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Fonds de la Women's Art Society of Montreal (P125)

Discours prononcé par Phoebe E. Hyde à l'occasion du 90e anniversaire de la Women's Art Society of Montreal (détail), 1984. Don de la Women's Art Society of Montreal, Fonds Women's Art Society of Montreal P125, P125/A2,1.1 © Musée McCord

L'esprit du temps

« Je suis madame James Peck, enfin, je crois que c'est moi. J'ai l'impression d'avoir été catapultée au beau milieu de ce grand rassemblement de... la Womens' [sic] Art Society, vous dites ? Une association culturelle de femmes ? Ah oui, ça me rappelle la Womens' Art Association.

Mais je ne reconnais plus personne. Où sont toutes mes amies ? Et cet endroit, ce n'est pas du tout celui où l'on avait l'habitude de se réunir. Même vos vêtements ont changé : on voit vos jambes !!

Est-on vraiment en 1894 ? Ah, je viens d'entendre quelqu'un dire « Non. On est en 1984. » 1984. ... Alors, ça fait quatre-vingt-dix ans qu'on a fondé la Womens' Art.

Je dois être un fantôme ! »

Cette scène, présentée le 7 février 1984 à l'occasion des 90 ans de la fondation de la Women's Art Society of Montreal (WASM), n'en est pas une d'horreur et d'effroi, malgré ce que son air surnaturel pourrait laisser penser. Phoebe E. Hyde y joue le rôle de la première présidente de l'association, Mary Alice Skelton Peck, venue dispenser son savoir sur les commencements de l'organisation aux membres actuelles.

Le monologue évoque avec mélancolie les premiers lieux que le groupe occupait au début du 20e siècle, le studio du square Philips difficile à reconnaître sans les arbres qui le flanquaient et la façade autrefois imposante de la cathédrale Christ Church maintenant encadrée d'immenses bâtiments. Il souligne aussi l'intelligence des femmes visionnaires qui ont mis en commun leurs talents pour se tailler une place dans la société du début du 20e siècle en reconnaissant le potentiel transformateur de l'art.

Le texte est un exemple de la créativité et des intérêts diversifiés qui caractérisent la WASM. L'emploi d'une narratrice décalée dans le temps comme procédé littéraire fait écho au succès, dans les années 1980, de la science-fiction et du fantastique dans la littérature canadienne, des autrices telles qu'Élisabeth Vonarburg et Margaret Atwood s'illustrant sur les scènes provinciale, nationale et internationale.


P125 Fonds Women's Art Society of Montreal. - 1891-2014. - 237,5 cm de documents textuels. - 281 photographies.

Histoire administrative

La Women's Art Society of Montreal (WASM) est fondée en 1894 à titre de succursale montréalaise de la Women's Art Association of Canada (WAAC), elle-même incorporée en 1892 et établie à Toronto. Cette branche montréalaise de la WAAC est fondée par Mmes James H. Peck (née Mary Alice Skelton) et Mary Martha (May) Phillips, et a pour objectif d'intégrer les femmes au monde des arts et de leur permettre d'en faire une profession, à une époque où les femmes ont rarement l'occasion de s'accomplir en dehors de l'univers domestique. Elle met à la disposition des femmes artistes, professionnelles ou non, un local de réunion et un atelier qui deviennent des lieux de production et d'échanges d'idées.

Les fondatrices de l'association sont des figures marquantes du milieu des arts et de l'artisanat montréalais au tournant du 20e siècle. Mme James H. Peck, dont l'expertise en matière d'artisanat est largement reconnue, est la première présidente de la succursale montréalaise de la WAAC. Elle occupe ce poste de 1894 à 1896. Peintre de talent et professeure, Mary Martha Phillips est notamment directrice de la School of Art and Applied Design au milieu des années 1890. Elle succède à Peck au poste de présidente de la branche montréalaise de la WAAC, jusqu'en 1906. Elle est également la première directrice de la Canadian Handicrafts Guild, aujourd'hui La Guilde canadienne des métiers d'art, de 1905 à 1908.

À la fin de sa première année d'existence, la succursale montréalaise de la WAAC compte environ 200 membres. L'association offre entre autres des cours de croquis en atelier, des séances de lecture et des causeries portant sur des sujets variés, des conférences prononcées par d'éminents orateurs comme l'artiste William Brymer et l'architecte Percy Nobbs, ou encore des concours de croquis et de motifs pour différents produits. Des expositions annuelles sont organisées à Montréal et certaines oeuvres sont présentées dans d'autres succursales de la WAAC.

