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Fonds Sir George-Étienne Cartier (P197)

Lettre écrite par William Markland Molson à George-Étienne Cartier (1814-1873) (détail), 1872. Fonds George-Étienne Cartier P197, P197/B2,1.1.1-2 © Musée McCord

Un travailleur insatiable

« Mon cher Sir George,

J'ai quelque chose à vous demander, & c'est qu'à l'avenir, vous cessiez de travailler aussi fort que vous l'avez fait jusqu'à présent.

Peu nombreux sont vos amis qui, comme moi, réalisent l'ampleur du labeur que vous avez accompli par le passé, et je pense sincèrement qu'un peu de repos vous fera le plus grand bien, mais j'ai peur qu'une fois remis sur pied, vous vous plongiez à nouveau dans le travail, tel un papillon de nuit inexorablement attiré par la lumière d'une bougie. »


Officiellement, George-Étienne Cartier est décédé d'une insuffisance rénale chronique, parfois appelée « maladie de Bright ». Cette lettre touchante, envoyée à Cartier par William Markland Molson, homme d'affaires et membre de l'illustre famille de brasseurs montréalais, suggère toutefois que c'est le rythme de travail effréné de l'avocat, politicien et Père de la Confédération qui pourrait avoir précipité ses ennuis de santé. Dénonçant le surmenage de son ami, l'auteur l'implore d'adopter un mode de vie plus modéré, qui serait selon lui la seule voie possible vers la guérison.

En cette fin de septembre 1872, George-Étienne Cartier, qui se sait condamné, est sur le point de s'embarquer pour Londres, où il espère recevoir un ultime traitement médical. Il y succombera huit mois plus tard, sans avoir revu son pays natal.


P197 Fonds George-Étienne Cartier. - [1753-1984]. - 74 cm de documents textuels. - 4 photographies.

Notice biographique

C'est vers la fin du 18e siècle que la famille Cartier s'établit à Saint-Antoine-sur-Richelieu. Commerçants et propriétaires fonciers, les Cartier s'intéressent également à la politique locale, en plus de compter plusieurs membres au sein de la milice.

George-Étienne Cartier naît le 6 septembre 1814. D'abord éduqué chez les Sulpiciens, il poursuit des études en droit et devient clerc dans l'étude juridique d'Édouard-Étienne Rodier. En 1835, désormais admis au Barreau du Bas-Canada, il ouvre un cabinet avec son frère aîné François-Damien (1813-1865). Tout au long de sa carrière d'avocat exercée à Montréal, il représentera plusieurs clients prestigieux tels que les Sulpiciens et la compagnie ferroviaire du Grand Tronc. Celle-ci est d'ailleurs créée à la suite de la proposition, par Cartier, d'un projet de loi au Parlement du Canada-Uni en 1852.

Membre des Fils de la Liberté, George-Étienne Cartier prend part aux rébellions de 1837, ce qui le contraint à l'exil aux États-Unis pendant quelques mois. Il s'implique également dans la Société Saint-Jean-Baptiste, notamment comme secrétaire (1843).

C'est en 1846 que George-Étienne Cartier épouse Hortense Fabre (1828-1898), avec laquelle il a trois filles. Bien implanté dans la bourgeoisie d'affaires à Montréal, il y possède de nombreuses propriétés, entre autres sur les rues Saint-Paul et Notre-Dame, en plus de siéger à plusieurs conseils d'administration et d'être actionnaire de diverses compagnies.

Son passage à la politique conservatrice s'opère au cours de la décennie 1840, particulièrement au contact de Louis-Hippolyte La Fontaine, dont il soutient le conservatisme modéré. En 1848, George-Étienne Cartier est élu une première fois député de la circonscription de Verchères, à l'Assemblée législative du Canada-Uni. Il y sera réélu à plusieurs reprises jusqu'en 1867, comme député de Verchères puis de Montréal-Est. Son influence au sein du mouvement politique conservateur s'accroît considérablement durant cette période. Il est notamment procureur général du Canada-Est (1856-1862, puis 1864-1867) et inspecteur général (1858), en plus d'assurer la fonction de co-premier ministre avec John A. Macdonald au Parlement d'Union de 1857-1858 et 1858-1862. Il joue aussi un rôle déterminant dans le choix d'Ottawa comme capitale de la Province du Canada (Canada-Uni), puis du nouveau Dominion du Canada en 1867.

