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Fonds William John Watts (P663)

Extrait d'une liste des dépenses de William John Watts (1846-1907) (détail), vers 1864. Don de M. Leslie H. Millar, Fonds William John Watts P663, M976.270.1 © Musée McCord

Un trajet calculé à la minute près

« Juin
27............Traversée du 1er tronçon du Nicolet......................0,10
27............Traversée du 2e tronçon du Nicolet.......................0,10
27-28......Mme Hardie à St-Christophe..................................0,80
28...........Timbre-poste...........................................................0,05
28...........Prince[ville] à Somerset..........................................0,35
".............Bière entre Somerset et Inverness..........................0,05
".............Herbe pour cheval à St[e]-Agat[he].........................0,10
28-29.....Nuit à St-Gilles (Jimmy le Fife)................................0,65
29..........Bière à St-Nicolas pour moi et foin pour cheval.......0,12 ½ [...]
".............Bière à Pte-Lévis et foin pour cheval.......................0,12 ½
".............Bateau à vapeur de Pte-Lévis à Québec.................0,10 »


À l'âge de 18 ans, William John Watts quitte Drummondville en juin 1864 pour suivre un cours militaire de trois mois à Québec. Cette formation, basée en partie sur le respect des règles, permet aux officiers ou aux candidats à la milice de se perfectionner dans leurs devoirs et exercices. L'organisation du temps et du matériel semble toutefois déjà fort bien maîtrisée par le jeune homme qui dresse dans cette liste l'itinéraire précis de son voyage et le cumul détaillé de ses dépenses.

Par conséquent, on apprend que le trajet d'une durée de trois jours commença le 27 juin à 14 h 30 exactement. Watts emprunta alors deux traversiers et se rendit à Saint-Christophe-d'Arthabaska, où il arriva à 20 h 15 et passa la nuit chez madame Hardie. Il quitta la municipalité le matin du 28 à 7 h 10, puis fit un arrêt à Somerset (aujourd'hui Plessisville) avant de reprendre la route à 12 h. Il prit une bière entre Somerset et Inverness et fit une courte pause à Sainte-Agathe pour donner de l'herbe à son cheval. Arrivé à Saint-Gilles à 19 h 15, il se posa pour une nuitée chez Jimmy le Fife, avant de repartir le lendemain à 7 h vers Saint-Nicolas. Sur place, Watts s'autorisa un petit repos, pour lui et son cheval, avant de reprendre le traversier à 11 h sur la rivière Chaudière en direction de Pointe-Levy, où il étancha sa soif de quelques bières et embarqua à 14 h à bord du bateau vapeur qui le mena à sa destination finale : Québec. Coût du voyage? 1 livre, 2 shillings et 3 pence.

Avec cette discipline, William John Watts finira par obtenir un statut de vétéran, mais de la politique plutôt que de la guerre, puisqu'il siégera pendant près de vingt ans à l'Assemblée législative, entre 1874 et 1901.


P663 Fonds William John Watts. - 1861-1866, 1900. - 4 cm de documents textuels.

Notice biographique

Né à Drummondville, William John Watts (1846-1907) est le fils de Robert Nugent Watts (1806-1867) et de Charlotte Sheppard (1816-1882). Son père, cousin héritier du fondateur de Drummondville, Frederick George Heriot, est lieutenant-colonel, propriétaire terrien et député de Drummond de 1841 à 1851. Sa mère est l'une des filles de William Sheppard (1784-1867), commerçant et membre du Conseil exécutif, et de Harriet Campbell, fille du notaire du roi Archibald Campbell.

Watts étudie au High School Department de l'Université McGill de Montréal de 1861 à 1866, et à l'école militaire de Québec en 1864. Il est admis au Barreau de la province de Québec en 1869 et exerce sa profession à Drummondville. Il s'implique ensuite dans le monde des affaires et devient propriétaire de moulins.

