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Fonds Nona Molson (P723)

Lettre de Remy Léon, extrait du spicilège de Nona Molson (1874-1933) (détail), 26 décembre [1915 ou 1916]. Don de Martha E. McKenna, Fonds Nona Molson P723, M2008.129.1 © Musée McCord

Des fleurs pour Nona

« Ma Chère [sic] et douce petite Nona
Je ne sais pas comment vous dire toute la gratitude qui a déborder [sic] de mon coeur au reçu de votre si charmant cadeau, et je vous en remercie infiniment et pour vous prouver ma reconnaissance, aussitôt le symbole de ces quelques fleurs vous prouveras [sic] que mon coeur n'oublie jamais, aussi c'est avec le grand espoir que vous voudrez bien les conserver, pour ce que non seulement elles vous rappelleront que je pense toujours à vous, mais encor [sic] qu'elles vous apporteront mes souhaits de bonne année et le plaisir que j'aurais d'être blessé à nouveau et d'avoir la chance d'être encor [sic] une fois d'être [sic] auprès de vous [...] »


Cette lettre de Rémy Léon, mitrailleur dans l'armée française pendant la Première Guerre mondiale, témoigne des liens d'amitié et d'affection noués entre patients et personnel soignant en dépit - ou à cause - des rigueurs du conflit militaire, ainsi que de l'importance du labeur des femmes pendant cette période.

Entre 1915 et 1917, la Canadienne Nona Molson oeuvre à titre d'ambulancière à l'Hôpital Bénévole numéro 62 de Céret, où Léon est traité. Elle y prodigue des soins aux soldats français, qui couvrent de gratitude leur « infirmière anglaise ». Une fois leur convalescence terminée, ils lui envoient cartes, lettres, photos et voeux de bonne année, souvent, comme dans ce document, agrémentés de fleurs. Léon va quant à lui jusqu'à souhaiter être à nouveau blessé pour la revoir.

Cette dévotion peu commune est bien méritée. À l'époque, l'implication du Détachement d'aide volontaire (DAV), le groupe de bénévoles civils dont Nona Molson fait partie, fournit un précieux appui à l'effort de guerre et au système médical traditionnel, qui est débordé. Plus de 90 000 personnes, en majorité des femmes, s'y sont engagées entre 1914 et 1918.

Source
« First World War Volunteers », British Red Cross Society, 2018.


P723 Fonds Nona Molson. - 1915-1922. - 7 cm de documents textuels.

Notice biographique

Alice Carlyle (Nona) Molson, ARRC est baptisée à Montréal, le 13 mai 1874. Elle est la fille du capitaine Joseph Dinham Molson (1829-1894) et de Catherine Elizabeth Day (1838-1881), l'arrière-petite-fille de John Molson l'ancien (1763-1836) et la petite-fille de John Molson l'aîné (1787-1860), brasseurs et célèbres hommes d'affaires montréalais. Huitième d'une fratrie de neuf enfants, elle grandit à Lennoxville.

Dès le début de la Première Guerre mondiale, le 17 mars 1915, elle s'engage au sein du Détachement d'aide volontaire (DAV), organisme civil géré par la Croix-Rouge britannique et l'Ordre de Saint-Jean. L'organisation met sur pied des hôpitaux auxiliaires qui fournissent des soins aux blessés légers pour soutenir l'effort de guerre. Après sa formation, Nona Molson est affectée à la 198e Division, dans le quartier Paddington (Londres), au rang de quartier-maître.

D'août 1915 à février 1917, elle oeuvre à l'Hôpital Bénévole mis sur pied à Céret, en France, entre autres en tant qu'ambulancière. D'avril 1917 jusqu'à mai 1919, elle est en poste à Salonique (aujourd'hui Thessalonique), en Grèce, et s'active à la British Red Cross Sisters' Convalescent Home. Son séjour est marqué par un feu dévastateur qui ravage la ville en août 1917 et par la fin de la guerre contre la Bulgarie le 29 septembre 1918.

La qualité de son travail est souvent remarquée pendant cette période : elle est citée à l'ordre du jour et reçoit la Croix rouge royale, deuxième classe, médaille militaire réservée au personnel de santé. Elle termine son service en Grèce avec le rang de commandant.

Après cinq années passées outre-mer, elle quitte Salonique pour retourner au Royaume-Uni. Le 6 juillet 1919, elle assiste au service religieux d'action de grâce pour la paix à la cathédrale Saint-Paul, et est ensuite conviée, le 25 du même mois, à une réception en plein air à Buckingham Palace. Elle est invitée à Marlborough House afin d'y rencontrer Sa Majesté la reine Alexandra, le 18 décembre 1919. Elle continue de s'impliquer dans le DAV en tant que secrétaire de la section de Paddington.

Les registres électoraux britanniques indiquent que Nona Molson a passé la majorité du reste de sa vie au Royaume-Uni. Elle est décédée le 4 juin 1933, à Sherbrooke.

Portée et contenu

Ce fonds porte sur les activités de Nona Molson comme infirmière auxiliaire et comme directrice d'une maison de convalescence durant la Première Guerre mondiale en Europe. Il contient un spicilège qui témoigne des expériences vécues au cours du conflit militaire et des années qui l'ont suivi, de 1915 à 1922. L'album renseigne sur son quotidien, les liens qu'elle entretient avec ses patients et ses collègues, ainsi que sur les honneurs qui lui sont rendus.

Le spicilège comprend un petit nombre de photographies de monarques et une majorité de clichés d'infirmières et de militaires, dont plusieurs prises devant l'Hôpital Bénévole de Céret, en France. Il contient des lettres, des cartes postales et des billets de soldats français exprimant leur gratitude, reçues par Nona Molson à Céret et à Salonique, pour la plupart envoyées de France, mais aussi de Londres et de Grèce. Le fonds est aussi composé de cartes d'identité et de laissez-passer produits par les autorités britanniques, françaises et italiennes, de différents certificats de formation médicale délivrés par la Croix-Rouge britannique, de programmes de spectacles produits à Salonique par les forces militaires britanniques, de collections de souvenirs de France et de Grèce, ainsi que de cartes géographiques de l'Italie et de la région située au nord-est de la Méditerranée. Le fonds comprend en outre des coupures du journal Balkan News.

Source du titre propre : Basé sur la créatrice du fonds.

Collation : 38 pages.

Restauration/Conservation : Les pages du spicilège sont intercalées avec des feuilles de papier sans acide. Le spicilège est entreposé dans son contenant original.

Source immédiate d'acquisition : Le fonds a été offert au Musée McCord par Martha E. McKenna en 2008. Nona Molson était la soeur cadette de John Dinham Molson (1867-1941), le grand-père de la donatrice.

Langue des documents : Les documents sont en anglais, en français, en italien, en grec et en serbe, mais surtout en anglais.

Groupes de documents reliés : Le Musée McCord conserve plusieurs groupes de documents reliés à la famille Molson ou à la Première Guerre mondiale : Fonds Famille Molson (P046), Fonds Beatrice Stewart Molson (P045), Collection Première Guerre mondiale (C218).


Ce fonds comprend le document suivant :

  • M2008.129.1 Spicilège de Nona Molson. - 1915-1922. - 1 document textuel ; 38 × 28 cm.
  • Document numérisé : Partie 1 - Partie 2

 

Dernière mise à jour : 9 avril 2020