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Fonds Stanley Ferguson (P693)

Extrait d'une lettre de Jacqueline Kennedy à Stanley Ferguson (1919-2011) (détail), 1968. Don de Stanley Ferguson, Fonds Stanley Ferguson P693, M2006.38.6.2 © Musée McCord

« 29 février 1968

Cher M. Ferguson

J'ai passé un week-end inoubliable à Sainte-Agathe et je tiens à vous remercier pour tout ce que vous avez fait.

J'ai appris que vous étiez l'auteur de ces formidables activités, en particulier notre merveilleux déjeuner au cottage de la rivière du Diable et le pique-nique au chalet, tout en haut de la montagne. Sans oublier votre délicate attention de nous prêter tous ces manteaux chauds qui nous ont apporté le plus grand confort.

Jamais mes enfants et moi n'avions pris autant de plaisir à skier. Nous vous serons éternellement reconnaissants pour votre gentillesse.

Mes voeux les plus sincères,

Jacqueline Kennedy »


Imaginez-vous sur les pentes du Mont-Tremblant, entouré de ces hautes cimes et de ses paysages magnifiques. À proximité, un petit groupe de skieurs enjoués dévalent la piste à toute vitesse. Vous amorcez votre descente lorsque Jackie Kennedy, la veuve du président américain assassiné, surgit soudainement devant vous en soulevant un voile de fine poudrerie. Impensable croyez-vous ? C'est pourtant la surprise réservée aux quelques amateurs de ski ayant pu croiser son chemin sur cette fameuse montagne des Laurentides en février 1968, comme en témoigne cette lettre de remerciement adressée à Stanley Ferguson, directeur et vice-président du Mont-Tremblant Lodge. L'endroit, qui connaît un succès fulgurant depuis son inauguration en 1939, compte alors parmi les lieux de rendez-vous mondain de la haute société américaine.

L'ex-First Lady profitait-elle de la nature et des activités sportives pour se détendre et oublier le drame qui la hantait depuis la mort de son mari, John F. Kennedy ? Ou prenait-elle plutôt une pause pour réfléchir à la récente demande en mariage de son ami de longue date, l'ancien ambassadeur de Grande-Bretagne aux États-Unis, David Ormsby-Gore ? Quoi qu'il en soit, souhaitons que ces quelques moments de plaisir, passés au Québec, lui aient procuré suffisamment de repos pour l'aider à affronter le reste de l'année, marquée par le décès tragique de son beau-frère Bobby quelques mois plus tard, puis par son union stupéfiante au milliardaire grec Aristote Onassis.


P693 Fonds Stanley Ferguson. - 1968-1985. - 1,3 cm de documents textuels. - 6 photographies.

Notice biographique

Stanley Ferguson est né à Sainte-Agathe-des-Monts, en 1919. Il est le fils de Janet Powell et William Stanley Ferguson, ancien combattant de la Première Guerre mondiale.

En début de carrière, il occupe divers emplois dans le secteur hôtelier des Laurentides, puis devient gérant du Mont-Tremblant Lodge, établi sur le massif du mont Tremblant. Développé par l'Américain Joseph Bondurant Ryan, cet établissement d'hébergement est la première station de ski d'envergure à être exploitée au Québec. Dès son ouverture, le 12 février 1939, on procède à l'inauguration d'un premier télésiège et de ses huit pistes, qui rendent la montagne accessible aux skieurs. À l'arrivée de Ferguson en 1942, le Mont-Tremblant Lodge compte déjà parmi les endroits les plus prestigieux de la région et attire célébrités et gens de partout au monde.

En 1944, il quitte le Québec et devient directeur résident du luxueux King Edward Hotel, situé dans le centre-ville de Toronto, alors propriété de la chaîne hôtelière canadienne Cardy Hotels Corporation. En 1947, il est muté à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, où il occupe jusqu'en 1950 le poste de directeur général au grand hôtel Alpine Inn. La chaîne hôtelière américaine Sheraton le nomme ensuite directeur des ventes pour ses hôtels canadiens et, après avoir mis en place et organisé ce nouveau service, il déménage brièvement à Niagara Falls, où il est directeur général du General Brock Hotel.

