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Fonds des familles Des Rivières et Taschereau (P752)

Extrait du journal personnel de Marie-Angélique Hay Des Rivières (1805-1875) (détail), 1847-1848. Don de M. Michel Stein, fils de Gabrielle des Rivières, Fonds Familles Des Rivières et Taschereau P752, M2012.63.1.3 © Musée McCord

Un hiver doux qui n'a pas fait que des heureux

« Ce matin il y avait 20 degrés de froid [.] On dit que la Malle est allée traverser au Sault St Louis ne voulant pas se risquer à traverser en canot à Montréal - nous avons tout droit d'espérer que l'on pourra traverser bien vite sur la glace - je le désire de tout mon coeur - j'ai tant de hâte de voir ma bonne mère[.] » (27 décembre 1847)

La vie à la campagne au milieu du 19e siècle, dont les avantages sont abondamment décrits par Marie-Angélique Hay Des Rivières dans ses journaux personnels, comportait pourtant son lot de désagréments. L'un d'eux est l'isolement auquel était soumise la population rurale en hiver. Aujourd'hui, la distance entre Montréal et Notre-Dame-de-Stanbridge (Montérégie) peut être parcourue en un peu plus d'une heure en voiture, quelles que soient les conditions climatiques. Il nous est difficile, par conséquent, d'imaginer les obstacles qui ponctuaient autrefois ce parcours, particulièrement lors d'hivers doux ou sans neige, alors que les voies de transport traditionnelles devenaient impraticables. C'est ainsi que pendant plus d'un mois, au cours de l'hiver exceptionnellement doux de 1847-1848, Marie-Angélique Hay Des Rivières attendit frénétiquement la formation du pont de glace qui devait lui permettre de traverser le fleuve jusqu'à Montréal, où vivait alors sa mère.

C'est finalement le 24 janvier 1848 que Marie-Angélique et son époux parvinrent à Montréal, au terme d'un voyage ponctué de nombreuses étapes : d'abord Saint-Jean-sur-Richelieu, puis La Prairie, et enfin Saint-Lambert, d'où ils purent emprunter le pont de glace jusqu'à Montréal.


P752 Fonds Familles Des Rivières et Taschereau. - 1839-1972. - 27,8 cm de documents textuels. - 1 photographie.

Notice biographique

HENRI DES RIVIÈRES (1804-1865) est le fils de François-Amable Des Rivières (1764-1830), principal héritier de James McGill. Il épouse Marie-Angélique Berenger Hay en 1832.

Politicien, propriétaire terrien et homme d'affaires en vue, Henri Des Rivières œuvre principalement dans la région de Montréal et dans le canton de Stanbridge. En 1829, il acquiert avec François-Pierre Bruneau (cousin par alliance de Louis-Joseph Papineau) la seigneurie de Montarville. En 1841, il achève la construction d'un manoir familial nommé la « Malmaison » sur une propriété du canton de Stanbridge dont lui et son frère ont hérité en 1830. L'essor de cette région doit beaucoup aux Des Rivières. Leur domaine étant traversé d'un cours d'eau, Henri Des Rivières y fait ériger un barrage servant à actionner deux moulins à scie et à farine, puis un pont couvert. Les deux frères obtiennent, en 1845, la permission de l'évêque Ignace Bourget d'ériger la paroisse de Notre-Dame-des-Anges et font bâtir une chapelle en bois. Henri Des Rivières sera également le premier maire de la municipalité de Notre-Dame-des-Anges. Au fil des ans, une série de revers financiers et judiciaires a pour effet de réduire considérablement le domaine familial.

Fille de Richard Hay et de Marie-Angélique Bouchette, MARIE-ANGÉLIQUE HAY (HAYE) (1805-1875) est apparentée à l'arpenteur Joseph Bouchette. De son mariage avec Henri Des Rivières naissent quatre enfants, dont deux vivent jusqu'à l'âge adulte : François Guillaume « Willie » (Willy) et Marie Marguerite Caroline. C'est probablement en l'honneur de cette catholique très pieuse qu'est érigée la paroisse de Notre-Dame-des-Anges, première paroisse catholique du « Township » de Stanbridge. Épouse et mère dévouée, Marie-Angélique dirige une maisonnée dont la vie est caractérisée par une certaine opulence. Elle est également impliquée dans l'administration des propriétés familiales (en particulier après le décès de son mari), de même que dans l'administration paroissiale, allant jusqu'à héberger les prêtres dans la « Malmaison » (maison familiale).

FRANÇOIS-GUILLAUME DES RIVIÈRES (1840-1893) se marie avec EUGÉNIE TASCHEREAU (1846-1907), sœur de Louis-Alexandre Taschereau (premier ministre du Québec de 1920 à 1936). Le couple a quatre enfants, dont Berthe (?-?), mariée à Philippe Anger, et Eugène (1879-1945), marié à Marguerite Gauvreau. Ces derniers ont sept enfants, dont Gabrielle Des Rivières (?-?).

À la suite du décès de son époux, Eugénie Taschereau vend la « Malmaison » au gérant du domaine, John Hannigan. À ce jour, le manoir de la Malmaison est encore une propriété de la famille Hannigan.

