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Le dessinateur et graveur John Henry Walker (1831-1899)

Par Karine Rousseau

John Henry Walker est parmi les illustrateurs et graveurs sur bois canadiens les plus prolifiques de la seconde moitié du 19e siècle. En 1911, David Ross McCord, fondateur du Musée McCord, met la main sur une dizaine d'albums regroupant des estampes, esquisses, illustrations, coupures de journaux et autres documents lui ayant appartenu. Ces recueils se retrouvent aujourd'hui dans les collections du Musée McCord, à Montréal.

John Henry Walker est né en 1831 dans le comté d'Antrim, dans l'actuelle Irlande du Nord. Il immigre à Toronto, au Canada, en 1842 avec sa famille. Trois ans plus tard, il est initié aux rudiments de la gravure sur bois et sur cuivre lorsque sa mère le place comme apprenti chez le graveur Cyrus A. Swett. Il demeure à ses côtés jusqu'en 1848.

Dans son autobiographie manuscrite, Walker affirme avoir été le premier graveur sur bois au Canada. En réalité, il ne commence son travail qu'en 1848, soit six ans après l'arrivée du graveur anglais Frederick C. Lowe à Toronto. Tous deux font partie, néanmoins, du club sélect des plus importants graveurs de leur époque.

Produire des illustrations n'est pas une mince affaire pour les premiers périodiques canadiens. Les coûts et la rareté de la main-d'œuvre spécialisée n'encouragent pas les éditeurs à illustrer leurs publications. Très souvent, ils préfèrent utiliser des gravures d'origine américaine plutôt que de commander des illustrations à des artistes locaux. Conséquemment, ces derniers ont souvent du mal à trouver du travail.

Avant les années 1880, la gravure sur bois, avec la lithographie, est la technique la plus économique pour produire des images. Toutefois, avec la généralisation de la reproduction photomécanique dans les années 1890, les jours de la gravure sur bois sont comptés. La reproduction photomécanique a l'avantage de donner un résultat plus précis et de coûter moins cher.

C'est en octobre 1869, dans la première parution de l'hebdomadaire montréalais The Canadian Illustrated News, qu'est éprouvée pour la première fois la reproduction photomécanique au Canada. Pour cette grande première, on retrouve, trônant en première page, le portrait officiel du prince de Galles, d'après une photographie de William Notman. Walker, qui travaille d'ailleurs pour cette publication, voit ainsi son travail menacé et il critique ouvertement les nouveaux procédés de reproduction, parfois à travers ses caricatures. Ce dernier considère qu'ils ne sont pas dignes d'être considérés comme une forme d'art. Ses reproches paraissent teintés de frustrations. Il faut dire, en effet, que l'artiste assiste impuissant à la fin d'une époque, celle de la gravure sur bois.

Néanmoins, pendant près de 40 ans, Walker se démarque en produisant de nombreuses caricatures, des gravures destinées à des catalogues commerciaux, à des annonces publicitaires et à des magazines tels que The Canadian Illustrated News, L'Opinion publique et Le Monde illustré. Il illustre également des rapports gouvernementaux, notamment celui de la Commission géologique du Canada.

D'après son autobiographie, il semble que John Henry Walker ait souffert de ne pas être reconnu en tant qu'artiste. Il était avant tout un graveur de reproduction. Quoiqu'il en soit, Walker se trouve parmi ceux qui, au 19e siècle, ont contribué largement au développement de la communication visuelle au pays.

RÉFÉRENCES

Chevrefils, Yves. « John Henry Walker (1831-1899), artisan-graveur », The Journal of Canadian Art History/ Annales d'histoire de l'art canadien, 8, 2, 1985, p.178-225.

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