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Fonds Gilberte Christin de Cardaillac (P573)

Extrait du spicilège de Gilberte Christin de Cardaillac (détail), vers 1918-1921. Don de la famille de Cardaillac, Fonds Gilberte Christin de Cardaillac P573, M2001.8.2 © Musée McCord

L'aventure du train gaspésien

« Vacances

Nous sommes partis pour Percé en 1921 le 13 juillet. - Nous avons pris le train l'Intercolonial, le wagon étais[sic] le No 5 et les bancs numérotés 9. - J'ai couché dans le lit dans au haut de Maman et Pauline celui du bas. - Il faisait très chaud dans le train pour commencer puis ça s'est rafraichi. Le train est arrivé à Ma[ta]pédia à 10 heures et demie et celui de la baie des Chaleurs est parti à 11 onzes[sic]. - J'ai[sic] descendu à New Carlisle pour prendre un verre de ginger ale. Le train est arrivé à 8 heures à Cape Cove et je suis arrivée à 9 ½ heures à l'hôtel. »


Chaque année, Percé accueille des centaines de milliers de visiteurs. En 1921, son bord de mer et sa vue imprenable sur le rocher Percé, qui font déjà de la petite ville gaspésienne une destination chérie de nombreux touristes, ne semblent pourtant pas avoir marqué Gilberte Christin, 15 ans. Ce récit du voyage en train jusqu'à la Baie-des-Chaleurs est le seul qu'elle consacre aux vacances familiales. Est-ce par manque de temps ou d'intérêt pour la vie d'estivante, ou simplement parce que le long trajet ferroviaire est l'épisode ayant laissé la plus forte impression sur l'adolescente? Si on ignore l'effet qu'ont produit l'océan, le rocher Percé et les falaises de l'île Bonaventure sur la jeune fille, ses archives nous permettent néanmoins de croire qu'elle ne fut pas insensible à leurs attraits puisqu'elle y retourna souvent pendant sa vie d'adulte.

Alors que se cicatrisent les blessures laissées par la Grande Guerre et la pandémie de grippe espagnole, les Québécois reprennent goût aux loisirs et à la villégiature. Le début des années 1920 marque une véritable explosion du tourisme en Gaspésie, comme dans l'ensemble de la province. La possibilité de rejoindre Percé et Gaspé par train, depuis 1911, et l'ouverture progressive de voies carrossables contribuent également à cet engouement pour la péninsule.


P573 Fonds Gilberte Christin de Cardaillac. - [1906-1978]. - 107,5 cm de documents textuels. - 1 053 documents iconographiques.

Notice biographique

Née à Montréal le 16 mars 1906, Marie Antoinette Hélène Gilberte Christin est la fille d'Adolphe Christin et d'Antoinette Lafontaine. Elle est aussi la petite fille d'Eugène Lafontaine (1857-1935), juge en chef de la Province de Québec, doyen de la Faculté de droit de l'Université de Montréal et président de la Commission des écoles catholiques de Montréal. Son unique soeur, Pauline Christin, épouse Guy Montpetit, fils d'Édouard Montpetit, secrétaire général de l'Université de Montréal.

En 1931, Gilberte épouse Galiot de Cardaillac (1889-1962), homme d'affaires français établi au Canada depuis 1905 et fils de Jacques de Cardaillac, marquis de Cardaillac et propriétaire du château de La Treyne, en Dordogne. Le couple, qui habite notamment Montréal et Knowlton (Cantons de l'Est), a un seul enfant, Bertrand (1934-2017). En 1959, ce dernier épouse Louise Marquis (1934-2010), dont le père est propriétaire des Éditions Marquis ltée de Montmagny.

Se définissant comme une artiste aquarelliste de profession et comme une peintre du réel, Gilberte reçoit une formation auprès de Charles Maillard, professeur en dessin à l'École des beaux-arts de Montréal. Elle suit également des cours au Studio Sprad de Montréal, ainsi qu'avec les Soeurs de Sainte-Anne, l'aquarelliste britannique Amy Blanche Stone et l'artiste de Montmagny, Louis Jasmin.

Plusieurs lieux du Québec dans lesquels elle a séjourné, dont la Gaspésie et les Cantons-de-l'Est, servent de cadre aux oeuvres de Gilberte, qu'elle signe habituellement de son nom d'artiste « Gil. de Cardaillac ». Cette dernière s'inspire également de ses voyages en Europe (en France et en Espagne notamment). Elle prend part, tout au long de sa carrière, à plusieurs expositions de groupe produites entre autres à Montréal, à Cowansville, à Knowlton, à Québec et à Montmagny. Certaines de ses aquarelles sont également utilisées pour illustrer des livres.

Gilberte Christin de Cardaillac réside à Montmagny pendant les dernières années de sa vie et décède le 11 septembre 1977.

Portée et contenu

Le fonds porte principalement sur la vie personnelle de Gilberte Christin de Cardaillac, dont il documente les intérêts, les relations et les différents événements privés, familiaux et sociaux ayant marqué le cours de son existence, depuis l'adolescence jusqu'à son décès. Témoignant du statut et des activités de Gilberte au sein de la société montréalaise, il est porteur de nombreuses informations sur la culture de la bourgeoisie francophone du Québec au 20e siècle.

