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Fonds Louis-Alexandre Taschereau (P632)

Extrait du journal personnel de Louis-Alexandre Taschereau (1867-1952) (détail), 1883-1884. Don de Michel Taschereau, Fonds Louis-Alexandre Taschereau P632, M2004.13.1 © Musée McCord

Louis-Alexandre Taschereau : une ambition à la mesure du prestige familial

« Je me surpasse aujourd'hui pour la composition d'Histoire qui aura lieu samedi prochain. J'étudie autant que je le peux afin de conserver mon rang au dessus [sic] de P. Laflamme sur l'ordo. Jusqu'à maintenant je le bats, mais il ne faut qu'un accident pour tout perdre. »


Sur ces mots s'achève le récit de la journée du 27 février 1883 rédigé par Louis-Alexandre Taschereau, alors étudiant au cours classique du Petit Séminaire de Québec. Si le journal personnel du jeune Taschereau contient assez peu de détails sur sa vie intime, de réflexions ou de confidences qui permettraient de cerner sa personnalité, il trahit néanmoins l'ambition de l'adolescent, son caractère compétitif, ainsi que la discipline rigoureuse qu'il s'impose pour parvenir aux plus grands honneurs.

Peut-on même y percevoir la pression ressentie par le descendant de l'une des plus prestigieuses lignées canadiennes-françaises, sa volonté d'être « digne » du nom de Taschereau, porté par nombre de grands juristes, hommes politiques et hommes d'Église?

Cette ambition portera Louis-Alexandre Taschereau à la plus haute fonction du gouvernement québécois : il sera premier ministre de 1920 à 1936.


P632 Fonds Louis-Alexandre Taschereau. - 1883-1885. - 5 cm de documents textuels.

Notice biographique

Louis-Alexandre Taschereau est né à Québec le 5 mars 1867. Il est le fils de Jean-Thomas Taschereau (1814-1893), avocat et juge à la Cour suprême, et de Marie-Louise-Joséphine Caron (1840-1915).

Issu d'une lignée d'illustres seigneurs, magistrats, hommes d'affaires et ecclésiastiques, le jeune Louis-Alexandre reçoit le type d'éducation habituellement prodigué aux enfants de l'élite. Il est d'abord formé à la maison par sa mère puis, en 1878, est admis comme externe au Petit Séminaire de Québec, alors considéré comme le meilleur collège classique. Il s'y distingue, se classant régulièrement parmi les élèves les plus performants et récoltant plusieurs prix. À l'issue de son cours classique, Louis-Alexandre obtient un baccalauréat ès arts de l'Université Laval, en 1886, puis fait des études en droit, qu'il termine en 1889 avec plusieurs distinctions (dont les médailles Tessier, Angers, et du Gouverneur général). Après avoir effectué sa cléricature auprès de Me François Langelier, il est admis au Barreau de la province de Québec le 9 juillet 1889.

Il épouse, le 26 mai 1891, Marie Emma Adine Dionne (1871-1952), fille d'Élisée Dionne (1828-1892), avocat et membre du Conseil législatif de la Province de Québec, et de Clara Têtu (1835-1920). Les Dionne sont des proches de la famille Taschereau depuis la génération précédente. De l'union de Louis-Alexandre et Adine naissent six enfants, dont cinq atteignent l'âge adulte : Paul, Robert, Gabrielle, Charles-Roger et Juliette.

Louis-Alexandre Taschereau commence sa carrière d'avocat au cabinet de Charles Fitzpatrick et de Simon-Napoléon Parent, à Québec. Il travaillera également avec les avocats et hommes politiques Lawrence Arthur Cannon, Georges Parent et Léon Casgrain, de même qu'avec ses deux fils, Paul et Robert. Il est successivement nommé syndic du Barreau de Québec de 1908 à 1909, puis bâtonnier du Barreau de Québec de 1911 à 1912.

En parallèle avec sa pratique du droit, Louis-Alexandre Taschereau écrit à l'occasion pour l'Union libérale (journal en activité au cours des années 1880 et 1890). Il est également actif dans le domaine de la finance, notamment à titre de directeur et vice-président de la Banque d'économie de Québec, et au sein des conseils d'administration de plusieurs banques et entreprises, dont la Barclays Bank (Canada) Ltd., le Royal Trust, la Caisse d'économie, la Molson Bank, la Banque de Montréal, la Sun Life Assurance Co. of Canada et la Metropolitan Life Assurance Co.

La carrière politique de Louis-Alexandre Taschereau s'amorce au cours des années 1890. D'abord défait comme candidat libéral dans Dorchester, en 1892, il est finalement élu à l'Assemblée législative en 1900, comme député libéral du comté de Montmorency, puis réélu en 1904. Il s'implique également dans la politique municipale, occupant de 1906 à 1908 la fonction d'échevin du quartier Saint-Pierre au conseil municipal de Québec.

