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Fonds de la WCTU (Women's Christian Temperance Union) (P590)

1887-1897. - 3.1 cm de documents textuels.

Histoire administrative - Notice biographique :

Le Women's Christian Temperance Union (WCTU) fut l'un des premiers mouvements de revendication des droits des femmes au Canada, et l'un des plus actifs. Fondé en 1873 aux États-Unis, en Ohio, par Frances E. Willard, le WCTU est vite devenu le plus grand mouvement féminin national (puis mondial). L'organisme a ouvert différents bureaux au Canada, dont celui de Montréal en 1887. Il avait déjà ouvert un premier chapitre canadien en Ontario en 1874. Les chapitres « locaux » étaient appelés « Unions » et étaient très autonomes, même si leurs liens avec les chapitres nationaux étaient très étroits.

Le WCTU avait pour but de protéger les ménages et de renforcer la vie de famille, mais son objectif principal était de promouvoir l'abstinence totale de consommation d'alcool. Dans le cadre de son programme pro-famille, le WCTU s'est battu pour faire adopter des lois contre le trafic d'alcool (et plus tard des lois antitabac et antidrogues), mais aussi pour promouvoir des causes comme le droit de vote des femmes ou l'abolissement de la prostitution. Mouvement chrétien, on y favorisait la lecture de la Bible ou le récit de prières à l'école. Le WCTU s'intéressait aussi aux licences de mariage, à la citoyenneté et aux nouveaux immigrants, de même qu'aux causes pour la paix mondiale et pour le bien-être des enfants.

Fort de 500 000 membres, le WCTU existe aujourd'hui dans 72 pays. Il a contribué à la naissance d'autres mouvements, tel l'International Council of Women (fondé en 1893).

Le chapitre de Montréal a vraisemblablement été ouvert en 1887, au 562-564, rue Dorchester (l'actuel boulevard René-Lévesque). Il a été dirigé par Mlle E. G. Barber, puis par Mlle A. Montgomery. Le WCTU figure dans l'annuaire Lovell's jusqu'en 1910, année où il se trouvait au 152, rue Saint-Urbain (il avait auparavant occupé, pendant quelques temps, le 92, rue Saint-Urbain). Le WCTU accueillait non seulement des femmes aux prises avec l'alcool, mais aussi des femmes battues, malades (physiquement et/ou mentalement), sans emploi et indigentes, ou encore des femmes en attente de leur retour en Europe. Le registre fait aussi état de la présence de femmes d'origine amérindienne et de quelques femmes noires. Leur séjour pouvait aussi bien durer une nuitée que plusieurs semaines. On ignore ce qui est advenu du refuge après 1910. Les services qu'il dispensait ont peut-être été pris en charge par une autre institution, comme le Women's Hospital.

Notons aussi qu'on relève dans l'annuaire Lovell's un autre chapitre du WCTU qui était situé au 4600 (puis au 4630) rue Sherbrooke, à Westmount, et qui aurait été en activité de 1908 à 1914. De plus, le WCTU administrait à cette époque plusieurs « bibliothèques gratuites » et salles de lecture.

Portée et contenu :

Ce fonds porte sur divers aspects de la société féminine et de la salubrité à la fin du 19e siècle, donnant un aperçu de la vie des femmes moins fortunées dans un milieu urbain comme Montréal. Il témoigne aussi de façon importante des activités des organismes caritatifs à une époque où les services sociaux étaient quasi inexistants.Le fonds se compose d'un registre* où étaient consignées les arrivées au refuge du WCTU de femmes dans le besoin. On y inscrivait diverses informations sur les femmes qui demandaient l'asile au refuge, dont le nom de la personne, son lieu d'origine, sa confession religieuse et les problèmes dont elle souffrait. On ajoutait souvent des commentaires sur son comportement.