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Fonds de la famille Le Moine (P761)

Extrait du journal personnel d'Henri Gaspard Lemoine (1848-1934) (détail), 1870-1871. Don d'Anthony Le Moine, Fonds Famille Le Moine P761, M2013.96.1.9 © Musée McCord

Un jeune homme au bal

« Il est trois heures. J'arrive du « Benedict's Ball » [.] Emma a pu y aller, elle était aimable, joyeuse, rieuse, c'était un plaisir. J'ai dansé la première danse avec elle, ensuite je lui ai demandé une danse vive, mais elle n'a pas voulu parce que nous nous étions querellés à propos d'une de ces dances [sic] au dernier bal. » (Lundi 20 février 1871)

À quoi ressemblaient les loisirs d'un jeune homme du 19e siècle? Les journaux d'Henri Gaspard Le Moine nous en offrent un aperçu.

Comme de nombreux jeunes gens friands d'événements sociaux, Henri Gaspard Le Moine prend part à au moins sept bals entre octobre 1870 et février 1871. Il est vrai que depuis le Régime français, la portion de la saison froide précédant le carême est celle qui se prête le mieux aux divertissements de toutes formes, en particulier à la danse. Tout le monde danse : jeunes ou vieux, citadins ou campagnards, paysans ou bourgeois.

Dans son journal personnel, le jeune étudiant de Québec a pris soin de coller ses carnets de bal, lesquels présentent une liste des danses au programme de la soirée, ainsi que ses partenaires. Au nombre de celles-ci figure sa fiancée Emma Renaud. Est-ce par piété qu'Emma refuse l'une de ces « danses vives » (dont la valse, la polka et le galop) interdites par le clergé catholique? Ou est-ce une autre démonstration du caractère bien affirmé de la jeune femme, dont le prénom remplit les pages des journaux d'Henri Gaspard entre 1867 et 1872 - année de leur mariage? Ces écrits au ton intimiste témoignent de façon particulièrement vivante du quotidien d'un jeune homme de la bourgeoisie, dans le Québec de la deuxième moitié du 19e siècle.


P761 Fonds Famille Le Moine. - 1849-1955. - 29 cm de documents textuels. - 967 photographies.

Notice biographique

La famille Le Moine est liée à l'histoire du Canada depuis le Régime français. Parmi ses figures marquantes se trouve le Seigneur Charles Le Moyne, homme politique et militaire influent et premier baron de Longueuil.

ALEXANDRE OLIVIER LE MOINE (1818-1883), notaire établi à Québec, est l'époux de Julie Henriette Emelie Massue (1828-1905) et le père d'HENRI GASPARD LE MOINE (1848-1934). Ce dernier quitte Québec à l'âge de 11 ans pour entreprendre son cours classique au Collège Sainte-Marie de Montréal [1859-1864]. Il termine ses deux années de philosophie dans un autre établissement jésuite, soit au St-Johns College de Fordham, New York [1865-1866]. Il revient à Québec en 1866 pour poursuivre des études de droit à l'Université Laval [1867-1868], puis il est reçu notaire par la Chambre des notaires de Québec en 1869. Le 17 septembre 1872, il épouse Leocadie Emma Renaud (1852-1897), la fille du grand marchand Jean-Baptiste Renaud, à qui il s'associe en 1879 à la direction de l'établissement « J.B. Renaud and Co. » situé sur la rue Saint-Paul, à Québec. Le couple a cinq enfants, dont trois seulement atteignent l'âge adulte.

Emma Renaud étant décédée en 1897, Henri Gaspard se remarie avec Margaret Revell (1869-1965) à Philadelphie, en 1901. Le couple a un fils, JEAN GASPARD MARICOURT (aussi appelé Jack ou John) LE MOINE (1906-1990). À la suite du décès de sa mère, ce dernier obtient une partie de la fortune familiale, qui est partagée entre différents héritiers. Il passera plusieurs années de sa vie à naviguer sur le fleuve Saint-Laurent et sur divers lacs du Québec.

Portée et contenu

Ce fonds d'archives témoigne des activités de la famille Le Moine, du milieu du 19e au milieu du 20e siècle. On y trouve principalement des documents liés à trois membres de cette famille issus de différentes générations : Alexandre Olivier Le Moine (1810-1883), Henri Gaspard Le Moine (1848-1934) et John Gaspard Maricourt (Jack) Le Moine (1906-1990).

Le fonds contient un livre de compte dressant une liste chronologique des contrats octroyés au notaire Alexandre Olivier Le Moine entre 1852 et 1855, accompagnée des revenus associés aux dits contrats. Les informations qui y sont consignées sur les clients suggèrent qu'Alexandre O. Le Moine travaillait notamment aux successions après décès.

