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Fonds Clarence A. Gagnon (P116)

Lettre de Clarence Gagnon à Horatio Walker (détail), 1933. Fonds Clarence A. Gagnon P116, P116/D7.1 © Musée McCord

Clarence Gagnon et l'illustration de Maria Chapdelaine : les dessous d'une grande oeuvre

« Mon cher Walker,
Je voulais t'écrire plus tôt, mais "Maria Chapdelaine" m'a causé tellement de tracas que j'ai fui à la campagne dès que j'ai su que la dernière illustration était terminée. Ces imprimeurs et éditeurs sont insupportables. Qu'on ne me parle plus d'illustrations de livre. Personne n'est capable de reproduire des images en couleurs comme il se doit, même pas les meilleurs imprimeurs du monde[.] Ils ont encore beaucoup de progrès à faire. »

Dans cette lettre envoyée à son ami et mentor Horatio Walker, le peintre, graveur et illustrateur québécois Clarence Gagnon jette un regard critique sur ce que plusieurs considèrent comme l'une de ses plus grandes oeuvres.

La mise en image d'une édition spéciale du roman Maria Chapdelaine, publiée en 1933, témoigne des limites de l'imprimerie face aux exigences de cet artiste et coloriste rigoureux. L'illustration du roman de Louis Hémon occupera Gagnon pendant près de cinq ans. Cinquante-quatre images seront réalisées, à partir de monotypes originaux reproduits par l'imprimeur... avec une fidélité parfois discutable.

En dépit du portrait peu flatteur qu'en fait Gagnon, cette oeuvre illustrée demeure, aujourd'hui encore, un standard du genre.


P116 Fonds Clarence A. Gagnon. - 1904-1978, surtout 1904-1942. - 30 cm de documents textuels et autres documents.

Notice biographique

Clarence Alphonse Gagnon est né à Sainte-Rose (Laval), le 8 novembre 1881. Il est le fils d'Alphonse-E. Gagnon et de Sarah Ann Wilford. Après avoir fréquenté l'école du Plateau de Montréal, Gagnon reçoit une formation artistique à l'Art Association of Montréal (1897 à 1900), auprès du célèbre peintre William Brymner. Son apprentissage de l'art est également marqué par le mentorat d'Horatio Walker. En 1899, Gagnon remporte une bourse. Déjà à cette époque, sa production artistique exprime son intérêt pour les scènes de la vie rurale, en plus de témoigner d'aptitudes particulières pour la gravure. L'homme d'affaires montréalais James Morgan s'intéresse au jeune artiste et finance ses études à l'Académie Julian de Paris, dans l'atelier du peintre Jean-Paul Laurens (1904-1905).

En 1905, les eaux-fortes de Gagnon lui valent une mention honorable au Salon des artistes français de Paris. Dans la Ville Lumière, Gagnon rencontre plusieurs artistes, dont certains canadiens. Il se lie d'amitié avec le peintre James Wilson Morrice, entre autres, et échange avec lui des techniques artistiques.

Gagnon épouse en 1907 Kathryne Irwin et revient avec elle au Québec. En 1908, il s'établit dans la région de Baie-Saint-Paul. Cet endroit demeurera une source majeure d'inspiration tout au long de sa carrière. De 1909 à 1914, l'artiste mène une vie nomade, demeurant tantôt au Canada, tantôt en France et en Norvège, tout en continuant de peindre des tableaux à partir d'esquisses réalisées au Québec. En 1913, la galerie d'Adrien M. Reitlinger, dans Montparnasse, présente une exposition des oeuvres du peintre québécois. Cet événement, qui est vu comme un moment décisif dans la carrière de Gagnon, le positionne avantageusement auprès des collectionneurs français, mais également canadiens. Dans les années qui suivent, Gagnon peint essentiellement des paysages canadiens. Son oeuvre se démarque par ses paysages ruraux (surtout ceux des Laurentides), ses scènes hivernales, ainsi que ses représentations de la vie canadienne-française.

En 1919, à la suite du décès de sa première femme, l'artiste rentre au Canada et épouse en secondes noces Lucile Rodier. À partir de 1920, il se joint au célèbre Groupe de Beaver Hall, qui insuffle un vent de modernité à l'art canadien. Il devient membre de l'Académie royale des arts du Canada en 1922, puis de la Société royale du Canada. En 1923, il obtient le prix Trevor à l'exposition du Salmagundi Club de New York, pour son tableau L'hiver dans les Laurentides. De 1924 à 1936, Gagnon retourne vivre à Paris et se consacre à deux projets qui lui apporteront une grande notoriété; il produit les illustrations de l'édition de luxe du Grand silence blanc (1929), de Louis-Frédéric Rouquette, puis celles de Maria Chapdelaine (1933), de Louis Hémon. Les compositions originales de ce dernier ouvrage seront exposées, avec un grand succès, au Québec et en Ontario. En 1939, vingt et une de ces illustrations serviront à décorer les appartements royaux à Rideau Hall et à l'Hôtel Windsor de Montréal.

