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L'essor de l'artisanat chez les Hurons-Wendats du 19e siècle à nos jours [Version wendat]

Linda Sioui, Conseil de la Nation huronne-wendat

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Introduction:

Linda Sioui, Conseil de la Nation huronne-wendat, 2007

Au début du 19e siècle, mes ancêtres les Hurons-Wendats font face à diverses situations qui mettent en péril leur mode de vie, voire leur survie même. Établis à Lorette, à quelques kilomètres au nord-ouest de Québec, les Hurons-Wendats se voient restreindre l'accès à leurs territoires traditionnels de chasse par les habitants de Valcartier et des environs. Par la suite, la colonisation des terres de Stoneham et Tewkesbury par des Irlandais et des Canadiens français force les Hurons-Wendats à voyager beaucoup plus loin pour pratiquer la chasse et la pêche assurant leur subsistance. Mais les produits de l'agriculture, comme le maïs et les pommes de terre, le gibier et le poisson sont bien souvent insuffisants pour nourrir les nombreuses bouches de la communauté qui a connu une forte croissance démographique. S'ajoute plus tard à cela la création du parc des Laurentides et de clubs privés de chasse et de pêche (Tourilli et Triton) qui restreignent davantage les activités traditionnelles du peuple.

Parallèlement, le village de Lorette, appelé plus tard Village-des-Hurons et aujourd'hui connu sous le nom de Wendake, devient un endroit touristique prisé des nombreux visiteurs qui affluent à Québec. Ces derniers, en quête d'exotisme, viennent visiter les Hurons-Wendats. La population du village s'affaire donc à produire des objets utilitaires comme des mocassins, des mitaines, des raquettes, des paniers de frêne et des souvenirs, qu'elle vend aux visiteurs. Au fil du temps, les techniques artisanales des femmes se raffinent et la broderie au crin d'orignal teint de différentes couleurs commence à dominer largement la production. Tantôt travaillée sur du cuir, tantôt sur de l'étoffe rouge, noire et même sur de l'écorce de bouleau, la broderie au crin d'orignal devient une spécialité et les objets fabriqués sont de plus en plus élaborés. Vers la deuxième moitié du 19e siècle, grâce à l'esprit d'initiative et d'entrepreneurship de Marguerite « Lawinonkié » Vincent et de Paul « Hudawathont » Picard, la production artisanale connaît un essor tel que les familles du village sont en mesure d'assurer leur subsistance et qu'aujourd'hui, le village de Wendake est reconnu pour ses nombreux produits que mon peuple a su adapter aux temps modernes, tout en conservant, dans une large part, la connaissance des savoir-faire traditionnels, témoins de son identité.


M4939
© Musée McCord
Épaulette
Forêts de l'Est
Autochtone: Huron-Wendat
Anonyme - Anonymous
1800-1830, 19e siècle
7.8 x 10 cm
Don de Mrs. J. B. Learmont
M4939
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

À l'issue d'une période tumultueuse de contact avec les Européens et d'un réalignement territorial de diverses communautés autochtones, les Hurons-Wendats, originaires de la baie Georgienne en Ontario, s'installent en 1697 au village de Lorette (aujourd'hui connu sous le nom de Wendake), près de Québec. Depuis la deuxième moitié du 17e siècle, les Hurons-Wendats se sont adaptés aux conditions de vie de la faune et de la flore de la forêt laurentienne, leur nouvelle terre d'accueil. La chasse à l'orignal s'est inscrite dans les moeurs et les coutumes du peuple. Le poil d'orignal recueilli sur la bosse du dos ou dans le cou de l'animal est vite devenu une matière première utilisée par les femmes pour raffiner leur technique artisanale de broderie. Au 19e siècle, le poil d'orignal a donc supplanté les piquants de porc-épic et la broderie, spécialité des femmes, se présente sous différentes formes avec des motifs variés. C'est au cours de la deuxième moitié du 19e siècle que la broderie en poil d'orignal connaîtra un essor sans précédent.

Quoi:

Ce genre d'épaulette servait principalement à orner les redingotes et les costumes portés par les hommes. On remarquera les motifs brodés en lignes droites représentant les plantes environnantes. Les appliqués et les épaulettes étaient aussi garnis de cônes de métal dans lesquels étaient insérés des poils d'orignal.

Où:

Le Village-des-Hurons, autrefois le village de Lorette, a pendant longtemps désigné le territoire de la communauté huronne-wendate. Aujourd'hui, ce territoire est connu sous le nom de Wendake.

Quand:

Cette épaulette a été confectionnée au début du 19e siècle.

Qui:

Ce sont les Huronnes-Wendates qui ont développé l'art de la broderie en poil d'orignal pour en faire notamment des décorations de vêtements.

ME938.1.12.1-2
© Musée McCord
Épaulette
Forêts de l'Est
Autochtone: Huron-Wendat
Anonyme - Anonymous
1800-1830, 19e siècle
10 x 28 cm
Don de Mrs. Lillian M. Ogilvie
ME938.1.12.1-2
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Avant l'arrivée des Européens, les Hurons-Wendats ornent leurs vêtements et leurs accessoires de perles fabriquées à partir de matières naturelles telles que les coquillages, les os et les pierres. Ils utilisent aussi des piquants de porc-épic, du poil d'orignal et des pigments pour créer des motifs sur les vêtements. Avec l'arrivée des Européens et le début du commerce des fourrures, ils obtiennent des haches en fer, des chaudrons en cuivre, des tissus, des perles de verre, des aiguilles en acier - toute une panoplie de nouveaux matériaux qu'ils incorporent rapidement à leurs techniques et aux objets du quotidien.

Quoi:

Ces épaulettes en tissu de laine noir sont ornées de broderies en poil d'orignal et sont garnies d'une frange faite de cônes de métal dans lesquels sont insérés des poils d'orignal.

Où:

Des épaulettes comme celles-ci étaient appliquées sur les vêtements d'apparat des hommes de Wendake, surtout sur les redingotes.

Quand:

Ces épaulettes ont été fabriquées au début du 19e siècle.

Qui:

Ces épaulettes ont probablement été obtenues par John Ogilvie (1769-1819), un agent de la New North West Company (aussi connue sous le nom de la XY Company), une compagnie active dans la traite des fourrures, qui était en concurrence avec la Compagnie du Nord-Ouest.

M6266
© Musée McCord
Brassard
Forêts de l'Est
Autochtone: Huron-Wendat
Anonyme - Anonymous
1840-1900, 19e siècle
9.5 x 9.5 cm
M6266
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

En 1825, quatre chefs hurons-wendats, dont Nicolas Vincent et Michel Sioui, se rendent en Angleterre où ils sont accueillis par la cour du roi George IV. Selon les archives, les chefs séjournent quelques mois en Angleterre et reviennent à Wendake avec des cadeaux du roi, dont des redingotes de l'armée britannique. Ce type de redingote fera dorénavant partie du costume des Hurons-Wendats. Les femmes enjolivent ces manteaux de motifs magnifiquement brodés avec des poils d'orignal. Mitasses, mocassins, ceinture fléchée et brassards de métal ou d'écorce de bouleau recouverte d'étoffe rouge complètent le costume d'apparat des hommes. La « mode » était lancée à Wendake.

Quoi:

Ce brassard en écorce de bouleau est recouvert d'une étoffe rouge brodée de poils d'orignal.

Où:

Ce genre d'accessoire se portait à Wendake, près de Québec.