En 1900, la succursale montréalaise de la WAAC lance le mouvement des métiers d'art qui vise à stimuler, à préserver et à perpétuer les métiers d'art chez les Canadiens de naissance et les immigrants. Ce mouvement a également pour objectif de favoriser l'essor des industries domestiques et de promouvoir l'unité du pays. En 1902, année où se tient une Exposition des arts domestiques consacrée à des oeuvres réalisées par des Canadien.ne.s, un comité spécial est formé afin de prendre en charge les expositions locales et itinérantes, ainsi que l'atelier intitulé « Our Handicrafts Shop ». En 1904, cependant, bien qu'elle continue à porter un intérêt bienveillant à l'égard du mouvement, l'association doit cesser d'en assumer la responsabilité financière, qui est de plus en plus lourde du fait de sa croissance rapide. La Canadian Handicrafts Guild, un organisme sans but lucratif fondé en 1905, perpétue le mouvement selon les mêmes principes philanthropiques.

En 1907 la succursale montréalaise de la WAAC se dissocie de l'organisation mère, à la suite d'un différend au sujet d'une nouvelle charte en vertu de laquelle l'association basée à Toronto aurait un plus grand contrôle sur les finances de la branche montréalaise. Une association indépendante est alors créée, la Women's Art Society of Montreal (WASM). La WASM conserve les mêmes objectifs, les mêmes caractéristiques et les mêmes programmes qu'auparavant.

C'est au cours des années suivantes que la WASM atteint un sommet de popularité. En 1910, le groupe de céramique (« Keramic Department ») est formé et se consacre à l'enseignement de l'art de décorer la porcelaine. L'association développe également des activités centrées sur les arts littéraires et dramatiques, tout en maintenant sa production en atelier. Quant aux conférences qui y sont présentées, elles couvrent une variété de thèmes, notamment l'architecture, la peinture, la sculpture, la gravure, l'orfèvrerie, la céramique, la littérature et les voyages.

Au cours de la Première Guerre mondiale, la WASM soutient l'effort de guerre, notamment en mettant sur pied le « Home Relief Fund ». Celui-ci deviendra plus tard le « Artists' War Fund », offrant de l'aide aux artistes et musiciens montréalais dans le besoin. Après la guerre, l'oeuvre philanthropique de la WASM se poursuit par la mise sur pied du « Soldiers' Fund », qui offre de l'assistance aux vétérans invalides. L'oeuvre de Mme James H. Peck, qui contribue entre autres à l'instauration de l'enseignement des métiers d'art aux vétérans, joue un rôle déterminant dans le développement de la thérapie occupationnelle à Montréal. La WASM entretient également des rapports étroits avec des organisations telles que la Montreal Children's Library (à laquelle elle accorde des bourses) et le Montreal Council of Women.

Pendant la période suivant la Grande Guerre, l'association étend graduellement ses activités à d'autres formes d'art, tout en maintenant les objectifs de promotion des arts littéraires, musicaux et visuels sur lesquels elle est fondée. Un groupe d'art dramatique est formé dans les années 1920 et des récitals de musique mettant en scène de jeunes artistes montréalais sont organisés. Mme W. D. Lighthall, présidente de la WASM de 1921 à 1924, recentre toutefois les intérêts de l'association sur les activités de l'atelier. En plus de participer aux expositions annuelles de l'association, les membres exposent leurs oeuvres dans d'autres expositions montréalaises.

L'association s'engage également à promouvoir la paix, au moyen d'un concours national du meilleur poème sur la paix, tenu lors de la saison 1930-1931 et à la suite duquel sont publiées les oeuvres jugées les plus intéressantes. On instaure également la Journée annuelle des membres, durant laquelle les membres présentent des oeuvres artistiques et littéraires originales.

Le 11 avril 1968, l'association est incorporée sous l'autorité du Lieutenant-gouverneur du Québec. Au cours de la décennie 1970, sa programmation doit s'adapter à une fluctuation de sa popularité et de son membership, laquelle est attribuée à une transformation de la culture montréalaise. Les activités sont toujours centrées sur le groupe de création littéraire et le groupe de travail en atelier, alors que l'exposition annuelle s'avère un événement social et culturel phare dans la programmation de la WASM.

En 1981, la WASM se soumet à la Loi 101 et adopte officiellement un nom français, l'Association culturelle des femmes de Montréal. Elle demeure toutefois une organisation essentiellement anglophone. À partir de la fin des années 1990, les hommes sont admis parmi ses membres. L'association comprend alors les groupes de travail en atelier, de création littéraire et de connaissance des arts. À l'heure actuelle, elle compte quelque 150 membres et revêt un caractère davantage social et éducatif que professionnel.

