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Fonds Willie Eckstein (P767)

Extrait d'un feuillet musical de la chanson Montreal Montreal Montreal par Willie Eckstein (1888-1963) (détail), 1951. Don de la Succession Paul Viau, Fonds Willie Eckstein P767, M2014.108.1.1 © Musée McCord

« Pour les gens en quête
De joie et d'humour
Montréal en fête
Les attend toujours...

MONTREAL, MONTREAL, MONTREAL
Partout l'on admire Montréal
Vous voyez vos amis réunis
Allez avec eux vivre la vie
Vous découvrirez la joie dans tous les quartiers
Car dans chaqu' p'tit coin d'la vill' règne la gaieté
MONTREAL, MONTREAL, MONTREAL
Tout l'mond' s'écrie : Hip Hip Hourra MONTREAL [...]

Quand c'est pour vous plaire
Un soir de gala
Pour prendre un p'tit verre
Montréal est là... [...]

Pourquoi la campagne
Pourquoi aller loin
Quand sur la Montagne
On est aussi bien... »

La belle époque des cabarets à Montréal (1920-1970) a été propulsée par la prohibition américaine, entérinée en 1920. Afin de contourner cette loi restrictive, plusieurs artistes de la scène new-yorkaise et d'ailleurs aux États-Unis choisissent de venir faire la fête et de présenter des spectacles dans la métropole québécoise. Montréal devient dès lors un lieu foisonnant pour les touristes et la frénésie artistique atteint des sommets à la fin des années 1940.

Willie Eckstein est non seulement une légende internationale du mouvement musical Ragtime, un pianiste vedette de cinéma muet, qui fait déplacer les foules, mais aussi un remarquable compositeur de chansons populaires; certaines engagées et patriotiques, d'autres plus romantiques ou dansantes. Après un début de carrière à l'étranger auprès des grands noms du vaudeville américain, il choisit de revenir sur les planches montréalaises pour s'y produire avec ferveur pendant plus d'un demi-siècle. Il incarne la période des cabarets dans tout son apogée.

Son attachement très marqué pour sa ville natale lui inspire en 1945 cette ode à Montréal. Il y présente la métropole sous un jour festif, nous faisant revivre l'effervescence d'une époque forte en divertissements.


P767 Fonds Willie Eckstein. - 1877, 1900-1990. - 37 cm de documents textuels. - 187 documents iconographiques. - 1 objets.

Notice biographique

Willie ou Billy (William) Eckstein (1888-1963) est né à Pointe-Saint-Charles le 6 décembre 1888. Ses parents, George Hugo Eckstein (1843-1824), Suédois d'origine, et Wilhelmina Hildebrant (1848-1913), de Prusse, immigrent au Canada en 1879. Le couple a eu 13 enfants, dont plusieurs sont décédés en bas âge. Willie Eckstein est le cadet de la famille. Très doué pour le piano, il donne des concerts devant public dès l'âge de quatre ans. Il reçoit une formation musicale classique, notamment avec Moretzky Upton, un professeur rattaché au conservatoire de l'Université McGill. On lui attribue rapidement le qualificatif d'enfant prodige en le surnommant « The Boy Paderewski », en référence au célèbre pianiste Ignace Paderewski.

Provenant d'une famille aux revenus modestes, il tente sa chance comme pianiste de variétés à Broadway. Par le biais de l'Orpheum Circuit, qui lui offre un emploi, il infiltre l'univers du vaudeville américain et entreprend diverses tournées à travers les États-Unis, le Canada et l'Europe entre l'âge de 12 et 18 ans. Willie côtoie alors des artistes comme Houdini, Nora Bayes et Jack Norworth, en plus d'être vu par les plus grands noms de la musique, dont Paderewski lui-même, Sergei Rachmaninoff, Joseph Hoffman et Vladimir de Pachmann. Les engagements du jeune pianiste varient : il se produit au Karn Hall de Montréal, à l'Exposition nationale canadienne de Toronto, ainsi qu'à la Maison-Blanche aux États-Unis, où il joue une pièce pour le président Theodore Roosevelt.

