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Montréal: vues, cartes et plans

Par Conrad Graham

Jacques Cartier (1491-1557) est le premier Européen à avoir remonté le golfe du Saint-Laurent dont l'histoire a retenu le nom. Le 2 octobre 1535, il arrive au campement autochtone de Hochelaga situé sur le flanc d'une montagne qu'il nomme mont Royal. Plus tard, en mai 1611 Samuel de Champlain (vers 1567-1635), fondateur de la Nouvelle-France, sillonne la région de l'actuelle Pointe-à-Callières à la recherche d'un endroit où s'installer, parfaitement averti de l'importance qu'allait présenter le site pour l'expansion du commerce de la fourrure vers l'ouest.

Fondation et premiers développements de la ville

Le 17 mai 1642, Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve (1612-1672) fonde le village de Ville-Marie. L'objectif des colonisateurs était de convertir les nations autochtones et le site fut choisi à la fois pour son emplacement géographique et la proximité de l'eau et des terres labourables. Au cours de l'automne 1642, Jeanne Mance (1606-1673), l'infirmière qui accompagne Maisonneuve et sert également d'intendante, fonde l'hôpital Hôtel-Dieu qui sera achevé en 1645 en dehors de l'enceinte fortifiée. En 1659 elle fait venir trois sœurs de l'ordre des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph pour l'aider.

En 1657, à la demande de Maisonneuve et de Jeanne Mance, quatre sulpiciens viennent de France s'établir au village de Ville-Marie. En mars 1663 le Séminaire de Saint-Sulpice se voit octroyer la seigneurie de l'île de Montréal, qu'il conserve jusqu'à l'abolition du système seigneurial en 1854. L'église des sulpiciens - l'église Notre-Dame - est bénite en 1683 et pendant plus d'un siècle et demi ce bâtiment simple et allongé se profilera sur l'horizon de Montréal comme l'un de ses repères essentiels.

En 1672 Dollier de Casson, Supérieur des sulpiciens de Montréal, ordonne de tracer les premières rues de Ville-Marie. La rue la plus importante est la rue Notre-Dame, large de neuf mètres et axée d'est en ouest. Son point de départ est le site prévu de l'église paroissiale. Les rues Notre-Dame, Saint-Paul et Saint-Jacques seront les trois artères principales de Montréal (nom utilisé depuis le 18e siècle) jusqu'à la fin du dix-neuvième siècle. Une palissade en bois est érigée en 1685 pour protéger la ville qui s'est agrandie, et en 1717 des fortifications en pierre sont entamées; elles seront achevées en 1741.

Accroissement de la population et développement urbain

Vers la fin du dix-huitième siècle, l'économie de Montréal dépend toujours du commerce de la fourrure. Le recensement de 1761 dénombre 5 500 habitants à Montréal; celui de 1799 en compte 9 000. La population s'accroît donc relativement lentement. Viennent les guerres napoléoniennes et la demande pour de grandes quantités de bois équarri, utilisé pour la construction navale. La capacité de Montréal à répondre à la demande se répercute sur son expansion économique et sur sa population, qui s'élève à 26 154 habitants en 1825.

L'augmentation de la population entraîne l'expansion des faubourgs Saint-Laurent vers le nord, Saint-Antoine vers l'est et Québec à l'est. La ligne d'horizon se modifie : aux repères du dix-huitième siècle - clocher de Notre-Dame et monticule de la Citadelle - vient s'ajouter en 1821 la flèche de l'église Christ Church qui se dresse à l'est de l'église catholique Notre-Dame, rue Notre-Dame. La structure principale de la nouvelle église paroissiale Notre-Dame est achevée en 1829.

Montréal reste encore le dernier point navigable du fleuve Saint-Laurent et dès les années 1680 Dollier de Casson avait tenté de construire un canal contournant les rapides de Lachine. En 1825 le projet est enfin réalisé et de nouvelles industries s'implantent dans le faubourg Saint-Antoine, conséquence directe de la facilitation du transport des marchandises. L'aménagement du port se fait graduellement. En 1830, de petits quais à l'aspect rudimentaire se trouvent rue de la Commune. En 1848, les quais sont en pierre de taille et couvrent plus de trois kilomètres.

L'expansion économique de la ville s'accompagne d'un accroissement de son pouvoir politique et en 1844 le siège du gouvernement de l'est et de l'ouest du Canada est transféré de Kingston à Montréal. Les représentations de nombreux artistes militaires britanniques ou de résidents de Montréal au dix-neuvième siècle retracent la transformation graduelle d'un petit village frontalier en une ville importante.

 

Source : Catalogue de l'exposition Mont-Royal, Ville-Marie. Vues et plans anciens de Montréal
Musée McCord, 1992

RÉFÉRENCES

Allodi, Mary. Canadian Watercolours and Drawings in the Royal Ontario Museum, 2 vol., Toronto, Royal Ontario Museum, 1980, p. 63.

Terrill, Frederick Wm. Chronology of Montreal and of Canada from AD 1752 to AD 1893..., Montréal, Lovell, 1893.

Jenkins, Kathleen. Montreal: Island City of the St. Lawrence, New York, Doubleday & Company, Inc., 1966.

Marsan, Jean-Claude. Montreal in Evolution, Montréal, McGill-Queen's, 1981, p. 18.

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