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Fonds de la famille Leclère (Leclerc) (P731)

Extrait de la carte anthropologique de Pierre-Édouard Leclère (1822-1892) (détail), 1862. Don de Mme Aude Nantais Picher Tremblay, Fonds Famille Leclère P731, M2010.34.1.1.5.1 © Musée McCord

Dans la tête de Pierre-Édouard Leclère

"Prédispositions constitutives pour
Honnêteté,.......................................6 Chasteté,.......................................5
Application,.....................................6 Courage,........................................6
Discrétion,......................................5 Autorité,.........................................6
Éducation,......................................6 Notoriété,.......................................6"


On sait très peu de choses de Pierre-Édouard Leclère, fils de l'illustre notaire et surintendant de police du même nom. Pourtant, cette « carte anthropologique » produite en 1862 par le Dr J.D. Haynes, phrénologiste et physiognomoniste installé à Montréal, a la prétention de nous fournir un éclairage inédit sur la personnalité de l'homme de Saint-Hyacinthe. On y apprend, entre autres, que Leclère a une propension élevée à la bienveillance, à la gaieté et à la combativité, un tempérament plus bilieux que flegmatique, un talent inné pour les mathématiques et la politique, ainsi qu'une prédisposition moyenne à souffrir de maladies telles que l'hépatite et la cirrhose.

Si son approche « scientifique » a de quoi faire sourire aujourd'hui, la phrénologie, élaborée par le médecin Franz Joseph Gall (1758-1828), est une théorie qui a connu une certaine vogue dans l'Europe et l'Amérique du Nord de la première moitié du 19e siècle. Elle suppose que des aptitudes mentales, affectives et morales d'une personne peuvent être induites par la forme de son crâne, qui serait elle-même conditionnée par le développement de certaines fonctions cérébrales. Les avancées de la médecine au cours de la deuxième moitié du 19e siècle auront progressivement raison de cette « science des bosses » qui occupe une place à part, et pour le moins controversée, dans l'histoire des neurosciences.


P731 Fonds Famille Leclère (Leclerc). - [1750-1949]. - 9 cm de documents textuels. - 282 photographies. - 2 objets.

Notice biographique

Le fonds porte sur la famille Leclère, dont certains membres ont marqué la vie publique de Montréal, mais également du Bas-Canada, du Canada-Uni et de la Province de Québec. La plupart d'entre eux ont résidé à Montréal ou dans les régions environnantes, notamment à Saint-Hyacinthe.

Pierre-Édouard Leclère (père) est né le 10 février 1798 à Montréal. Il est le fils de Pierre Leclère, dit Lafrenaye, et de Marie-Anne Bourg. En 1820, il épouse Marie Josephte (ou Josette) Castonguay avec qui il a 17 enfants, dont Pierre-Édouard (fils), Charles Ambroise et Georges Samuel.

Sa carrière de notaire commence en 1813, par une formation auprès de trois clercs influents au sein de l'Assemblée législative du Bas-Canada : les maîtres Louis Chaboillez, Jean-Marie Mondelet et André Jobin. Il obtient sa commission en 1825 et ouvre une étude à Montréal, où il pratiquera jusqu'en 1840.

Nommé surintendant de la police de Montréal en 1830, Pierre-Édouard Leclère a pour tâche de réorganiser la police devant la montée en influence des parlementaires patriotes, aux idées desquelles il est fermement opposé. Dans les années qui suivent, il établit des réseaux d'infiltration du Parti patriote et participe activement à la répression du mouvement, poursuivant les rebelles (réels ou supposés) jusqu'à la frontière américaine. Il est ensuite promu juge de paix et prend part à la Commission des indemnités, qui se penche sur le sort des victimes de l'armée lors de la répression des soulèvements patriotes.

Pierre-Édouard Leclère devient propriétaire des journaux Canadian Spectator, à partir de 1826, et L'Ami du peuple, de l'ordre et des lois de 1832 à 1836. Ce dernier joue un rôle crucial dans la diffusion des idées loyales. Leclère fonde aussi le Journal du commerce en 1835.

En 1840, il quitte Montréal pour Saint-Hyacinthe, où il oeuvre comme notaire jusqu'à 1859 au moins. Il y assume également la fonction de « magistrat stipendiaire », jusqu'en 1843, et celle de président de la Société d'agriculture du Bas-Canada, tout en étant actionnaire de la Société de navigation de la rivière Richelieu à partir de 1845. Pierre-Édouard Leclère décède à Montréal, en 1866.