Quand:

Datant de la seconde moitié du 19e siècle, ce brassard est un bel exemple du mariage des matériaux traditionnels et européens.

Qui:

Ce sont les hommes hurons-wendats qui portaient ce genre d'accessoire. Les brassards étaient habituellement faits de métal. On en retrouve aussi chez les autres peuples d'origine iroquoienne.

M977.90.1
© Musée McCord
Estampe
Un chasseur huron-wendat appelant l'orignal
Cornelius Krieghoff (1815-1872)
Vers 1868, 19e siècle
28.6 x 23.8 cm
Achat
M977.90.1
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Contraints de s'adapter à leur nouvel environnement de la forêt laurentienne, les Hurons-Wendats délaissent l'agriculture au profit de la chasse et de la trappe, l'original devenant pour eux une source importante de nourriture et de matières premières.

Selon la tradition orale huronne-wendate, telle que rapportée par le chasseur et aîné Rolland P. Sioui en 2007, la chasse à l'orignal se pratique au besoin et à l'année. Cependant, le meilleur moment est l'hiver, l'automne étant la saison de l'accouplement. Les chasseurs font d'abord un tour du ravage (territoire servant de refuge aux orignaux) et en prennent l'inventaire. Les couples adultes ne sont pas ciblés et les femelles enceintes ne sont pas menacées, afin de perpétuer l'espèce. Les chasseurs recherchent plutôt les jeunes d'un an et demi et plus.

Chaussé de raquettes, le chasseur tente de faire sortir l'orignal du ravage où il se met à l'abri du loup et où il trouve de la nourriture à profusion. L'astuce du chasseur consiste à éloigner la bête du ravage pour l'attirer dans la neige, où elle sera plus vulnérable. Une fois tué, l'animal est débité en cinq morceaux (mis à part la tête) et le traîneau à chiens est utilisé pour transporter la prise.

Quoi:

Cette estampe représente un chasseur huron-wendat appelant l'orignal.

Où:

Les sources ne nous disent pas où ce tableau a été réalisé. Il s'agit possiblement des territoires de chasse traditionnels des Hurons-Wendats en banlieue de Wendake, au Québec.

Quand:

Cette oeuvre a été réalisée vers 1868.

Qui:

C'est le peintre d'origine hollandaise Cornelius Krieghoff (1815-1872) qui a réalisé cette oeuvre. Krieghoff fut probablement le peintre le plus populaire au Canada au 19e siècle. Il peignait principalement les grands espaces, la nature et surtout, des scènes de nos hivers canadiens.

M984.102.1-2
© Musée McCord
Raquettes
Forêts de l'Est
Autochtone: Huron-Wendat
Anonyme - Anonymous
1880-1890, 19e siècle
4.5 x 29.6 x 91 cm
Don de Mrs. M. E. Sylvia
M984.102.1-2
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Au 19e siècle, les chasseurs-trappeurs de la communauté parcourent les territoires de chasse munis de leurs traditionnelles raquettes à neige. À l'époque, les raquettes sont lacées finement avec de la peau de chevreuil, de caribou ou d'orignal (plus tard remplacée par de la babiche en peau de vache) et sont agrémentées de pompons de laine rouge, marque de fabrication des Hurons-Wendats. Les raquettes sont solidement attachées aux mocassins avec de longs bouts de mèche à lampe. Ainsi chaussés, les Hurons-Wendats peuvent affronter la forêt en hiver sans crainte, afin de s'adonner à la chasse et à la trappe d'animaux à fourrure, et assurer ainsi la subsistance de leurs familles.

Quoi:

Voici des raquettes dont le cadre est en frêne blanc. À l'origine, les lanières (babiche) étaient fabriquées à partir de peau de caribou, plus tard remplacée par de la peau de vache. De la mèche à lampe à l'huile a servi à fabriquer les attaches. Une fois terminées, les raquettes étaient agrémentées de pompons en laine rouge, selon la mode huronne-wendate de l'époque.

Où:

Les Hurons-Wendats ont adapté leurs savoir-faire traditionnels aux différentes époques. Ces raquettes à neige ont été fabriquées à Wendake où la production de raquettes se poursuit encore aujourd'hui.

Quand:

Au 19e siècle, la fabrication des raquettes artisanales procurait aux familles de Wendake un revenu décent leur permettant de survivre.

Qui:

Plusieurs familles d'artisans à Wendake mettaient la main à la pâte pour fabriquer des raquettes. Même les enfants étaient mis à contribution!

M11104
© Musée McCord
Gaine de couteau
Forêts de l'Est
Autochtone: Huron-Wendat
Anonyme - Anonymous
1840-1920, 19e siècle ou 20e siècle
6.7 x 17.5 cm
M11104
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Les porte-couteaux comme celui-ci faisaient partie de l'équipement de base des chasseurs-trappeurs. Ils sont souvent faits d'une patte de caribou à laquelle on a laissé les poils. Un rebord de cuir noir joliment décoré de broderie ornemente l'objet. Les motifs brodés sur le rebord rappellent le sapin baumier.

Plus rare, celui qui est illustré ici est fait entièrement de cuir agrémenté d'une étoffe rouge ayant servi à faire la frange et le rebord (en dents de scie). Le motif rappelle la patte de chat, communément utilisée dans ce type de broderie de l'époque. Le couteau de chasse était nécessaire, particulièrement lors de la chasse à l'orignal que les Hurons-Wendats ont davantage pratiquée une fois installés à Lorette en 1697, délaissant ainsi l'agriculture qui constituait leur principale activité de subsistance lorsqu'ils habitaient la Huronie (leur territoire d'origine près de la baie Georgienne).

Quoi:

En plus d'être un élément décoratif du costume des hommes hurons-wendats, cet objet avait aussi une fonction utilitaire : il protégeait la lame du couteau des intempéries tout en la gardant bien aiguisée.

Où:

Les Hurons-Wendats portaient surtout cet élément vestimentaire lorsqu'ils parcouraient le territoire, ou encore lorsqu'ils revêtaient leur costume d'apparat, lors d'occasions spéciales.

Quand:

Le porte-couteau était très utile lors de la chasse et de la trappe en forêt, sur le territoire.

Qui:

Cet élément du costume traditionnel était surtout porté par les hommes.

M6837
© Musée McCord
Bourse à cordonnet
Forêts de l'Est
Autochtone: Huron-Wendat
Anonyme - Anonymous
1840-1900, 19e siècle
13.1 x 23.5 cm
Don de Mrs. C. B. Allardice
M6837
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Ce genre de pochette en cuir de caribou (parfois en peau d'orignal) décorée de broderie en poil d'orignal était utilisée principalement par les hommes qui, lors d'expéditions de chasse et de trappe, s'en servaient pour transporter du tabac ainsi que leur pipe de plâtre, entre autres objets. Considérés trop courts et trop fins, les poils de caribou n'étaient pas utilisés par les Huronnes-Wendates dans l'art de la broderie.

On retrouve fréquemment le même motif de broderie au crin d'orignal sur ce genre de pochette à tabac et à pipe, soit un arbre avec des branches de sapin baumier alternant avec des branches mortes surmontées d'une étoile, d'une marguerite, d'un phlox, d'une patte de chat ou de chicorée sauvage.

Quoi:

Cette pochette pour tabac et pipe a été fabriquée dans du cuir de caribou. Elle est joliment décorée avec de la broderie en poil d'orignal. Les motifs floraux qui la décorent sont typiques de ceux que l'on rencontre habituellement sur ce genre d'objet.