Réélu à l'Assemblée législative en 1907, il servira comme ministre des Travaux publics et du Travail dans le cabinet libéral de Lomer Gouin d'octobre 1907 à août 1919, puis comme procureur général d'août 1919 à juillet 1920. Il est réélu député sans interruption de 1908 à 1935, et devient premier ministre en juillet 1920, après la démission de Gouin. Reconduit dans la plus haute fonction en 1923, 1927, 1931 et 1935, il assume également les charges de procureur général (juillet 1920 à mars 1936), de ministre des Affaires municipales (avril 1924 à juin 1935) et de trésorier de la province (novembre 1930 à octobre 1932). Au cours des années 1930, l'incapacité du gouvernement Taschereau à instaurer des réformes sociales atténuant les effets de la Grande Dépression suscite une insatisfaction croissante au sein de la population. Louis-Alexandre Taschereau démissionne finalement en 1936, au profit d'Adélard Godbout.

De nombreuses distinctions honorifiques et marques de reconnaissance lui sont octroyées tout au long de sa carrière. Il est notamment docteur honoris causa en droit de l'Université Laval (1908) et de l'University of Toronto (1921), officier de la Légion d'honneur (1924), puis commandeur (1927) et grand-croix (1934). Il est également nommé Patron d'honneur des Emprunts de la victoire de 1939 à 1945.

Louis-Alexandre Taschereau décède à Québec le 6 juillet 1952, à l'âge de 85 ans.

Portée et contenu

Constitué de deux journaux personnels écrits sur une période de près de deux ans et demi, ce fonds documente les études classiques de Louis-Alexandre Taschereau au Petit Séminaire de Québec. Il porte plus particulièrement sur la portion tardive du cours classique, à l'issue de laquelle l'étudiant a obtenu un baccalauréat ès arts de l'Université Laval.

Ce fonds constitue un apport significatif à l'histoire politique et sociale du Québec, par l'éclairage qu'il jette sur une facette méconnue de la vie de Louis-Alexandre Taschereau, figure marquante de la vie publique québécoise. Véritable chronique de la vie quotidienne d'un étudiant aisé de Québec à la fin du 19e siècle, ces archives offrent, en outre, une contribution appréciable à l'histoire de l'éducation et de la littérature personnelle.

Dans ces deux cahiers, l'un rédigé du 23 janvier 1883 au 22 janvier 1884, l'autre du 23 janvier 1884 au 8 juin 1885, sont consignés les faits ayant ponctué chaque journée. Dans un style assez impersonnel, qui assimile ces ouvrages davantage à des journaux de bord qu'à des journaux intimes, Louis-Alexandre Taschereau relate principalement ses activités étudiantes. Il aborde aussi ses loisirs, l'actualité, certains événements festifs et célébrations religieuses, les occupations et la santé de ses proches (dont ses frères Antoine et Edmond, également étudiants au Petit Séminaire), ainsi que ses vacances estivales passées au domaine familial de Castel-Coucy et en Beauce. Il y partage à l'occasion ses impressions des événements et ses états d'esprit, en particulier sa préoccupation pour ses études et sa volonté de se distinguer.

Les exposés quotidiens se présentent sous un format presque normalisé. Ils tiennent habituellement sur une page, font presque systématiquement mention de la température et de l'heure à laquelle l'étudiant termine son récit pour aller se coucher, et sont clos par sa signature. Alors que le premier journal contient des écrits produits quotidiennement, sans interruption, pendant un an, le deuxième ouvrage témoigne des difficultés de Louis-Alexandre Taschereau à maintenir cette discipline. On note, en particulier, une période de six mois (juin 1884 à janvier 1885) au cours de laquelle l'étudiant n'écrit rien. Ces ouvrages comptent respectivement 381 et 172 pages.

Source du titre : Basé sur le créateur du fonds.

Source immédiate d'acquisition : Les documents ont été offerts au Musée McCord en 2004 par Michel Taschereau, petit-fils de Louis-Alexandre Taschereau.

Langue des documents : Les documents sont en français.

Documents connexes : BAnQ (Québec) : Fonds Louis-Alexandre Taschereau (P350)

Des documents concernant Louis-Alexandre Taschereau sont également conservés dans plusieurs fonds et collections d'archives de BAnQ. C'est le cas, entre autres, des fonds Lionel Groulx (CLG1), François-Xavier Lemieux (P145), Famille Thomas-Jacques Taschereau (P238) et Famille Prévost (P268).

Groupes de documents reliés : La collection Archives textuelles du Musée McCord conserve des archives d'individus et de familles dont les activités sont en lien avec celles de Louis-Alexandre Taschereau ou de sa famille. C'est notamment le cas du fonds Familles Des Rivières et Taschereau (P752) et de la collection Dossiers thématiques, qui contient un dossier consacré à la famille Taschereau (C069/B,731).


Ce fonds comprend les documents suivants:

  • M2004.13.1 Journal personnel de Louis-Alexandre Taschereau. - 1883-1884. - 1 document textuel ; 18 x 11,7 cm.
    Document numérisé : Partie 1 - Partie 2
  • M2004.13.2 Journal personnel de Louis-Alexandre Taschereau. - 1884-1885. - 1 document textuel ; 20,5 x 14 cm.
    Document numérisé

 

Dernière mise à jour : 11 mars 2018