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Fonds de la famille Racey (P057)

Extrait d'un récit biographique rédigé par Susannah Withington Wise (1814-1883) (détail), 1848 ou 1849. Fonds Famille Racey P057, P057/B,1.1 © Musée McCord

L'été meurtrier de 1847

« La fièvre s'est d'abord déclarée au poste de quarantaine de Grosse-Île, puis elle s'est étendue à Québec, propagée par ceux qui débarquaient apparemment en bonne santé ou en convalescence [...] Tous ceux qui ont vu les conditions dans lesquelles on soignait les malades et les mourants ont du mal à trouver les mots pour décrire cet enfer. Pour pallier le manque de lits, on avait installé près de l'Hôpital de l'Immigration des abris provisoires de sorte qu'au lieu de 350 malades qu'il pouvait accueillir, il en soignait 1 100. Les infirmières n'étaient pas assez nombreuses pour s'occuper de ces pauvres âmes. Et la contagion était si terrible que 20 soignants pouvaient tomber malades à la fois. [...] C'est alors qu'on a nommé deux nouveaux médecins, l'un d'eux était votre cher Papa, mais aucun salaire n'a été alloué aux équipes. Dans ces conditions, celle de votre père a démissionné, le laissant gérer seul le gros du fardeau [...] »


Le drame vécu par tant d'immigrants irlandais ayant foulé le sol nord-américain au milieu du 19e siècle, au terme d'une traversée marquée par la malnutrition, par des conditions sanitaires déplorables, par la maladie et la mort, est abondamment documenté par l'histoire. De mai à octobre 1847, ce sont près de 100 000 personnes, en majorité des Irlandais, qui se sont embarquées pour Québec depuis les îles britanniques. De ce nombre, plus de 17 000 furent emportés par la maladie (principalement le typhus et la dysenterie), soit au cours de la traversée, durant la quarantaine ou à leur arrivée dans leur ville d'accueil.

Le récit de Susannah Withington Wise offre une perspective particulière sur cette tragédie : celle du personnel médical. Elle y relate l'engagement du médecin John Racey, son époux (qu'elle désigne comme « Papa » dans ce récit adressé à ses enfants), auprès des nouveaux arrivants irlandais atteints du typhus, lors de la terrible épidémie de 1847. C'est à l'Hôpital de la Marine, ouvert à Québec en 1834, dans le but précis d'accueillir les immigrants, que Racey soigne les malades retirés trop tôt de la station de quarantaine de Grosse Île. Ce dévouement lui sera fatal puisque le jeune médecin sera emporté par le typhus le 25 octobre 1847, à l'âge de 38 ans.


P057 Fonds Famille Racey. - [1802-1964]. - 6,5 cm de documents textuels.

Notice biographique

Né à Québec, John Racey (1809-1847) est le fils de John Racey, brasseur de la ville de Québec, et de Sarah Robinson. Il étudie la médecine à Montréal puis à Édimbourg, où il travaille comme chirurgien au Cholera Hospital. De retour à Montréal en 1833, il enseigne pendant deux ans l'anatomie et la chirurgie à la Faculté de médecine de l'Université McGill, fondée quatre ans plus tôt. C'est également en 1833 qu'il épouse Susannah Withington Wise (1814-1883), fille de Joseph Wise (vers 1786-1816), marchand de Québec originaire de Croydon (Angleterre), et de Margaret Robinson (vers 1791-?). Le couple a cinq enfants : John, qui deviendra également médecin, Susanna Cooke, Margaret Sarah, Joseph Robert et George Wise.

En 1835, John Racey retourne à Québec et y pratique la médecine. Il ouvre un cabinet médical avec le docteur James Douglas en 1846. Pendant l'été 1847, la ville de Québec est frappée par une épidémie de typhus introduite par de nouveaux arrivants atteints du microbe. La maladie fait des milliers de victimes, surtout dans la population des immigrants irlandais. Que ce soit à l'Hôpital de la Marine ou dans les abris temporaires aménagés autour, le docteur Racey traite entre 500 et 600 patients par jour. Comme plusieurs des personnes s'étant portées au secours des malades, il contracte lui-même le typhus et décède en octobre de la même année.

Portée et contenu

Le fonds porte principalement sur la vie et la pratique médicale de John Racey, dans la première moitié du 19e siècle. Il documente également les activités personnelles et professionnelles de certains proches du médecin, notamment son épouse, Susannah Withington Wise, et son beau-père, Joseph Wise.

