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Fonds de la famille Drummond (P015)

1808-1979. - 106 cm de documents textuels. - 1262 photographies.

Histoire administrative - Notice biographique :

George Alexander Drummond est né à Édimbourg le 11 octobre 1829. Il est le fils de George Drummond, entrepreneur, et de Margaret Pringle. Il reçoit son éducation dans sa ville natale, puis se voit offrir un poste dans la compagnie de son beau-frère, John Redpath (qui a épousé en secondes noces Jane Drummond). Ce dernier invite Drummond à s'installer à Montréal et à prendre la direction technique de la raffinerie de sucre que l'on construit près du canal de Lachine. Drummond épouse d'ailleurs, en 1857, Helen Redpath, la fille de John Redpath, ce qui lui assure une position favorable dans l'entreprise. Ainsi, en 1862, à la retraite de John Redpath, George Alexander Drummond est nommé, avec deux des fils Redpath (Peter et John James), associé de la John Redpath and Son. Bien que cette association fût dissoute cinq ans plus tard, Drummond est demeuré administrateur de la compagnie jusqu'à sa fermeture en 1876. Drummond a eu trois fils avec Helen Redpath : Maurice (d. 1904), Arthur (d. 1916) et Huntley (1864-1957).

Entre-temps, Drummond s'intéresse vivement à la politique et aux mesures économiques adoptées par le gouvernement. Après un séjour de deux ans en Europe, il revient au Canada en 1878 et offre ses conseils au gouvernement Macdonald concernant l'adoption de la politique nationale. Sous son élan, des mesures favorables au commerce du sucre sont implantées. De plus, il assume la présidence d'une nouvelle société par actions, la Canada Sugar Refining Company Limited. En 1888, il est nommé au Sénat par le gouvernement Macdonald et est l'un des sénateurs les plus écoutés en matière de commerce, de finance et de fiscalité.

Dans les dernières décennies du 19e siècle, George Alexander Drummond devient ainsi l'une des principales autorités en matière de commerce, et sa carrière de commerçant se poursuit en parallèle avec ses activités politiques. Depuis 1864, il est membre du Bureau de commerce de Montréal (il en sera d'ailleurs vice-président, puis président dans les années 1880). En 1882, il est nommé administrateur de la Banque de Montréal. Il en assume la vice-présidence de 1887 à 1896, puis devient président de 1897 jusqu'à sa mort en 1910. La présence d'industriels tels que Drummond à la Banque de Montréal amènera non seulement celle-ci à adopter plusieurs mesures favorisant le commerce et l'industrie, mais également à prendre de l'expansion, ouvrant 110 succursales entre 1884 et 1910. En plus de son implication très active à la Banque de Montréal, Drummond siège aussi à plusieurs conseils d'administration, dont ceux de la Royal Trust Company, de la Compagnie du chemin de fer Canadien Pacifique, de l'Intercolonial Coal Mining Company, de l'Ogilvie Milling Company, etc. Il est membre de divers clubs sociaux, comme le St. James Club de Montréal, le Rideau Club d'Ottawa, le Reform Club de Londres et le Manhattan Club de New York.

George Alexander Drummond a droit à de nombreux honneurs dans les dernières années de sa vie. En 1904, il est nommé Chevalier Commandeur de l'Ordre de Saint-Michel et Saint-George, puis Commandeur de l'Ordre royal de Victoria en 1908. En 1900, lui et son épouse (Lady Drummond; voir ci-dessous) sont présentés à la reine Victoria, et en 1901, ils auront l'honneur de présenter des bijoux et des médailles au prince et à la princesse de Galles lors de leur visite au Canada. Sa fortune personnelle lui permet de mener un grand train de vie. Il possède plusieurs résidences, fait l'élevage d'animaux de race, entretient un terrain de golf privé (il est le premier président de l'Association royale de golf du Canada en 1895) et possède l'une des plus belles collections d'art au Canada (il est président de l'Association des beaux-arts de Montréal de 1896 à 1899). Il met aussi sa richesse au profit de plusieurs œuvres charitables. Il est l'un des fondateurs, en 1894, du St. Margaret's Home for Incurables, et est membre de la Citizens League, dont le but est d'améliorer les conditions de vie des Montréalais.

