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1837-1838 : Les lendemains

Brian J. Young, Université McGill

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Introduction:

Brian J. Young, Université McGill, 2003

Les rébellions de 1837-1838 représentent le moment le plus dramatique dans l'histoire politique du Canada. Des enjeux comme le contrôle de l'avenir du Canada, les droits des Canadiens français ou ceux des ouvriers des manufactures du Haut-Canada et des régions rurales ont suscité des débats qui ont dégénéré en actes de violence. Des hommes ont parlé de républicanisme et d'indépendance, pour ensuite prendre les armes et ouvrir le feu sur des soldats et des voisins. Les rébellions ont été matées par la force, leurs chefs ont été pendus ou exilés, et le pays placé sous la loi martiale. Les rébellions ont ébranlé non seulement le Haut et le Bas-Canada, mais aussi, dans la mère patrie, les autorités britanniques inquiètes de voir une révolution déclenchée dans la plus importante de leurs colonies.


M970.67.22
© Musée McCord
Estampe
Vue Nord-Est de la rue Notre-Dame, Montréal
John Murray
1843-1844, 19e siècle
Encre et aquarelle sur papier - Gravure
23 x 26 cm
Don de Mr. R. W. Humphrey
M970.67.22
© Musée McCord

Description:

Cette gravure a été réalisée en deux copies pratiquement identiques. Celle-ci représente deux étudiants de l'université McGill en toques universitaires pointues dont les manches froncées aux poignets, révèlent les mains. La seconde gravure présente les mêmes étudiants mais en toques collégiales dont les manches carrées recouvrent les mains. La gravure témoigne des activités militaires de l'après rébellion à Montréal, notamment par la présence du corps de garde sous le portique de la prison faisant face au monument Nelson.

Clefs de l'histoire:

Les rébellions de 1837-1838 sont concentrées dans la région de Montréal. Cette estampe montre la forte présence britannique au coeur de Montréal. Les patriotes sont irrités par l'imposant monument à la gloire de Horatio Nelson qui s'élève en face du palais de justice, de la prison et du poste de garde tenu par le 71e régiment d'infanterie légère Highland. Les étudiants de McGill, au premier plan, et l'église épiscopale protestante, au fond à gauche, renforcent l'impression de puissance des institutions britanniques.

Quoi:

Gravée à l'origine sur une plaque de cuivre, cette estampe, qui représente un sujet familier, devait être populaire non seulement à Montréal, mais aussi dans les ouvrages vendus à travers l'Empire.

Où:

À proximité des tribunaux, des marchés, des églises et des casernes, la rue Notre-Dame se trouve au centre de l'activité urbaine à Montréal.

Quand:

La colonne Nelson, située non loin de l'angle de la rue Notre-Dame et de la place Jacques-Cartier, domine encore le secteur de nos jours. Si l'on se tient aujourd'hui devant l'hôtel de ville de Montréal, on peut se représenter la scène immortalisée il y a un siècle et demi.

Qui:

Les années 1840 constituent une période de transition à Montréal, et la présence d'étudiants, de soldats et de jeunes enfants accentue cette impression d'une société en mutation.

M7978
© Musée McCord
Estampe
L'Eglise de Notre Dame de Montréal
John Murray
1847, 19e siècle
Encre sur papier - Lithographie
54.2 x 43.1 cm
Don de Mr. David Ross McCord
M7978
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Le pouvoir de l'Église catholique romaine augmente durant les années 1830. La puissance croissante des ordres religieux, dont on voit ici des membres pénétrer dans l'église avec leurs élèves, de même que les dimensions de la nouvelle église paroissiale, la plus grande sur le continent à ce que l'on dit, permet à l'Église d'exercer un fort ascendant sur la population urbaine. La plupart des membres du clergé catholique à Montréal soutiendront les autorités britanniques contre les patriotes.

Quoi:

Cette grande planche, qui mesure 45 cm x 50 cm, est reconnue pour sa représentation fidèle de l'église et de ses tours imposantes.

Où:

La planche a été dessinée sur la place d'Armes, la plus vaste place de Montréal, flanquée d'un côté de l'église et du séminaire et, de l'autre, de la Banque de Montréal.

Quand:

L'artiste a choisi de situer la scène à 8 h. Cela lui permet de montrer l'église Notre-Dame, le plus grand bâtiment de Montréal de l'époque, au moment de la messe matinale.

Qui:

Devant l'église Notre-Dame, on aperçoit des élèves en uniforme, alignés auprès de leurs instituteurs et prêts pour la messe matinale.

N-0000.193.60.2
© Musée McCord
Photographie
« La ferme des prêtres », Collège de Montréal, rue Sherbrooke, Montréal, QC, 1859
William Notman (1826-1891)
Vers 1859, 19e siècle
Sels d'argent sur papier monté sur carton - Papier albuminé
7.3 x 7 cm
Don de Mr. James Geoffrey Notman
N-0000.193.60.2
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Sans doute l'ordre religieux le plus important du Bas-Canada, les Sulpiciens ont leur maison mère au séminaire de Montréal. Appuyant les autorités établies comme la couronne britannique, ils tirent leur influence, notamment à Montréal, de leur pouvoir paroissial, seigneurial et pédagogique. Cette vue montre leur domaine sur la rue Sherbrooke, à Montréal, et les bâtiments de leurs écoles, le Collège de Montréal et le Grand Séminaire, où seront formés des générations de prêtres.

Quoi:

Mission indigène dans un premier temps-les tours de cet ouvrage défensif sont toujours visibles depuis la rue Sherbrooke-la propriété du séminaire sert de maison de campagne et de ferme pour les prêtres jusqu'à la construction d'écoles sur ce site durant les années 1850.

Où:

Situé sur les flancs du mont Royal, le domaine occupe l'un des emplacements les plus prestigieux de Montréal. Des vergers et des champs entourent la propriété, et les étudiants et les prêtres disposent de vastes espaces pour pratiquer sports et loisirs.

Quand:

Avec ses écoles, son église et ses bureaux à proximité, le Séminaire a toujours été situé au coeur de ce qu'on appelle aujourd'hui le Vieux-Montréal. À mesure que la vieille ville devient surpeuplée et insalubre, l'air, l'eau pure et les grands champs de la rue Sherbrooke font de cet emplacement un lieu attrayant pour la construction (1855-1864) d'une école de garçons et d'un séminaire pour la formation des prêtres.

Qui:

Les prêtres formés dans ce séminaire voyagent à la grandeur de l'Amérique du Nord, desservant des paroisses d'est en ouest. Le photographe William Notman espérait peut-être vendre ses photographies de l'école aux prêtres vivant loin de la ville.

M2330
© Musée McCord
Estampe
Vue du monument national et religieux érigé sur la montagne de St-Hilaire de Rouville, Canada, et béni par Mgr de Forbin-Janson, évêque de Nancy, &c &c le 6 octobre 1841
John Penniman
1841, 19e siècle
Encre sur papier - Lithographie
22 x 36.8 cm
Don de Mr. David Ross McCord
M2330
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Durant les années 1830 et 1840, l'Église catholique romaine intensifie sa présence dans les régions rurales du Bas-Canada en fondant de nouvelles paroisses et en élevant des monuments religieux, des chapelles rurales et des croix en bordure de la route. Le sanctuaire le plus important est inauguré sur le mont Saint-Hilaire en 1841. Les fêtes religieuses, les processions et les écoles catholiques servent à encourager la religiosité.

Quoi:

À l'instar du mont Royal, le mont Saint-Hilaire surplombe la plaine du Saint-Laurent. Ces élévations naturelles sont des lieux de prédilection pour les sanctuaires, les cimetières et les monuments.