George-Étienne Cartier est à l'origine de plusieurs réformes destinées à moderniser la société québécoise (Canada-Est), comme l'établissement d'un réseau scolaire public respectant le principe de dualité religieuse, la refonte du système municipal ou encore l'abolition du régime seigneurial. Il est également l'auteur de réformes touchant le droit et l'administration de la justice, telles que la décentralisation judiciaire et la production d'un Code civil du Bas-Canada.

Il est, en outre, un élément clé du rouage menant à la Confédération canadienne (1867). Plus tard, il demeure un acteur incontournable, servant notamment comme ministre de la Milice et de la Défense (1867-1873), et même comme premier ministre lorsque John A. Macdonald est dans l'incapacité d'assumer cette fonction. Il présente d'importants projets de loi comme celui sur la milice (1868) et celui, plus controversé, décrétant la construction du chemin de fer du Canadien Pacifique (1872). De 1867 à sa mort, George-Étienne Cartier endosse par ailleurs la double responsabilité de député à l'Assemblée législative du Québec et à la Chambre des communes à Ottawa.

C'est en 1871 qu'il ressent les premiers symptômes de la maladie de Bright, à laquelle il succombe à Londres, le 20 mai 1873.

Portée et contenu

Le fonds témoigne des multiples activités professionnelles et personnelles de George-Étienne Cartier, sur une période principalement comprise entre 1863 et 1872. Certains épisodes de sa carrière politique sont révélés à partir de correspondance, de notes et de documents officiels portant sur les projets auxquels il s'est consacré, tels que la décentralisation du système judiciaire et la rémunération des officiers de justice. Quelques documents constitutifs et administratifs attestent de son implication dans la Société Saint-Jean-Baptiste.

Divers documents juridiques et financiers, des notes et des publications documentent ses activités en tant qu'avocat. On peut notamment reconstituer certaines des causes sur lesquelles il a travaillé, comme celles concernant le Grand Tronc.

Des invitations, de la correspondance et des documents financiers témoignent d'autres aspects de sa vie sociale et de la gestion de ses finances personnelles. Des copies de son testament, divers documents légaux et de la correspondance documentent également sa succession.

Des documents biographiques et historiques commémorant l'existence de George-Étienne Cartier, des documents financiers portant sur certains membres de sa famille, ainsi que quelques documents iconographiques (tels que des cartes postales et une photographie de la maison familiale), complètent cet ensemble documentaire.

Source du titre : Basé sur le créateur du fonds.

Langue des documents : Les documents sont en anglais et en français.

Documents connexes :

BAnQ (Vieux-Montréal) : Collection George-Étienne Cartier (CLG17)

Des documents concernant George-Étienne Cartier sont également conservés dans plusieurs fonds et collections d'archives d'hommes politiques, dans différents centres d'archives de BAnQ.

BAC : Fonds George-Étienne Cartier (R6170-0-7-F)

Des documents concernant George-Étienne Cartier sont également conservés dans plusieurs fonds et collections d'archives d'hommes politiques.

Château Ramezay - Musée et site historique de Montréal : Fonds George-Étienne Cartier (P040)

Groupes de documents reliés : La collection Archives textuelles du Musée McCord conserve des archives d'individus et de familles dont les activités sont en lien avec celles de George-Étienne Cartier. C'est le cas, entre autres, du fonds de la famille Louis-Joseph Cartier (P660). Un ouvrage de J.-L.K. Laflamme, intitulé Le centenaire Cartier, 1814-1914 (M2007.122.6), est aussi conservé dans la collection de livres rares.

Note générale : La collection Archives photographiques Notman compte plusieurs portraits de George-Étienne Cartier et de son épouse Hortense Fabre.


