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Fonds des familles Grignon et Guèvremont (P747)

Extrait du journal du Chalet des Vignes (détail), 1918-1921. Don de la Succession Germaine Guèvremont, Fonds Familles Grignon et Guèvremont P747, M2012.36.1.38 © Musée McCord

Les vacances des Guèvremont aux îles

« Enfin! Nous y v'la aux Iles, comme dirait Margot. - Ma tante considère que la vie nous coutera [sic] meilleur marché avec l'énorme approvisionnement de poisson que nous avons dans les Iles; ce que mon oncle nous en promet de la parchaude [sic]; et ma tante nous assure que nous la mangerons à toutes les sauces; C'est à penser que le dictateur des vivres doit venir passer la vacance ici. » (5 juillet 1918)

S'il est difficile de savoir dans quelle mesure le régime de perchaude d'Olive Beauchemin Guèvremont a été suivi par la famille, ce passage sur le « dictateur des vivres » a de quoi faire sourire. C'est en 1917, pendant la Première Guerre mondiale, que le gouvernement canadien crée le poste controversé de « contrôleur des vivres ». Son mandat est de limiter la consommation alimentaire de la population et, ainsi, de favoriser l'exportation des denrées vers l'Europe où sont déployés les soldats. À quelques mois de la fin de la Grande Guerre, on ne s'étonne pas que le qualificatif de « dictateur » soit attribué à ce fonctionnaire qui, d'une main de fer et en dépit des railleries de la presse, mène une véritable campagne légale et populaire visant à modifier les habitudes alimentaires des Canadiens.

Les journaux du Chalet des Vignes, conservés dans le fonds d'archives des familles Grignon et Guèvremont (P747), rassemblent des récits et anecdotes consignés presque quotidiennement entre 1915 et 1921. Cette chronique riche et vivante de l'occupation du chalet offre un regard unique sur l'histoire des loisirs au Québec.


P747 Fonds Familles Grignon et Guèvremont. - 1892-1974. - 18 cm de documents textuels. - 17 photographies.

Notice biographique

Les membres des familles Grignon et Guèvremont sur lesquels porte ce fonds d'archives ont principalement vécu dans les régions de Saint-Jérôme, Sainte-Scholastique, Montréal et Sorel.

Tous deux originaires de Saint-Jérôme, VALENTINE LABELLE (1868-1932) et JOSEPH-JÉRÔME GRIGNON (1863-1930) ont deux filles, Jeanne et Germaine.

En 1915, JEANNE GRIGNON (1890-?) se marie à Benedict W. (Bill) Nyson, un journaliste d'origine norvégienne. Ils ont deux filles jumelles en 1916, soit GERMAINE NYSON (1916-1984) et JEANNE NYSON (1916-19??). Leur fille Jeanne épouse Gordon Bryan Dawson en 1957.

GERMAINE GRIGNON (1893-1968) fait ses études à Sainte-Scholastique, Saint-Jérôme, Lachine et Toronto (Loretto Abbey), puis est employée par le tribunal de Sainte-Scholastique. C'est en 1916 qu'elle épouse HYACINTHE GUÈVREMONT, fils du notaire ALFRED GUÈVREMONT (1859-?) et d'OLIVE BEAUCHEMIN (1859-?). Ils auront cinq enfants, soit Marthe, Louise, Jean, Lucille et Marcelle.

La famille s'établit à Ottawa dès 1916, puis à Sorel de 1920 à 1935, et enfin à Montréal. C'est à Sorel que Germaine Guèvremont fait ses premières armes comme journaliste, écrivant des articles pour The Gazette (Montréal) et Le Courrier de Sorel. Elle travaillera également pour Paysana et L'oeil. En 1942, elle publie son premier livre, un recueil de contes intitulé « En pleine terre ». Un an plus tard, deux chapitres de son oeuvre marquante, « Le Survenant », paraissent dans la revue Gants du ciel. Le roman est publié en 1945 aux éditions Beauchemin, et en 1946 chez Plon à Paris, et récompensé du prix Duvernay, du prix David et du prix Sully-Olivier de Serres décerné par l'Académie française. « Marie-Didace », un prolongement du Survenant, paraît en 1947. Cet autre succès littéraire permet à Germaine Guèvremont d'entrer à l'Académie canadienne-française en 1948. D'autres récompenses et marques de reconnaissance lui sont attribuées, dont le prix du Gouverneur général en 1950, des doctorats honoris causa de l'Université Laval (1952) et de l'Université d'Ottawa (1960), ainsi que l'élection à la Société royale du Canada (1962). L'adaptation de ses romans à la radio (1951), à la télévision (1954-1960) et au cinéma (1957) confère à l'auteure une grande notoriété.