Après un séjour d'un an en Europe pour parfaire sa formation musicale, il revient à Montréal en 1906 où il amorce sa carrière d'accompagnateur de films muets, d'abord au Lyric Hall puis au Strand Theatre (coin Mansfield et Sainte-Catherine). On dit que « son interprétation est bien souvent plus populaire que le film même ». Celui que l'on surnomme « Mr. Fingers » accompagne des films tels que Birth of a Nation et Intolerance, pour lesquels il crée une atmosphère particulière qui attire les foules. Willie Eckstein travaille également à faire la démonstration de pianos pour la firme J. W. Shaw. En 1919, il accompagne le chanteur Gus Hill sur les ondes de la station radiophonique montréalaise XWA lors de la première émission réalisée en direct en Amérique du Nord.

La prohibition, qui entre en vigueur aux États-Unis à compter de 1920, incite plusieurs artistes new-yorkais à venir s'installer à Montréal, ce qui contribue au foisonnement musical de la ville et à l'apparition d'une multitude de cabarets et de salles de spectacles. Alors que le cinéma muet perd en popularité, Eckstein quitte le Strand Theatre en 1930 et travaille comme musicien dans plusieurs de ces salles, telles que le Piccadilly (coin Saint-Alexandre et Mayor), l'Outremont (coin Bernard et Champagneur), le Carioca (688, rue Sainte-Catherine Ouest) - dont Willie a été le gérant pendant un moment -, le Belmont (coin Mont-Royal et Saint-Laurent), l'Amherst (coin Sainte-Catherine et Amherst), le Rivoli (coin Saint-Denis et Bélanger), le Corona (coin Notre-Dame et Charlevoix), le Seville (coin Sainte-Catherine et Chomedey) et le Granada (coin Sainte-Catherine Est et Morgan).

Tout au long de sa carrière, Willie Eckstein s'investit principalement dans le ragtime et le « novelty piano », des mouvements rattachés à celui du jazz. L'auteur-compositeur travaille en collaboration avec diverses figures marquantes de la musique, tels Beatrice Lillie (Béatrice Little), Nora Bayes, Jack Norworth, Harry Thomas (Reginald Thomas), Robert Langlois et Vera Guilaroff. Il fait aussi partie de différentes formations musicales, comme l'Eckstein Jazz Band (Eckstein Jazz Orchestra), un des premiers groupes de jazz de Montréal, dirigé par son frère Jack Eckstein, violoniste, le William Eckstein Trio, un orchestre instrumental, ainsi que le Piano Ramblers, un duo composé du pianiste et de Vera Guilaroff. Willie Eckstein interprète et compose également plusieurs pièces musicales à saveur patriotique, entre autres à l'intention de la reine Elizabeth II, du gouverneur général Vincent Massey et du premier ministre John Diefenbaker. Il fait aussi plusieurs apparitions à la radio et à la télévision.

Au mois de mai 1963, les nombreux amis et admirateurs du musicien organisent une soirée en vue de commémorer sa longue carrière. Il y livrera sa dernière interprétation publique. Plus tard, cette même soirée, Willie Eckstein est victime d'un accident vasculaire cérébral qui l'emportera quatre mois plus tard, le 23 septembre. Le pianiste décède à l'âge de 74 ans, laissant dans le deuil son épouse Catherine « Kitty » Casey ([1896?]-1979), un frère, Jack, deux soeurs, Mme H. L. Scott de Toronto et Mme Charles Smith de Boston, ainsi que trois neveux, George W., Fred N. et John B. Eckstein, tous de Montréal.

Willie Eckstein a été intronisé au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens en 2006.