Les journaux personnels d'Henri Gaspard Le Moine forment un témoignage riche et détaillé du quotidien du jeune homme au fil des ans. Un cahier recense ses activités éducatives, familiales et sociales entre 1861 et 1862, alors que l'adolescent est pensionnaire au Collège Sainte-Marie de Montréal. De retour dans sa ville natale en 1866, l'étudiant en droit entreprend l'écriture plus intime d'un journal, où il note ses préoccupations, ses questionnements et ses désirs, décrivant l'univers qui l'entoure par le biais de ses amitiés et de ses activités sociales. Ces documents témoignent notamment de son amour pour Emma Renaud, qu'il épouse au terme de son récit, en 1872.

Trois journaux décrivent par ailleurs les activités de chasse, de pêche et de navigation de plaisance réalisées sur le fleuve Saint-Laurent et divers lacs du Québec par John G. M. Le Moine, entre 1917 et 1945. Ils sont complémentaires aux albums de photographies du fonds, qui illustrent ces mêmes voyages. On y lit les activités quotidiennes de John G. M. Le Moine (aussi parfois appelé Jack) : la vie à bord du yacht, les tâches liées à l'entretien du bateau, les noms des invités qui l'accompagnent, les lieux visités, les prises chassées ou pêchées ainsi que les armes utilisées. Ces documents brossent le portrait d'un homme issu de la bourgeoisie et exempt de soucis financiers.

Le fonds rassemble aussi plusieurs photographies des membres de la famille Le Moine réunies dans différents albums. L'un d'entre eux, autographié : « Emma LeMoine from her affectionate cousin Edward/Xmas 1860. », est composé de portraits format carte de visite, de quelques dessins et de poèmes recueillis par Marie Sophia Emma Le Moine (Mtl, 1848-Ottawa, vers 1930). Un autre, assemblé par Henri Gaspard Le Moine, contient des portraits de ses compagnons de classe au St. Johns College, Fordham, New York. Deux autres albums, composés par John G. M. Le Moine, racontent ses parties de chasse et de pêche annuelles dans divers endroits du Québec et à l'étranger. Ces photographies témoignent d'un mode de vie réservé à une classe sociale bien nantie, à l'abri des obligations pécuniaires.

État de conservation : Les reliures des albums et des cahiers sont usées, mais leurs structures sont solides. Certains signes de détérioration typiques des encres ferrogalliques sont aussi visibles dans les journaux personnels.


Le fonds est divisé selon les séries suivantes :

  • P761/A Alexandre Olivier Le Moine. - [1852-1868]. - 1 cm de documents textuels.
  • Portée et contenu : Cette série témoigne des activités du notaire Alexandre Olivier Le Moine, au milieu du 19e siècle. Elle contient un livre comptable titré à la main sur la couverture « D. Pilots Funds », présentant des états de compte mensuels allant de novembre 1852 à décembre 1855. Y sont listés, chaque jour, les noms des clients et les revenus qui leur sont associés. L'identification de leur statut social (souvent de veuve ou d'enfant) pourrait indiquer qu'Alexandre Olivier Le Moine travaillait aux successions après décès.

    Plusieurs coupures de presse ont été insérées dans le livre. Certaines ont été collées et recouvrent presque entièrement les premières pages. On devine, derrière elles, la présence d'écritures comptables, probablement similaires à celles mentionnées plus haut, mais pour les mois qui précèdent. La plupart des coupures de presse portent sur le monde de la finance (résultats financiers d'entreprises, dont ceux de la Banque Nationale, et cours de la bourse) ou sur la politique municipale. Un article fait état, notamment, de discussions autour d'un projet d'amendement concernant la Charte de la Ville de Québec. D'autres sujets y sont aussi abordés. On y trouve, par exemple, un compte rendu des régates annuelles du Yacht-Club de Québec et le texte de conférences de l'Institut canadien données par M. F. Langelier et l'abbé Chandonnet, intitulées respectivement « Du spiritisme - Les tables tournantes » et « Quelques mots sur Rome ». Le livre comptable contient en outre un feuillet imprimé daté du 18 mars 1868 faisant état de résolutions adoptées lors de l'assemblée des actionnaires de la Quebec Marine and Fire Insurance Company.

    Source du titre : Basé sur le créateur du document.

    Langue des documents : Le document est en anglais et en français, mais surtout en anglais.


  • P761/B Henri Gaspard Le Moine. - 1861-1872. - 22 cm de documents textuels
  • Portée et contenu : Cette série documente la vie et les intérêts de Henri Gaspard Le Moine, dans la seconde moitié du 19e siècle. Elle est principalement composée de journaux personnels relatant le quotidien du jeune homme au fil des ans.