Portée et contenu

Ce fonds témoigne de la vie et de l'oeuvre des membres de deux familles québécoises entre les années 1892 et 1974. Il constitue un apport intéressant à l'histoire culturelle et artistique du Québec, mais également à l'histoire domestique et familiale, à l'histoire militaire et à l'histoire des loisirs.

Une grande partie des archives porte sur la vie de l'auteure Germaine Grignon Guèvremont et des différents membres de sa famille immédiate, dont son mari Hyacinthe Guèvremont et ses beaux-parents Alfred Guèvremont et Olive Beauchemin, sa mère Valentine Labelle et son père Joseph-Jérôme Grignon. Plusieurs documents sont également liés à sa soeur Jeanne Grignon et au mari de cette dernière, Bill Nyson, ainsi qu'à leurs deux filles jumelles Jeanne et Germaine Nyson.

Le fonds témoigne de la carrière d'écrivaine de Germaine Guèvremont, par le biais d'oeuvres dédicacées ou d'une invitation à la réception d'un doctorat honoris causa. On y trouve également de la correspondance avec sa mère Valentine et sa fille Marthe. De nombreux documents témoignent aussi de la relation entre Jeanne Grignon et son époux Bill Nyson, un journaliste à l'emploi du journal Star à Montréal.

Parmi les documents familiaux du fonds se trouvent également des actes de naissance, de baptême, de mariage ou de décès, des déclarations de transmission de successions, ainsi que deux journaux manuscrits du Chalet des Vignes (1915-1921). Certains documents traitent aussi de la courte carrière de hockeyeur d'Hyacinthe Guèvremont, notamment au sein du Canadien de Montréal.

Plusieurs documents épistolaires viennent enrichir le fonds, dont une lettre de Claude-Henri Grignon à Jeanne Grignon Nyson concernant la dernière visite effectuée par Germaine Guèvremont avant son décès, ainsi qu'une correspondance amoureuse adressée à Germaine Grignon Nyson par Andràs, un immigrant hongrois emprisonné au pénitencier de l'Ontario Reformatory. Le fonds contient également une quantité importante de certificats d'assurances et de valeurs minières achetés par la famille.

En complément aux archives textuelles, le fonds contient des portraits de studio représentant notamment Valentine Labelle, le shérif Pierre Guèvremont et les soeurs Jeanne et Germaine Guèvremont. Enfin, des documents photographiques rattachés à l'oeuvre littéraire de Germaine Guèvremont témoignent, entre autres, du tournage de la série télévisée « Le Survenant ».

État de conservation : Les journaux du Chalet des Vignes sont fragiles et doivent être manipulés avec soin.
Langue des documents : Les documents sont en français et en anglais.


Le fonds est divisé selon les séries, sous-séries et dossiers suivants :

  • P747/A Famille Grignon
    • P747/A1 Joseph-Jérôme Grignon
    • P747/A2 Valentine Labelle
    • P747/A3 Jeanne Grignon Nyson. - [1915-1969]. - 0,8 cm de documents textuels.
      Documents numérisés : P747/A3,1 - P747/A3,2 - P747/A3,3

    • Portée et contenu : Cette sous-série témoigne de la vie personnelle, des relations familiales et des finances de Jeanne Grignon Nyson.

    • Elle comprend un contrat de mariage daté du 24 novembre 1915, conclu entre Jeanne Grignon et Bengt-William (Bill) Nyson, journaliste originaire de Christiania (Oslo) en Norvège (qui aurait inspiré Germaine Guèvremont pour le personnage du Survenant), et un carton d'invitation qui témoigne de la célébration de leur union le jour suivant. Un jugement de la Cour supérieure officialise leur séparation le 18 janvier 1931. Bill Nyson est alors domicilié à New York.

    • La sous-série rassemble également de la correspondance reçue par Jeanne Grignon, notamment de la part de son mari. Celui-ci rend compte, dans une lettre manuscrite datée du 4 juillet 1929, de sa situation professionnelle et financière précaire et lui promet de lui faire suivre des fonds dès que ses affaires se seront stabilisées. Les pensées de Bill Nyson se tournent souvent vers ses filles jumelles (Germaine et Jeanne Nyson). Il affirme, par exemple, dans sa lettre du 4 juillet 1929, avoir fait parvenir dans un envoi précédent une poupée de papier à l'attention de chacune d'elles. Une lettre dactylographiée datée du 16 août 1930, rédigée sur du papier à lettres du New York Times, mentionne l'envoi d'un montant d'argent à l'occasion de leur quatorzième anniversaire. Il précise enfin, dans un courrier envoyé à sa femme le 24 mars 1930, avoir joint une note à l'intention des petites.