MARIE MARGUERITE CAROLINE DES RIVIÈRES (1842-1902) épouse le juge Thomas McCord (1828-1886) en 1877. Ce mariage est le troisième de McCord. Le couple a trois filles, dont une seule atteint l'âge adulte, soit Marguerite Gertrude Caroline (1883-1943), religieuse Ursuline à Québec.

Portée et contenu

Le fonds Familles Des Rivières et Taschereau est constitué principalement des journaux personnels de Marie-Angélique Hay Des Rivières, mais également de quelques journaux rédigés par sa bru, Eugénie Taschereau Des Rivières. La majorité des cahiers sont remplis sur une base presque quotidienne et ceux de Marie-Angélique Hay Des Rivières couvrent les années 1846 à 1871, soit vingt-cinq ans. Leur contenu témoigne de la vie domestique et familiale de ces deux femmes ayant vécu dans la seconde moitié du 19e siècle, ainsi que de préoccupations journalières telles que la santé de proches, la température et l'état des routes de la région.

Le fonds témoigne aussi de certains aspects de la vie de Berthe Des Rivières Anger, petite-fille de Marie-Angélique Hay Des Rivières. Il contient un spicilège où sont rassemblés des articles et des notes sur les mariages et décès survenus dans la famille, ainsi que de la correspondance.

Un recueil de notes sur l'histoire antique, un reçu à l'attention de Henri Des Rivières, une carte de souhaits et une photographie du juge Thomas McCord complètent cet ensemble.

Source du titre propre : Titre basé sur le contenu du fonds.
État de conservation : La reliure de certains journaux est fragile et/ou déchirée.
Langue des documents : Les documents sont en français et en anglais, mais surtout en français.


Le fonds est divisé selon les séries suivantes :

  • P752/A Notes généalogiques

  • P752/B Marie-Angélique Hay Des Rivières. - 1846-1871. - 20,5 cm de documents textuels.
  • Documents numérisés :

    M2012.63.1.1
    M2012.63.1.2: Partie 1 - Partie 2
    M2012.63.1.3: Partie 1 - Partie 2 - Partie 3
    M2012.63.1.4: Partie 1 - Partie 2 - Partie 3 - Partie 4
    M2012.63.1.5
    M2012.63.1.6: Partie 1 - Partie 2 - Partie 3 - Partie 4 - Partie 5 - Partie 6
    M2012.63.1.7: Partie 1 - Partie 2
    M2012.63.1.8: Partie 1 - Partie 2 - Partie 3
    M2012.63.1.9: Part ie1 - Partie 2 - Partie 3 - Partie 4
    M2012.63.1.10: Partie 1 - Partie 2 - Partie 3 - Partie 4
    M2012.63.1.11: Partie 1 - Partie 2
    M2012.63.1.12: Partie 1 - Partie 2


  • Portée et contenu : Cette série est constituée des journaux personnels de Marie-Angélique Hay Des Rivières. La majorité des cahiers sont écrits sur une base presque quotidienne et couvrent les années 1846 à 1871. Leur contenu témoigne des relations familiales, de la vie domestique et des préoccupations journalières de cette femme de la bourgeoisie pendant la seconde moitié du 19e siècle. Ces journaux transmettent un rapport au temps particulier, où la lenteur s'exprime dans la description redondante de la température extérieure et de l'état des routes, de la santé des membres de la famille, des activités du curé de la paroisse, des multiples promenades et de l'attente perpétuelle de la réception d'une lettre ou de la visite d'un proche. Cette redondance leur confère également des allures de journaux de bord.

    Le climat social et politique de l'époque y est évoqué par le biais de passages sur les rébellions des Patriotes, les « immigrés des sheds » (cabanes d'accueil des immigrants), le « choléra du pays », la célébration de la Saint-Jean-Baptiste dans l'église « si bien décorée de feuilles d'érables », ou encore une traversée sur le fleuve gelé entre Montréal et Longueuil. Certains passages réfèrent au rôle de Marie-Angélique dans l'administration du moulin à scie familial : « il faudrait un plus grand nombre de pileurs [journaliers], il est vrai que ceux qui y sont auraient besoin d'être surveillés, car ils ne paraissent pas bien employer leur temps ». D'autres nous révèlent des facettes beaucoup plus intimes de sa vie. Elle y raconte, par exemple, la peine ressentie lors du décès de son enfant de trois mois ou son projet de confectionner des bracelets avec les cheveux récemment coupés de sa fille Caroline. Les écrits de Marie-Angélique Hay Des Rivières témoignent également des activités professionnelles de son époux Henri Des Rivières.

    Si les témoignages de contemporains tendent à nuancer fortement le tableau bucolique brossé par Marie-Angélique dans ses journaux, suggérant que ceux-ci présentent une vision idéalisée de la vie des Des Rivières à Stanbridge, cette chronique familiale s'échelonnant sur un quart de siècle constitue néanmoins un témoin exceptionnel des mœurs du Québec du 19e siècle.

  • Langue des documents : Les documents sont en français et en anglais.

  • P752/C Eugénie Taschereau Des Rivières

  • P752/D Berthe Des Rivières Anger

  • P752/E Autres membres des familles Des Rivières et Taschereau

 

Dernière mise à jour : 30 août 2017