Où:

Alors que le mont Royal se trouve à proximité de Montréal, le mont Saint-Hilaire est un site situé en pleine campagne, visible des communautés rurales et des villages établis le long de la rivière Richelieu et du fleuve Saint-Laurent. La croix, symbole important marquant la distinction entre les catholiques romains et la société protestante, dénote le pouvoir de l'Église dans cette région, puisqu'elle se trouve sur le point naturel le plus élevé.

Quand:

La construction d'un sanctuaire sur le mont Saint-Hilaire témoigne du pouvoir renouvelé de l'Église durant la période qui a suivi les rébellions.

Qui:

Les historiens se sont longtemps demandé si les Canadiens-Français écoutaient vraiment le discours de leurs prêtres. Il n'est pas certain que durant la période ayant suivi les rébellions, l'Église ait été en mesure d'exercer son influence sur la zone rurale et les paysans.

M984.273
© Musée McCord
Peinture
Le canal Lachine
James Duncan (1806-1881)
Vers 1850, 19e siècle
Aquarelle et mine de plomb sur papier
19.4 x 29.3 cm
Don du Dr. Daniel Lowe
M984.273
© Musée McCord

Description:

Cette aquarelle réalisée près de la première écluse du canal de Lachine regarde vers le nord-est en direction du port. Le petit bâtiment à droite de l'écluse logeait les ouvriers qui travaillaient aux vannes. En 1844, le canal était encore élargi de façon à laisser passer des bateaux plus grands et en 1850, année où fut réalisée cette aquarelle, le port accueillait 222 vaisseaux par saison pour 46 000 tonneaux. Le canal était également un lieu de loisirs populaire. Ici, un jeune garçon s'est installé pour pêcher sous l'oeil intéressé de quelques badauds postés sur la rive. Bien que cette vue ne soit pas signée, la comparaison de l'inscription avec d'autres que l'on sait être de Duncan indique qu'elle est de sa main. En outre, cette manière de représenter les personnages est typique de l'artiste.

Clefs de l'histoire:

Construit initialement durant les années 1820, le canal permet aux bateaux d'avoir un accès direct sur le lac Ontario et sur les communautés riveraines en expansion du Haut-Canada, comme Kingston ou York (Toronto). Les commerçants-généralement des anglophones-et les banques tirent profit de ce développement. Le canal achemine aussi de nouveaux immigrants et ouvriers vers le centre du Canada, à mesure que des industries se développent sur ses rives, en périphérie de Montréal. Élargi durant les années 1840 pour accueillir de plus gros bateaux, le canal prend une importance accrue au sein d'un réseau de transport qui comprend les canaux de Beauharnois, de Cornwall et de Welland. En 1850, le port de Montréal reçoit 222 navires par an, dont le tonnage atteint 46 000 tonnes. Outre le transport de produits en provenance de l'Europe, le canal facilite l'expédition du blé du Haut-Canada vers Montréal, où il fait concurrence à celui des fermiers du Bas-Canada.

Quoi:

Le canal Lachine n'est pas qu'un système de transport, il est un symbole de fierté sur le plan technologique. Si les Américains ont le canal Érié, les Canadiens peuvent être fiers de la construction du canal Lachine, qui facilite l'accès vers le haut Saint-Laurent.

Où:

À chacune des écluses est associée une activité sociale et économique différente. Les écluses les plus près de Montréal desservent les usines, tandis que celles à proximité de Lachine donnent sur des tanneries et des auberges.

Quand:

Le début des années 1850, époque à laquelle ce tableau a été réalisé, marquera la fin de la période de prospérité sur le canal, quand les constructeurs de navires, les minotiers et les usines tiraient parti de l'accès au canal et de sa force hydraulique, ainsi que de l'utilisation de ses bassins d'évitage, où ils pouvaient mettre les bateaux à quai.

Qui:

James Duncan est un artiste réputé qui a émigré d'Écosse vers le Canada. Il se distingue par l'exactitude de ses tableaux qui, à une époque antérieure à l'avènement de la photographie, offrent des représentations fidèles de certaines « vues » particulières.

M928.94.1.20
© Musée McCord
Estampe
La citadelle de Kingston, ON, 1839-1842
William Henry Bartlett (1809-1854)
1839-1842, 19e siècle
Encre sur papier
22.1 x 28.5 cm
Don de Miss Moodie
M928.94.1.20
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Situé au confluent du fleuve Saint-Laurent et du lac Ontario, Kingston est une ville commerciale et militaire où prédominent soldats, commerçants et banquiers. Les rebelles du Haut-Canada sont concentrés dans les régions rurales à l'intérieur des terres. oeuvre typique de Bartlett, ce croquis montre des soldats se délassant en amont de Kingston, là où les bateaux arrivent depuis les ports de Montréal et du lac Ontario.

Quoi:

Le voyageur qui remontait le Saint-Laurent depuis Montréal devait franchir de nombreuses écluses et parcourir quelque 200 kilomètres sur le fleuve avant d'arriver à Kingston. La vocation militaire et commerciale de la ville apparaît clairement dans ce tableau. L'Université Queens, située dans cette ville, a été l'une des premières universités de l'Ontario.

Où:

Hormis son emplacement à la jonction du Saint-Laurent et du lac Ontario, Kingston se trouve également à proximité de l'entrée du canal Rideau.

Quand:

Le fort et le canal rappelaient aux Canadiens que même au milieu du siècle, la république américaine à quelques kilomètres de là, de l'autre côté du lac, représentait une menace de taille.

Qui:

L'illustrateur William Henry Bartlett exécutent des croquis pour illustrer des livres qui traitent de l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique du Nord. Il visitera le Canada et les États-Unis à quatre reprises entre 1836 et 1852.

I-849.0.3
© Musée McCord
Photographie
Louis-Joseph Papineau, Montréal, Qc, 1861
William Notman (1826-1891)
1935-1956, 20e siècle
Gélatine argentique
25 x 17 cm
Achat de l'Associated Screen News Ltd.
I-849.0.3
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

La famille Papineau, qui a des liens avec les familles Viger et Cherrier, occupe une place de premier plan au sein de l'élite montréalaise. Louis-Joseph Papineau est déchiré entre l'amour qu'il porte à sa seigneurie, Montebello, et sa vie politique active. Le nom de Papineau, le chef des patriotes, deviendra synonyme du mouvement nationaliste dans le Bas-Canada.

Quoi:

Le succès de Notman tient au fait qu'il prend des photos de clients issus de toutes les couches de la société montréalaise. Françaises ou anglaises, riches ou pauvres, les familles mesurent l'importance qu'auront dorénavant les photographies. Bientôt, jeunes et moins jeunes se pressent au studio de Notman.

Où:

Même si William Notman a vraisemblablement pris cette photographie dans son studio, Papineau est, dans les années 1860, un homme d'État à la retraite qui vit sur son domaine de Montebello.

Quand:

Notman ouvre son studio de photographie à Montréal en 1856. L'immense popularité de la photographie lui assure un succès commercial qui lui permettra d'ouvrir des studios dans quatre autres villes canadiennes.

Qui:

Papineau, un patriote, est issu d'une famille éminente. Il demeure aujourd'hui l'une des figures les plus importantes de l'histoire du nationalisme canadien-français.

M8034
© Musée McCord
Estampe
Le garde du corps!!!
Greene
Vers 1837, 19e siècle
Encre sur papier - Lithographie
34 x 28 cm
Don de Mr. David Ross McCord
M8034
© Musée McCord

Description:

En septembre 1832, M. Greene inaugurait son nouvel atelier de lithographie à Montréal. Cette lithographie présentée sous forme de caricature, représente un groupe de personnes attroupées autour d'un homme qui semble être l'honorable Louis Joseph Papineau (1786-1871), qui fut Président de l'Assemblée législative du Bas-Canada presque sans interruption de 1815 jusqu'à la rébellion de 1837. Cette gravure représente bien le climat difficile qui régnait avant la rébellion.