Où:

Les Hurons-Wendats se servaient d'une pochette comme celle-ci pour transporter avec eux leur tabac et leur pipe lorsqu'ils allaient dans le bois. Le tabac contient des substances qui donnent une illusion de satiété, ce qui permettait au chasseur de tenir le coup plus longtemps sans manger lors de longs voyages.

Quand:

Cette pochette a été fabriquée durant la deuxième moitié du 19e siècle (entre 1840 et 1900).

Qui:

Ce sont les hommes hurons-wendats qui se servaient principalement de ces pochettes pour entreposer leur tabac et leur pipe.

I-20033
© Musée McCord
Photographie
Autochtone avec des objets à vendre, Montréal, QC, 1866
William Notman (1826-1891)
1866, 19e siècle
Plaque de verre au collodion humide
15 x 10 cm
Achat de l'Associated Screen News Ltd.
I-20033
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Le photographe William Notman a réalisé cette oeuvre qui fait partie d'une série de neuf photographies sur le thème de la chasse. Ses sujets hurons-wendats appartenaient à la famille de François Gros-Louis, alias « La Plume ». On le voit ici photographié avec son équipement de chasse (dont ses raquettes) et une pochette huronne-wendate fabriquée à partir d'une patte d'orignal.

Sur Gros-Louis et sa famille, un journal de l'époque, Le Canadien (16 avril, 1866) rapporte que : « [...] Cette génération vivante et vigoureuse de chasseurs célèbres, surnommés les petits et les grands Francis sont bien connus à Québec. »

François Gros-Louis connut une fin tragique en 1871 alors qu'il revenait d'une expédition de chasse où il servait de guide au colonel William Rhodes. À son retour à Lorette, il fut assassiné d'un coup de fusil et laissé pour mort dans le bois. On lui avait dérobé l'argent qu'il avait gagné. On retrouva son corps deux mois plus tard. Son décès sema la consternation parmi les siens.

Quoi:

Cette photographie d'un chasseur-trappeur de Wendake fait partie d'une série de neuf photos sur le thème de la chasse réalisées par le photographe émérite William Notman.

Où:

Au 19e siècle, on reconstituait souvent des scènes (même extérieures) dans un studio de photographie. C'est le cas ici où François Gros-Louis pose avec son équipement de chasse, comme s'il se trouvait sur le territoire.

Quand:

Cette photo fut prise en 1866 dans le studio de photographie de William Notman à Montréal.

Qui:

Il s'agit de François Gros-Louis, l'un des meilleurs chasseurs-trappeurs de Wendake au 19e siècle.

I-20494
© Musée McCord
Photographie
Chasse à l'orignal, le retour, Montréal, QC, 1866
William Notman (1826-1891)
1866, 19e siècle
Plaque de verre au collodion humide
20 x 25 cm
Achat de l'Associated Screen News Ltd.
I-20494
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Pour des besoins documentaires, l'illustre photographe William Notman recrée dans son studio des scènes de chasse typiques qui ont habituellement lieu sur le territoire huron-wendat. On peut y voir des abris, de l'équipement de chasse traditionnel et des accessoires brodés avec des poils d'orignal (épaulettes, étui à couteau, etc.).

Selon la tradition orale à Wendake, les personnes qui sont situées à gauche, au centre (à genoux) et à l'extrême droite de la photo représentent les trois générations de François Gros-Louis : le petit-fils « Sassenio », « La Plume » (à genoux) et le vieux François Gros-Louis. Les deux autres personnages représentent des clients retenant les services des guides hurons-wendats. On a également recréé en studio une « cabane d'automne », genre d'abri temporaire construit par les chasseurs hurons-wendats. Ces cabanes à pan incliné (demi-triangle) sont souvent utilisées dans diverses activités pratiquées par les Hurons-Wendats à cette époque. Plus tard (après 1875), les abris sont carrés, construits de façon plus permanente et ressemblent davantage à des camps de bois rond.

Quoi:

Voici une reconstitution (en studio) d'une scène de chasse et d'un campement traditionnel avec des guides hurons-wendats. Cette image fait partie d'une série de six photos sur la chasse à l'orignal. On y voit aussi une « cabane d'automne ».

Où:

Cette scène a été reconstituée au studio de William Notman, à Montréal. À cette époque, il était courant de recréer des scènes, intérieures ou extérieures, dans un studio de photographie.

Quand:

C'est en 1866 que le célèbre photographe William Notman a réalisé cette photographie.

Qui:

oeuvre du photographe William Notman (1826-1891), cette photographie présente les trois « Francis » (ou François) Gros-Louis, chasseurs-trappeurs de renom à Wendake, soit François « Sassenio » Gros-Louis (petit-fils), à gauche, François dit « La Plume » (mort assassiné) au centre, à genoux, et enfin le patriarche, le vieux François Gros-Louis, à l'extrême droite.

M16934
© Musée McCord
Récipient
Forêts de l'Est
Autochtone: Huron-Wendat
Anonyme - Anonymous
1855, 19e siècle
4.6 x 9.9 x 17.8 cm
Don de Miss Blackader
M16934
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

L'utilisation du poil d'orignal dans la décoration remonte à la période pré-contact. Cependant, c'est à la période de contact que se développe véritablement l'art de la broderie en poil d'orignal, résultat de la fusion des connaissances des autochtones et du savoir-faire des Ursulines. En 1714, l'histoire nous rapporte que mère St-Joseph, ursuline de Trois-Rivières, enseigne l'art de la broderie sur l'écorce. Nous possédons également des informations sur mère Sainte-Marie-Madeleine (Anne Du Bos), née à Sillery en 1678, d'un père français et d'une mère huronne-wendate. Selon la nécrologie de cette religieuse ursuline (1734), celle-ci consacra les dernières années de sa vie à l'enseignement de la broderie, notamment la broderie en poil d'orignal. Dès 1720, la broderie en poil d'orignal est reconnue comme une forme de travail d'aiguille très raffinée et élégante.

Quoi:

Les paniers d'écorce brodés de crin d'orignal étaient l'une des spécialités des Huronnes-Wendates. Cependant, ce genre de travail était aussi exécuté dans les couvents où les religieuses avaient appris l'art de cette broderie.

Où:

Les Huronnes-Wendates de Wendake et les Ursulines de Québec pratiquaient l'art de la broderie en poil d'orignal dont elles ornaient de jolis contenants en écorce et d'autres objets.

Quand:

Les documents d'archives nous informent que l'art de la broderie sur écorce de bouleau était pratiqué dès le début du 18e siècle.

Qui:

C'est probablement à une religieuse ursuline métisse huronne-wendate du nom de mère Sainte-Marie-Madeleine que l'on doit l'apparition de la broderie en poil d'orignal dans le travail des Ursulines. La broderie en poil d'orignal regagne en popularité au 19e siècle grâce à l'esprit d'entrepreneuriat de Marguerite « Lawinonkié » Vincent qui développe cet art en une production artisanale réalisée par les femmes de Wendake.

