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Fonds de la famille Turgeon (P732)

Extrait d'une lettre de Joseph Ovide Turgeon (1843-1886) à Charles Laberge (1827-1874) (détail), 30 avril 1867. Don de Mme Aude Nantais Picher Tremblay, Fonds Famille Turgeon P732, M2010.34.1.2.5.1 © Musée McCord

L'exotisme européen

« Ainsi ce soir imaginez-vous que je suis allé à un spectacle assez rare. J'ai assisté à des luttes athlétiques. Le Parisien ne dédaigne pas ce genre d'amusement. Le gouvernement comme le public ne veut pas de la boxe, comme chez les Anglais, mais tous deux autorisent & encouragent la lutte. Je dois confesser qu'au premier moment, cela ne m'allait qu'à demi que de voir deux hommes nuds [sic], & ne portant qu'un maillot à la ceinture, se prendre à bras-le-corps, se rouler se renverser à qui mieux mieux, & cela au milieu des applaudissements, des trépignements des spectateurs anxieux : mais, je ne sais, l'excitation m'a gagné peu-à-peu [sic], & je suis rentré chez moi très content & entretenant une toute [sic] autre idée à l'endroit de ces jeux : c'est noble, c'est antique, c'est Romain[sic] ! »


En visite à Paris en avril 1867, Joseph Ovide Turgeon fait la découverte de la lutte française désormais nommée lutte gréco-romaine. Il s'agit d'un sport ancien, mais encore méconnu au Québec à cette époque. Bien que le Montreal Olympic Club l'introduise auprès des Québécois en 1842, c'est plutôt vers 1890 qu'il connaît une certaine effervescence. L'accent mis sur l'effet de spectacle durant le match auquel assiste Joseph Ovide fait écho à ce qui deviendra la lutte professionnelle en Amérique du Nord.

Peut-on voir dans son appréciation une manifestation profonde de ses racines canadiennes-françaises? Est-il possible d'y faire un lien avec la fascination historique des Québécois pour les hommes forts qui, tel Louis Cyr, parcourent villes et villages pour démontrer leur force et épater les foules? S'il est impossible de le déterminer, il demeure toutefois que Joseph Ovide fut conquis comme ses compatriotes le seront un siècle plus tard devant les Mad Dog Vachon et les Géant Ferré de ce monde.

Le récit de cet épisode rend compte de la diversité des thèmes abordés par Joseph Ovide et son beau-frère et tuteur, Charles Laberge, dans leur correspondance. Leurs lettres témoignent ainsi de politique, d'éducation et même de lutte gréco-romaine !


P732 Fonds Famille Turgeon. - [1799-1896]. - 23 cm de documents textuels.

Notice biographique

La Famille Turgeon se démarque dans l'histoire québécoise par les activités de certains de ses membres à travers leur implication sociale et politique. Parmi ceux-ci, notons l'apport de Joseph Ovide Turgeon, conseiller au Conseil législatif du Canada-Uni, et Charles Laberge, juge, député, maire et journaliste.

JOSEPH OVIDE TURGEON (père) (1797-1856) naît à Terrebonne le 17 décembre 1797. Il est le fils de Joseph Turgeon (1761-1832), notaire et juge de paix et de Marguerite Lepailleur (1773-1831). Il épouse, le 26 juin 1828, Hélène Olive Turgeon (1804-1863), fille de Michel Turgeon (1765-1846), colonel de la milice, et d'Angélique Bouc (1776-1832). Le couple a onze enfants, dont sept atteignent l'âge adulte.

Il fait ses études au Petit Séminaire de Montréal de 1806 à 1814, puis est élu député du district d'Effingham en 1824 et en 1827. Le district est renommé Terrebonne en 1829 et Turgeon en devient le député l'année suivante. À la même époque, il est nommé commissaire chargé du prolongement du chemin Effingham jusqu'à Kilkenny qui lie les seigneuries de Terrebonne et de Lachenaie avec le canton de Kilkenny. Le 28 décembre 1848, il est nommé au Conseil législatif du Canada-Uni.

Joseph Ovide Turgeon décède à Terrebonne le 9 novembre 1856 à l'âge de 58 ans. Le 12 novembre 1856, il est inhumé dans le cimetière de la paroisse Saint-Louis.

RACHEL TURGEON (1842-1904), fille de Joseph Ovide Turgeon et d'Hélène Olive Turgeon est une religieuse, Dame du Sacré-Coeur de la Société du Sacré-Coeur de Jésus, basée à la paroisse de Sault-au-Récollet à Montréal.