Clefs de l'histoire:

Les esprits s'échauffent au fur à mesure que les événements du milieu des années 1830 dégénèrent en violence. Les caricaturistes anglophones ridiculisent les chefs des patriotes comme Louis-Joseph Papineau, vraisemblablement le personnage central de cette caricature. On aperçoit l'un de ses bruyants partisans levant la tuque de la liberté. De plus en plus nationaliste, républicain et critique des pratiques constitutionnelles britanniques, Papineau deviendra une figure quasi mythique à titre de chef des patriotes.

Quoi:

Cette caricature dont on ne connaît pas l'auteur sera distribuée par un imprimeur peu connu du nom de Greene, qui serait arrivé à Montréal en 1832. Ces caricatures provocatrices étaient un moyen de se bâtir une réputation, voire même d'acquérir une certaine notoriété.

Où:

Montréal sera au coeur des rébellions et les tensions ethniques au sein de la ville seront beaucoup plus violentes qu'à Québec.

Quand:

Durant les années 1830, Papineau représentait une menace pour les Anglais de Montréal.

Qui:

L'année 1837, durant laquelle cette caricature a probablement été réalisée, constitue le point culminant des hostilités entre les Français et les Anglais. Le texte qui accompagne la caricature qualifie les Canadiens-Français de « fanfarons écervelés », de « brutes imbéciles » et de « malotrus fanatiques ».

M4777.1
© Musée McCord
Estampe
Traversée de nuit du Richelieu, le 22 nov. 1837
Lord Charles Beauclerk (1813-1842)
1840, 19e siècle
Encre et aquarelle sur papier - Lithographie
26.5 x 36.6 cm
Don de Mr. David Ross McCord
M4777.1
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Le refus par les Britanniques du programme de 92 résolutions (1834) des patriotes ainsi que la crise agricole et l'hostilité croissante entre les Canadiens-Français et les Canadiens-Anglais du Bas-Canada culminent en une rébellion à l'automne 1837. Les anglophones organisent des rassemblements populaires et s'arment tandis que les patriotes forment eux aussi un groupe militaire, les Fils de la Liberté. Lorsque des mandats d'arrestation sont émis contre eux à l'automne 1837, les patriotes sont forcés de quitter Montréal. Lourdement armées, les forces britanniques les poursuivent sur la rive sud du Saint-Laurent. Les patriotes remportent la première bataille à Saint-Denis, le 23 novembre de la même année.

Quoi:

Les dessins réalisés par les officiers semblent remplir deux fonctions principales : certains servaient des fins militaires et étaient envoyés aux autorités, tandis que d'autres étaient exécutés pour passer le temps avant une avancée ou une bataille.

Où:

Après avoir traversé le Saint-Laurent à Montréal, les troupes britanniques sont confrontées à un obstacle naturel majeur qui bloque leur avancée : la rivière Richelieu. Craignant de se faire attaquer par les paysans de la région, les troupes franchissent la rivière durant la nuit.

Quand:

Cette vue a été exécutée le 22 novembre 1837. Le lendemain, les patriotes ont remporté une importante bataille à Saint-Denis.

Qui:

Ce sont des officiers militaires qui ont réalisé la plupart des représentations les plus notables de la vie au Bas-Canada. Tandis que les troupes, parties de Montréal, avancent vers les positions rebelles, des artistes parmi les militaires prennent le temps de dessiner diverses scènes.

M4777.2
© Musée McCord
Estampe
Bivouac du col. Wetherall à St-Hilaire de Rouville, 1840
Lord Charles Beauclerk (1813-1842)
1840, 19e siècle
Encre et aquarelle sur papier - Lithographie
26.5 x 36.6 cm
Don de Mr. David Ross McCord
M4777.2
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Sir George Augustus Wetherall est un soldat de carrière au sein de l'armée britannique. Né en Angleterre, il a servi en Inde avant de venir à Montréal commander la garnison. En 1835, le Bas-Canada fait face à une agitation civile croissante. Les rébellions, concentrées dans la région de Montréal, éclatent à l'automne 1837. Tandis que la violence se répand au-delà des limites de Montréal, Wetherall commande une branche du mouvement de tenailles britannique visant à attaquer Saint-Charles, le bastion des patriotes. Le 23 novembre 1837, les troupes de Wetherall sont cantonnées sur le mont Saint-Hilaire lorsqu'elles apprennent la victoire des patriotes à Saint-Denis.

Quoi:

Cette estampe fait partie d'une série d'oeuvres qui dépeignent la vie des militaires britanniques durant la crise de 1837. À leur retour en Grande-Bretagne, ces soldats les conserveront soigneusement à titre de témoignages précieux de leur vie dans la colonie.

Où:

Saint-Hilaire représentait un jalon important dans la plaine de Montréal, puisqu'il abritait un important campement pour les troupes avançant vers les rebelles.

Quand:

Il n'est pas toujours possible de garantir l'exactitude de la date de ces estampes, puisque certains artistes omettaient de signer et de dater leurs oeuvres. Bien qu'elle soit datée autour de 1840, cette estampe décrit des événements qui ont eu lieu en 1837.

Qui:

Ce dessin, qui fait partie de la série d'estampes exécutées par lord Charles Beauclerk, rend hommage aux simples soldats britanniques et à leur commandant, sir George Augustus Wetherall.

M4777.3
© Musée McCord
Estampe
Un passage fortifié. Le colonel Wetherall avançant vers la prise de Saint-Charles
Lord Charles Beauclerk (1813-1842)
1840, 19e siècle
Encre et aquarelle sur papier - Lithographie
26.5 x 36.6 cm
Don de Mr. David Ross McCord
M4777.3
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Tandis qu'il avance sur Saint-Charles, Wetherall ne sait trop à quoi s'attendre. Des rumeurs circulent à l'effet qu'il aura à affronter quelque 3 000 patriotes dirigés par Thomas Storrow Brown, un anglophone qui est l'un des chefs des patriotes faisant partie des Fils de la Liberté. Cette estampe montre 350 troupes britanniques avançant sur les forces patriotes, qui totalisent à peine 100 hommes armés de fusils.

Quoi:

L'affrontement à Saint-Charles sera un point tournant pour les rébellions : il oppose des soldats britanniques lourdement armés à des troupes patriotes inexpérimentées.

Où:

Saint-Charles était une localité de la vallée du Richelieu située dans une région où les patriotes se trouvaient en grand nombre. De fait, la campagne était une plus grande menace pour les troupes britanniques que la ville.

Quand:

La bataille aura lieu le 25 novembre 1837, deux jours après la victoire des patriotes à Saint-Denis, à quelques kilomètres de là.

Qui:

La violence préconisée par les patriotes mal armés a fourni aux troupes britanniques un prétexte pour riposter par une lourde puissance de feu et pour occuper les régions rurales.

M972.81.10
© Musée McCord
Estampe
Attaque contre Saint-Charles
Lord Charles Beauclerk (1813-1842)
1840, 19e siècle
Encre et aquarelle sur papier - Lithographie
17.3 x 26.6 cm
Don de Mr. Louis Mulligan
M972.81.10
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Même si 800 patriotes avaient repoussé les troupes britanniques à Saint-Denis, les forces britanniques, comme l'illustre cette estampe, disposent d'une plus grande puissance de feu. Le 25 novembre, à Saint-Charles, les forces britanniques défont les patriotes, forçant bon nombre de leurs chefs à s'exiler aux États-Unis.

Quoi:

Les forces britanniques et leurs troupes bien armées jouissent d'un net avantage sur les patriotes, qui n'étaient pas bien armés et qui étaient commandés par des chefs sans expérience militaire.

