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MP-0000.25.1003
© Musée McCord
Photographie, diapositive sur verre
Intérieur des usines Angus, Chemin de fer Canadien Pacifique, Montréal, QC, vers 1930
Anonyme - Anonymous
Vers 1930, 20e siècle
Plaque sèche à la gélatine
8 x 10 cm
Don de Mr. Stanley G. Triggs
MP-0000.25.1003

Clefs pour l'histoire:

La société urbaine industrielle est hautement technologique. L'équipement industriel moderne, les services publics comme les tramways ainsi que les gratte-ciel à structure d'acier requièrent tous une mécanique de précision pour être sûrs et efficaces. L'usinage du métal doit atteindre de faibles tolérances afin d'éviter toute perte de pression ou tout glissement des engrenages. La production de masse repose sur la répétition infinie et invariable de telles opérations de précision.

Le chemin de fer est un creuset de la technologie moderne. La locomotive, assemblage complexe de pièces de haute précision, est la quintessence du génie industriel au début du XXe siècle. Les équipements doivent aussi être entretenus régulièrement par des techniciens qualifiés. En 1902, le Canadien Pacifique ouvre un vaste centre de service ferroviaire, les ateliers Angus, dans l'est de Montréal. On y construit des locomotives et du matériel roulant dont on assure aussi l'entretien. Les ingénieurs conçoivent des locomotives adaptées aux durs hivers canadiens et aux longues distances à parcourir. Entre 1905 et 1913, les ateliers Angus produiront 502 locomotives « D 10 » à six roues pour le Canadien Pacifique. En 1919, le Canada a 5 947 locomotives en service.

Quoi:

La locomotive n'est pas qu'un « cheval de labour » de l'industrie. Elle représente aussi un symbole de la modernité qu'on utilise en publicité et dans l'art national pour projeter une image de progrès et de vitesse. Le Canadien Pacifique possède un service de publicité qui commande à des artistes des oeuvres à la gloire de la locomotion à vapeur.

Où:

Les ateliers Angus sont entourés de quartiers ouvriers montréalais, Plateau Mont-Royal, Hochelaga et Maisonneuve. Les cheminots constituent la crème de la main-d'oeuvre canadienne ; ils sont qualifiés, bien rémunérés et soudés par une culture qui leur est propre.

Quand:

Le XXe siècle marque l'âge d'or du transport à vapeur. Le progrès technique permet de maximiser l'« effort de traction » - autrement dit, la capacité de tirage - de la locomotive. Les premiers trains diesel-électriques ne feront leur apparition que dans les années 1920.

Qui:

Au XIXe siècle, l'ingénieur était un bricoleur, mais les exigences du monde industriel moderne font désormais de lui un professionnel. L'Institut canadien des ingénieurs impose des normes professionnelles et des universités comme McGill et Toronto ouvrent des écoles de génie.

© Musée McCord Museum