JOSEPH OVIDE TURGEON (fils) (1843-1886), fils de Joseph Ovide Turgeon et d'Hélène Olive Turgeon, naît le 9 décembre 1843. Il épouse, le 30 décembre 1872, Marie Julie Berthelot (1853-?), fille aînée du juge Joseph-Amable Berthelot et de Julie Bédard.

Il fait des études en droit à l'Université Laval puis devient avocat. Il a une relation étroite avec son beau-frère Charles Laberge, qui devient son tuteur à la suite du décès de son père, alors qu'il est âgé de 13 ans.

CHARLES JOSEPH LABERGE (1827-1874) naît à Montréal le 21 octobre 1827. Il est le fils d'Ambroise Laberge (1798-1829) et de Rose Franchère (1804-?). Il épouse, le 23 novembre 1859, Hélène Turgeon (1840-1874), fille de Joseph Ovide Turgeon et d'Hélène Olive Turgeon. Le couple a cinq enfants dont au moins deux atteignent l'âge adulte, soit Rachel Laberge (1858-?) et Charles Joseph Laberge.

Il étudie au Collège classique de Saint-Hyacinthe de 1838 à 1845 et y lance un journal étudiant, Le Libéral. Admis au barreau en 1848, il s'associe à l'avocat Toussaint-Antoine-Rodolphe Laflamme.

En 1845, il participe à la fondation de l'Institut canadien et, en 1847, contribue activement au journal l'Avenir.

Il se présente aux élections pour le comté d'Iberville et en devient le premier député de 1854 à 1860. Il est aussi maire d'Iberville de 1855 à 1857.

En 1860, il fonde en coopération avec son ami Félix-Gabriel Marchand, le Franco-Canadien et collabore à l'Ordre, un journal libéral montréalais, sous le pseudonyme « Libéral, mais catholique ». Subséquemment, en 1863, il est nommé juge de la Cour supérieure à Sorel. Quatre ans plus tard, il est élu maire de Saint-Jean et le restera jusqu'en 1869.

En 1872, il décide de s'installer à Montréal pour assumer la rédaction du National malgré sa santé chancelante. Il y décède le 3 août 1874 et est inhumé au cimetière de Notre-Dame-des-Neiges.

Portée et contenu

Ce fonds porte sur la famille Turgeon dont certains membres ont influencé la vie publique de la province de Québec. Il offre une fenêtre sur divers personnages issus majoritairement de la bourgeoisie francophone du 19e siècle, tels que Joseph Turgeon, Joseph Ovide Turgeon (père), Henri Roch Turgeon, Hélène Turgeon, Rachel Turgeon, Oscar Turgeon, Joseph Ovide Turgeon (fils), Charles Laberge et Rachel Laberge. Il nous informe sur plusieurs domaines comme le droit, la politique et le journalisme ainsi que sur certains aspects de la vie religieuse. Le portrait est complété par des renseignements généalogiques sur la famille Turgeon. L'ensemble témoigne également de familles associées soit les Clément, Lévesque et Girard.

Il contient de la correspondance entre plusieurs membres de la famille, amis et connaissances. Parmi les sujets traités dans les lettres majoritairement adressées à Charles Laberge, notons la question des avoirs de Rachel Turgeon en rapport avec son engagement religieux, certains aspects de la vie politique abordés avec Flavien Vallerand ou encore différentes affaires liées à la profession d'avocat et de juge de Laberge.

Le fonds rassemble aussi des actes notariés concernant la vente ou l'achat de propriétés, des rentes, une tutelle et une quittance. Plusieurs d'entre eux nous informent notamment sur le déroulement des successions au 19e siècle.

On y retrouve par ailleurs des contrats de mariage, des certificats, un testament, des notes, des états de compte et des reçus appartenant à la famille Turgeon ou à des familles associées, ainsi qu'un résumé de séance du Comité de la pipe. Le fonds comprend également deux livres de prières, un livre d'autographes de Rachel Laberge puis un arbre généalogique.

Source du titre : Basé sur les créateurs du fonds.

État de conservation : Plusieurs documents sont fragiles.

Source immédiate d'acquisition : Le fonds a été offert par Mme Aude Nantais Picher Tremblay au Musée McCord en 2010. Les documents ont appartenu à la famille de la donatrice et plus précisément à ses grands-parents, Marguerite Leclère et Isaïe Nantais, mariés en 1918 et résidants de Montréal.

Langue des documents : Les documents sont en français et en anglais.

Groupes de documents reliés : D'autres fonds se rapportent à la famille de la donatrice, soit le fonds de la famille Leclère (P731) et le fonds James Frobisher McGill Des Rivières (P733).

Le fonds de la famille Leclère (P731) rassemble des albums (M2010.34.55.1-40, M2010.34.57.1-47 et M2010.34.59.1-35) qui contiennent des photographies relatives à certains membres de la famille Turgeon.