    Le premier journal couvre la période allant du 1er novembre 1861 au 8 juillet 1862. Les écrits du jeune Henri Gaspard, alors pensionnaire au Collège Sainte-Marie de Montréal, nous livrent un témoignage riche et détaillé de la vie à Montréal d'un adolescent de 13-14 ans. Le jeune homme y consigne quotidiennement la température extérieure, ses loisirs (billard, crosse), ses activités scolaires et sa participation à la vie du pensionnat. Il y relate également ses sorties en ville - le plus souvent à l'occasion d'une visite de ses parents - qui le mènent entre autres au marché Bonsecours, dans les magasins, au Saint Lawrence Hall et dans le port pour admirer les navires. Après un certain temps, toutefois, ses inscriptions journalières se font plus brèves et tendent à se synthétiser. Elles se limitent parfois à la température, suivie d'un simple horaire des activités de la journée (lever, étude, déjeuner, classe, récréation, etc.) et de la mention de certains événements qui sortent de l'ordinaire. Le jeune homme fournit à la fin de son journal plusieurs listes d'élèves, une liste des pères et les règles générales du pensionnat.

    Les huit cahiers suivants s'échelonnent sur cinq ans et couvrent la période allant du 21 octobre 1867 au 25 août 1872. Le jeune homme est alors de retour à Québec, sa ville natale. Il poursuit pendant cette période ses études en droit à l'Université Laval, puis amorce sa vie professionnelle. Il travaille notamment auprès du marchand Jean-Baptiste Renaud (qui deviendra plus tard son associé à la tête de l'établissement J.B. Renaud and Co.). Plus intimes que celui de ses années de pensionnaire, ces huit cahiers témoignent surtout de son amour pour Emma Renaud, la fille de Jean-Baptiste Renaud, qu'il a l'occasion de fréquenter presque quotidiennement lors de veillées, de bals et de promenades. Il y aborde aussi ses amitiés, ses activités sociales et les questions qui préoccupent les jeunes gens de son âge, parvenus au temps de la vie où les mariages se décident. Le jeune homme, en effet, se montre parfois perplexe devant le jeu des fréquentations et la codification des rapports amoureux auxquels il est à s'initier. Sa relation avec Emma, qu'il épousera en 1872, est d'ailleurs teintée de l'inquiétude que suscite un engagement encore incertain et marquée de quelques moments d'incompréhension et de querelles qui le laissent parfois triste et tourmenté.

    Aux journaux personnels s'ajoutent deux autres cahiers, aussi de la main de Henri Gaspard, mais dont le contenu diffère. Un premier, titré « Album de G. Lemoine », probablement rédigé au cours des années 1870, rassemble des devinettes et de courts textes colligés par le jeune homme, dont la plupart semblent décrire des tours de prestidigitation. Des images découpées représentant des monuments médiévaux ont été insérées dans les pages du cahier. Le deuxième, non daté, contient pour sa part des exercices de mathématiques. Un spicilège constitué de plusieurs coupures de presse complète enfin la série.

    Source du titre : Basé sur le créateur des documents.

    Langue des documents : Les documents sont en français et en anglais, mais surtout en français.

    • M2013.96.1.2 Journal personnel d'Henri Gaspard Le Moine. - 1861-1862. - 1 document textuel ; 20,3 × 16,4 cm.
      Document numérisé

    • Portée et contenu : Dans ce journal personnel d'Henri Gaspard Le Moine sont consignées les activités quotidiennes du jeune homme entre 1861 et 1862, alors qu'il est pensionnaire au Collège Sainte-Marie de Montréal. Il y relate la température quotidienne, ses activités scolaires, ses loisirs et ses sorties en ville. Henri Gaspard raconte, par le biais de ce cahier, la vie à Montréal d'un adolescent de 13-14 ans.

      Source du titre: Basé sur la nature du document.
      Langue du document : Le document est en français.

    • M2013.96.1.9 Journal personnel d'Henri Gaspard Le Moine, 15 octobre 1870 au 26 avril 1871. - 1870-1871. - 1 document textuel ; 20 X 16 cm.
      Document numérisé

    • Portée et contenu : Ce document fait partie d'une série de journaux personnels d'Henri Gaspard Le Moine, témoignant du quotidien du jeune homme au fil des ans. Ce cahier recense avec précision ses occupations du 15 octobre 1870 au 26 avril 1871, alors qu'il est diplômé en droit et aspire à la carrière de notaire. Il y note ses activités personnelles, professionnelles et sociales, de même que ses préoccupations, qui touchent notamment sa relation avec Emma Renaud.