Portée et contenu

William Eckstein a été une figure marquante dans l'histoire culturelle de Montréal dans la première moitié du 20e siècle. Précurseur dans le domaine musical, c'était aussi un être marginal, rempli d'humour et doté d'une forte personnalité. Il a sans conteste largement influencé son époque.

Les documents conservés dans ce fonds nous permettent de retracer les activités professionnelles du pianiste, ses relations de travail, ses engagements et ses réalisations, mais aussi sa vie personnelle dans toute sa spécificité. On y trouve de la correspondance et des cartes de souhaits, deux gravures en relief, des certificats, une serviette de table, des images pieuses, des livrets de prières, des ententes et des contrats, des affiches, des pamphlets, des cartes professionnelles, une pochette de disque, un programme, des paroles de chansons, des partitions musicales et des ébauches, de nombreuses coupures de presse, deux dessins à la mine de plomb, 16 cartes humoristiques et érotiques, ainsi qu'un menu de restaurant annoté. Des accusés de réception et des lettres d'appréciation en provenance notamment du Consulat américain, du gouvernement canadien et du palais de Buckingham soulignent la notoriété de Willie Eckstein, qui dédia au cours de sa carrière plusieurs chansons au roi Georges V, au président Roosevelt, à sir Winston Churchill, ainsi qu'à la reine Elizabeth. Un portfolio offert en édition limitée, illustré des documents de reddition signés à Lüneburg, à Reims, à Berlin et à Tokyo à la fin de la Seconde Guerre mondiale, montre également le soutien du musicien à différentes causes, comme les campagnes d'emprunt de la Victoire du Canada. À cela s'ajoute le testament manuscrit de William Eckstein, daté de 1939, des documents produits à la suite du décès de ce dernier le 23 septembre 1963 - tels qu'une facture de soins médicaux, un certificat de crémation et un livre de condoléances - , des lettres, des factures et des reçus conservés par Kitty Eckstein au cours des années 1960 et 1970, et quatre spicilèges extrêmement riches en renseignements qui témoignent de la popularité et de la renommée précoce du pianiste. Trois de ces spicilèges portent essentiellement sur la vie professionnelle de Willie Eckstein, indiquant les différentes villes canadiennes et américaines dans lesquelles il s'est produit au cours de sa carrière, tandis que le quatrième est attribué à Charles Summers (ou Chas), membre de l'Eckstein Jazz Band et grand ami de Willie.

Le fonds contient également un lot de 29 négatifs et de 138 photographies argentiques de divers formats qui documentent pareillement la vie privée et professionnelle du pianiste sur une période allant essentiellement de 1940 à 1963. Certaines images se distinguent des autres, comme celles du défilé de l'armistice en 1918 au coin des rues University et Sherbrooke, de la sollicitation pour l'effort de guerre 1940-1945 et des pianos Quidoz Concert, une autre compagnie pour laquelle Willie Eckstein a travaillé comme représentant. On y trouve aussi des photographies de vedettes dédicacées et des instantanés montrant le musicien avec son épouse Kitty, ses amis ou son chien Casey.

Source du titre : Basé sur le créateur du fonds.

Collation : Les documents iconographiques rassemblés dans ce fonds sont composés de deux gravures en relief, deux dessins à la mine de plomb, 16 cartes imprimées, 29 négatifs et 138 photographies argentiques de formats divers.

Source immédiate d'acquisition : Au décès de Willie, les documents rassemblés dans ce fonds ont été conservés par son épouse Catherine Casey « Kitty » Eckstein. Suite au décès de cette dernière en 1979, les documents sont passés aux mains de Paul Viau. En 2015, la succession de Monsieur Viau a offert ce précieux corpus au Musée McCord.

Langue des documents : Les documents sont en anglais, en français, en suédois et en arabe, mais surtout en anglais.


Le fonds est divisé selon les séries et sous-séries suivantes :

  • P767/A Vie personnelle

  • P767/B Vie professionnelle
    • P767/B1 Ententes, contrats et correspondance. - 1909-1964. - 2 cm de documents textuels.