En 1950, sa soeur Edith Victoria épouse Vernon Grandison Cardy, magnat de l'hôtellerie canadienne. Cardy annonce un an plus tard la nomination de Stanley Ferguson à la direction de ses propriétés laurentiennes, soit le Sainte-Adèle Lodge, l'Alpine Inn et le terrain de golf de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson. En 1965, Mary Ryan, la veuve de Joseph Bondurant Ryan, propose à l'homme d'affaires André Charron d'acheter le Mont-Tremblant Lodge. Regroupé en société avec Jean-Louis Lévesque et Roger Beauchemin, il se porte acquéreur de l'établissement, renommé Station Mont Tremblant. La direction et la vice-présidence du domaine skiable sont dès lors confiées à Ferguson, qui retrouve la station après plus de vingt ans. L'hôtelier chevronné aide à redresser la situation financière de l'entreprise, qui accueille une clientèle de plus en plus nombreuse, fidèle et exigeante.

En 1976, il est nommé directeur général de l'Hôtel Sheraton Mont-Royal à Montréal, et poursuit ensuite ses activités à titre de vice-président régional de la chaîne d'hôtels du Canadien Pacifique, alors détentrice du Château Frontenac et du Château Montebello.

Chef de file de l'industrie hôtelière canadienne, Stanley Ferguson s'implique tout au long de sa carrière dans plusieurs domaines. Il compte entre autres parmi les instigateurs d'une entreprise incorporée sous le nom de Laurentian Winter Roads Association, puis au nombre des anciens présidents de la Laurentian Resort Association, du Montreal Hotel Association, de l'Association des hôteliers de la province de Québec et de l'Association des hôtels du Canada. Il est également membre de l'Association internationale de l'hôtellerie et directeur de l'Office des congrès et du tourisme du Grand Montréal. En 2007, il est introduit au Temple de la renommée du Musée du ski des Laurentides, qui souligne sa contribution au développement du ski et à la reconnaissance de ce sport sur la scène internationale.

Il décède à Saint-Sauveur, le 12 août 2011.

Portée et contenu

Ce fonds porte sur Stanley Ferguson, un précurseur de l'hôtellerie canadienne, qui a particulièrement oeuvré dans les secteurs récréatifs et touristiques des Laurentides, mais aussi ailleurs au Québec et en Ontario. Il témoigne des relations qu'il a entretenues au cours de ses activités professionnelles de 1968 à 1985, d'abord en tant que directeur et vice-président de la Station Mont Tremblant, puis comme vice-président régional de la chaîne d'hôtels du Canadien Pacifique.

Le fonds comprend essentiellement de la correspondance produite par différentes personnalités issues des milieux politiques et sportifs. On y trouve des lettres de remerciement signées par l'ancienne première dame des États-Unis, Jacqueline Bouvier Kennedy, ainsi que par le premier ministre du Canada Pierre Elliott Trudeau et son épouse Margaret Joan Trudeau. Ils y soulignent l'organisation irréprochable de leurs séjours respectifs, les conditions de ski magnifiques et les bons moments passés à la Station Mont Tremblant. Le fonds comprend aussi un formulaire, rempli en lettres moulées par la famille Trudeau, demandant que son courrier soit réacheminé au 24, promenade Sussex, à Ottawa. Un programme et un carton d'invitation pour le Gala Performance nous renseignent quant à eux sur la visite et les activités au Canada du président américain Ronald Reagan et de sa conjointe Nancy Robbins Reagan, en mars 1985. On y apprend entre autres que le couple, reçu par le premier ministre Brian Mulroney, a été accueilli dès son arrivée à Québec par Stanley Ferguson au Château Frontenac, où il était hébergé. D'autres lettres, écrites en 1979 et en 1983 par le Norvégien-Canadien Herman « Jackrabbit » Smith-Johannsen, montrent également la relation d'amitié entre les deux hommes. Déjà centenaire au moment où il les envoie, le fondeur y parle de sa santé, de son dernier voyage en Norvège, puis exprime sa gratitude concernant un récent passage au Château Montebello.

Quelques photographies de Stanley Ferguson en ski avec Pierre Elliott Trudeau et à la pêche avec Herman Smith-Johannsen sont aussi conservées dans le fonds. Un portrait officiel, autographié par Trudeau, complète cet ensemble.

Source du titre : Basé sur le créateur du fonds.

État de conservation : La plupart des documents textuels et photographiques sont encadrés.

Source immédiate d'acquisition : Le fonds a été offert au Musée McCord par Stanley Ferguson en 2006.

Langue des documents : Les documents sont en anglais et en français.

Documents connexes :

BAnQ - Vieux-Montréal :Fonds Office des congrès et du tourisme du Grand Montréal (P405)

Musée du ski des Laurentides : Fonds Musée du ski des Laurentides (P01)


Ce fonds est divisé selon les séries suivantes :

 

Dernière mise à jour : 5 juin 2018