Cet ensemble documente également la production artistique de Gilberte Christin de Cardaillac, comme les voyages au Québec et en Europe ayant servi de cadre à plusieurs de ses oeuvres, les lieux et sujets dont elle s'inspirait, le processus de création et les médiums utilisés (principalement l'aquarelle). Certaines expositions auxquelles a participé l'artiste-aquarelliste, les prix remportés et la couverture médiatique de son oeuvre peuvent également y être retracés.

Le fonds contient des documents personnels et biographiques tels que des cartes d'identité, un curriculum vitæ et une fiche biographique, des documents légaux comme un certificat de naissance, un certificat de décès et des testaments, ainsi que quelques factures. On y trouve des lettres échangées par Gilberte et par son mari Galiot de Cardaillac avec des amis, des membres de la famille et des politiciens tels que Jean Drapeau, en plus de lettres et cartes de condoléances envoyées à Bertrand de Cardaillac lors du décès de sa mère. On recense aussi plusieurs cartes postales expédiées surtout de la France, mais également de la Gaspésie et de Stanbridge.

Les treize spicilèges constitués par Gilberte de 1918 à 1975 forment une part substantielle du corpus documentaire. Rassemblant notamment des dessins, des textes manuscrits et dactylographiés, des charades, des listes de lectures, des adresses de proches, des coupures de presse, des cartes à collectionner provenant de boîtes de thé, des cartes de souhaits et des cartons d'invitations, ces ouvrages offrent un témoignage d'une remarquable continuité, illustrant la vie intime et mondaine de l'adolescente, de la jeune fille des années 1920, de l'épouse, de la mère et de la grand-mère. Un spicilège supplémentaire est consacré à un voyage en Europe effectué en 1955. Les albums de croquis, des cartes de voeux et des aquarelles illustrent l'oeuvre artistique de Gilberte, dont témoignent également un carton d'invitation à une exposition et des coupures de presse.

Des livres de cuisine, divers ephemeras, un carnet d'autographes et plus de 1 000 photographies (dont plusieurs sont réparties dans quatre albums) complètent cet ensemble documentaire.

Source du titre : Basé sur la créatrice du fonds.

Collation : Le fonds comprend 1 047 photographies, 3 albums de croquis, 2 aquarelles et 1 esquisse.

Source immédiate d'acquisition : Les documents ont été offerts au Musée McCord par Bertrand de Cardaillac, en deux versements distincts acquis en 2001.

Langue des documents : Les documents sont en français et en anglais, mais surtout en français.

Note générale : Un service à thé et à café peint par Gilberte Christin de Cardaillac (M2001.8.1.1-38), un jeu de table (M2001.8.32) ainsi que trente estampes d'Arthur Lemay (2001.8.31.1-30) sont respectivement conservés dans les collections Arts décoratifs et Peintures, estampes et dessins.


Le fonds est divisé selon les séries, sous-séries et dossiers suivants :

  • P573/A Vie personnelle et familiale

  • P573/B Loisirs
    • P573/B1 Production artistique et artisanale
      • P573/B1,1 Spicilèges
        • M2001.8.2 Spicilège. - [1918-1921]. - 1 document textuel ; 22,5 x 19 cm.
        • Document numérisé
        • Portée et contenu : Ce spicilège, premier d'une série de 13 produits par Gilberte Christin de Cardaillac, témoigne de sa vie intime, de ses études, de ses intérêts et de ses activités sociales sur une période de près de quatre ans.

          La jeune fille de Westmount, alors âgée de 11 à 15 ans et étudiante au Couvent du Sacré-Coeur, y a rassemblé des textes manuscrits et dactylographiés (dont plusieurs compositions et travaux), des bulletins scolaires, des paroles de chansons, des coupures de presse consacrées entre autres à la famille royale et à la noblesse, des rébus et charades, des croquis, des listes et cartons d'invitations, ainsi que des images de célébrités.

          Source du titre : Basé sur la nature du document.

          Langue des documents : Le document est en français et en anglais, mais principalement en français.

      • P573/B1,2 Albums de croquis. - [1924-1961]. - 2,5 cm de documents textuels.
      • Documents numérisés
      • Portée et contenu : Les trois albums qui constituent ce dossier documentent un volet de la production artistique de Gilberte Christin de Cardaillac, soit les croquis réalisés sur le vif. Couvrant une quarantaine d'années, ces albums témoignent du développement de sa technique et de certains des sujets qu'elle favorisait.

        Ils contiennent surtout des croquis, mais aussi quelques versions préparatoires et oeuvres plus achevées, réalisés au plomb, à la mine de couleur et à l'aquarelle, parfois par une combinaison de ces procédés. Ils représentent surtout des modèles vivants et des paysages du Québec, notamment de Sainte-Adèle, de Sutton et de Knowlton, de Cap-Saint-Ignace et de la Gaspésie.

        Source du titre : Basé sur le contenu du dossier.

        Langue des documents : Les documents sont en français.

      • P573/B1,3 Aquarelles
      • P573/B1,4 Cartes de voeux
    • P573/B2 Voyages
    • P573/B3 Collections

  • P573/C Amitiés

  • P573/D Photographies

 

Dernière mise à jour : 5 juin 2018