    • La sous-série contient par ailleurs un mot daté du 30 octobre 1944 de la part d'un cousin de Jeanne Grignon Nyson faisant état du paiement de l'entretien à perpétuité d'un lot de cimetière enregistré au nom de Médard Grignon. Un autre cousin, l'auteur Claude-Henri Grignon, répond pour sa part à ses voeux de Pâques par une missive au ton chaleureux envoyée depuis Sainte-Adèle le 22 avril 1968. On y trouve en outre des lettres de la Commission des prix et du commerce en temps de guerre, datées respectivement du 18 et du 19 septembre 1944, concernant le versement d'un salaire et le remboursement de cotisations de retraite. Quelques échanges témoignent de démarches effectuées par Jeanne Grignon Nyson auprès du ministère des Anciens Combattants afin d'obtenir une allocation pour les services rendus par son mari lors de la Première Guerre mondiale.

    • Des documents attestant des investissements financiers de Jeanne Grignon Nyson, parmi lesquels figurent des certificats d'actions de la United Securities Limited, de la Pandora Cadillac Gold Mines Limited et de l'Aldermac Copper Corporation Limited, complètent la sous-série.

      Un contrat de mariage conclu entre Jeanne Grignon et B. Nyson, un jugement de la Cour supérieure officialisant leur séparation, ainsi que des certificats et ententes attestant des investissements financiers de Jeanne complètent cet ensemble.

    • Langue des documents : Les documents sont en français et en anglais.

    • P747/A4 Germaine Nyson
    • P747/A5 Jeanne Nyson (Neyson) Dawson

  • P747/B Famille Guèvremont
    • P747/B1 Généalogie
    • P747/B2 Olive Beauchemin Guèvremont. - 1903, 1915-1921. - 4,5 cm de documents textuels.
      Documents numérisés : Partie 1 - Partie 2 - Partie 3

    • Portée et contenu : Cette sous-série est principalement constituée de deux journaux du Chalet des Vignes, lieu de villégiature situé sur l'île aux Fantômes (Sorel) et tenu par les parents de Hyacinthe Guèvremont, Olive Beauchemin et le notaire Alfred Guèvremont, à partir de 1886. Des membres de la famille et des amis s'y rencontraient pendant l'été. Son emplacement est voisin de celui de l'Îlette-au-Pé, site patrimonial cité dans le Répertoire du patrimoine culturel du Québec. Ces documents manuscrits sont à la fois des journaux de bord et des registres de visiteurs, dans lesquels sont consignés des comptes rendus quotidiens, des témoignages et des coordonnées de visiteurs au cours des saisons estivales 1915 à 1921.

    • Le premier journal couvre la saison de 1915, peu documentée, et celles de 1916 et 1917. Le deuxième journal relate quant à lui les étés de 1918 à 1920 et, dans une moindre mesure, celui de 1921. Les récits journaliers présentent une chronique riche et vivante de l'occupation de ce site voué à la chasse, à la pêche et à la détente, et offrent ainsi un regard sur l'histoire des loisirs familiaux au Québec. À partir de l'été 1916, c'est le neveu des tenanciers, Paul E. Monarque, qui se charge presque quotidiennement du récit de la vie du chalet. D'autres membres de la maisonnée, dont Margot Langlois et P. P. de la Bruère, prennent la relève lorsqu'il doit quitter le chalet, en général à la fin de la saison pour retourner au collège. Sur un ton souvent enjoué, les chroniqueurs décrivent de façon détaillée les activités des uns et des autres : promenades en chaloupe, baignades, pique-niques, ou, lorsque la température se fait moins clémente, lecture, écriture et travaux d'aiguilles. Ils y relatent les veillées, parties de cartes, fêtes d'anniversaire et soirées théâtrales qui y sont organisées. Ils rendent compte également des besognes nécessaires à la bonne marche du chalet : ménage, préparation des repas, emplettes et excursions pour quérir du lait ou de la glace, bûchage du bois. Leurs textes sont parfois agrémentés de quelques croquis. Les vacanciers qui visitent le lieu de villégiature proviennent de la région avoisinante, mais aussi de Montréal, de Longueuil, de Sherbrooke, de Trois-Rivières et d'Ottawa. On compte parmi leurs témoignages ceux du notaire Wilfrid Martel, de A. de Ch. Francoeur, de H. Emery, du curé Louis Bourque, du supérieur des Dominicains de Montréal, Réginald Dupras, de Marguerite Clark, de Jane O'Sullivan et de Mariette O'Bready. On y trouve également un compte rendu de Germaine Grignon Guèvremont daté du 10 septembre 1916 qui témoigne de l'atmosphère joyeuse de la maisonnée et des relations de la jeune femme avec sa belle-famille.

