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Fonds Gordon Bryson (P672)

Extrait d'un bon de commande du magasin général de Brysonville (détail), 1934. Don de M. Selkirk J. Bryson, Fonds Gordon Bryson P672, M2005.75.1.1 © Musée McCord

Dans le potager des habitants de Brysonville

«2.......lbs........... Beans.... Montreal Wax.,,....... .19.......... 38
2........ " ................."........ Stringless Green...... .17.......... 34
3........ " .............Peas...... Blue Bantam............ .20.......... 60
2........ " .................".........American Wonder..... .20.......... 40
5........ " ............Swede Turnip Elephant............. .32..... 1.. 60
3........ " ............[Mangels] Mammoth Long Red.. .26.......... 78
3........ " ................." ........Giant Rose Sugar...... .26.......... 78 »


Destinées à la consommation humaine et animale, les semences aux noms colorés qui figurent sur cette liste sont fournies par la célèbre entreprise montréalaise William Ewing Company Limited. Elles remplissent l'un des nombreux bons de commande que compte le fonds d'archives de Gordon Bryson, ancien marchand général de Brysonville (Montérégie). Certaines des variétés qui s'y trouvent, tels le haricot « Stringless Green » et le pois « Blue Bantam », sont toujours des favorites des potagers québécois. D'autres comme le haricot « Montreal Wax », une variété hâtive à longue cosse jaune spécialement développée par William Ewing, semblent avoir disparu du marché après la fermeture de la compagnie en 1963.

S'il ne représente qu'un échantillon de l'offre du magasin général de Brysonville, ce document nous rappelle néanmoins qu'au début de la décennie 1930, la culture maraîchère et l'élevage occupaient encore une place essentielle dans la subsistance de ce hameau du Haut-Saint-Laurent.


P672 Fonds Gordon Bryson. - 1916-[avant 2005]. - 5 cm de documents textuels. - 7 photographies.

Notice biographique

Gordon Bryson est né en 1885 à Brysonville, dans Le Haut-Saint-Laurent. Il est le fils de James Bryson (1850-1921), cultivateur, et de Catherine McClintock (1850-1939). Enfant, il fréquente la petite école de rang située sur la ferme voisine, la McCormick's School. Le 16 juin 1916, il épouse Mary Ann Cairns (1877-1959). Originaire du hameau de Cairnside ou Saint-Pierre, celle-ci a étudié au moins deux ans à l'école de Fertile Creek. Le couple n'a qu'un seul enfant, Selkirk James (1917-2009). Ce dernier se marie en 1942 à Verna Olive Cullen (1920-2005).

Comme son nom l'indique, le hameau de Brysonville (aussi appelé Bryson ou Bryson's) a été baptisé en l'honneur de la famille autour de laquelle il s'est développé. Ce hameau, qui fait partie de la paroisse de Très-Saint-Sacrement, est situé du côté sud de la rivière Châteauguay, à mi-chemin entre les villages de Howick et Ormstown. Agglomération essentiellement agricole à ses débuts, Brysonville doit son expansion en grande partie à la présence du chemin de fer du Grand Tronc, qui la traverse à partir de 1883. Une gare y voit le jour sous le nom de Bryson's Station (parfois désignée comme Point Round Station), puis sont également construits dans le voisinage un réservoir à eau pour alimenter la chaudière des locomotives à vapeur et un pont ferroviaire enjambant la rivière Châteauguay (désigné comme Point Round Bridge). Un bureau de poste est aussi ouvert dans la gare du hameau à compter de 1899.

La date à laquelle le magasin général de Brysonville commence ses activités n'est pas connue. En plus des cultivateurs locaux, le commerce approvisionne l'équipage des trains qui s'arrêtent dans la petite localité. D'abord cultivateur comme son père, Gordon Bryson fait l'acquisition du magasin auprès d'un fermier voisin qui a fait faillite. La transaction, qui a probablement eu lieu dans les années 1920, est suivie de l'ouverture à proximité de l'entreprise d'une station d'essence alimentée par la compagnie pétrolière Shell.

Après le décès de Gordon Bryson, survenu le 12 décembre 1944, sa veuve Mary Ann Cairns prend en main l'administration du commerce. Peu de temps après, en 1948, la gare de Brysonville cesse ses opérations et son bureau de poste déménage au magasin général. William Cairns, frère de Mary Ann, y travaille comme maître de poste jusqu'en 1956, date à laquelle l'entreprise ferme ses portes.

Portée et contenu

Ce fonds porte principalement sur les activités de Gordon Bryson comme marchand général dans le hameau de Brysonville. Il documente autant l'offre de son commerce et les prix des produits que l'identité de ses clients. Il brosse un tableau intéressant de la consommation en milieu rural, en particulier dans un hameau dont le développement est tributaire de la présence du chemin de fer. Cet ensemble documentaire couvre une période de près de vingt-cinq ans, soit de la fin des années 1920 au début des années 1950.

Des bons de commande et factures émis entre 1932 et 1952 documentent l'approvisionnement en marchandises et quelques-uns des principaux fournisseurs du magasin général. Ils illustrent la variété de l'offre, qui inclut notamment des produits alimentaires, des combustibles, des médicaments, des vêtements et chaussures et de la quincaillerie, mais nous informent également sur les fournisseurs, qui sont situés en majorité à Montréal. Parmi ceux-ci, mentionnons Forbes Brothers - Wholesale Grocers, William Ewing Co. - Seed merchants, Birks, Corner & Co. - Wholesale grocers & tea importers, ainsi que Frothingham Starke Seybold.

Des livrets de factures montrent un échantillon des produits vendus et des prix à la consommation de 1929 à 1931, en plus de mentionner le nom de la plupart des clients. On trouve également deux certificats d'inspection d'équipement de pesage émis en 1928 et 1931 par l'Inspecteur des poids et mesures (gouvernement fédéral).

Le fonds compte par ailleurs sept photographies. Les portraits de Mary Cairns et de Gordon Bryson y côtoient les images de Brysonville, du magasin général et de la station d'essence Shell attenante au commerce, ainsi que du réservoir à eau situé en bordure du chemin de fer.

Source du titre : Basé sur le créateur du fonds.

Source immédiate d'acquisition : Les documents ont été offerts au Musée McCord par Selkirk James Bryson en 2005.

Langue : Les documents sont en anglais et en français, mais surtout en anglais.


Le fonds est divisé selon les séries et sous-séries suivantes :

 

Dernière mise à jour : 11 mars 2018