Il contient différentes versions d'un récit portant sur la vie de John Racey, ainsi que divers documents généalogiques et biographiques concernant le médecin, sa famille et celle de son épouse, Susannah Withington Wise.

On y trouve également des lettres de Susannah Withington Wise témoignant de ses relations avec ses tantes Eliza et Hannah, ainsi que des transcriptions de lettres de Joseph Wise principalement adressées à ses parents. Des passages dupliqués à partir du journal de ce dernier documentent par ailleurs certains de ses voyages commerciaux vers les Antilles. Enfin, le fonds contient des extraits des mémoires du Révérend John Pilkington (1690-1774), retranscrits par Susanna Withington Wise.

Source du titre : Basé sur les créateurs du fonds.

Collation : Certains documents sont des photocopies.

Langue des documents : Les documents sont en anglais.

Instruments de recherche : Un inventaire manuscrit des documents est disponible et contient quelques notes historiques et biographiques.

Documents connexes :
BAnQ : Des documents concernant John Racey sont conservés dans certains fonds et collections d'archives de BAnQ. C'est le cas, entre autres, du Fonds Cour supérieure. District judiciaire de Québec. Greffes d'arpenteurs (Québec) (CA301) et de la Collection Centre d'archives de Québec (P1000).

Gare maritime Champlain : Fonds Hôpital de la Marine.

Groupes de documents reliés : La collection Arthur George Racey (C267) du Musée McCord rassemble des documents liés au travail du caricaturiste, fils de John Racey (1834-1906) et petit-fils de John Racey (1809-1847).


Le fonds est divisé selon les séries, sous-séries et dossiers suivants :

  • P057/A Histoire et généalogie

  • P057/B John Racey
    • P057/B,1 Récit biographique. - [ca 1848-1964]. - 2 cm de documents textuels.
      Documents numérisés

      Portée et contenu :
      Ce dossier documente la vie personnelle et familiale de John Racey, sa carrière de médecin, ainsi que les circonstances entourant son décès. Il est principalement composé de la version originale et manuscrite d'un récit biographique rédigé par sa veuve Susanna Withington Wise en 1848 ou 1849, ainsi que d'un duplicata dactylographié de ce récit daté de 1964 et précédé d'une note d'introduction signée A. E. Washer.
    • Construit selon une trame chronologique, le récit de Susanna Withington Wise retrace d'abord les principaux jalons de l'éducation de son mari, qui entreprend ses études de médecine à Montréal auprès du Docteur Caldwell et les poursuit à Édimbourg, en Écosse. Le récit rend compte des séjours effectués par John Racey en Angleterre et en France afin de perfectionner sa pratique. Il témoigne de l'agitation qui anime la ville de Paris où il séjourne pendant quelque temps à l'automne 1831. Le récit aborde aussi l'épidémie de choléra qui frappe l'Écosse en décembre de la même année et pendant laquelle Racey, de retour à Édimbourg, se dévoue sans relâche au secours des victimes. Le récit s'attarde ensuite à la vie personnelle et professionnelle du jeune médecin qui, fraîchement diplômé et de retour au Canada, commence sa carrière à l'Hôpital général de Montréal et comme professeur d'anatomie à l'Université McGill. Le récit traite dans un chapitre final de la terrible épidémie de typhus qui frappe en 1847 la ville de Québec où le couple s'est installé, introduite par de nouveaux arrivants atteints du microbe. On y apprend que c'est le dévouement de Racey, qui soignait les malades retirés trop tôt de la station de quarantaine de Grosse-Île, qui lui sera fatal puisque le jeune médecin est emporté par le typhus le 25 octobre 1847, à l'âge de 38 ans.

      Susanna Withington Wise compose ce récit afin de préserver la mémoire du jeune père, qu'elle désigne d'ailleurs comme « Papa » dans ce récit adressé à ses enfants. La trame biographique sert de canevas sur lequel elle greffe un portrait élogieux de son mari. Le récit insiste avec constance sur sa gentillesse et la douceur de son caractère. Elle en fait un modèle à suivre, le présentant comme un élève studieux, persévérant et assidu, animé du désir constant de s'améliorer. Elle recopie dans son texte des témoignages reçus par Racey afin de démontrer à quel point il était apprécié de tous, dont une lettre du Révérend Esson, auprès de qui il a étudié à la Montreal Academical Institution, ainsi que des lettres d'éloges qui vantent ses vertus et son humanité envers les malades lors de l'épidémie de choléra à Édimbourg.