Il fait le saut en politique en 1874 comme député conservateur élu dans Drummond-Arthabaska, puis comme indépendant en 1875. C'est en tant que libéral qu'il siège en 1878 et 1881, jusqu'à sa démission en 1885 à la suite de l'affaire Louis Riel. Watts est réélu député libéral dans Drummond en 1890, défait en 1892 par J.-P. Cooke, puis de nouveau élu en 1897 et 1900. Il quitte la politique lorsqu'on le nomme registrateur de Montréal-Ouest en 1901, un poste qu'il occupe jusqu'à son décès à l'âge de 61 ans. Il est inhumé à Drummondville.

En 1882, Watts épouse à Drummondville Mary Louisa Millar (1849-1915), veuve de William John Playart (1846-1873). Elle est la fille de Robert James Millar (1815-1877) et d'Elizabeth Ann (Eliza) Robins (1818-1891), ainsi que la soeur de Charles Howard Millar (1856-1939). Le couple a un fils, Robert Watts (1886-1903).

Portée et contenu

Ce fonds témoigne des activités de William John Watts dans la seconde moitié du 19e siècle, alors qu'il est principalement âgé de 15 à 20 ans.

On y trouve d'abord un journal personnel qui recense son quotidien au cours de l'année 1861 et relate, de façon assez succincte, ses loisirs (courses de raquetteurs, fêtes, concerts, etc.), ses occupations scolaires et ses sorties en ville pour faire des achats ou aller à l'église. L'ensemble contient aussi plusieurs documents délivrés durant ses études à McGill, comme un rapport d'absence, des reçus de paiement pour ses droits de scolarité, des cartons d'invitation, des programmes pour le festival annuel des fondateurs, des certificats d'immatriculation, un tableau de classement affichant le nom et le rang des élèves aux examens de Noël 1864, un relevé de notes, ainsi que des cartes d'admission pour le gymnase, la bibliothèque et le Musée de la Société d'histoire naturelle. Le fonds rassemble également des notes concernant ses dépenses et son emploi du temps lors de sa formation à l'école militaire. Deux certificats attestent en ce sens des compétences acquises par l'octroi d'un grade de seconde classe en août 1864, puis d'un grade de première classe en septembre de la même année. De la correspondance provenant de ses parents, de sa soeur Charlotte Watts et de son grand-père William Sheppard témoigne quant à elle de ses relations familiales et traite des activités agricoles ou domestiques de la maisonnée à Drummondville. Les lettres de son père et de sa mère, notamment celles envoyées pour souligner le 20e anniversaire de William John Watts en 1866, font par ailleurs preuve de beaucoup de tendresse et d'affection. À cela s'ajoutent un brevet de confirmation, des factures de vêtements ainsi que des reçus de paiement pour son logement et pour les soins accordés à son cheval.

En outre, le fonds conserve quelques documents liés à Robert Nugent Watts, soit des reçus de paiement et des factures, concernant par exemple une souscription au London Journal, et une lettre signée par le major Charles King. Une prière manuscrite, un certificat postal, une liste de noms et une coupure de presse portant sur le texte « How Charlie Caught Santa Claus » (écrit par Robert Watts à l'âge de 14 ans) complètent cet ensemble.

Source du titre : Basé sur le créateur du fonds.

Source immédiate d'acquisition : Les documents de ce fonds ont été offerts au Musée McCord en 1976 par Leslie Howard Millar, fils de Charles Howard Millar et neveu de Mary Louisa Millar.

Classement : D'abord intégrés au sein de la collection Canadiana (C002), ces documents ont été regroupés en un fonds distinct en novembre 2004.

Langue des documents : Les documents sont en anglais.

Documents connexes : Société d'histoire de Drummond : Collection Famille Millar (P3)

Groupes de documents reliés : Le Musée McCord conserve également les archives de la famille Charles Howard Millar (P431). Une photographie de William John Watts (MP-1974.133.85) fait d'ailleurs partie de cet ensemble.


Ce fonds est divisé selon les séries suivantes :

 

Dernière mise à jour : 5 juin 2018