Le fonds est divisé selon les séries, sous-séries, sous-sous-séries et dossiers suivants :

  • P732/A Généalogie

  • P732/B Joseph Turgeon

  • P732/C Joseph Ovide Turgeon (père)
    • P732/C1 Patrimoine, finances et avoirs. - 1828-1866. - 2 cm de documents textuels.
    • Documents numérisés
    • Portée et contenu : Cette sous-série témoigne du patrimoine, des finances et des avoirs de Joseph Ovide Turgeon. Elle nous renseigne également sur sa succession et celle de sa femme, Hélène Olive Turgeon. Elle comprend principalement des actes notariés concernant des créances, l'achat ou la vente d'actifs fonciers, des reconnaissances de dettes, une obligation, une balance d'arrérages, une note et un état de compte. On y retrouve aussi le jugement d'une poursuite intentée en avril 1841 par Joseph Ovide Turgeon à l'encontre de William Muir au sujet d'une rente impayée suite à la vente d'une propriété par son père, Joseph Turgeon.

      Source du titre propre : Basé sur le contenu de la sous-série.

      Language: Les documents sont en français.

    • P732/C2 Vie personnelle

  • P732/D Charles Laberge
    • P732/D1 Vie personnelle
    • P732/D2 Patrimoine, finances et avoirs
    • P732/D3 Relations avec familles et amis
      • P732/D3.1 Hélène Turgeon
      • P732/D3.2 Rachel Laberge
            • M2010.34.1.2.8.1 Album amicorum de Rachel Laberge. - 1885-1888. - 1 document textuel ; 8,8 × 13,7 cm.
            • Document numérisé
            • Portée et contenu : Ce carnet d'autographes a appartenu à Rachel Laberge et porte sur les années 1885 à 1888. Il contient principalement des poèmes et des mots d'encouragements de membres de sa famille, de connaissances et d'amis dont Joseph-Ovide Turgeon, Georges Leclère, Raoul Dandurand et Honoré Mercier.

              Source du titre propre : Basé sur le contenu du document.

              Language: Le document est en français.

      • P732/D3.3 Henri Roch Turgeon
      • P732/D3.4 Rachel Turgeon
      • P732/D3.5 Oscar Turgeon
      • P732/D3.6 Joseph Ovide Turgeon (fils). - 1860-1869. - 2 cm de documents textuels.
      • Documents numérisés
      • Portée et contenu : Cette sous-sous-série témoigne des liens familiaux de Joseph Ovide Turgeon avec Charles Laberge. Elle offre un portrait privilégié d'une relation de tutorat dans une famille bourgeoise du 19e siècle au Québec. Elle nous renseigne aussi sur la vie personnelle, académique et professionnelle de Joseph Ovide Turgeon.

        Elle comprend principalement de la correspondance adressée à Charles Laberge. Nous y retrouvons notamment une lettre qui traite de l'explosion de la poudrière située à côté de la porte Saint-Jean à Québec le 4 mars 1864 et une autre, datée du 30 avril 1867, où il commente le retard du Canada face aux pays européens.

        Source du titre propre : Basé sur le contenu de la sous-sous-série.

        Language: Les documents sont en français.

      • P732/D3.7 Georges Leclère (Leclerc)
      • P732/D3.8 Flavien Vallerand
    • P732/D4 Vie professionnelle
        • P732/D4,1 Droit
        • P732/D4,2 Politique
        • P732/D4,3 Journalisme. - 1848-1873. - 1,6 cm de documents textuels.
        • Documents numérisés
        • Portée et contenu : Ce dossier témoigne des activités professionnelles exercées par Charles Laberge en tant que journaliste. Elle porte notamment sur ses éditoriaux dans divers journaux libéraux et les relations qu'il entretient dans ce milieu.

          Il contient principalement de la correspondance reçue par Charles Laberge de la part de divers collaborateurs et amis. Plusieurs lettres provenant de Félix-Gabriel Marchand traitent du journal Le Franco-Canadien. On y trouve aussi une lettre, du 22 octobre 1862, signée par l'auteur Antoine Gérin-Lajoie qui lui demande de prendre part à la publication du Le Foyer canadien, et une autre, datée du 8 février 1874, de Louis-Antoine Dessaules qui fait état de la relation étroite entre les journaux, la politique et la religion.

          Source du titre propre : Basé sur le contenu du dossier.

          Language: Les documents sont en français et en anglais.

    • P732/D5 Autres correspondances

  • P732/E Relations d'affaires interfamiliales

 

Dernière mise à jour : 6 juin 2018