En 1936, Gagnon revient s'installer au Canada avec sa femme Lucile. L'Université de Montréal lui remet un doctorat honoris causa deux ans plus tard. Au cours de cette même période, il s'investit dans un projet de musée en plein air sur l'île d'Orléans, qui ne se concrétisera jamais. Il tentera ensuite d'adapter ce plan au site du Mont-Royal, dans le cadre de la préparation des fêtes du tricentenaire de Montréal.

Clarence A. Gagnon décède le 5 janvier 1942, à l'âge de 61 ans.

Portée et contenu

Le fonds traite principalement des activités artistiques du peintre, illustrateur et graveur Clarence A. Gagnon. Il porte sur certaines de ses oeuvres marquantes, notamment les illustrations du roman Maria Chapdelaine, mais également sur les expositions auxquelles il a pris part, sur le prêt de ses oeuvres à l'Hôtel Windsor de Montréal, et sur les expositions rétrospectives qui lui ont été consacrées.

Les archives témoignent de certains des projets qui animaient l'artiste québécois, dont la mise sur pied de musées en plein air à l'île d'Orléans et sur le mont Royal. Ses préoccupations artistiques, entre autres pour la promotion des métiers d'art, y sont également abordées. Le fonds documente en outre les diverses relations professionnelles de Gagnon, les associations dont il était membre, ainsi que les agences avec lesquelles il transigeait pour la vente de ses oeuvres.

Le fonds permet, enfin, de retracer certains aspects de la vie personnelle de Gagnon et de son entourage, dont ses relations personnelles et ses voyages, ainsi que les activités de commémoration ayant suivi son décès.

Le fonds contient des notes et des textes de Gagnon consacrés à l'art et aux artistes, ainsi que plusieurs documents portant sur ses oeuvres et sur les expositions dans lesquelles ces oeuvres ont été mises en valeur : correspondance, catalogues d'exposition, cartons d'invitation, reproductions imprimées de certains tableaux, coupures de journaux et photographies. D'autres notes, textes (descriptions et propositions de projets) et coupures de presse révèlent aussi les plans de musées en plein air dans lesquels l'artiste s'est investi.

Une abondante correspondance (qui inclut plusieurs transcriptions) témoigne de l'implication de Gagnon au sein de l'Art Association of Montreal, mais aussi des diverses relations personnelles et professionnelles qu'il a entretenues. On y trouve notamment des lettres échangées avec le peintre et professeur William Brymner, l'auteur et poète Duncan Campbell Scott, et les peintres Horatio Walker et Alexander Young Jackson.

Le fonds contient également divers documents personnels et commémoratifs, ainsi que des coupures de presse portant sur la vie de Gagnon et sur la remise d'un doctorat honoris causa à l'artiste.

Source du titre : Basé sur le créateur du fonds.

Collation : Comprend 5 photographies, 2 collages photographiques et 3 reproductions de peintures.

Langue des documents : Les documents sont surtout en anglais et en français, mais certains sont en norvégien.

Documents connexes : Plusieurs fonds d'archives comprennent des documents portant sur la vie et l'oeuvre de Clarence Gagnon, dont les suivants :

BAnQ (Québec et Vieux-Montréal) : Fonds Clarence Gagnon (MSS37); Fonds Horatio Walker (MSS163); Fonds Jean-Marie Gauvreau (MSS2); Fonds ministère de la Culture et des Communications (E6)

Musée des Beaux-Arts de Montréal : Fonds des expositions du MBAM (MBAM-E1, MBAM-E2)

BAC : Fonds Wilford Gagnon (R7877-0-1-F); Fonds J. Russell Harper (R2454-0-7-E); Peter Winkworth Collection of Canadiana (R9266-0-1-E)

Groupes de documents reliés : La correspondance de Clarence Gagnon avec James Morgan est conservée dans le fonds James Morgan (P137).

Note générale : La collection Archives photographiques Notman contient des photographies des oeuvres de Clarence Gagnon. Le fonds P116 a servi à documenter la réalisation d'une série sur l'artiste, diffusée à Radio-Canada.


Le fonds est divisé selon les séries, sous-séries et dossiers suivantes :

 

Dernière mise à jour : 30 août 2017