ME938.10
© Musée McCord
Étui
Forêts de l'Est
Autochtone: Huron-Wendat
Anonyme - Anonymous
1850-1900, 19e siècle
5.5 x 13 x 26 cm
Don de Mr. Henry W. Hill
ME938.10
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Au 19e siècle, la teinture des piquants de porc-épic ou des poils d'orignal est une activité réservée aux femmes. Ces dernières, grâce aux plantes, racines et écorces d'arbres, obtiennent de jolies teintes vives et naturelles. La couleur rouge est obtenue en amenant à ébullition pendant environ 15 minutes de l'eau à laquelle on aura ajouté la fleur du vinaigrier. Aucun « mordant » n'est nécessaire pour faire tenir la couleur obtenue avec cette fleur. Si on désire obtenir une couleur brun-rouge, on ajoutera de la racine de Tsavooyan (savoyane) pulvérisée que l'on fera infuser dans l'eau du vinaigrier. On prendra soin ensuite de retirer de la teinture les poils d'orignal ou les piquants de porc-épic et de les faire tremper dans un savon doux pour finalement rincer le tout à l'eau tiède.

Quoi:

Voici un étui à gants ou à mouchoirs en soie rose dont la base et le rabat sont en écorce de bouleau. Le rabat est magnifiquement décoré de broderie au crin d'orignal teint avec des teintures végétales aux couleurs vives.

Où:

Ce genre d'objet était vendu à Wendake aussi bien qu'à Québec où les Hurons-Wendats se rendaient régulièrement pour vendre leur marchandise (paniers, mocassins, raquettes et autres souvenirs).

Quand:

Cet étui de forme rectangulaire a été réalisé entre 1850 et 1900.

Qui:

Ce genre d'étui était confectionné et patiemment brodé par les Huronnes-Wendates, spécialistes de la broderie au crin d'orignal au 19e siècle.

M18510
© Musée McCord
Plateau à cartes de visite
Forêts de l'Est
Autochtone: Huron-Wendat
Anonyme - Anonymous
1840-1860, 19e siècle
6.5 x 21.3 x 25 cm
Don de la succession de Miss J. J. MacFarlane
M18510
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Au 19e siècle, les Huronnes-Wendates excellaient dans l'art de la teinture traditionnelle. Aujourd'hui encore, les couleurs des objets décorés de piquants de porc-épic et brodés de poils d'orignal teints naturellement ont conservé leur éclat, comme en témoigne ce plateau en écorce de bouleau magnifiquement décoré à la mode de l'époque qui servait à recevoir les cartes de visite.

Selon deux artisanes, Marie-Paule Gros-Louis et Manon Sioui, pour obtenir une teinture brunâtre, les Huronnes-Wendates se servent de l'écorce de noyer. L'écorce d'aulne donnera une teinte noir-mauve, tandis que l'écorce d'érable à laquelle on aura ajouté du sulfate de fer (en guise de « mordant ») donnera une teinte noire bleutée. De même, la couleur jaune est obtenue grâce à la verge d'or ou la rafale de myrica.

Quoi:

Ce genre de plateau était placé sur une table dans le hall d'une élégante résidence. La coutume d'offrir et de recevoir des cartes de visite est devenue très répandue au milieu des années 1800. La personne pouvait signifier la raison de sa visite simplement en repliant un des coins de la carte qu'elle déposait dans un plateau, une assiette ou tout autre récipient destiné à cette fin.

Où:

Ce genre de plateau pour cartes de visite était placé dans le hall des maisons des gens aisés.

Quand:

La mode victorienne de l'époque a influencé les Huronnes-Wendates, comme en témoigne ce plateau réalisé entre 1840 et 1860, au milieu du 19e siècle.

Qui:

Ciblant la coutume populaire des cartes de visite de la période victorienne, ces plateaux sont devenus une des spécialités des femmes huronnes-wendates de Wendake.

M18509.1-2
© Musée McCord
Récipient avec couvercle
Forêts de l'Est
Autochtone: Huron-Wendat
Anonyme - Anonymous
1865-1900, 19e siècle
5.3 x 6.3 x 9.4 cm
Don de la succession de Miss J. J. MacFarlane
M18509.1-2
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

La broderie en poil d'orignal, comme celle qui orne cette petite boîte en écorce, est un art assez difficile à maîtriser. D'après les témoignages de deux artisanes, Mmes Thérèse Sioui et Marie-Paule Gros-Louis de Wendake, contrairement au fil à broder conventionnel, la matière première utilisée demande une préparation qui comporte plusieurs étapes dont le peignage, le triage en de petits paquets attachés solidement par un fil, le lavage dans une eau savonneuse douce, le rinçage, le séchage et la teinture, pour finalement compléter le tout avec le rinçage et le séchage.

Prêts à être utilisés pour la broderie, les poils d'orignal, de longueurs différentes, demandent une opération fréquente et répétée d'ajout de poils. Une fois le travail terminé, l'oeil ne doit pas être en mesure de voir les endroits où les poils se chevauchent. Plusieurs points de broderie peuvent être réalisés. Pour toutes ces raisons, cet art demande plus de dextérité et de patience que la broderie conventionnelle.

Quoi:

Cette petite boîte en écorce de bouleau ornée de broderie au crin d'orignal servait à contenir de menus objets. Elle est décorée de différents points de broderie. On distingue sur les rebords la broderie en ligne droite. Quant aux motifs, ils ont d'abord été dessinés sur l'écorce, poinçonnés, puis brodés.

Où:

Cette boîte est typique des objets conçus pour le marché touristique et vendus principalement à Wendake et à Québec.

Quand:

La date de confection de cette jolie boîte en écorce se situe entre 1865 et 1900.

Qui:

Les Huronnes-Wendates confectionnaient ces beaux contenants en écorce. Les Mi'kmaqs en faisaient de semblables, mais décorés de motifs géométriques en piquants de porc-épic.

M10620.1-2
© Musée McCord
Mocassin
Forêts de l'Est
Autochtone: Huron-Wendat
Anonyme - Anonymous
1840-1900, 19e siècle
9.1 x 9.2 x 27.8 cm
Don des Messieurs Papineau
M10620.1-2
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Au 19e siècle, les Hurons-Wendats tannent et boucanent les peaux d'animaux, matière la plus fréquemment utilisée pour confectionner des mocassins de façon traditionnelle. Le 8 mai 1879, L'Opinion publique, un quotidien de l'époque, rapporte que : « Sur un carré, reposant sur quatre fourches de hauteur, à main d'homme se dressent quatre perches formant séchoir. Cinq ou sept peaux y sont étendues par leur longueur, des peaux d'orignal, de buffaloe (sic), de caribou, de vaches [...], râclées (sic) et revauchées, roulées, rabattues, au taillant mortifié de la plane, retrempées, savonnées, ravagées au baquet, au seau, au tonneau, à la rivière sous un oeil vif et des mains connaissantes [...] » Après plusieurs étapes de préparation et d'étirements, on place du bois pourri au fond de barils, bois auquel on met le feu. « Dès que la fumée s'épaissit, les peaux sont ajustées autour de chaque baril, de manière à redresser chacune d'elles en forme de cheminées [...] »

Quoi:

Les différentes couleurs obtenues lors de l'étape du boucanage des peaux dépendent de la sorte de bois pourri choisie par le mégissier (c'est-à-dire l'artisan tanneur-boucaneur). Par exemple, afin d'avoir du cuir d'un beau brun chocolat, les Hurons-Wendats se servaient du bois pourri de noyer noir, lors de l'étape du « fumage » ou « boucanage ».

Où:

On nomme mégissier celui qui se spécialise dans l'art traditionnel du tannage des peaux d'animaux. Son atelier s'appelle un atelier de mégie. On retrouvait de tels ateliers au sein de la communauté huronne-wendate.