Le fonds est divisé selon les séries, sous-séries et sous-sous-séries suivantes :

  • P197/A Activités professionnelles
    • P197/A1 Politique
      • P197/A1.1 Projets et événements
      • P197/A1.2 Correspondance. - [1845-1872]. - 3 cm de documents textuels.
      • Documents numérisés
      • Portée et contenu : Cette sous-sous-série contient de la correspondance reçue par George-Étienne Cartier dans le cadre des diverses fonctions politiques qu'il a occupées. Elle témoigne des relations qu'il a entretenues avec différents personnages influents des sphères politique et religieuse, tels que le vicaire général Charles-Félix Cazeau, Louis-Hippolyte La Fontaine, Charles Stanley Monck et Gédéon Ouimet. Les lettres couvrent principalement le troisième quart du 19e siècle et concernent notamment les écoles confessionnelles séparées, John A. Macdonald, la Confédération canadienne et l'abolition du régime seigneurial.

        Source du titre : Basé sur le contenu de la sous-sous-série.

        Langue des documents : Les documents sont en français et en anglais.

      • P197/A1.3 Société Saint-Jean-Baptiste
      • P197/A1.4 Notes, articles et imprimés portant sur la politique canadienne
      • P197/A1.5 Honneurs et éloges
    • P197/A2 Juridique
    • P197/A3 Militaire


  • P197/B Vie personnelle
    • P197/B1 Activités sociales et mondaines. - [1860-1867]. - 1 cm de documents textuels.
    • Documents numérisés
    • Portée et contenu : Cette sous-série témoigne des dîners et autres événements auxquels George-Étienne Cartier a été convié, ainsi que des clubs sociaux (tels que le Somerset et l'Athenaeum) dans lesquels il a été admis au Canada, mais également aux États-Unis et en Grande-Bretagne. On y trouve surtout des invitations et des menus produits pendant la décennie 1860.

      Source du titre : Basé sur le contenu de la sous-série.

      Langue des documents : Les documents sont surtout en anglais, mais quelques textes sont en français.

    • P197/B2 Correspondance. - [1836-1872]. - 3 cm de documents textuels.
    • Documents numérisés
    • Portée et contenu : Cette sous-série documente les relations amicales et familiales entretenues par George-Étienne Cartier pendant plus de trente-cinq ans. La correspondance envoyée notamment par Sylvestre et Antoine-Côme Cartier (frères de George-Étienne), Lady et Lord Carnarvon, Lady et Lord Dufferin, ainsi que William Markland Molson traite de sujets politiques, mais aussi des propriétés de la famille Cartier, des voyages de George-Étienne, de sa santé et de cadeaux offerts à ses proches. De nombreux mots d'amitié et de politesse y sont également recensés.

      La sous-série contient, en outre, des spécimens de papiers à lettres et d'enveloppes portant le monogramme et la devise de George-Étienne Cartier.

      Source du titre : Basé sur le contenu de la sous-série.

      Langue des documents : Les documents sont en anglais et en français.

    • P197/B3 Finances et avoirs
    • P197/B4 Décès et succession
      • P197/B4.1 Annonce du décès
      • P197/B4.2 Testament et ligne de succession. - [1942-1948]. - 1 cm de documents textuels.
      • Documents numérisés
      • Portée et contenu : Cette sous-sous-série porte sur la succession de George-Étienne Cartier. Elle contient des copies conformes du testament de ce dernier, une ligne de succession, un article relatant l'enterrement d'Hortense Cartier (fille de George-Étienne), une photocopie de l'arbre généalogique de la famille Cartier et une copie de la loi concernant la succession de sir George-Étienne Cartier.

        Source du titre : Basé sur le contenu de la sous-sous-série.

        Langue des documents : Les documents sont en anglais et en français.

      • P197/B4.3 Liquidation par M.J. Auguste Desrosiers
      • P197/B4.4 Héritage de Carmen Desrosiers-Aubry


  • P197/C Histoire et commémoration


  • P197/D Autres membres de la famille Cartier


  • P197/E Autres documents


  • P197/F Photographies

 

Dernière mise à jour : 11 mars 2018