Où:

Saint-Charles est situé à quelque 10 kilomètres de Saint-Denis. Wetherall y est arrivé en longeant le Richelieu depuis Chambly, tandis que d'autres troupes britanniques avançaient le long de la rivière depuis Sorel. Les patriotes ont ainsi été pris en tenailles.

Quand:

La bataille éclate le 25 novembre 1837 et donne lieu à de violents corps à corps. Quarante patriotes sont tués, alors qu'on ne dénombre que trois morts au sein des troupes britanniques.

Qui:

Outre le déséquilibre des forces en jeu, les patriotes manquent d'armes et affichent une grande inexpérience en matière de leadership militaire. Beaucoup de leurs chefs, dont Papineau, s'exileront aux États-Unis après la bataille.

M4777.5
© Musée McCord
Estampe
Vue de la façade de l'église Saint-Eustache occupée par les insurgés
Lord Charles Beauclerk (1813-1842)
1840, 19e siècle
Encre et aquarelle sur papier - Lithographie
26.5 x 36.6 cm
Don de Mr. David Ross McCord
M4777.5
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

À mesure que les poches de résistance se déplacent au nord de Montréal, les forces britanniques parviennent encore une fois à diriger leur puissance de feu supérieure contre les patriotes, qui sont issus des communautés agricole et professionnelle. Terrées dans l'église de Saint-Eustache, dans son couvent et dans son presbytère, les forces patriotes sont la cible des canons britanniques à partir du 14 décembre 1837.

Quoi:

Les forces britanniques avancent sur Saint-Eustache depuis deux directions. Les 2 000 soldats, lourdement armés, disposent de 70 traîneaux pour transporter leurs munitions et fournitures. Seule la moitié des 500 patriotes possèdent des fusils.

Où:

Saint-Eustache est situé sur la rive nord de la rivière des Mille-Îles, au nord de l'île de Montréal. Comme la rivière est gelée, les troupes peuvent la traverser facilement. Les patriotes se voient obligés de chercher refuge dans l'église paroissiale et dans les maisons avoisinantes.

Quand:

Les troupes britanniques arrivent devant le village le 14 décembre 1837 et commencent à bombarder l'église.

Qui:

Avec l'écrasement des rébellions au sud de Montréal, le gouverneur Colborne peut concentrer ses forces sur les bastions patriotes au nord de la ville. Alors que certaines communautés sont fortement en faveur des patriotes, d'autres villages restent neutres. Les habitants de la localité avoisinante de Deux-Montagnes demeurent fidèles à la Grande-Bretagne.

M4777.6
© Musée McCord
Estampe
Vue arrière de l'église Saint-Eustache et dispersion des insurgés
Lord Charles Beauclerk (1813-1842)
1840, 19e siècle
Encre et aquarelle sur papier - Lithographie
26.5 x 36.6 cm
Don David Ross McCord
M4777.6
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Tandis que certains chefs patriotes s'exilent, Jean-Olivier Chénier, un médecin de la région, se barricade avec ses hommes dans l'église de Saint-Eustache. Soixante-dix patriotes seront tués à Saint-Eustache et 118 autres seront faits prisonniers. Dans les jours qui suivent, d'autres patriotes et leurs sympathisants sont impitoyablement pourchassés, notamment par les volontaires de la milice. Les rébellions dans le Haut-Canada seront moins sanglantes. Lors de la principale escarmouche, le 5 décembre 1837, quelque 800 rebelles marchent sans succès sur Toronto. À la suite de l'étouffement du radicalisme dans les deux colonies et l'exil ou l'exécution des principaux chefs rebelles, lord Durham est désigné pour analyser la situation dans les Canadas.

Quoi:

La bataille de Saint-Eustache, tout comme la destruction de l'église et l'écrasement des partisans patriotes, deviendra un événement symbolique dans l'histoire du nationalisme canadien-français.

Où:

Après le bombardement du village, l'infanterie britannique va de maison en maison, poursuivant le combat. Tout le village est bientôt en flammes et les troupes britanniques commencent à piller les domiciles.

Quand:

À 16 h le 14 décembre 1837, 60 maisons ont déjà été rasées par le feu et les derniers patriotes sont tués lorsqu'ils tentent de quitter l'église en flammes. Dans les jours qui suivent, la milice continue le carnage, pourchassant les patriotes qui tentent de regagner leurs villages.

Qui:

Les pertes de vie humaine au sein des forces patriotes sont beaucoup plus élevées que chez les Britanniques; en outre, 100 d'entre eux sont faits prisonniers. Leurs procès pour trahison, qui seront suivis de leur exécution ou de leur déportation aux Bermudes ou en Australie, propulseront finalement les patriotes au rang de héros.

PERS-04
© Musée McCord
Livre (page)
Le rapport et les dépêches du comte de Durham
1839, 19e siècle
Encre sur papier
PERS-04
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Après la première rébellion de 1837, les droits civils habituels sont suspendus par l'application de la loi martiale, et lord Durham est nommé gouverneur de l'Amérique du Nord britannique. Dans son rapport de 1839, il fait une distinction entre les rébellions dans le Haut-Canada et dans le Bas-Canada. Durham est particulièrement dur à l'endroit de la culture canadienne-française, du droit civil et du catholicisme romain. « C'est un peuple, écrit-il, sans histoire et sans littérature ». Ses deux propositions les plus importantes visent à unir le Haut-Canada et le Bas-Canada et à laisser la colonie unifiée diriger ses affaires par la mise en place d'un « gouvernement responsable », en vertu duquel l'exécutif (ou cabinet) doit avoir l'appui de la majorité de l'Assemblée.

Quoi:

Le Rapport Durham avait pour objet de fournir des solutions aux griefs qui avaient entraîné les rébellions de 1837-1838 dans le Haut-Canada et dans le Bas-Canada. Ce document demeure un symbole de l'arrogance britannique à l'égard des traditions, de l'histoire et de la culture canadiennes-françaises. Encore aujourd'hui, les Québécois se réfèrent souvent à Durham et à son Rapport.

Où:

Rédigé par lord Durham et par les fonctionnaires qui l'accompagnent, ce document, dont à peine quelques lignes sont présentées ici, est d'abord publié à Londres, en Angleterre, dans les documents parlementaires britanniques.

Quand:

Le public découvre d'abord le contenu du Rapport dans des extraits publiés par le Times de Londres, puis, en 1839, dans des journaux canadiens. Le texte entier sera réimprimé en 1912 puis repris dans des versions abrégées.

Qui:

Durham, un lord britannique, arrive au Canada pour enquêter sur les rébellions après avoir occupé un poste d'ambassadeur britannique en Russie. Durham rédige son Rapport sur les affaires de l'Amérique du Nord britannique après sa visite au Canada en mai 1838. Il meurt en 1840, peu de temps après son retour en Angleterre.

VIEW-14817
© Musée McCord
Photographie
L'hon. C. Poulett Thomson, lord Sydenham, tableau copié pour Robert Glasgow 1914-1915
Wm. Notman & Son
1914-1915, 20e siècle
Plaque sèche à la gélatine
25 x 20 cm
Achat de l'Associated Screen News Ltd.
VIEW-14817
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Membre d'une éminente famille de marchands anglais, Sydenham est nommé Gouverneur général de l'Amérique du Nord britannique en 1839. Il réussira à imposer l'union des deux Canadas, mais rejettera l'idée d'un gouvernement responsable proposée par Durham, préférant faire jouer à son exécutif le rôle de cabinet, sans l'appui de la majorité de l'Assemblée. Comme Durham, il encourage fortement l'anglicisation de la colonie.