En septembre 1884, Drummond, alors veuf, épouse en secondes noces Grace Julia Parker (née en 1861), elle-même veuve d'un premier mariage avec le révérend George Hamilton, décédé en 1880. Grace Julia Parker, que l'on viendra à connaître sous le nom de Lady Drummond, est la fille d'Alexander Davidson Parker de Montréal, et de Grace Gibson d'Édimbourg. Des portraits biographiques contemporains la décrivent comme une femme élégante, distinguée, d'un grand charme personnel et d'une éloquence hors du commun. Elle est d'ailleurs directrice de la Woman's Historical Society. Comme son deuxième époux, elle est reconnue pour les œuvres charitables auxquelles elle a contribué et deviendra une voix reconnue pour le droit des femmes. Ainsi, elle devient la première présidente de la section montréalaise du Conseil national des femmes du Canada (de 1893 à 1899) et présidente du Cercle canadien des femmes de Montréal en 1907-1908. Elle contribue à mettre sur pied la section montréalaise des Infirmières de l'Orde de Victoria en 1899 et elle est membre du Conseil consultatif de la Parks and Playgrounds Association of Montreal, en plus de participer à plusieurs activités philanthropiques en compagnie de son mari. En 1910, les deux époux mettent notamment sur pied la Charity Organization of Montreal, dont Lady Drummond sera la présidente de 1911 à 1919. Pendant la Première Guerre mondiale, elle se rend en Angleterre afin d'y travailler au service de la Croix-Rouge et d'œuvrer au sein de l'IODE. En reconnaissance de son travail humanitaire, elle reçoit de nombreux honneurs, comme la médaille de la Reconnaissance de la France, le titre de Lady of Justice de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, les médailles britannique et serbe de la Croix-Rouge, de même qu'un diplôme honorifique de McGill pour son travail philanthropique, le premier à être décerné par l'université à une femme.

En 1908, souffrant de problèmes cardiaques, George Alexander Drummond se retire dans son domaine de Huntlywood, dans l'ouest de l'île de Montréal. Il décède le 2 février 1910. Son épouse lui survivra durant 32 ans, s'éteignant en 1942 à l'âge de 81 ans.

Le couple Drummond a eu deux enfants : un fils, Julian St. George (n. 1885), décédé en bas âge, et Guy Melfort Drummond, né en 1887. Ce dernier obtient un baccalauréat en arts de l'Université McGill en 1909 et, comme son père, démontre un intérêt pour les affaires politiques. Il poursuit aussi une carrière militaire et se voit nommé lieutenant du 5e régiment des Royal Highlanders du Canada en 1912, puis capitaine en 1914. Lorsque la guerre éclate, il quitte le Canada pour servir sur le front européen, où il est tué à Ypres en 1915. Lors de son décès, il était marié à Mary Hendrie Braithwaite (1893-1972), fille d'Arthur Douglas Braithwaite et de Marjorie Hendrie de Hamilton. Au début du 20e siècle, Arthur D. Braithwaite était l'un des principaux administrateurs de la Banque de Montréal. Au moment du décès de Guy Melfort Drummond, son épouse était alors enceinte. En 1915, elle mit au monde un garçon qui fut nommé Guy Melfort Drummond en l'honneur de son défunt père. Il devint pilote dans l'Aviation royale du Canada, puis exerça une carrière dans le droit. Il est décédé 1987 sans laisser de descendance.

Patrick McGillycuddy Stoker, donateur du présent fonds, est le fils de Tom Thornley McGillycuddy Stoker, qui épousa en 1919 Mary Hendrie Braithwaite, veuve de Guy Melfort Drummond.

Portée et contenu :

Ce fonds porte sur les différents membres de la famille Drummond de Montréal. Il contient des informations sur Sir George Alexander Drummond, son épouse, Julia Grace Parker (plus tard connue sous le nom de Lady Drummond), leurs enfants Julian et Guy Melfort et leur petit-fils Guy Melfort fils. Le fonds porte aussi sur des familles liées aux Drummond, comme les Braithwaite, les Hendrie et les Stoker. Le fonds offre des renseignements sur les activités, les vies et les carrières de ces personnes, sur leurs réalisations, leurs écrits et les honneurs qu'ils ont reçus.

Au sujet de George A. Drummond, le fonds contient surtout des documents attestant des honneurs qu'il a reçus au fil des ans, dont celui d'avoir été fait Chevalier Commandeur de l'Ordre de Saint-Michel et Saint-Georges (KCMG) et Commandeur de l'Ordre royal de Victoria. On y trouve aussi un livre commémoratif intitulé Gold Commemorative Medal and Address to Hon. George A. Drummond (1901), de même que des lettres qu'il a écrites, un recueil d'articles de journaux soulignant son décès, de même qu'un livre de prières lui ayant appartenu.

Quelques documents du fonds attestent de la brève existence de Julian St. George Drummond (premier fils de George A. et Grace Julia Drummond), qui vécut moins d'un an (1885-1886). Il y a deux copies de son acte de naissance, une notice dans un journal et une carte de condoléances. On trouve aussi quelques documents portant sur Huntley Drummond, dont une carte de voeux.

