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Fonds de la famille Verdon (P108)

Codicille de Dme Thérèse Chamereau (1804-1865), épouse de Benjamin Verdon (1805?-1892) (détail), 1865. Fonds Famille Verdon P108, P108/A1,2.1 © Musée McCord

Les droits et devoirs d'une fille adoptive

« Je donne et legue à Marie Jary dit Henrichon ma niece demeurant avec moi, et a Elise McGery, ma fille adoptive, a chacune d'elles, une somme de cent piastres argent courant de cette province qui leur sera payée par mes héritiers aussitôt après le décès de Benjamin Verdon mon époux et après que les obligations et charges mentionnées en mon testament seront remplies. »

En près de 42 ans de mariage, Benjamin Verdon et Thérèse Chamereau n'ont eu aucun enfant. C'est pourquoi en 1865, Thérèse Chamereau, qui se sait proche de la mort, désigne comme héritières sa nièce et une certaine Elise McGery, qu'elle identifie comme sa fille adoptive. En plus des 100 piastres mentionnées, les deux filles auront droit à une vache et à diverses pièces de mobilier.

Il faudra attendre 1924 pour que soit établi un cadre légal régissant l'adoption au Québec. Avant cette date, toutefois, la pratique d'une « adoption de fait » est plus répandue que l'on ne croit. Ce sont, le plus souvent, des couples sans descendance qui prennent en charge un parent ou un proche (voisin, ami, collègue) dont ils connaissent l'origine, que ce soit à la suite du décès de ses parents ou en raison de l'incapacité de ceux-ci à remplir leurs devoirs. Au-delà des préoccupations lignagères, cette pratique, dans le meilleur des cas, assure aux enfants adoptés un cadre de vie et un avenir confortables et aux parents adoptifs une force de travail supplémentaire au sein du ménage, ainsi qu'une prise en charge à leur vieillesse.

C'est donc sans surprise que le codicille de Thérèse Chamereau précise que « les legs sont faits à ladite Elise McGery à la condition expresse qu'elle demeure avec ledit Benjamin Verdon [...] et travaille pour lui jusqu'à son mariage ». Est-ce pour échapper à ces obligations que la jeune femme se mariera à peine un an plus tard? L'histoire, évidemment, ne nous le dit pas.


P108 Fonds Famille Verdon. - [1788-1890]. - 3 cm de documents textuels.

Notice biographique

Laurent Verdon (1760-1818?) est le fils de Pierre Verdon (1715-1799) et de Marguerite Groulx (1725-1793), habitants de la paroisse Saint-Laurent (côte de Vertu). Il a au moins une soeur, Marie Amable, et un frère, Benjamin, qui oeuvre comme tanneur dans la côte des Neiges. En 1774, Laurent Verdon reçoit 63 arpents de terre de son père, ainsi qu'une maison et quelques bâtiments. Moins de 10 ans plus tard, en 1783, il épouse Marie Angélique Courtin (1765?-1810?). De cette union naîtront huit enfants, soit Benjamin (1805?-1892), Jean-Baptiste (marié à Elizabeth Hébert en 1826), Toussaint (marié à Magdelaine Nadon en 1830), Angélique, Marguerite, Marie Anne, Marie Louise et Marie Amable.

Cultivateur de métier et propriétaire foncier, Benjamin Verdon épouse Thérèse Chamereau (1804-1865) en 1823. Le couple habite la paroisse Saint-Laurent, sur une terre située en bordure du chemin du Roy (et possiblement héritée de Laurent Verdon). Il y demeure au moins jusque dans les années 1840, bien qu'il ait acquis 32 arpents de terres dans la seigneurie de Saint-Georges, vers novembre 1838. La date à laquelle les époux s'établissent sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent n'est pas connue, mais en 1858, Benjamin Verdon est dorénavant cultivateur dans la paroisse Saint-Édouard (aujourd'hui municipalité de Saint-Édouard), située dans la seigneurie de Saint-Georges, puis dans le comté de Napierville. Son domaine s'accroît au cours des années suivantes, par le biais de diverses transactions foncières.

Benjamin Verdon et Thérèse Chamereau n'ont aucun enfant naturel. Ils recueillent toutefois la nièce de cette dernière, en plus d'adopter une orpheline nommée Elise McGery. Après la mort de sa première épouse, Benjamin se remarie avec Mary Hellen Burns (?-?), en 1868. Le couple a un fils, Joseph Benjamin, né en 1872. Plus tard, Benjamin Verdon quitte Saint-Édouard et s'installe dans la cité de Montréal, où il décède en 1892.

Portée et contenu

Le fonds porte principalement sur les propriétés et transactions foncières de Benjamin Verdon alors qu'il était cultivateur dans la paroisse Saint-Laurent, sur l'île de Montréal, puis dans celle de Saint-Édouard, seigneurie de Saint-Georges et comté de Napierville.

Divers actes notariés (délaissement, cession et abandon, échange) témoignent de l'acquisition, de l'administration et de la transmission de propriétés foncières par certains membres de la famille Verdon et leurs proches dans Saint-Laurent, entre 1815 et 1842. On y trouve des contrats concernant Benjamin Verdon, mais également son père Laurent, Louis Verdon (possible cousin de Benjamin), et Pierre Verdon, père et fils (possibles oncle et cousin de Benjamin).

Plusieurs contrats notariés et reçus permettent également de retracer les transactions qu'a conclues Benjamin Verdon avec des résidents de la paroisse Saint-Édouard, entre 1858 et 1882. Les documents font mention, entre autres, de la vente de terrains à Benjamin Verdon par Joseph Bombardier et par Jacques Levert (représenté par sa veuve Célina Giroux). Il est également question de transactions conclues avec Cyprien Bombardier, Joseph Gaspard Laviolette, Auguste Demers, Ambroise Ouellette, Edmond Angers, Joseph Richard et divers membres de la famille Chamereau dit St-Vincent, affiliée à la famille Verdon par l'union de Benjamin avec Thérèse.

Le fonds documente aussi la vie personnelle de Benjamin Verdon et de Thérèse Chamereau, entre autres leur union maritale et leurs volontés testamentaires, par le biais d'une promesse de mariage, d'un contrat de mariage, d'un testament et d'un codicille. On y trouve aussi un poème inspiré du naufrage d'un bateau près de La Prairie à la fin du 18e siècle et un reçu pour un abonnement au journal L'Union nationale.

Quelques actes notariés témoignent par ailleurs de l'administration, par des membres de la famille Chamereau dit St-Vincent, de propriétés foncières de la côte des Neiges, de la paroisse Saint-Martin de l'île Jésus et de la paroisse Saint-Laurent. D'autres documents concernent des transactions foncières réalisées dans les paroisses Saint-Laurent et Saint-Édouard, sans toutefois qu'un lien clair avec les propriétés des Verdon ait pu être établi.

Soulignons, enfin, que plusieurs des actes notariés sont des copies et que la majorité a été signée devant le notaire Jean Blain.

Variantes du titre : Anciennement connu sous le nom de Fonds Seigneurie Saint-Georges de Napierville, puis sous le nom de Fonds Benjamin Verdon.

Source du titre : Titre basé sur les créateurs du fonds.

État de conservation : Plusieurs documents sont fragiles. Les pages de quelques documents se sont scellées au contact de l'eau ou d'un autre liquide.

Classement : Le fonds a fait l'objet d'un premier traitement vers 2001, puis un nouveau cadre de classification a été adopté en 2017.

Langue des documents : Les documents sont en français.


Le fonds est divisé selon les séries, sous-séries et dossiers suivants :

 

Dernière mise à jour : 30 août 2017