Portée et contenu

Le fonds témoigne de la fondation de la succursale montréalaise de la WAAC (Women's Art Association of Canada), des principes, orientations et objectifs qui en ont motivé l'existence. Il fournit aussi des informations sur les relations de cette branche montréalaise avec l'organisation mère (WAAC), en particulier sur les motifs de la scission ayant mené à la formation de la Women's Art Society of Montreal (WASM). Le rôle de l'association dans la formation de la Canadian Handicrafts Guild y est également documenté. Les informations sur la structure administrative et les principales activités ponctuant l'administration, la gestion financière et la prise de décision au sein de l'association y sont abondantes et couvrent toute sa période d'existence.

Le fonds renseigne également sur l'adhésion des membres à l'association et sur les services et les célébrations qui leur sont réservés.

Il témoigne en outre des orientations culturelles et artistiques de l'association et de leur transformation au fil du temps, notamment à travers la programmation et le déroulement des activités culturelles et artistiques. Il porte enfin sur les relations qu'entretenait l'association avec les médias, avec ses membres, avec des organismes externes et avec le public.

Le fonds contient des documents constitutifs et des textes historiques, de même que de nombreux procès-verbaux et rapports administratifs permettant de mieux comprendre la structure et la gestion administratives de l'association. Les documents de gestion financière, sous la forme principalement de registres comptables, de registres de cotisations et d'états financiers, témoignent des sources de financement de l'association et de sa situation financière générale à travers le temps.

De plus, on y trouve des listes de membres, de livres et d'usagers de la bibliothèque, ainsi que des documents portant sur les célébrations annuelles. Les activités artistiques de l'association sont documentées à travers des programmes officiels et des documents textuels et photographiques rattachés aux expositions, mais également aux travaux du groupe de travail en atelier et du groupe de création littéraire. Des spicilèges contenant des coupures de journaux, des photographies et des lettres forment l'essentiel des dossiers témoignant des activités de communication de l'association.

Source du titre propre : Basé sur le créateur du fonds.

Langue des documents : Les documents sont en anglais et en français, mais majoritairement en anglais.

Documents connexes : Le fonds R8304-Sarah Gersovitz, conservé à Bibliothèque et Archives Canada (BAC), contient un dossier portant sur la WASM.

Groupes de documents reliés : Les fonds Familles Armstrong-Deligny-Phillips (P009) et Mary Alice Skelton Peck (P543) conservés au Musée McCord contiennent des documents portant sur les deux membres fondateurs de la succursale montréalaise de la WAAC.

Note générale : Deux ouvrages relatent l'histoire de l'association : L'Association culturelle des femmes de Montréal : un siècle d'engagement envers les arts, écrit par Elaine Holowach-Amiot et publié par le Musée McCord en 1994; et The Women's Art Society of Montreal and its place in history, 1894-2019, par Cathy Keays, paru en 2019.


Le fonds est divisé selon les séries, sous-séries, sous-sous-séries et dossiers suivants :

  • P125/A Gestion administrative
    • P125/A1 Constitution
    • P125/A2 Histoire
        • P125/A2,1 Historique créé par les membres. - 1902-1984. - 1 cm de documents textuels.
        • Document numérisé
        • Portée et contenu : Le dossier porte sur l'histoire de la WASM et couvre la période de 1902 à 1984. Les manuscrits et les tapuscrits qu'il contient ont surtout été écrits par d'éminentes membres de l'association, telles que Mary Martha Phillips et Mary Alice Skelton Peck, pour être lus à l'occasion d'événements commémoratifs et d'assemblées annuelles. Le dossier comprend aussi une lettre de Frances Scofield et d'Alice Lighthall destinée au comité des archives du Conseil des femmes de Montréal. Les documents font état de l'évolution de l'organisation, des lieux qu'elle a habités, de ses orientations, de ses buts, de la place qu'elle occupe dans la communauté artistique montréalaise et des liens qu'elle entretient avec des personnalités marquantes du milieu.

          Source du titre propre : Basé sur le contenu du dossier.

          Langue des documents : Les documents sont en anglais.