Quoi:

Sous Sydenham, le Haut-Canada et le Bas-Canada sont réunis en une seule colonie. Cependant, les Canadiens-Français seront traités plus durement pour leur rôle dans les rébellions que ne le seront les forces de William Lyon Mackenzie dans le Haut-Canada.

Où:

Entre les rébellions de 1837-1838 et le choix d'Ottawa comme capitale du Canada en 1856, le rôle de capitale sera assumé en alternance par trois centres importants : Québec, Montréal et Kingston.

Quand:

Durant les années 1840, Kingston, avec ses activités maritimes, commerciales et de service était une ville plus importante qu'elle ne l'est aujourd'hui. En sa qualité de Gouverneur général, Sydenham vit à Kingston. Il y meurt en 1841 des suites d'une chute de cheval.

Qui:

Envoyé au Canada en 1839, Sydenham a le mandat de rétablir le calme dans la colonie divisée. Comme Durham, il croit en la supériorité des institutions britanniques. Il préconise un gouvernement fort et efficace et entretient des liens étroits avec la communauté d'affaires du Canada anglais.

M981.207.4
© Musée McCord
Estampe
Sir Louis Hippolyte La Fontaine
Vers 1880, 19e siècle
Encre sur papier
12.7 x 9.8 cm
Don de Mr. Charles deVolpi
M981.207.4
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Confrontés à la réalité d'un Canada unifié et à l'exil des chefs patriotes comme Louis-Joseph Papineau, les nationalistes modérés canadiens-français tels que Lafontaine choisissent d'accepter les termes de l'Acte d'Union et cherchent à établir de nouvelles alliances ethniques et biculturelles avec des dirigeants du Haut-Canada comme Robert Baldwin et, plus tard, John A. Macdonald. Ces alliances s'inscrivent dans l'émergence d'un système de partis canadiens et alimentent au cours des décennies suivantes un mouvement qui tend vers un régime fédéral pour résoudre le dilemme canadien.

Quoi:

Le projet de loi sur les pertes de la rébellion, présenté par Lafontaine, marque la victoire du principe de gouvernement responsable au Canada. Toutefois, Lafontainre est rapidement désenchanté de la politique et il donne sa démission. Il deviendra plus tard juge en chef.

Où:

Durant l'importante élection de 1841, Lafontaine brigue un siège dans Terrebonne, un comté près de Montréal. Après sa défaite, les réformateurs canadiens-anglais trouvent un siège pour lui à York. En 1842, il forme une alliance avec Robert Baldwin pour établir une administration réformiste.

Quand:

Les années 1840 sont une période cruciale dans l'histoire du Canada. C'est Lafontaine qui présente à l'Assemblée législative le célèbre Bill des pertes de la rébellion de 1848.

Qui:

Si Lafontaine soutient la cause des patriotes, il s'oppose cependant à leur appel aux armes. En 1841, il devient le chef des réformateurs canadiens-francais et il travaille de concert avec les dirigeants de la réforme dans le Canada anglais.

I-27991.1
© Musée McCord
Photographie
Hon. George Étienne Cartier, M. Cuvillier et trois prêtres, Montréal, Qc, 1867
William Notman (1826-1891)
1867, 19e siècle
Sels d'argent sur papier monté sur papier - Papier albuminé
12 x 17 cm
Achat de l'Associated Screen News Ltd.
I-27991.1
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Le plus ardent défenseur du compromis proposé par Lafontaine est George-Étienne Cartier, le politicien qui s'emploiera avec le plus d'acharnement à faire entrer le Québec dans la Confédération. Cartier était avocat pour la compagnie du Grand Tronc. Même s'il n'est pas lui-même particulièrement religieux, il a conscience, comme le laisse entrevoir cette photographie, du rôle politique et social de l'Église catholique romaine. Il compte aussi parmi ses clients les Sulpiciens, l'ordre religieux le plus important du Québec. Durant les années 1850, Cartier devient le principal allié au Québec de John A. Macdonald.

Quoi:

Cette photographie, qui représente Cartier en compagnie de trois prêtres, est fort révélatrice. Elle montre que même s'il n'est pas un homme religieux, Cartier est conscient de l'importance d'une alliance avec les chefs de l'Église catholique romaine.

Où:

Bien qu'on le connaisse comme le chef du Canada français et celui qui a fait entrer les Canadiens-Français dans la Confédération, Cartier est essentiellement un Montréalais. C'est à Montréal qu'il a son cabinet et sa maison de campagne.

Quand:

Cartier succède à Lafontaine au poste de principal chef politique du Canada français. Durant les années 1850 et 1860, il travaille à une solution fédérale afin de résoudre les divisions au sein du Canada. Sa carrière prend fin avec le scandale du Pacifique. Cartier meurt en 1873.

Qui:

Le succès de Cartier tient à son talent pour réunir des groupes divergents : les protestants et les catholiques romains, les Français et les Anglais, les habitants du Haut-Canada et ceux du Bas-Canada. Sa souplesse de caractère et ses liens étroits avec le chemins de fer et avec l'Église l'aident à passer au travers des négociations ardues qui mèneront à la Confédération.

M1242
© Musée McCord
Estampe
Église paroissiale épiscopale protestante de Montréal, achevée en 1821.
Anonyme - Anonymous
1822, 19e siècle
Encre sur papier - Gravure
41 x 22 cm
Don de Mr. David Ross McCord
M1242
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Érigée au cours des quinze années qui ont suivi l'incendie de la première église anglicane à Montréal en 1803, l'église Christ Church symbolise le pouvoir protestant à Montréal au milieu du siècle. Confiants, après leur victoire lors des rébellions de 1837, les Anglais de Montréal construisent et renforcent divers établissements tels que l'Hôpital général de Montréal, l'Université McGill, l'Asile des orphelins protestants et la Montreal High School. À l'extérieur de Montréal, les communautés anglophones s'installent dans la vallée de l'Outaouais, et plus particulièrement dans les Cantons de l'Est.

Quoi:

L'église paroissiale anglicane de Montréal s'apparente par son style et par sa taille à l'église Notre-Dame, église paroissiale catholique romaine. Son style néo-classique ainsi que ses colonnes et son portique semblent vouloir indiquer que la grandeur de l'Empire britannique est comparable à celle de la Grèce antique.

Où:

Au même titre que le monument Nelson, le bâtiment de la faculté de Lettres de l'Université McGill et le marché Bonsecours, cette église confère à Montréal un caractère très britannique et classique.

Quand:

Des églises anglicanes sont construites durant la même période à Québec (1818) et à Montréal (1821). Après la défaite de Napoléon, les Montréalais anglophones souhaitent commémorer leurs institutions et leurs liens aux civilisations classiques. L'ajout d'une horloge et d'une girouette à la flèche souligne le côté pratique de l'anglicanisme.

Qui:

Les Montréalais anglophones ont un sens aigu de leur identité et, grâce à leurs fortunes gagnées dans le commerce, ils sont en mesure de bâtir de nouveaux établissements comme l'Hôpital général de Montréal et l'église paroissiale (épiscopale) anglicane.

VIEW-7071.02
© Musée McCord
Photographie
Collège McGill, rue Sherbrooke, Montréal, Qc, vers 1859
William Notman (1826-1891)
Probablement 1968, 20e siècle
Gélatine argentique
12 x 10 cm
Achat de l'Associated Screen News Ltd.
VIEW-7071.02
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

McGill est un autre puissant symbole du Montréal anglophone, et l'université bénéficie d'un soutien important de la part de mécènes comme Molson (la bière), Redpath (le sucre) et, plus tard, Macdonald (le tabac). McGill commence à décerner des diplômes de médecine en 1833. Sa faculté de Lettres est fondée dix ans plus tard. À la fin du siècle, McGill compte cinq facultés. Les anglophones des Cantons de l'Est fréquentent l'Université Bishop's. L'Université Laval est fondée à Québec en 1852, et elle ouvre son campus montréalais en 1876.