    • Documents numérisés
    • Portée et contenu : Cette sous-série témoigne des relations de travail et des engagements professionnels du pianiste Willie Eckstein. On y trouve principalement des ententes, des contrats et de la correspondance rédigés entre 1909 et 1964.

      Ces documents font état de la propriété intellectuelle de certaines oeuvres de l'artiste, mais aussi de réunions, de répétitions et de rencontres avec ses employeurs et ses collaborateurs. La sous-série contient par exemple une entente signée en 1948 par René Bastien, propriétaire du Château Ste-Rose à Laval, attestant de l'embauche de William Eckstein comme pianiste et chef d'orchestre pour une période d'un an au salaire de 150 $ par semaine. Un contrat conclu en 1951 témoigne quant à lui de redevances versées à Pat Di Stasio et « Billy » Eckstein par Les Éditions du Passe-Temps en échange de la cession de leurs droits d'auteurs pour la composition intitulée Bonsoir Chérie. Dans le même ordre d'idées, un certificat d'enregistrement émis en 1952 en vertu de la loi canadienne sur le droit d'auteur identifie Eckstein comme étant le créateur original et le titulaire du droit d'auteur de l'oeuvre Follow the Birds to Victoria, B.C. De la correspondance de la part de Bert Pearl de l'émission radiophonique The Happy Gang diffusée sur le réseau CBC, de l'auteur-compositeur Alex Kramer de la société new-yorkaise Kramer-Whitney, et des maisons Music Publisher Holding Corporation (New York) et Liberty-Bell Music Publishing Co. (Brooklyn), rendent compte de démarches effectuées auprès de diffuseurs et d'éditeurs de musique, afin de promouvoir entre autres les chansons Sweet Kitty Casey et It's Easter Again.

      Compositeur de circonstance, Willie Eckstein dédia plusieurs chansons au roi Georges V, au président Roosevelt, ainsi qu'à sir Winston Churchill. De la correspondance confirme en ce sens la réception d'enregistrements ou de partitions par le consulat américain, le gouverneur général du Canada, la secrétaire de Winston Churchill, le château de Balmoral et le palais de Buckingham. La sous-série renferme aussi des mots de remerciement et d'appréciation de la part du Unity Club et de patients de l'Hôpital général de Montréal. Des lettres signées par le premier ministre John Diefenbaker et par le chef de l'opposition, Lester Bowles Pearson, en 1959 montrent par ailleurs l'intérêt de ces derniers pour l'oeuvre musicale Queen of Canada, un hommage composé par Eckstein à l'occasion de la tournée de la reine Elizabeth II au Canada. La sous-série contient en outre un carton d'invitation au bal donné à l'hôtel Reine Elizabeth de Montréal le 25 juin 1959 dans le cadre de cet événement, ainsi que plusieurs cartes de voeux de la part du premier ministre du Québec Jean Lesage, du maire de Montréal Jean Drapeau, ainsi que de John Diefenbaker et Lester Bowles Pearson, lors de leurs mandats respectifs en tant que premier ministre du Canada. Les appuis reçus par l'artiste tout au long de sa carrière sont résumés dans une lettre manuscrite qu'il adresse en 1961 au Conseil [des arts] du Canada dans le but d'obtenir une bourse de la part de l'institution afin de poursuivre ses activités.

      Source du titre : Basé sur la nature des documents.

      Langue des documents : Les documents sont en anglais et en français, mais surtout en anglais.

    • P767/B2 Programmes de concert et publicités

    • P767/B3 Oeuvres musicales. - 1938-1960. - 2,5 cm de documents textuels.

    • Documents numérisés
    • Portée et contenu : Cette sous-série témoigne de l'œuvre musicale de Willie Eckstein composée au milieu du 20e siècle. Elle est principalement constituée de paroles de chansons, de partitions musicales et d'ébauches - souvent incomplètes - qui nous renseignent plus largement sur la production artistique du pianiste.