Quand:

C'est en 1879 que le journal L'Opinion publique relate la tenue de ces activités de boucanage des peaux.

Qui:

À cette époque, les mégissiers les plus connus de Wendake sont Francis (François) Gros-Louis et Philippe Vincent. Élie Sioui (père), quant à lui, est reconnu comme le grand fumigateur (boucaneur) de la tribu, selon les sources.

M9812
© Musée McCord
Étui
Forêts de l'Est
Autochtone: Huron-Wendat
Anonyme - Anonymous
1875-1900, 19e siècle
5 x 18.4 cm
Don de la succession de Miss Anne McCord
M9812
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Dès la fin du 18e et le début du 19e siècle, le village de Lorette accueille des visiteurs, des officiers britanniques et leurs épouses pour la plupart, attirés par la curiosité. Tout au long du 19e siècle, les Huronnes-Wendates vont jouer un rôle prépondérant dans la fabrication d'attrayants objets destinés aux visiteurs soucieux de rapporter avec eux des témoins matériels de leur passage à Lorette. Ce qui caractérise l'art touristique de l'époque est l'ingéniosité avec laquelle les Huronnes-Wendates fabriquent des objets d'inspiration victorienne, qu'ils soient usuels ou de fantaisie. Ces objets d'apparence européenne, tels que cet étui à mouchoirs, sont fabriqués avec des matériaux traditionnels et présentent des styles et des motifs décoratifs propres à la culture huronne-wendate.

Quoi:

Il s'agit d'un étui à mouchoirs en soie rose dont la base et le rabat sont en écorce de bouleau. Il pouvait aussi servir d'étui à gants. Les broderies à motifs floraux sont riches et les teintes végétales sont vives.

Où:

Des étuis comme celui-ci étaient confectionnés à Wendake et destinés à la vente aux touristes à Wendake et à Québec.

Quand:

Cet étui a été réalisé entre 1875 et 1900.

Qui:

Les femmes huronnes-wendates s'inspiraient de la mode victorienne pour réaliser des travaux d'artisanat et créer des objets de ce genre.

M18506
© Musée McCord
Sac
Forêts de l'Est
Autochtone : Huron-Wendat ou Malécite
Anonyme - Anonymous
1865-1900, 19e siècle
10.5 x 15.5 cm
Don de la succession de Miss J. J. MacFarlane
M18506
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Les Huronnes-Wendates s'inspirent largement de la mode victorienne de l'époque pour créer toutes sortes d'objets à partir de matériaux traditionnels. C'est le cas de cette petite bourse en écorce de bouleau recouverte d'étoffe noire et joliment brodée de motifs floraux en poil d'orignal. On retrouve beaucoup de ces petites bourses sur le marché. Elles sont parfois recouvertes d'étoffe rouge et les motifs de broderie peuvent illustrer des personnages et des scènes de la vie quotidienne.

Grâce à la proximité de la ville de Québec, les Hurons-Wendats trouvent un marché pour la vente de leurs produits d'artisanat. De plus, le village de Lorette étant une destination touristique par excellence, les familles huronnes-wendates s'affairent à produire raquettes, mocassins et souvenirs originaux qui feront la fierté des visiteurs.

Quoi:

À l'époque victorienne, les femmes portent différentes sortes de sacs, et les artisanes huronnes-wendates créent des versions reproduisant la plupart des modèles à la mode.

Où:

À l'époque, ce genre de petite bourse est en vente au village de Wendake et dans la ville de Québec, où les Huronnes-Wendates se rendent pour vendre leurs paniers ainsi que les autres fruits de leur production artisanale.

Quand:

Les sacs deviennent des accessoires très importants dans la seconde moitié du 19e siècle, avec la mode des jupes plus étroites, dépourvues de poches.

Qui:

Grâce à leur créativité, leur capacité d'adaptation et leur habileté, les Huronnes-Wendates créent toutes sortes d'objets utilitaires qui incitent les visiteurs à ramener avec eux un souvenir impérissable de leur visite à Wendake ou à Québec.

M18508
© Musée McCord
Pelote à épingles
Forêts de l'Est
Autochtone : Huron-Wendat ou Malécite
Anonyme - Anonymous
1865-1900, 19e siècle
4.7 x 6.7 x 10 cm
Don de la succession de Miss J. J. MacFarlane
M18508
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Les pelotes à épingles sont fabriquées par plusieurs nations autochtones et se présentent sous différentes formes. D'autres menus objets pour la couture tels que des étuis à aiguilles perlés et des porte-ciseaux sont confectionnés en écorce de bouleau et richement décorés avec de la broderie en poil d'orignal. Même les Ursulines s'adonnent à ce genre d'artisanat que l'on désigne sous le nom de convent work.

Les différentes versions iroquoiennes de la pelote à épingles, fabriquées à partir d'étoffe ou de velours, plaisent aux goûts victoriens de l'époque. Les Huronnes-Wendates sont également réputées pour la fabrication de paniers de couture (en écorce et brodés). La vannerie de frêne fait également partie des spécialités des femmes de Wendake.

Quoi:

Les pelotes à épingles garnissent les paniers de couture des dames depuis fort longtemps. À l'époque victorienne, il y en avait de différentes formes et grosseurs. Le travail de broderie était parfois très élaboré. Ces objets utilitaires et parfois très décoratifs étaient pratiquement à la portée de toutes les bourses.

Où:

Ces objets destinés aux touristes étaient vendus dans les grands centres urbains et les endroits touristiques comme la communauté huronne-wendate, en banlieue de Québec, une destination prisée des touristes depuis le 18e siècle. Les Iroquois vendaient des objets perlés dans leurs villages et dans des lieux touristiques avoisinants, le plus célèbre étant celui des chutes Niagara.

Quand:

Cette pelote à épingles date de la deuxième moitié du 19e siècle, mais les pelotes étaient aussi confectionnées et vendues au début du 20e siècle, tout comme les objets d'artisanat que produisaient les Iroquois afin des les vendre aux chutes Niagara.

Qui:

Les femmes iroquoises confectionnaient des pelotes à épingles de toutes les formes. Les Huronnes-Wendates ont aussi fabriqué ces objets utilitaires. Certaines pelotes ressemblaient même à des coussins et avaient une fonction davantage décorative.

M7426.1-2
© Musée McCord
Étui à cigares ou à cigarettes
Forêts de l'Est
Autochtone: Huron-Wendat
Anonyme - Anonymous
1899, 19e siècle
2.4 x 6.7 x 10.2 cm
M7426.1-2
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

À l'époque victorienne, il est de mise de laisser sa carte de visite chez les gens que l'on désire rencontrer. Les Huronnes-Wendates répondent donc à la demande des touristes désireux de rapporter avec eux des cadeaux empreints d'une touche d'exotisme et adaptent leur artisanat pour créer des objets de fantaisie qui ne manquent pas de trouver preneur sur le marché.

Par ailleurs, dans le Rapport ethnologique du Canada de l'année 1898, il est écrit qu'à Lorette, la fabrication de mocassins atteint les 140 000 paires. La même année, 7 000 paires de raquettes sont produites et plus de 20 000 peaux d'animaux sont traitées en vue d'être transformées. La communauté huronne-wendate doit même embaucher des Canadiens français de la paroisse voisine de Saint-Ambroise pour répondre à la demande.

Quoi:

Cet étui servait à ranger les cartes de visite. On peut y lire à l'intérieur l'inscription à l'encre que voici : « City of Quebec, visited Augst. 11 to 14 - 1899 ».