Guy Melfort Drummond II (fils) est aussi représenté dans le fonds qui contient son livre de bébé, quelques-uns de ses diplômes, une lettre de recommandation, une invitation, de la correspondance, ses états de service dans l'Aviation royale du Canada, son admission au barreau, sa nomination comme conseil de la Reine et un acte de naissance.

Toutefois, la majorité des documents contenus dans le fonds portent sur Grace Julia Parker et son défunt fils, Guy Melfort Drummond I. À propos de ce dernier, on trouve son acte de baptême de 1887, des bulletins et des diplômes attestant de son éducation collégiale et universitaire, des commissions d'officier et un certificat d'instruction de l'Armée canadienne. On trouve aussi le registre de ses cadeaux de mariage. De nombreuses lettres complètent cette documentation, la plupart étant adressées à sa mère ou à son père. Plusieurs ont été écrites lors de ses voyages et d'autres durant sa carrière militaire, et ce, jusqu'au jour même de son décès le 22 avril 1915. Il y a également de nombreux documents portant sur son décès, dont des certificats officiels, des hommages, des programmes de services religieux, des articles de journaux et divers textes. À ce sujet, on trouve aussi de la correspondance concernant l'identification et le rapatriement de ses restes après la guerre. Des documents sur les Royal Highlanders of Canada et deux albums de découpures portant sur le service militaire de Guy M. Drummond et la Première Guerre mondiale complètent le tout (l'un contenant entre autres le poème In Flanders Fields signé par l'auteur, John McCrae).

En ce qui concerne Lady Drummond, les nombreux documents portant sur elle sont surtout des lettres (et des télégrammes) reçues de diverses sources, dont le comte Grey et le comte de Minto, de même que Wilfrid Laurier et Mackenzie King. Il y a aussi deux passeports, de nombreuses invitations à des événements sociaux ou liés à la monarchie britannique (couronnements, visites royales...), et des documents relatifs au Women's Canadian Club. Certains de ces documents ont aussi un lien avec la carrière et le décès de son fils, dont des lettres de condoléances, un compte rendu des activités des soldats canadiens en 1914-1918, des brochures sur des événements commémoratifs pour les soldats tombés au combat, etc. Enfin, le fonds contient une copie de l'ouvrage « Some Addresses by Julia Drummond » (1907) qu'elle dédie à son fils, de même que nombreuses attestations de mérite et divers honneurs, dont un doctorat honorifique de l'Université McGill et des certificats pour son travail au sein de la Croix-Rouge canadienne.

Les fonds contient aussi des documents portant sur des familles alliées, comme les Braithwaite, les Hendrie et les Stoker. On y trouve un album de découpures ayant été compilé par Marjorie Hendrie, la belle-mère de Guy Drummond I, un cahier contenant une adresse fraternelle pour Arthur D. Braithwaite (époux de Marjorie Hendrie) à l'occasion de son départ de Hamilton pour Montréal en 1905, de la correspondance adressée à Mary Hendrie Braithwaite (épouse de Guy Drummond I), des documents sur l'Active Service Canteen de Toronto (dans lequel était impliquée la soeur de Mary Hendrie Braithwaite) et sur Burnside Hall, la résidence ancestrale de la famille Braithwaite en Angleterre.

Le fonds contient en outre de la documentation générale sur la famille Drummond, dont leur Visitor's Book (livre des visiteurs) dans lequel les invités de la famille devaient apposer leur signature, et des notes et des ouvrages sur la généalogie des Drummond. Quelques documents divers viennent compléter le tout, comme des archives témoignant de la visite de la reine Elizabeth II à la raffinerie de sucre Redpath à Montréal, un album de découpures sur la guerre des Boers, des cahiers du Collège Bishop, un ouvrage imprimé sur la collection d'art de la famille Drummond et un livre intitulé Art and War.

Enfin, le fonds contient des albums de photographies prises par Guy M. Drummond (père), un album d'un voyage en Angleterre et d'une croisière, de même que plusieurs épreuves de membres de la famille Drummond (plusieurs des Studios Notman), dont des photographies peintes, probablement de Guy M. Drummond. Les photographies comprennent aussi de nombreuses images liées au monde militaire pendant la Première Guerre mondiale et après (comme l'ossuaire de Douaumont en France).

Le fonds est divisé selon les séries suivantes :

  • P015/A : Famille Drummond : information générale et généalogique
  • P015/B : George A. Drummond
  • P015/C : Grace Julia Parker (Lady Drummond)
  • P015/D : Huntley Drummond
  • P015/E : Julian Drummond
  • P015/F : Guy Melfort Drummond (père)
  • P015/G : Guy Melfort Drummond (fils)
  • P015/H : Familles Hendrie, Braithwaite et Stoker
  • P015/I : Documents divers
  • P015/J : Photographies