      L'oeuvre de Willie Eckstein s'avère à la fois festive, romantique, patriotique, partisane et engagée. Parmi les partitions de musique en feuilles que comporte la sous-série, mentionnons par exemple Goodbye Sunshine, Hello Moon, tirée de la revue de 1919 des Ziegfeld Follies, The Alouette Song (1955), composée pour encourager l'équipe de football montréalaise, l'ode à l'ambiance festive de la métropole Montreal, Montreal, Montreal (1945), dont la version française est signée Pat di Stassio (di Stasio), The Red Cross, dédiée à la Croix-Rouge canadienne, et la pièce instrumentale Beautiful Thoughts, dont la couverture est illustrée par une photo de la princesse Margaret au piano. Eckstein exprime son patriotisme par des chansons telles que Jean Canuck en Angleterre, A Toast to the King and Queen (1939), composée en hommage au roi George VI et à la reine consort Elizabeth, et Queen of Canada, écrite à l'occasion de la visite royale d'Elizabeth II. La guerre marque aussi son oeuvre, comme l'attestent les titres Our Hats off to Canada (1942), Churchill & Roosevelt (1942), Cheers for the C.P.C. (1942), The Song That Leads to Victory (1945), Make it Final Victory (1945), ainsi que l'hymne à la démocratie The « V » Song (1941). Certaines partitions sont autographiées par l'artiste, dont une adressée spécialement à Barbara Layton.

      La sous-série comprend également des paroles de chansons tapuscrites, parfois annotées et souvent en plusieurs exemplaires. Parmi celles-ci, figurent les chansons Follow the Birds to Victoria B.C., De Ballet, Got a Date at the Bee-hive in the Berkeley Hotel, McGill-McGill-McGill, qui célèbre la renommée de la célèbre institution, Strollin'on the Mountain (édition spéciale Kiwanis) et sa version française En allant à la montagne, la chanson grivoise T'was the Night Before Christmas et Win the War. On trouve, au dos d'un exemplaire de It's Easter Again, les paroles manuscrites de la chanson The World Situation, dans laquelle sont énumérés les malheurs et les tensions politiques qui marquent son époque. Quelques chansons romantiques font aussi partie de l'ensemble, dont With a Song in my Heart and a Tear in my Eye, It's O.K. by Me-If it's O.K. by You et un fragment de When You Come to the [End of the Day]. Eckstein exprime son amour pour sa femme Catherine Casey à travers la chanson Kitty, Sweet Kitty Casey.

      La sous-série renferme également des ébauches et des notes manuscrites, dont les paroles de la chanson Casey, rangées dans une chemise décorée par des autocollants. À cela s'ajoutent des listes de chansons et des extraits de discours prononcés respectivement par Winston Churchill devant le Congrès américain le 26 décembre 1941 et par Franklin D. Roosevelt le 8 décembre 1941, au lendemain de l'attaque de Pearl Harbor.

      Source du titre : Basé sur la nature des documents.

      Langue des documents : Les documents sont en anglais.

    • P767/B4 Influences et répertoires musicaux

    • P767/B5 Spicilèges. - [1877-1954]. - 19 cm de documents textuels
    • Portée et contenu : Cette sous-série est constituée de quatre spicilèges, dont trois sont consacrés à Willie Eckstein. Ces recueils, extrêmement riches, rassemblent des cartes postales, de la correspondance, des billets d'entrée, des prospectus, des cartons d'invitation, des programmes de concert et des coupures de presse. Ils révèlent la notoriété du pianiste et permettent de documenter ses activités professionnelles et philanthropiques, de même que ses amitiés et ses relations familiales.