    • Source du titre : Basé sur la nature du document.
      Langue du document : Le document est en français et en anglais, mais surtout en français.

  • P761/C John Gaspard Maricourt (Jack) Le Moine. - 1917-1945. - 6 cm de documents textuels
  • Portée et contenu : Cette série témoigne des activités de John Gaspard Maricourt Le Moine (parfois appelé Jack), dans la première moitié du 20e siècle. On y trouve trois journaux traitant de chasse, de pêche et de navigation de plaisance sur le fleuve Saint-Laurent et divers lacs du Québec.

    Le premier des trois journaux contient les récits de ses voyages de chasse, de pêche et de tir sportif effectués de 1917 à 1935. Il débute par une synthèse de ses prises réalisées au cours des années. Son tableau de chasse comprend des perdrix, des bécasseaux, des pluviers dorés, des truites, des canards, et même un phoque. Son premier récit relate une expédition en 1917 à l'archipel Les Pélerins. Au cours des dix années qui suivent, Le Moine retourne quarante-quatre fois à cette même destination, à bord notamment des embarcations Stella Maris et Alouette I, dont le port d'attache est situé à Notre-Dame-du-Portage, près de Rivière-du-Loup. Il visite également Kamouraska, Saint-Siméon, Tadoussac, Saint-Joachim et Saguenay. Parmi ses partenaires réguliers figurent son cousin Chase, Tommy Casgrain, Charlie Généreux, Meredith et Billy Mills, Gordon et Jack Dewar, Jack Home, Fortunat Jolicoeur et Paul Rémillard. Ses récits sont parfois accompagnés de cartes géographiques tracées à la main.

    En 1927, John G. M. Le Moine achète le bateau Bikera qu'il rebaptise Alouette II. Une petite cérémonie, suivie d'une excursion qui le conduit avec quelques convives jusqu'au phare de Sainte-Pétronille, marque le coup. L'événement est relaté dans un deuxième journal couvrant les années 1928 à 1935, dédié exclusivement aux escapades à bord de cette embarcation, rattachée cette fois au Yacht-Club Royal Saint-Laurent de Montréal. L'Alouette II navigue principalement sur le Saint-Laurent, passant par L'Isle-aux-Coudres, Tadoussac, Trois-Rivières, Batiscan, Kamouraska et, à nouveau, l'archipel Les Pélerins, mais s'aventure aussi sur la rivière Saguenay jusqu'à Chicoutimi. John G. M. Le Moine consigne dans son journal de bord les noms des invités qui l'accompagnent, l'itinéraire et les différentes étapes de ses excursions, les conditions de navigation (température, marées, direction du vent), les diverses tâches liées à l'entretien du bateau, les activités à bord et lors des escales (repas, bain de soleil baignade), les prises chassées ou pêchées ainsi que les armes utilisées.

    À partir de 1936, l'Alouette II est vendu et John G. M. Le Moine continue de naviguer sur le fleuve et divers lacs des Cantons-de-l'Est à bord d'autres voiliers, soit The Hobo (1937-1938) et Little Lulu (1939 à 1945). Un troisième journal fait état des expéditions de chasse et de pêche effectuées pendant cette période. Ces comptes rendus sont parfois accompagnés d'illustrations humoristiques sur le thème de la chasse.

    Ces documents nous donnent un aperçu des loisirs d'un homme issu de la bourgeoisie québécoise, exempt de soucis financiers. Au fil des ans, cette notion de loisir se transforme toutefois en un rythme de vie bien établi, qui montre d'ailleurs la réelle passion de John G. M. Le Moine pour la nature, la navigation, la chasse et la pêche.

    Source du titre : Basé sur le créateur des documents.

    Langue des documents : Les documents sont en anglais.

    • M2013.96.1.14 Journal de chasse et de pêche de John (Jack) Le Moine. - 1917-1935. - 1 document textuel ; 26,5 x 21 cm.
      Document numérisé

    • Portée et contenu : Ce journal contient les récits des voyages de chasse, de pêche et de tir sportif effectués par John (Jack) Le Moine de 1917 à 1935. Les détails des expéditions, les noms des invités qui l'accompagnent et les conditions de navigation y sont consignés. Le Moine y a également tracé des cartes géographiques de secteurs où il a navigué, notamment de l'archipel Les Pèlerins (situé près de Rivière-du-Loup).

      Source du titre : Basé sur le contenu du document.
      Langue du document : Le document est en anglais.

  • P761/D Photographies

 

Dernière mise à jour : 29 mars 2019