadien Pacifique a coûté au peuple canadien 25 millions de dollars en subventions d'apport (auxquelles se sont ajoutées de plus petites subventions avant l'achèvement de la ligne) et elle a nécessité 25 millions d'acres (plus de 10 millions d'hectares) de terres. Le Canadien Pacifique a aussi reçu quelque 1 500 km de voie déjà construite par le gouvernement. Même si le passage de la ligne à travers les Rocheuses et le muskeg du nord de l'Ontario s'est révélé un défi de taille, le chemin de fer du Canadien Pacifique est un immense succès. Sur le plan financier, il a réalisé des bénéfices dès son inauguration, surtout dans les premiers temps, grâce au commerce du thé et de la soie avec l'Asie. Beaucoup de fermiers des Prairies, cependant, n'aimaient pas cette situation et ils se plaignaient fréquemment du monopole que le CP exerçait sur le traffic de voyageurs et de marchandises. Ce mécontentement conduira le gouvernement du Manitoba à bâtir une ligne concurrente vers le port de Churchill et le gouvernement Laurier autorisera la construction de deux autres chemins de fer transcontinentaux.

Le Canadien Pacifique était bien plus qu'un simple chemin de fer. Dès ses débuts, il exploite des hôtels ainsi que des paquebots de ligne entre le Canada et l'Orient dans l'Ouest et entre le Canada et la Grande-Bretagne dans l'Est. Il exploite également une flotte de caboteurs à vapeur - les navires Princess - dans les eaux de la Colombie-Britannique. Lorsque l'un de ces navires, le Princess Sophia, heurte un récif sur la côte de l'Alaska et fait naufrage en octobre 1918, tuant les 354 personnes à bord, cet événement passe à l'histoire au titre de pire désastre à survenir sur la côte nord-ouest du Pacifique. Le CP joue aussi un rôle important dans les secteurs de l'agriculture, des communications et, à partir des années 1930, de l'aviation. Encore aujourd'hui, le Canadien Pacifique est une force économique au Canada.


Bibliographie



Berton, Pierre. The National Dream: The Great Railway 1871-1881. Toronto, McClelland and Stewart, 1970.

Berton, Pierre. The Last Spike. Toronto, McClelland and Stewart, 1971.

Berton, Pierre. The Great Railway Illustrated. Toronto, McClelland and Stewart, 1972.

Cruise, David et Alison Griffiths. Lords of the Line. Markham, Ontario, Viking Press, 1988.

Dean, Murray W. et David Hanna. Canadian Pacific Diesel Locomotives: The History of a Motive Power Revolution. Toronto, Fitzhenry and Whiteside, 1981.

Dempsey, Hugh A., dir. The CPR West: The Iron Road and the Making of a Nation. Vancouver, Douglas and McIntyre, 1984.

Glazebrook, G. P. de T. A History of Transportation in Canada. Toronto, McClelland and Stewart, 1970.

Innis, Harold Adams. A History of the Canadian Pacific Railway. Toronto, University of Toronto Press, 1971.

Lavallee, Omer. Van Horne's Road. Montreal: Railfare Enterprises, 1974.

Mika, Nick, Helma Mika and Donald M. Wilson. Illustrated History of Canadian Railways. Belleville, Ont.: Mika Publishing, 1986.


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