Quoi:

Au même titre que les hôpitaux et les églises, la présence d'une université anglophone apparaît comme le signe de l'existence culturelle et du caractère permanent de la population anglophone à Montréal. McGill prend forme matériellement avec la construction de la faculté de Lettres, que l'on voit ici.

Où:

Conformément à la tradition selon laquelle les universités sont bâties dans des environnements ruraux, McGill est construite sur la ferme de son fondateur, James McGill. À mesure que se développe Montréal, le secteur qui entoure le campus devient une nouvelle banlieue anglaise connue sous le nom de Golden Square Mile.

Quand:

Les premiers édifices de McGill sont érigés durant la période des rébellions, les Anglais cherchant ainsi à conserver leur rôle central dans la ville. La première faculté à être fondée est celle de la médecine, suivie de la faculté de Lettres.

Qui:

McGill est fondée grâce à un don du commerçant de fourrures et mécène James McGill. Cette université, traditionnellement réservée à l'élite anglophone, reçoit un vibrant appui des Anglais de Montréal. Pour l'élite commerciale de la ville, l'enseignement de professions comme le droit ou la médecine est une activité importante.

N-0000.187.3
© Musée McCord
Photographie
Officiers commandant les volontaires montréalais, Qc, 1860
William Notman (1826-1891)
1859, 19e siècle
Gélatine argentique
27.9 x 35.6 cm
N-0000.187.3
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

La milice volontaire, dont on voit ici les officiers, était une institution importante, surtout dans la communauté anglo-saxonne de Montréal. Dotés de ce que les historiens qualifient de « mentalité de garnison », les Montréalais anglophones attachent une importance particulière non seulement à leurs institutions, mais aussi à leurs armes, à leurs uniformes, à la solidarité ethnique et aux alliances avec les forces britanniques régulières. Souvent enrôlés dans la cavalerie et dirigés par des commerçants ou des propriétaires fonciers, les volontaires, qui sont particulièrement sévères à l'endroit de l'agitation locale causée par les Canadiens-Français ou les Irlandais, servent de force armée dans les élections ainsi que dans les différends ethniques ou les conflits de travail.

Quoi:

Le service dans la milice, surtout dans la cavalerie, est une tradition au sein de l'élite canadienne. Les uniformes, les parades et les drills renforcent la stratification sociale. Lors de crises comme les rébellions, la milice sert de force supplétive pour les troupes britanniques régulières.

Où:

Des unités de volontaires sont formées à la grandeur de la colonie, mais elles prennent une importance accrue à Montréal, où on fait appel à elles pour les émeutes et les élections, c'est-à-dire pour disperser les manifestants ou pour tenir les candidats de l'opposition à distance des bureaux de vote. On les emploie aussi pour casser les grèves le long du canal Lachine durant les années 1840.

Quand:

En temps de crise, comme en 1837, les patrouilles de cavalerie volontaires, qui comptent un officier et neuf hommes, parcourent Montréal de minuit à 5 h du matin. Au besoin, elles font appel aux unités d'artillerie volontaires munies de canons.

Qui:

En Nouvelle-France comme en Amérique du Nord britannique, les citoyens locaux avaient la responsabilité de servir dans la milice. Les citoyens les plus éminents occupent les postes d'officiers tandis que les fermiers et les ouvriers sont simples soldats. Durant la période des rébellions, la milice jouera un rôle particulièrement important.

M3957.8
© Musée McCord
Estampe
Infanterie légère du Québec. 1RE Compagnie, 1839
Anonyme - Anonymous
1839, 19e siècle
Encre et aquarelle sur papier - Lithographie
30 x 24 cm
Don de Mr.David Ross McCord
M3957.8
© Musée McCord

Description:

Le corps de volontaires militaires de Québec fut formé pour réaliser les corvées de garnison ou autres tâches légères, dégageant ainsi les troupes régulières pour le combat pendant la rébellion de 1837-38. Cette gravure fait partie d'un corpus de 10 estampes réunies dans un feuillet imprimé par la Presse militaire de Québec. Toutes les estampes sont réalisées en noir et blanc, et chaque costume a été rehaussé à l'aquarelle.

Clefs de l'histoire:

On ne peut mésestimer le rôle de la milice volontaire au Bas-Canada durant les années 1830 et 1840. Le rôle de ces volontaires devient encore plus important lorsqu'on annonce que l'armée régulière sera renvoyée en Angleterre et que les Canadiens devront dorénavant assumer eux-mêmes leurs coûts de défense.

Quoi:

Le risque d'une rébellion armée est moins grand à Québec qu'à Montréal, et la présence de nombreux miliciens en uniforme et armés dans les rues de Québec confèrent un net avantage aux autorités britanniques.

Où:

En théorie, Québec est une ville plus paisible que Montréal, qui est reconnue pour sa violence et son agitation. À Québec, les dirigeants des communautés francophone et anglophone se partagent les fonctions militaires durant diverses campagnes comme celle menée contre les États-Unis en 1812.

Quand:

En réaction aux premiers signes de rébellion, les volontaires sont mobilisés en novembre 1837. Ils sont libérés au printemps 1838, une fois écartée la menace de rébellion.

Qui:

Assis sur un banc public à Québec, ce fantassin savoure les plaisirs typiquement associés aux hommes de cette époque : il fume, il boit et il flâne. De toute évidence, cela ne plaît pas à son commandant.

M21904
© Musée McCord
Peinture
Funérailles du général d'Urban
James Duncan (1806-1881)
1849, 19e siècle
Aquarelle, gouache et mine de plomb sur papier
43.7 x 53.6 cm
Legs de Miss Sophia L. Elliott
M21904
© Musée McCord

Description:

Cette aquarelle signée offre une vue du prolongement sud-ouest de la rue Notre-Dame et a été réalisée presque au coin de la rue Saint-Laurent. Sir Benjamin d'Urban (1777-1849), vétéran des guerres napoléoniennes et commandant des armées britanniques en Amérique du Nord de 1847 à sa mort, survenue le 25 mai 1849, contribua à apaiser les esprits amers et à prévenir les heurts entre les troupes et la population à la suite de l'incendie du Parlement, le 25 avril 1849. À sa mort, le journal The Gazette du 28 mai 1849 loua ses efforts et incita les Montréalais à participer aux funérailles et à « présenter leurs respects au serviteur éprouvé de notre gracieuse Majesté ». Voici la description du cortège que donne Elinor Senior dans son ouvrage intitulé British Regulars in Montreal : Beaucoup sans doute n'étaient venus que dans le but de contempler le spectacle impressionnant et solennel de la garnison. Tous les magasins avaient ferné leurs portes entre dix heures et demie et une heure, D'après sir James Alexander, environ 10 000 badauds bordaient la rue lorsque les canons retentirent de l'Île Sainte-Hélène pour donner le signal du départ du cortège vers le cimetière du chemin Victoria, l'actuelle rue Papineau. Dans les rues, les soldats des 19e et 23e régiments faisaient la haie, fusils renversés, le roulement des tambours voilés marquant le passage du cortège. Duncan a ici joué le rôle d'un observateur social et le compte rendu visuel de la procession nous est offert avec tout son côté dramatique et lugubre. En outre cette aquarelle correspond exactement à la description écrite de l'événement. Le clocher de l'église Christ Church se profile à gauche et l'une des tours de l'église Notre-Dame apparaît dans le lointain. À droite, au second plan, le bâtiment avec la coupole et le pennon en berne est l'hôtel Donegani situé à l'angle des rues Notre-Dame et Bonsecours. Il fut ravagé par un incendie quelques mois seulement après cette procession, le 16 août 1849. ((Extrait de: Conrad GRAHAM, Mont-Royal - Ville Marie : vues et plans anciens de Montréal, Musée McCord d'histoire canadienne, p. 131.)