    • P125/A3 Comités et bilans
      • P125/A3.1 Women's Art Association of Canada (WAAC)
      • P125/A3.2 Women's Art Society of Montreal (WASM)
    • P125/A4 Women's Art Association of Canada (WAAC) et Canadian Handicrafts Guild (CHG)
    • P125/A5 Affaires juridiques
    • P125/A6 Documentation administrative du premier vice-président

  • P125/B Gestion financière
    • P125/B1 Comptabilité
      • P125/B1.1 Registres comptables
      • P125/B1.2 Revenus et dépenses
    • P125/B2 États financiers

  • P125/C Membership et services aux membres
    • P125/C1 Membership
    • P125/C2 Bibliothèque
    • P125/C3 Célébrations
        • P125/C3,1 Member's Day
        • P125/C3,2 Dîner annuel
        • P125/C3,3 New Members Luncheon

  • P125/D Activités artistiques
    • P125/D1 Women's Art Association of Canada (WAAC)
        • P125/D1,1 Programmation
        • P125/D1,2 Expositions
        • P125/D1,3 Correspondance
    • P125/D2 Women's Art Society of Montreal (WASM)
        • P125/D2,1 Programmation
        • P125/D2,2 Expositions
        • P125/D2,3 Groupe de travail en atelier
        • P125/D2,4 Groupe de création littéraire
        • P125/D2,5 Lectures
        • P125/D2,6 Oeuvres des membres
        • P125/D2,7 Événements divers

  • P125/E Communications
    • P125/E1 Diffusion par les médias
          • P125/E1.1 Spicilège de la Women's Art Society of Montreal. - 3 novembre 1921-février 1928. - 2,5 cm de documents textuels.
          • Document numérisé
          • Portée et contenu : Le spicilège porte sur la couverture médiatique de la Women's Art Society of Montreal entre 1921 et 1928. Il est composé de coupures de presse principalement tirées des journaux The Gazette et The Montreal Daily Star. Il renseigne sur les événements organisés par l'association, en majorité des spectacles et des conférences portant sur la littérature, la peinture, l'architecture, la musique, les arts dramatiques et la sculpture. Les articles font état des champs d'intérêt des membres de l'association et de la place qu'elle occupe dans la société artistique montréalaise.

            Deux photographies représentant une exposition de céramiques sont aussi collées sur la deuxième de couverture du spicilège.

            Source du titre propre : Basé sur la nature du document.

            Collation : 43 pages.

            Langue des documents : Les documents rassemblés dans le spicilège sont en anglais.

          • P125/E1.2 Spicilège de la Women's Art Society of Montreal. - octobre 1948-mars 1952. - 2 cm de documents textuels.
          • Document numérisé
          • Portée et contenu : Le spicilège porte sur la couverture médiatique de la Women's Art Society of Montreal entre 1948 et 1952. Il contient principalement des coupures tirées des journaux The Montreal Daily Star et The Gazette, mais aussi des programmes de spectacles et des calendriers des activités de l'organisme. Il renseigne sur les événements mis sur pied par l'association, notamment des récitals de musique et des conférences, sur la composition de son comité exécutif et sur la perception de l'organisation dans la communauté montréalaise. Les coupures révèlent entre autres que les membres de la WASM ont pu assister à des conférences sur l'existentialisme, sur la place des femmes dans le monde du travail, sur l'importance de l'art dans la définition d'une identité nationale, ou encore sur divers sujets liés aux domaines de la musique, de l'architecture, des arts décoratifs, de la peinture, de la danse et de la littérature.

            Source du titre propre : Basé sur la nature du document.

            Collation : 61 pages.

            Langue des documents : Les documents rassemblés dans le spicilège sont en anglais.

          • M2015.15.1.1 Spicilège de la Women's Art Society of Montreal. - 1978-1986. - 2,5 cm de documents textuels.
          • Document numérisé
          • Portée et contenu : Le spicilège porte sur la couverture médiatique de la Women's Art Society of Montreal entre 1978 et 1986. Il renseigne sur les événements planifiés par l'association, tels que ses expositions et ses spectacles, sur la composition de son comité exécutif et sur la perception de l'organisation dans la communauté montréalaise.

            Le spicilège contient des coupures de presse, des programmes annuels d'activités de l'association, des cartons d'invitation à certains de ses événements ainsi qu'une photographie de Lea Simand, présidente entre 1980 et 1982. Les coupures sont principalement tirées des journaux suivants : The Westmount Examiner, The Senior Scene, The Mount Royal Weekly Post, The Gazette, The Monitor et The Côte St. Luc Suburban.

            Source du titre propre : Basé sur la nature du document.

            Collation : 55 pages.

            Langue des documents : Les documents rassemblés dans le spicilège sont en anglais.

    • P125/E2 Correspondance de gens célèbres
        • P125/E2,1 Women's Art Association of Canada (WAAC)
        • P125/E2,2 Women's Art Society of Montreal (WASM)
    • P125/E3 Correspondance générale
    • P125/E4 Hommages
    • P125/E5 Pétition

  • P125/F Photographies

 

Auteurs : Éléonore Aubut-Robitaille, Philippe-Olivier Boulay-Scott
Réviseur : Mathieu Lapointe
Dernière modification : 23 juillet 2019