      Un spicilège couvre les premières années de la carrière de Willie Eckstein, principalement de 1900 à 1925. Il rassemble des cartes postales, de la correspondance, des billets d'entrée, des cartons d'invitation, des programmes de concert et des photographies. Il montre la popularité hâtive du pianiste, à travers notamment plusieurs articles qui le dépeignent comme un enfant prodige. On y trouve en outre un bricolage du jeune Willie Eckstein offert à ses parents, une lettre de son frère August, une aquarelle de sa soeur Clara et le résumé d'une visite à Washington rédigé par son père George Hugo Eckstein. Un deuxième album, composé de coupures de presse, de correspondance, de programmes de concerts et de partitions musicales, documente la carrière du pianiste, principalement durant les décennies 1920 et 1930. Il fait état de concerts donnés par Willie Eckstein dans plusieurs salles de spectacles montréalaises ou pour le compte de riches familles de la métropole. Plusieurs documents témoignent également de sa participation à des événements et des spectacles-bénéfices au profit de clubs, de ligues sportives et d'œuvres de charité. Le spicilège contient en outre des photographies de Willie Eckstein à différentes époques de sa vie ainsi que des notes généalogiques sur sa famille. Un troisième spicilège, moins volumineux, contient des coupures de presse rassemblées par l'artiste entre 1938 et 1954. Il témoigne principalement de prestations données par Eckstein, dont certaines en l'honneur des soldats et des vétérans, et de la présentation de sa chanson The « V » Song, composée dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale. L'album contient par ailleurs une lettre d'un journaliste du Toronto Star datée du 23 mai 1942 et une photographie de l'artiste prise lorsqu'il était jeune garçon.

      Le quatrième spicilège est l'oeuvre du pianiste et organiste Charles Summers, surnommé « Chas », un ami proche de Willie Eckstein. Ce recueil imposant, intitulé par son auteur « Ma vie est (presque entièrement) entre vos mains (mes excuses à Eddie Cantor) », rassemble de nombreuses coupures de presse, de la correspondance, des partitions musicales et des photographies, ainsi que les témoignages de plusieurs amis et célébrités. Il rend compte des intérêts et des activités professionnelles du musicien, dont plusieurs prestations données en tant que membre du Eckstein Jazz Orchestra en l'honneur des vétérans de la Première Guerre ou lors de bals et d'événements tenus par divers organismes, clubs et associations. Les souvenirs compilés par Summers sont agrémentés d'annotations, de croquis et de collages qui font de l'ouvrage un reflet de la personnalité excentrique de l'artiste.

      Source du titre : Basé sur la nature des documents.

      Dates de création : Plusieurs documents contenus dans les spicilèges sont non datés.

      État de conservation : Les documents sont fragiles et leurs pages sont friables.

      Langue des documents : Les documents rassemblés dans les spicilèges sont en anglais, en français, en suédois et en arabe, mais surtout en anglais.

      • M2014.108.1.3 Scraps [spicilège]. - 1901-1941, surtout 1919-1937. - 1 document textuel ; 39,5 x 26,5 cm.

      • Document numérisé
      • Portée et contenu : Ce spicilège retrace la carrière de Willie Eckstein, principalement durant les décennies 1920 et 1930. Outre des coupures de presse faisant la promotion de ses concerts dans des salles de spectacles montréalaises (Piccadilly, Empress, Loews, Carioca, Strand, Rivoli, Corona, Château Sainte-Rose, etc.), d'autres publicités annoncent aussi ses prestations au thérémine dans des commerces de la ville comme Eaton's, Lavigueur et Hutchison ou C. Robitaille.

        Ce recueil contient également de la correspondance relatant les concerts privés donnés par Willie Eckstein pour de riches familles de Montréal, comme celles de Sir Mortimer Barnett Davis ou Sir Hugh Andrew Montagu Allan, à l'occasion des visites du Prince de Galles (1919) ou du Prince et de la Princesse Takamatsu du Japon (1931).

        D'autres lettres et programmes de concerts nous renseignent sur les qualités de philanthrope du pianiste, qui participe à des spectacles-bénéfices pour différentes oeuvres de charité tels l'Hôpital Shriners, l'Hôpital Grace Dart, l'oeuvre de Soeur Bonneau ou la Junior League.