Clefs de l'histoire:

Les funérailles du général d'Urban donnent une bonne idée de l'importance des militaires au Canada. Sir Benjamin d'Urban a combattu dans des colonies telles que l'Afrique du Sud avant de venir au Canada où il meurt en 1849. Ses funérailles, représentées dans ce tableau de James Duncan, sont parmi les plus impressionnantes de l'histoire de Montréal.

Quoi:

Les funérailles d'un soldat sont l'occasion pour ses camarades d'exprimer leur deuil. Des funérailles militaires d'envergure comprennent un cortège, suivi de troupes à pied. Une autre tradition militaire consiste à tirer une salve d'honneur au-dessus de la tombe ouverte.

Où:

Même en temps de paix, les soldats affectés à divers postes à la grandeur de l'Empire pouvaient mourir du choléra ou d'autres maladies, ou encore d'alcoolisme. Montréal comptait deux cimetières militaires où les soldats pouvaient s'attendre à recevoir une sépulture décente.

Quand:

Les funérailles du général d'Urban, en 1849, surviennent durant une crise politique. Bon nombre de Canadiens sont vivement en faveur d'une annexion aux États-Unis. Ces funérailles permettent aux autorités de rassembler les partisans de l'Empire qui forment un cortège impressionnant dans les rues de Montréal.

Qui:

Le général Sir Benjamin d'Urban a combattu aux quatre coins de l'Empire avant de venir au Canada où il meurt en 1849; ses funérailles prennent une grande valeur symbolique.

M993X.5.1530.1
© Musée McCord
Gravure sur bois
Embarquement, quais de Waterloo, Liverpool
Anonyme - Anonymous
1850, 19e siècle
Encre sur papier journal - Gravure sur bois
15 x 23.2 cm
M993X.5.1530.1
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Parmi les principaux objets de litige durant les années 1830 et 1840, l'immigration occupe une place centrale. La peur des « étrangers » et des bandes d'émeutiers est grande. Beaucoup d'immigrants sont irlandais et souvent catholiques, tandis que d'autres sont issus des régions les plus pauvres d'Écosse et d'Angleterre. Le choléra et la typhoïde, qui dévasteront les centres urbains du Canada durant cette période, se propagent souvent sur les bateaux d'immigrants, malgré l'imposition de mesures de quarantaine.

Quoi:

Cette estampe évoque avec force les rudes épreuves associées aux voyages des immigrants. Les traversées à bord de bateaux d'immigrants sont extrêmement pénibles; beaucoup de passagers s'embarquent sur des bateaux construits pour le transport du bois d'oeuvre. Quatre-vingts à quatre-vingt-dix personnes peuvent se retrouver entassées dans un espace de huit mètres carrés.

Où:

Les bateaux d'immigrants partent des principaux ports d'embarquement d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande. Des milliers de passagers mourront en mer ou à la station de quarantaine de Grosse-Île.

Quand:

Durant les années 1830 et 1840, la famine en Irlande, la spéculation dans les hautes terres d'Écosse et le chômage dans les villes industrielles provoquent l'arrivée d'un nombre record d'immigrants au Canada.

Qui:

Près de 700 000 immigrants arrivent au Canada durant les années 1840 et 1850. Si certains hommes et femmes émigrent seuls, beaucoup emmènent leur famille avec eux.

M993X.5.1529.2
© Musée McCord
Gravure sur bois
Recherche de passagers clandestins
Anonyme - Anonymous
1850, 19e siècle
Encre sur papier journal - Gravure sur bois
12.5 x 15.3 cm
M993X.5.1529.2
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Durant les années 1840, la tenue de registres sur la population devient une activité plus importante que jamais. Craignant les rébellions, les maladies et les idées étrangères, les gouvernements portent un intérêt accru aux citoyens, miliciens, contribuables et étudiants potentiels. Nous vivons aujourd'hui à une époque marquée par Internet, par le terrorisme et par le 11 septembre. Au milieu du XIXe siècle, on accorde une plus grande importance au recensement et, tandis que les idées révolutionnaires américaines et françaises gagnent le Canada, il devient primordial d'exercer un contrôle sur les idées, les livres et les immigrants. Les passagers clandestins, comme les réfugiés d'aujourd'hui, sont perçus comme d'éventuelles menaces pour la société établie.

Quoi:

Après les rébellions, les gouvernements du Canada deviennent de plus en plus attentifs à la nationalité, à la religion et aux allées et venues des citoyens. Les immigrants sont considérés comme de potentiels porteurs de maladies et instigateurs de troubles politiques.

Où:

Presque tous les immigrants sont des anglophones de race blanche. Beaucoup sont des catholiques irlandais. Pratiquement aucun immigrant de France n'est autorisé à venir au Canada. Les autorités essaient de contrôler l'accès aux points d'entrée sur l'Atlantique et dans les ports de Québec et de Montréal sur le Saint-Laurent.

Quand:

Au début du XIXe siècle, les révolutions française et américaine propagent des idées de liberté et d'égalité dans le monde entier. Au Canada, les rébellions de 1837-1838 sont aussi perçues comme des foyers d'idées dangereuses.

Qui:

Les médecins, les inspecteurs, les policiers et les magistrats des postes de quarantaine travaillent tous au contrôle des immigrants. Pour la première fois, des recenseurs essaient de tenir des données précises sur les citoyens canadiens.

M15934.18
© Musée McCord
Estampe
Glace projetée sur les quais devant Montréal
Anonyme - Anonymous
1860, 19e siècle
Encre de couleur sur papier
42.2 x 58.6 cm
Don de Mr. David Ross McCord
M15934.18
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Montréal est habituellement au centre des nombreux débats politiques et sociaux sur les idées, sur les immigrants ou sur les institutions. Située à l'extrémité supérieure du fleuve Saint-Laurent, qui se jette dans l'océan Atlantique, cette ville est le lieu où les effets de l'immigration, de maladies comme le choléra, de l'éducation et, bien sûr, des passagers clandestins se font le plus sentir. C'est aussi ici que les Anglais et les Canadiens-Français s'affrontent le plus directement, à forces presque égales. Il n'est donc pas étonnant que Montréal devienne le théâtre de nombreuses flambées de violence et que, durant les années 1850, la capitale soit transférée à Bytown (Ottawa), loin de l'agitation urbaine.

Quoi:

L'inauguration du pont Victoria met en relief la place centrale qu'occupe Montréal au Canada. Les banques ont leur sièges sociaux ici, les usines s'alignent le long du canal Lachine et, du moins durant la saison de la navigation, le port accueille des bateaux du monde entier.

Où:

Il ne faut pas oublier que Montréal est situé sur le fleuve Saint-Laurent, une voie navigable importante vers l'intérieur du continent. Sa situation géographique, juste en aval des rapides de Lachine, explique l'importance stratégique et commerciale de Montréal tout au long de son histoire.

Quand:

Cette estampe, qui date de l'époque de l'inauguration du pont Victoria, montre le nombre important de bâtiments commerciaux dans le port.

Qui:

En plus de jouer un rôle commercial important, Montréal devient le pivot des relations entre les Canadiens-Anglais et les Canadiens-Français après la Conquête de 1760. À l'époque où cette estampe a été réalisée, Montréal comprenait une majorité d'anglophones; leur pourcentage diminuera avec le temps.