Où:

Les étuis à cartes de visite, de même que les plateaux d'écorce de bouleau magnifiquement brodés en poil d'orignal, étaient confectionnés à Wendake spécialement pour les visiteurs bien nantis. Il y en avait également en vente à Québec.

Quand:

L'inscription « 1899 » à l'encre (à l'intérieur) fait foi de sa date de fabrication.

Qui:

C'est aux Huronnes-Wendates que revient le mérite d'avoir su adapter les techniques artisanales traditionnelles à la fabrication d'objets recherchés par les touristes de l'époque.

M18512
© Musée McCord
Plateau à cartes de visite
Forêts de l'Est
Autochtone: Huron-Wendat
Anonyme - Anonymous
1840-1860, 19e siècle
4.9 x 28 x 38 cm
Don de la succession de Miss J. J. MacFarlane
M18512
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Les Huronnes-Wendates adaptent leur artisanat aux besoins et aux goûts des gens du milieu bourgeois. À l'époque victorienne, la mode est de laisser dans le hall des maisons un plateau afin que les invités puissent y déposer leur carte de visite. Ces plateaux, de même que de petits étuis (format carte) en écorce de bouleau délicatement brodés avec du poil d'orignal, font des cadeaux très prisés à l'époque, et les Huronnes-Wendates en fabriquent en grande quantité, dans la quiétude de leur foyer. Les plus spectaculaires présentent des fleurs et des motifs variés, tandis que d'autres illustrent des scènes de la vie quotidienne dans la communauté. On en retrouve aussi avec de magnifiques oiseaux brodés.

Quoi:

Ce plateau en écorce était destiné à recevoir les cartes de visite des gens. On en retrouve de magnifiques dans la collection de Lord Elgin (1811-1863), James Bruce de son nom, 8e comte d'Elgin et 12e comte de Kincardine, administrateur colonial britannique et diplomate, mieux connu en tant que gouverneur général de la Province du Canada et viceroy de l'Inde. À l'époque victorienne, ces plateaux à cartes de visite sont l'une des spécialités des Huronnes-Wendates. Ils se présentent sous plusieurs formes et son décorés de différents motifs brodés.

Où:

Ce sont les artisanes du village de Wendake qui fabriquaient de superbes plateaux comme celui-ci. La plupart sont en écorce de bouleau sur laquelle la broderie a été exécutée, tandis que d'autres sont recouverts d'étoffe rouge ou noire joliment brodée au crin d'orignal.

Quand:

Largement inspiré et influencé par la mode victorienne de l'époque, ce magnifique plateau servant à recevoir les cartes de visite a été réalisé au milieu du 19e siècle, soit entre 1840 et 1860.

Qui:

Les femmes huronnes-wendates de Wendake, en banlieue de Québec, sont les habiles artisanes qui fabriquaient ces magnifiques plateaux brodés au crin d'orignal. On dit même qu'à l'époque, la femme de Lord Elgin (alors gouverneur général du Canada) serait venue à Lorette afin d'apprendre elle aussi l'art de la broderie en poil d'orignal.

M16933.1-2
© Musée McCord
Récipient avec couvercle
Forêts de l'Est
Autochtone: Huron-Wendat
Anonyme - Anonymous
1830-1860, 19e siècle
6.5 x 9.5 x 22 cm
Don de Miss Blackader
M16933.1-2
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Sachant bien cibler le marché de l'époque, les Huronnes-Wendates font preuve d'une grande créativité dans leur production artisanale. Elles mettent au point des techniques de broderie élaborées et créent des produits raffinés et originaux qui sont très recherchés par les dames de la bourgeoisie.

C'est ainsi que sont fabriquées des boîtes à gants similaires à celle-ci, dont l'utilité n'a d'égal que leur esthétisme et leur raffinement. Ces boîtes magnifiques se distinguent d'autant plus qu'on peut y admirer plusieurs des différents points de la broderie en poil d'orignal.

Quoi:

Voici une boîte à gants en écorce de bouleau doublée de soie à l'intérieur et généreusement décorée de broderie au crin d'orignal teint avec des teintures naturelles.

Où:

Une importante production artisanale se développe à Wendake, en banlieue de la ville de Québec, au 19e siècle, période de boum économique pour les familles huronnes-wendates.

Quand:

Cette jolie boîte à gants généreusement brodée au crin d'orignal a été réalisée vers le milieu du 19e siècle, soit entre 1830 et 1860.

Qui:

Cette superbe boîte à gants est de signature huronne-wendate. Ce sont les femmes qui réalisent, au milieu du 19e siècle, ces magnifiques travaux de broderie au crin d'orignal très élaborés.

M2181.0-1
© Musée McCord
Étui à cigares ou à cigarettes
Forêts de l'Est
Autochtone: Huron-Wendat
Anonyme - Anonymous
1840-1900, 19e siècle
6.6 x 13.3 cm
M2181.0-1
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Dans la deuxième moitié des années 1800, les étuis à cigares comme celui-ci sont un cadeau très en vogue. Les hommes s'offrent ce genre de souvenir qui porte souvent une inscription à l'intérieur, sur l'écorce. D'autres « cadeaux » du genre contiennent un petit papier portant une inscription.

Ces étuis sont fabriqués avec de l'écorce de bouleau et ornés de jolis motifs floraux. D'autres sont recouverts d'étoffe rouge (comme celui-ci), noire et parfois même brune et présentent des motifs brodés qui illustrent des personnages et des scènes de la vie quotidienne à Lorette, à cette époque.

Quoi:

Au 19e siècle, l'étui à cigares est le cadeau par excellence que s'offrent les hommes entre eux. Souvent, une dédicace ou une autre inscription apparaît sur l'écorce dans le rabat, sous le couvercle. Parfois, c'est un mot inscrit sur un papier qui accompagne l'objet.

Où:

Cet étui a été fabriqué par une artisane huronne-wendate du village de Wendake à l'époque florissante de l'art touristique, époque où les familles huronnes-wendates pouvaient s'assurer un revenu décent.

Quand:

Cet objet a été fabriqué entre 1840 et 1900, soit durant la deuxième moitié du 19e siècle.

Qui:

Les étuis à cigares en écorce de bouleau étaient une spécialité des Hurons-Wendats. Décorés des deux côtés de fleurs brodées en poil d'orignal, ces étuis étaient souvent offerts en cadeau ou comme souvenirs aux messieurs.

M12679
© Musée McCord
Éventail
Forêts de l'Est
Autochtone: Huron-Wendat
Anonyme - Anonymous
1840-1900, 19e siècle
46 x 56 cm
Achat du Musée McCord d'histoire canadienne
M12679
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Vers la deuxième moitié du 19e siècle, les éventails sont très en demande et tous les peuples autochtones du Nord-Est en fabriquent comme objets souvenirs. La popularité des éventails s'étend, et on en retrouve même ayant été fabriqués par les Tupinambas du Brésil. Cependant, les plus connus sont produits par les artisanes huronnes-wendates vivant à Wendake. Ces dernières découpent des poignées dans de l'écorce de bouleau qu'elles prennent ensuite soin d'orner de beaux motifs de broderie en poil d'orignal. L'éventail lui-même est composé de plumes d'oiseaux très à la mode importées d'Amérique du Sud. Un ou plusieurs oiseaux entiers sont disposés au centre de l'éventail.

Quoi:

Très en vogue à l'époque victorienne, les éventails sont alors fabriqués par plusieurs nations autochtones qui vendent des objets artisanaux aux touristes bien nantis.