        Des partitions musicales de la période de la Seconde Guerre mondiale illustrent aussi le côté patriotique de l'artiste à travers ses compositions intitulées Churchill and Roosevelt, Cheers for the C.P.C. ou The "V" Song.

        Enfin, le spicilège contient des photographies de Willie Eckstein à différentes époques ainsi que des notes généalogiques sur sa famille.

        Source du titre : Basé sur le titre du document.

        Langue des documents : Les documents rassemblés dans le spicilège sont en anglais et en français, mais surtout en anglais.

      • M2014.108.1.4 Scraps [spicilège]. - [ca 1893], 1938-1942. - 1 document textuel ; 40 x 28,2 cm.

      • Document numérisé
      • Portée et contenu : Rassemblé au milieu du 20e siècle par Willie Eckstein, soit entre 1938 et 1942, ce spicilège contient des documents liés aux activités professionnelles du pianiste. Outre la lettre d'un journaliste du Toronto Star et une photographie de l'artiste prise lorsqu'il était jeune garçon, l'album est essentiellement composé de coupures de presse témoignant des performances de Willie Eckstein pour les soldats, les vétérans et les oeuvres de charité. On y fait notamment la publicité de sa chanson The « V » Song, un hymne à la démocratie qui se voulait un signe de ralliement en opposition à la montée du fascisme en Europe au cours de la Seconde Guerre mondiale. Les articles de presse identifiés proviennent de journaux francophones et anglophones tels que le Montreal Daily Herald, le Toronto Daily Star, The Monitor et La Patrie.

        Source du titre : Basé sur le titre du document.

        Langue des documents : Les documents rassemblés dans le spicilège sont en anglais et en français, mais surtout en anglais.

      • M2014.108.1.5 Ma vie est (presque entièrement) entre vos mains (mes excuses à Eddie Cantor) [spicilège]. - 1917-1931. - 1 document textuel ; 46,5 x 36 cm.

      • Document numérisé : Partie 01 - Partie 02 - Partie 03
      • Portée et contenu : Ce spicilège a été compilé par l'ami très proche de Willie Eckstein, Charles Summers, surnommé aussi « Chas ». Pianiste et organiste, il fait d'abord partie du Eckstein Jazz Orchestra avec Jack, le frère de Willie, mais il se produit plus tard en duo avec ce dernier dans de multiples salles de spectacle montréalaises. Leur amitié perdure tout au long de leur vie, même une fois Charles Summers déménagé à Buffalo. Le spicilège contient des souvenirs qu'il a lui-même apposés et annotés à cet album, comme des coupures de presse, des partitions musicales et des photographies, mais où sont joints aussi les témoignages de plusieurs amis et célébrités, dont la comédienne Texas Guinan, le chanteur jazz Del Porter, le compositeur et pianiste Russel Robinson et le prestidigitateur Monsieur Bokou.

        Chas donne l'impression d'être un personnage excentrique et ce document semble illustrer à merveille sa personnalité extravagante et très sociable, reflétant par le fait même toute la frénésie de la vie de cabarets, tant à Montréal qu'aux États-Unis. Plusieurs croquis, collages et articles satiriques viennent complémenter ledit album

        Source du titre : Basé sur le titre du document.

        Titres parallèles et compléments du titre : Le titre original du document est : « My life is (mostly) in your hands » (with apologies to Eddie Cantor).

        Langue des documents : Les documents rassemblés dans le spicilège sont en anglais et en français, mais surtout en anglais.

        Note générale : Pour des raisons que nous ignorons, ce spicilège est demeuré en la possession de Willie Eckstein. Charles Summers écrit à son ami en 1959 pour lui demander de lui rapporter le document lors de sa prochaine visite à Buffalo.

    • P767/B6 Journaux et coupures de presse

  • P767/C Photographies

 

Dernière mise à jour : 29 mars 2019