    • La sous-série contient en outre une lettre datée du 28 juillet 1918 dans laquelle plusieurs convives adressent leurs vœux à Olive Beauchemin et Alfred Guèvremont pour le 34e anniversaire de leur union. Quelques documents sont également insérés ou collés dans les journaux, dont des coupures de presse, une carte postale, une carte professionnelle et quelques notes.

      Les récits des tenanciers et des vacanciers présentent une chronique riche et vivante de l'occupation de ce site voué à la chasse, à la pêche et à la détente, et offrent ainsi un regard sur l'histoire des loisirs familiaux au Québec.

    • Langue des documents : Les documents sont en français et en anglais.

    • P747/B3 Hyacinthe Guèvremont
    • P747/B4 Germaine Grignon Guèvremont
      • P747/B4,1 Extrait du registre des baptêmes
      • P747/B4,2 Ouvrages publiés
      • P747/B4,3 Correspondance. - [1908-1966]. - 0,5 cm de documents textuels.
        Documents numérisés

      • Portée et contenu : Ce dossier témoigne des relations épistolaires qu'entretenait l'auteure Germaine Grignon Guèvremont avec des membres de sa famille.

      • Il contient une carte postale datée du 21 septembre 1908 envoyée à sa mère, Valentine Labelle, à Sainte-Scholastique, depuis Loretto Abbey, à Toronto, où Germaine Grignon Guèvremont a fait une partie de ses études. La jeune étudiante y demande des nouvelles de sa famille et confie à sa mère s'ennuyer « beaucoup moins qu'avant » et aimer son nouveau professeur.

      • Deux lettres de l'auteure à sa fille Marthe documentent, plusieurs années plus tard, un séjour familial aux États-Unis. Dans la première, datée du 22 juillet 1964, elle lui fait part de la difficulté à trouver un endroit convenable où loger et lui transmet une adresse temporaire à Old Orchard. Elle livre au passage son état d'esprit : « Il n'est pas facile de mettre la main à la plume ici et je ne fais que m'habituer à vivre parmi le monde. » Elle y fait mention également de la visite de Jeanne et de Germaine (probablement ses nièces), et de la présence de Louise et de Sat (probablement sa fille, Louise Guèvremont, et le mari de cette dernière, Saturno Gentiletti), ainsi que de Lauretta et du « beau Irmo » à Eliza. L'auteure confirme dans sa deuxième lettre, envoyée d'Old Orchard le 29 juillet 1964, avoir enfin trouvé un chalet situé près de la mer, propre et suffisamment grand, et donne à sa fille, qui doit la rejoindre prochainement, des indications pour s'y rendre. Elle y évoque également une visite au cimetière effectuée par cette dernière, dont le père Hyacinthe Guèvremont (mari de Germaine Grignon Guèvremont) est décédé peu de temps auparavant, le 7 juillet 1964.

      • Le dossier comprend par ailleurs deux cartes postales envoyées par Germaine Grignon Guèvremont depuis la Floride en décembre 1966 à sa nièce Jeanne Dawson et à l'époux de celle-ci, Gordon Dawson, ainsi que deux cartes de souhaits non datées, dont une signée « tante Germaine ». L'autre, dans laquelle elle s'adresse probablement à des membres de sa famille qu'elle ne nomme pas, fait référence à un problème de santé dont elle s'est remise.

      • Une carte d'invitation à la Collation des grades de l'Université d'Ottawa le 29 mai 1960, envoyée à l'attention de sa fille Marcelle Guèvremont au 1010 rue Sherbrooke Est, à Montréal, complète le dossier.

      • Langue des documents : Les documents sont en français.

      • P747/B4,4 Finances
    • P747/B5 Autres membres de la famille Guèvremont et proches

  • P747/C Photographies

 

Dernière mise à jour : 29 mars 2019