Où:

Au 19e siècle, le petit salon devient le centre de la vie familiale, le lieu où la famille partage avec ses invités ses intérêts, ses talents et ses récits de voyages. Les femmes exposent sur des étagères et dans des petits coins intimes leurs objets favoris - images, livres, cadeaux, travaux personnels et souvenirs de voyages. Les objets autochtones comme celui-ci sont particulièrement convoités.

Quand:

Des objets de luxe comme celui-ci étaient en vogue au 19e siècle.

Qui:

À l'époque victorienne, des objets de belle facture, comme cet éventail, servaient d'accessoires aux dames bien nanties, soucieuses de bien paraître. En ce sens, les Huronnes-Wendates avaient bien « ciblé » le marché de l'époque.

ME982X.519.1-2
© Musée McCord
Mocassin
Forêts de l'Est
Autochtone: Huron-Wendat
Anonyme - Anonymous
1840-1860, 19e siècle
5 x 4.5 x 13.8 cm
Don de Miss Anne McCord
ME982X.519.1-2
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

La peau d'orignal sert à la confection de mocassins comme ceux-ci et de souvenirs destinés à la vente, tels que les magnifiques paniers en vannerie de frêne que fabriquent également les femmes. Les Hurons-Wendats se rendent même jusqu'à Québec pour vendre leurs souvenirs et pour acheter des victuailles et autres nécessités avec le produit des ventes. On note ainsi une augmentation de la fabrication artisanale parallèlement à une diminution des activités d'agriculture et de chasse. Après 1857, plus de 3 000 peaux d'orignal par an sont nécessaires à la fabrication artisanale. On va même jusqu'à importer des peaux d'antilope d'Afrique, afin de répondre à la demande.

Quoi:

Les mocassins de fabrication traditionnelle (tannage et boucanage des peaux) magnifiquement décorés de crin d'orignal étaient très en demande au 19e siècle et les Huronnes-Wendates en confectionnaient de très beaux.

Où:

C'est à Wendake que les visiteurs pouvaient se procurer ces mocassins. Parfois même, les Hurons-Wendats allaient les vendre à Québec, situé à proximité.

Quand:

Ces mocassins ont été confectionnés dans les années 1840-1860, au moment où la broderie au crin d'orignal était en plein essor.

Qui:

Le tannage et le boucanage des peaux étaient assurés par les mégissiers de la communauté, mais ce sont principalement les Huronnes-Wendates qui fabriquaient les mocassins.

M16946.1-2
© Musée McCord
Pantoufles (chaussons)
Forêts de l'Est
Autochtone: Huron-Wendat
Anonyme - Anonymous
1820-1900, 19e siècle
5.1 x 7.8 x 24.5 cm
Don des Misses Lambe
M16946.1-2
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

À partir de la deuxième moitié du 19e siècle, les échanges interculturels influencent grandement la production des chaussures. En plus de fabriquer des mocassins, les Huronnes-Wendates se mettent à produire un genre de souliers mous qui s'apparentent aux petits bottillons portés par les femmes euro-nord-américaines. De plus, les femmes de Wendake prennent plaisir à orner les souliers de soirée de magnifiques motifs fleuris brodés en poil d'orignal. Les échanges interculturels entre autochtones et euro-nord-américains sont donc riches et se reflètent de mille et une façon, tant au niveau des souliers que des biens utilitaires ou des objets de luxe que les gens bien nantis achètent pour décorer leurs demeures.

Quoi:

Ces souliers plats doublés de cuir beige sont en tissu rouge brodé de poils d'orignal (adaptation huronne-wendate).

Où:

La broderie qui orne ces souliers de style euro-canadien a été réalisée au village de Wendake.

Quand:

L'influence victorienne sur la production artisanale des Hurons-Wendats a été très marquée au 19e siècle.

Qui:

D'élégants souliers comme ceux-ci, décorés par les mains habiles des Huronnes-Wendates, étaient portés par les dames aisées. Les gens de la communauté croient que ces souliers n'étaient pas confectionnés à Wendake, mais plutôt envoyés par divers fabricants de chaussures pour y être décorés.

ME986.104.3.1-2
© Musée McCord
Coupe en loupe d'arbre
Forêts de l'Est
Autochtone : Huron-Wendat ou Iroquois
Anonyme - Anonymous
1910-1930, 20e siècle
6 x 12 x 11.5 cm
Don à la mémoire de William Hill Petry (1868-1957) et Elizabeth Petry (1880-1973) parents de Mrs. L. S. Apedaile.
ME986.104.3.1-2
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Outre les objets brodés en poil d'orignal, les objets usuels des autochtones suscitent l'intérêt des touristes et ils sont fabriqués et vendus en guise de curiosités.

C'est le cas de ce « gobelet » qui a été fabriqué à partir d'une loupe de bouleau ou de merisier, essence privilégiée pour ce genre d'objet. Selon le témoignage de Rolland P. Sioui de Wendake, les chasseurs attachaient à leur ceinturon cette petite tasse qui était fort utile pour se désaltérer lors d'expéditions en forêt. Une fois évidée, l'excroissance de l'arbre était séchée et vernie, afin d'en assurer la durabilité. On y sculptait même un petit « manche » dans lequel le chasseur perçait un trou afin d'insérer une lanière de cuir permettant d'attacher le gobelet à son ceinturon.

Quoi:

Ce petit gobelet, fabriqué dans une loupe d'arbre, était utile sur le territoire. Les chasseurs-trappeurs l'attachaient à leur ceinturon et s'en servaient lorsque le besoin de se désaltérer se faisait sentir.

Où:

Plusieurs groupes autochtones confectionnaient ce genre de petite tasse. Celle-ci a été fabriquée à Wendake.

Quand:

Il s'agit ici d'un objet de fabrication contemporaine (20e siècle).

Qui:

Les Hurons-Wendats fabriquaient ces gobelets dont certains étaient vendus aux touristes.

MP-0000.223
© Musée McCord
Photographie
Groupe huron-wendat de Wendake (Lorette) à Spencerwood, Québec, QC, 1880
Jules-Ernest Livernois
11 février 1880, 19e siècle
Papier albuminé
24 x 31 cm
MP-0000.223
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

En février 1880, une délégation de Lorette se rend à Spencerwood, la résidence du lieutenant-gouverneur du Québec. Le Grand Chef Paul Tahourenché harangue le nouveau lieutenant-gouverneur de l'époque, Monsieur Théodore Robitaille, en huron-wendat puis en français. Ses paroles furent rapportées dans L'Opinion publique du 11 mars 1880 :

Le jour est beau, le soleil au loin darde ses rayons et réjouit le coeur de tes enfants. Depuis longtemps, nos guerriers et nos chasseurs remarquaient sur la colline un arbre qui grandissait et dominait déjà de la tête le reste de la forêt [...] Tous nos voeux sont pour toi et pour celle qui partage les travaux comme les plaisirs de ton wigwam [...]Toutefois, nous ne voulions pas venir ici ayant les mains ouvertes et sachant que tu les avais ainsi, sans t'offrir un présent qui éveillera dans ton coeur, lorsque tes yeux se porteront sur lui, le souvenir de tes humbles et dévoués enfants de la forêt.

Le Grand Chef ainsi que Christine Gros-Louis présentent au lieutenant-gouverneur ainsi qu'à son épouse une paire de raquettes. S'ensuivent une collation, des chants et des
danses. Monsieur Livernois (Studios Livernois) a pris la photographie illustrée ici et la fête s'est terminée à cinq heures.