      ILe dossier comprend également la photocopie d'une transcription manuscrite du même récit, contenant en plus quelques informations sur la mort de Susanna Withington Wise et dont l'auteur serait Margaret Sarah Racey. Ce document rassemble aussi des transcriptions de textes en prose et en vers, dont un poème composé par Susanna peu de temps après la mort de son mari et un texte dans lequel elle exprime ses dernières volontés.

      Source du titre : Basé sur le contenu du dossier.

      Langue: Les documents sont en anglais.

      • P057/B,2 Décès

  • P057/C Famille Wise
    • P057/C1 Susannah Wise
    • P057/C2 Joseph Wise
    • P057/C3 Reverend John Pilkington. - [avant 1869-après 1904]. - 1 cm de documents textuels.
    • Portée et contenu : Cette sous-série porte sur le révérend John Pilkington, qui a vécu dans le Lancashire (Angleterre) de 1690 à 1774. Elle est constituée d'extraits de ses mémoires, retranscrits dans un carnet par sa descendante, Susanna Withington Wise, et de notes dactylographiées qui en retracent la provenance.

      Le carnet s'ouvre sur le titre « Extraits choisis des Mémoires de mon trisaïeul, le révérend John Pilkington, né le 26 mars 1690 à Bolton dans le Lancashire et mort à Walton-le-Dale dans le même comté, où il a vécu pendant plus de 50 ans ». Il s'agit d'un texte à caractère religieux parsemé de références et de passages bibliques. Sortis de leur contexte, les extraits rassemblés par Susanna Withington Wise prennent une forme qui rappelle celle des pensées ou du sermon, plutôt que celle du véritable genre des mémoires. Les réflexions qui s'y trouvent forment un discours sur les dispositions morales, les comportements vertueux et la façon d'aborder la pratique religieuse. Pilkington s'en prend, par exemple, au manque d'enthousiasme manifesté par certains fidèles lors du service religieux : « Notre présence aux rendez-vous divins devrait être empressée, régulière, sérieuse. J'ai observé la façon de faire de certains qui, comme s'ils craignaient de se présenter dès le début du service, ont l'habitude d'arriver en retard, quand le service a commencé, sans se préoccuper de déranger les autres. Certains, par leur attitude somnolente et endormie, montrent que le service n'est à leurs yeux ni agréable ni divertissant. » Pour le révérend, en effet, la recherche du plaisir n'est pas totalement à proscrire, mais doit se porter sur des objets nobles et peut trouver sa source dans la pratique religieuse. Il n'hésite pas à se délecter, par exemple, de la beauté de la nature exacerbée par le renouveau printanier, qu'il considère comme une voie susceptible de mener au sentiment religieux. Il critique en contrepartie la recherche de gratifications sensuelles et les divertissements futiles, tels que le jeu et les courses de chevaux, dont le plaisir qu'ils procurent, vite évanoui, n'apporte que déception et insatisfaction. Mis ensemble, ces extraits proposent une réflexion sur la place des appétits et des inclinations qui, pour être des caractéristiques bien humaines, doivent néanmoins demeurer selon lui sous l'emprise de la raison et de la religion.

      L'auteur des notes dactylographiées (un des arrière-petits-enfants de John Racey et de Susanna Withington Wise) s'appuie sur les quelques notes manuscrites ajoutées postérieurement à la première page du carnet, afin d'en retracer la provenance. Les Mémoires de John Pilkington auraient été conservés selon lui par le petit-fils du révérend, Joseph Beeby Wise. Susanna Withington Wise, la petite-fille de ce dernier, en aurait copié par la suite les extraits. Une note nous apprend en outre que le carnet aurait été confié à Harriet S. Racey par son père en 1904.

      Source du titre : Basé sur le contenu de la sous-série.

      Langue: Les documents sont en anglais.

      • P057/C3.1 Extraits des mémoires du Révérend John Pilkington. - [avant 1883-après 1904]. - 1 document textuel ; 17,8 x 11 cm.
        Documents numérisé

        Portée et contenu :
        Ce carnet porte sur la vie du Révérend John Pilkington, qui a vécu dans le Lancashire (Angleterre) de 1690 à 1774. Il contient des extraits de ses mémoires sélectionnés et copiés par sa descendante Susanna Withington Wise à une date inconnue, ainsi que quelques annotations manuscrites ajoutées en 1869 et après 1904.

        Source du titre : Basé sur le contenu du document.

        Langue: Le document est en anglais.

 

Dernière mise à jour : 15 février 2018