Pierre-Édouard Leclère (fils) (1822-1892) épouse Henriette Brewer (1835-1924) en 1857. Le couple habite Saint-Hyacinthe et a deux enfants : Pierre Édouard et Alphonse Édouard.

Charles Ambroise Leclère (1825-1870?) étudie au Séminaire de Saint-Hyacinthe pendant les années 1840 et épouse Élizabeth Archambault en 1859.

Comme son frère, Georges Samuel Leclère (1827-avant 1907) étudie au Séminaire de Saint-Hyacinthe pendant les années 1840, puis épouse Corinne Turgeon (1832-1907) en 1855. Plusieurs enfants sont nés de cette union, dont Marie, Charles, Gustave-Louis, Georges Ovide, Eugène et Hélène. Résidant de Saint-Hyacinthe, Georges Samuel Leclère est nommé secrétaire du Conseil d'agriculture de la Province de Québec en août 1869.

Georges Ovide Leclère (1865-1900) est le fils de Georges Samuel Leclère et de Corinne Turgeon. Bien qu'il soit inscrit à la Faculté de médecine de l'Université Laval (section de Montréal) au début des années 1880, c'est plutôt dans le domaine de la finance et du commerce qu'il fait carrière. En 1892, il est employé de banque lorsqu'il épouse Yvonne Mathieu (vers 1873-après 1921), fille d'Adolphe Mathieu (vers 1849-?), avocat, et de Marie Louise Desjardins. Le couple a cinq enfants. Georges Ovide Leclère est également associé avec Eugène, son frère, dans Leclère Bros., une société spécialisée dans le commerce de chaussures. Il décède prématurément en 1900.

Portée et contenu

Ce fonds porte sur la famille Leclère et sur certaines familles affiliées, dont les Mathieu et les Desjardins. Il témoigne de la vie personnelle et familiale, de même que des activités professionnelles de membres de l'élite bourgeoise francophone du 19e siècle.

La vie professionnelle de Pierre-Édouard Leclère (père) est illustrée par de la correspondance, échangée notamment avec Édouard E. Rodier, et deux textes d'allocutions prononcées en son honneur en 1842 lors de sa nomination comme magistrat de police à Montréal. Des actes de baptême et de sépulture révèlent en outre les événements ayant marqué sa vie privée.

Le fonds contient plusieurs écrits produits par Georges Samuel Leclère dans le cadre de ses études classiques au Séminaire de Saint-Hyacinthe, de 1843 à 1845. Les compositions témoignent notamment de ses classes d'Humanités et de Rhétorique. La correspondance de Georges Samuel Leclère et de son épouse Corinne Turgeon porte principalement sur des sujets familiaux, alors que quelques actes légaux nous informent sur les activités professionnelles de Georges Samuel, de même que sur les finances et avoirs (surtout fonciers) du couple.

Les archives de Pierre-Édouard Leclère (fils) comptent une carte anthropologique réalisée par le médecin J.D. Haynes en 1862, et dans laquelle sont décrits certains traits de personnalité et pathologies révélés par la forme de son crâne et sa physionomie.

On y trouve également une abondante correspondance entre Georges Ovide Leclère et son épouse Yvonne Mathieu. La vie personnelle et familiale est au cœur de ces écrits épistolaires, qui témoignent de la relation entre les deux époux, mais aussi des rapports qu'entretenait Georges Ovide avec son père et son frère Gustave, et des rapports d'Yvonne Mathieu avec ses parents et son beau-frère. Un contrat de société produit en août 1900 décrit, par ailleurs, des termes de l'association de Georges Ovide et Eugène Leclère dans l'entreprise Leclère Bros., spécialisée dans le commerce de chaussures.

Le fonds comprend 282 photographies représentant surtout des membres de générations tardives de la famille Leclère, mais aussi plusieurs individus qui ne sont pas identifiés. S'y trouvent également des portraits de politiciens et d'amis de la famille. Une médaille ornée d'une photographie d'Honoré Mercier et un cadre en cuir pour la présentation de cartes cabinet complètent cet ensemble documentaire.

Source du titre : Basé sur les créateurs du fonds.

État de conservation : Plusieurs documents sont fragiles et fissurés.

Source immédiate d'acquisition : Le fonds a été offert par Aude Nantais Picher Tremblay au Musée McCord en 2010.

Langue des documents : Les documents sont en français et en anglais.

Note générale : La collection Costume, mode et textiles du Musée McCord conserve une parure (M2010.34.21.1-4) et une broche (M2010.34.22) provenant de la famille Leclère.


Ce fonds est divisé selon les séries suivantes :

 

Dernière mise à jour : 1er mars 2018