M22464
© Musée McCord
Peinture
James Bruce, comte d'Elgin
Cornelius Krieghoff (1815-1872)
Vers 1855, 19e siècle
Huile sur toile
109.5 x 82.7 cm
Don de Mr. Arnold Wainwright
M22464
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Elgin arrive au Canada à titre de Gouverneur général en 1846, après avoir servi en Jamaïque. Il participe activement au renversement de la politique britannique s'opposant au gouvernement responsable. Selon lui, cette forme de gouvernement est la meilleure solution pour régler les dissensions canadiennes et, en 1848, il invite Louis-Hippolyte Lafontaine à former un gouvernement. Après avoir quitté le Canada en 1854, Elgin occupe des postes haut placés en Chine et en Inde.

Quoi:

Envoyé au Canada par l'office des colonies, Elgin, un lord écossais parent de lord Durham, a pour mandat d'accepter le gouvernement responsable, ce qui signifie que le cabinet, la branche exécutive du gouvernement, devra obtenir la majorité de l'Assemblée.

Où:

Elgin a servi en Jamaïque avant d'arriver au Canada. Après son départ du Canada, il assume diverses fonctions en Chine et au Japon et est nommé vice-roi de l'Inde. L'examen de l'ensemble de sa carrière révèle que son affectation au Canada n'est que l'un des nombreux postes qu'il remplira au sein du corps diplomatique britannique.

Quand:

Le mandat d'Elgin au Canada coïncide avec cette période critique durant laquelle les représentants britanniques essaient de déterminer quels éléments du Rapport de lord Durham ils doivent mettre en application. Elgin jouera ultérieurement un rôle important dans la négociation du Traité de réciprocité avec les États-Unis en 1854.

Qui:

L'influence de l'office des colonies se fait fortement sentir durant la période qui suit les rébellions, avec les gouverneurs Colborne, Sydenham, Metcalfe, Bagot et Elgin qui essaient de résoudre la question canadienne. Cependant, quand arrivent les années 1850, les politiciens canadiens sont invités à trouver leur propre solution politique.

M2001.30.3
© Musée McCord
Dessin
Lord Elgin et ses proches collaborateurs quittant la résidence du gouverneur général pour le parlement, avril 1849
Francis Augustus Grant, 1829-1854
1849, 19e siècle
Encre sur papier
20.3 x 27.8 cm
Don de Mr. George R. MacLaren
M2001.30.3
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Les sentiments négatifs à l'endroit des officiels coloniaux à la fin des années 1840 s'intensifient lorsque la Grande-Bretagne annonce son appui au gouvernement responsable, au libre commerce, qui remplacera le protectionnisme et le mercantilisme, et à une réduction de ses dépenses militaires et administratives dans les colonies comme le Canada. Les Montréalais anglophones déchargent leur colère sur le Gouverneur général Elgin en lançant des pierres sur sa voiture à Montréal.

Quoi:

Montréal est le théâtre de la plupart des actes de violence, dont les lancers de pierres sur la voiture du Gouverneur général et l'incendie des édifices du Parlement.

Où:

L'année 1848 est une période trouble en Europe, en proie à des soulèvements dans des pays comme la France, le Danemark, l'Italie et la Hongrie. Les Montréalais lisent les comptes rendus de ces rébellions; de plus, un grand nombre d'entre eux commencent à montrer un intérêt pour la démocratie et le républicanisme américains l'année suivante.

Quand:

L'année 1849 marque une période de vif désappointement pour les Anglais de Montréal. Après être sortis victorieux des rébellions, ils voient les patriotes recevoir des indemnités pour leurs pertes. En outre, le libre commerce institué par les Britanniques met en péril les marchés protégés dont les commerçants montréalais tiraient profit depuis longtemps.

Qui:

Le Gouverneur général incarne le pouvoir britannique au Canada. Elgin accepte le gouvernement responsable en signant le Bill des pertes de la rébellion qui indemnise les patriotes ayant subi des dommages à la suite des rébellions. Cette mesure irrite une grande partie de la communauté anglophone.

M10963
© Musée McCord
Estampe
Destruction de l'édifice du Parlement, Montréal, le 25 avril 1849
E. Hides
Vers 1849, 19e siècle
Encre sur papier - Lithographie
27.2 x 42.5 cm
M10963
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

L'incendie des édifices du Parlement à Montréal est l'oeuvre d'un groupe composé majoritairement d'anglophones en colère. Les efforts des pompiers sont vains, comme on peut le voir sur cette estampe. On rapporte que rien n'a pu être sauvé, à l'exception d'un portrait de la reine Victoria. Furieux contre les autorités britanniques, beaucoup de Montréalais sont en faveur d'une annexion aux États-Unis. La violence dans les rues de Montréal éveille chez les chefs politiques comme George-Étienne Cartier une certaine méfiance à l'égard de la ville et, durant les années 1850, Bytown (qui deviendra Ottawa) est choisi comme capitale du Canada.

Quoi:

Les édifices du Parlement, une structure de deux étages en pierre calcaire, abritent les salles de réunion du Conseil législatif et de l'Assemblée législative, ainsi qu'une bibliothèque du Parlement et des bureaux.

Où:

Le parlement est situé sur les limites de ce qui était l'ancienne ville fortifiée de Montréal. L'attaque des émeutiers entraînera le transfert de la capitale dans la ville plus petite et moins violente d'Ottawa.

Quand:

La violence, durant cette période de l'histoire du Canada, est habituellement associée aux rébellions de 1837-1838 et aux attaques des patriotes contre les troupes britanniques. Or, les Montréalais anglophones sont tout aussi rapides à s'en prendre aux autorités lorsqu'ils sont en désaccord avec les politiques gouvernementales.

Qui:

L'attaque des émeutiers, le 25 avril 1849, est une réaction au Bill des pertes de la rébellion que lord Elgin a signé plus tôt la même journée. Les émeutiers allument des feux dans les édifices et les pompiers volontaires de la ville sont incapables de mettre un frein à l'action destructrice des flammes.

Conclusion:

L'oppression et le contrôle militaire se sont imposés d'emblée comme une des réponses à la rébellion, notamment à celle des Canadiens français de la région montréalaise. En peu de temps, l'armée britannique et la milice constituée d'anglophones ont organisé leur défense, tandis que le drapeau et les uniformes britanniques se sont multipliés à Montréal et dans toutes les villes des colonies où l'on trouve des casernes. Une autre « réponse » a prôné le dénigrement du catholicisme romain ainsi que de la langue et la culture françaises, par rapport aux splendeurs de la culture et du protestantisme britanniques. Ces « réponses » à la rébellion découlaient d'une des deux principales recommandations émises dans le Rapport que Lord Durham, dépêché au Canada pour évaluer la situation, a rédigé en 1839.

L'autre principale recommandation du Rapport Durham, encourageant le Canada à mettre en place un gouvernement responsable, n'a pas été appliquée aussi prestement. Il a fallu attendre que la Grande-Bretagne prenne la décision de couper ses mesures commerciales protectionnistes et de rapatrier ses troupes militaires, avant que les autorités britanniques en place au Canada n'optent pour une véritable réforme de leur système politique.

La transition ne se fait pas sans heurts. La victoire militaire, le Rapport Durham et l'Acte d'Union avaient donné l'avantage aux Canadiens de langue anglaise, un pouvoir qu'ils abandonnent à contrecoeur. Toutefois, dans les années 1840 et 1850, le retrait des troupes britanniques, la paralysie du système parlementaire et la nécessité d'un gouvernement fort assurant la construction de chemins de fer et de canaux et l'ouverture vers l'Ouest entraîne l'arrivée de nouveaux partis, une collaboration entre francophones et anglophones, ainsi que des réformes fondamentales des structures territoriales, juridiques, éducatives et politiques du Canada. Le fédéralisme, c'est-à-dire la division des pouvoirs entre les provinces et un gouvernement central, est l'une des réponses à la crise politique de l'après-rébellion, une solution qui s'imposera comme l'un des principaux éléments de la Confédération canadienne.


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