Quoi:

Le premier lieutenant-gouverneur du Québec sous le régime français est Louis D'Ailleboust, originaire de Coulonge, en France. Il possède un immense domaine appelé la châtellenie de Coulonge. En 1676, le Séminaire de Québec en fait l'acquisition, puis en 1780, elle passe aux mains de Henry Watson Powell. L'endroit est vendu en 1811 à Michael Henry Perceval qui l'appelle « Spencerwood ». En 1860, un feu détruit la maison qui est reconstruite en 1862. En 1870, Spencerwood est vendu à la Province de Québec et devient officiellement le lieu de résidence du lieutenant-gouverneur.

Où:

Voici Spencerwood, la résidence du lieutenant-gouverneur du Québec. L'endroit est maintenant connu sous le nom de « Bois de Coulonge », à Québec. Depuis 1996, l'endroit appartient à la Commission de la capitale nationale du Québec.

Quand:

C'est en février 1880 que le lieutenant-gouverneur de l'époque, Monsieur Théodore Robitaille, tint une fête à sa résidence de Spencerwood, afin de souligner sa nomination.

Qui:

Cette photographie représente la délégation de Lorette, composée de 30 guerriers et femmes vêtus de leurs plus beaux atours, lors d'une visite à Spencerwood, la résidence du lieutenant-gouverneur du Québec.

M2005.35.1.1-2
© Musée McCord
Raquettes
Forêts de l'Est
Autochtone: Huron-Wendat
Anonyme - Anonymous
1966-1970, 20e siècle
29.5 x 110 cm
Don de Mme Lise et Mme Andrée Mercier
M2005.35.1.1-2
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

La raquette à neige a été pendant longtemps l'un des moyens de transport favoris des autochtones. Les Hurons-Wendats ont su l'adapter selon les époques et en ont développé davantage la fabrication, de sorte qu'à partir du 20e siècle, plusieurs petites manufactures de raquettes ont connu un essor économique sans précédent au Village-des-Hurons. Le modèle traditionnel des raquettes huronnes-wendates était utilisé pour les grands espaces, en forêt ou sur des lacs gelés. Il fut adapté pour diverses utilisations et les fabricants se sont mis à l'exporter un peu partout dans le monde. Jusqu'à tout récemment, les raquettes huronnes-wendates modernes étaient lacées avec de la babiche (en peau de vache) et elles étaient vernies pour en prolonger la durabilité et l'étanchéité.

Aujourd'hui, les matériaux de fabrication ont évolué et la traditionnelle raquette en bois se fait de plus en plus rare.

Quoi:

Grâce à la technologie industrielle, les artisans hurons-wendats ont pu adapter leurs raquettes à neige aux temps modernes sans pour autant en modifier les caractéristiques originales. Aujourd'hui, des matériaux beaucoup plus légers et modernes ont remplacé le frêne et la babiche.

Où:

Ces raquettes ont été confectionnées à Wendake.

Quand:

Au 20e siècle, on retrouve à Wendake plusieurs petites manufactures de raquettes destinées à la vente et à l'exportation.

Qui:

Plusieurs commerçants hurons-wendats emploient des gens (souvent des hommes) pour fabriquer en usine les cadres des raquettes et pour réaliser le laçage. Toutefois, certaines femmes de la communauté connaissent les techniques de laçage des raquettes.

M2005.35.2.1-2
© Musée McCord
Mocassin à raquette
Forêts de l'Est
Autochtone: Huron-Wendat
Anonyme - Anonymous
1966-1970, 20e siècle
23.5 x 8.6 x 28 cm
Don de Mme Lise et Mme Andrée Mercier
M2005.35.2.1-2
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

L'adaptation des Hurons-Wendats aux nouvelles conditions de vie imposées par l'urbanisation donne malheureusement l'impression à la société en général que leur acculturation est un fait accompli. Parallèlement, la langue commence à se perdre. L'artisanat a été le point charnière où, de chasseurs de subsistance, les Hurons-Wendats sont devenus davantage un peuple vivant de la production industrielle. En 1879, Paul Picard et son neveu Philippe Vincent signent d'importants contrats avec le Commissariat de Québec. Un article paru dans L'Opinion publique d'avril-mai 1879 précise que ces contrats sont « pour la fourniture de raquettes, de souliers, de mitaines, de tobagons (sic) ou traînes sauvages aux soldats, qui leur rapportèrent de forts jolis bénéfices ».

Vers 1950, la machinerie vient supplanter le travail humain. C'est ainsi que des « souliers mous » pour raquettes à neige, dans lesquels on insère un bottillon de feutre, sont fabriqués à l'aide de machines dans l'entreprise de Maurice Bastien qui atteint une renommée internationale.

Quoi:

Selon Rolland P. Sioui, ces « souliers mous » ou mocassins à raquettes à neige étaient fabriqués industriellement à partir de cuir de cheval refendu. Des machines spécialisées « fendaient » le cuir en deux. La partie haute du mocassin était fabriquée avec le cuir de l'intérieur et le pied avec le cuir de l'extérieur, un peu plus résistant.

Où:

C'est à Wendake que l'on pouvait acheter ce produit.

Quand:

Ces « souliers mous » pour la raquette ont commencé à être mis en marché à l'époque de la Deuxième Guerre mondiale.

Qui:

Ces « souliers mous » étaient fabriqués par Monsieur Maurice Bastien, homme d'affaires de Wendake et propriétaire de l'entreprise « Bastien Brothers » de renommée internationale. L'entreprise de Monsieur Paul Blondeau de Loretteville en fabriquait de semblables.

M7062
© Musée McCord
Bourse
Forêts de l'Est
Autochtone : Huron-Wendat?
Anonyme - Anonymous
1901, 20e siècle
10.1 x 12.2 cm
M7062
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Aujourd'hui, les techniques artisanales ainsi que les matériaux se sont diversifiés et les artisans et artisanes de Wendake fabriquent toujours des objets qui évoquent la culture matérielle de leurs ancêtres. De plus, plusieurs « emprunts » à d'autres nations autochtones ont eu lieu. C'est ainsi que l'on retrouve à Wendake des capteurs de rêves ainsi que d'autres objets d'une culture pan-autochtone.

C'est le cas de ce petit porte-monnaie en phoque (matière première des Inuits) dont la fabrication (pour la revente dans les boutiques) a été popularisée dans les années 1970.>/p>

Quoi:

Au 20e siècle, les petites manufactures de Wendake utilisent la peau de phoque pour décorer les mocassins et fabriquer d'autres objets usuels, comme ce petit porte-monnaie.

Où:

Selon l'aîné Ludovic Sioui (aujourd'hui décédé), les Hurons-Wendats vont jusqu'à Rivière-du-Loup afin de chasser le phoque. Le phoque est chassé à marée basse lorsqu'il se rend sur les caps rocheux. Il devient alors facile de l'approcher pour l'abattre.

Quand:

La chasse aux phoques et l'utilisation de leur fourrure et de leur peau par les Hurons-Wendats et les Malécites a gagné en popularité au 20e siècle.

Qui:

Les Hurons-Wendats et les Malécites se partagent le territoire de Rivière-du-Loup pour pratiquer la chasse au phoque dont la peau est recherchée par plusieurs entreprises manufacturières de Wendake.

© Musée McCord Museum