Mots-clés :
 
 Inclure images des partenaires







Diapositives sur verre (1870-1930) et éducation aux adultes à l'Université McGill

Par Nora Hague, Heather McNabb, Sylvie Taschereau, Stanley G. Triggs et Nicole Vallières

La lanterne magique est une chambre noire inversée : la source lumineuse (une flamme ou une ampoule électrique) ainsi que la plaque de verre se trouvent à l'intérieur de la boite et l'image est projetée sur un écran placé à l'extérieur.

Des diapositives sur verre et leur cabinet de présentation

Un cabinet de présentation de plaques pour lanterne magique provenant de l'Université McGill a été acquis par le Musée à la fin des années 1960. Signe des temps, l'équipement de projection relégué aux oubliettes depuis plus de vingt ans trouvait désormais sa place toute naturelle dans le contexte d'une collection de musée. Il comportait quelque 1 250 diapositives sur verre, quelques centaines de négatifs sur verre entreposés principalement dans de petites boîtes de carton, du matériel de production pour plaques de verre et 15 livrets de cours-conférences.

Bien que des recherches récentes nous permettent de déterminer l'usage et la raison d'être des ces diapositives sur verre (originellement, elles étaient utilisées conjointement avec une lanterne magique dans le cadre de cours et de conférences présentés par l'université), la nature exacte du contenu du cabinet lors de son acquisition par le Musée McCord est toutefois plus incertaine. En grande partie à cause des réorganisations successives du corpus initial au cours des 30 dernières années afin de refléter le mandat institutionnel de mise en valeur des documents à contenu canadien, et à cause de l'absence de liste précise lors de l'acquisition, il est malheureusement impossible de reconstituer le contenu avec précision.

Des conférences illustrées

Ce cabinet de présentation est un coffret de chêne fabriqué spécifiquement pour l'entreposage des négatifs-diapositives sur verre, par la firme G. S. Moler de Ithaca (New York) au début du siècle. De format assez imposant (127 x 96 x 36 cm), le cabinet comprend 19 casiers coulissants, chacun pouvant entreposer 60 plaques. La boîte a été conçue de manière à ce que les diapositives puissent être consultées pour une sélection rapide lorsqu'un des 19 compartiments est tiré. Deux tiroirs logés à la base de la boîte permettent d'entreposer d'autres plaques de verre (diapositives ou négatifs) dans des boîtiers de carton, du matériel de production et de réparation des plaques de même que des livrets utilisés lors des cours et des conférences.

Selon une liste retrouvée aux archives de l'Université McGill, le service du département « des relations extra-murales » offrait en 1935 une cinquantaine de conférences illustrées, réparties en cinq séries d'inégale importance : géographie et voyage, histoire, science, histoire naturelle et religion. Quinze de ces livrets d'accompagnement, portant exclusivement sur des sujets canadiens, se retrouvent actuellement au Musée McCord.

Unilingues anglais, les livrets contiennent un index des sujets traités, le contenu de la présentation proprement dit et enfin les notes descriptives pour les diapositives d'accompagnement. Dans le cas des livrets produits pour le gouvernement du Canada, ces derniers comportent également des annexes constituées de textes écrits par des politiciens de l'époque, responsables des ministères impliqués. Bien que les livrets ne soient pas datés, on retrouve à de nombreuses occasions des références nous permettant de déterminer la date approximative de production du document. En définitive, on peut présumer que les textes ont été écrits dans le premier quart du 20e siècle.

Le cabinet contient approximativement 1 250 plaques de verre « positive » (diapositive) obtenues par différents procédés, principalement ceux de gélatine sur verre et de collodion humide. À l'exception des diapositives provenant de France, la majorité des diapositives sont de format similaire, soit de 8,2 x 8,2 cm ou de 8,2 x 10,1 cm. Bon nombre des diapositives ont été peintes ou comportent des rehauts de couleurs obtenus par l'utilisation d'encres transparentes, et sont entourées de papier masque.

La période couverte va de 1870 à 1930, et les sujets traités concernent principalement le développement du Canada. L'usage d'une diapositive n'étant pas limité à une seule conférence, il n'est pas rare de retrouver plusieurs numéros de référence sur une même diapositive.

Contrairement à la majorité des images utilisées pour les lanternes magiques, ces photographies sont des originaux, c'est-à-dire qu'elles ne sont pas des reproductions prises à partir de publications. Toutefois, de nombreuses diapositives proviennent de séries publiées par diverses agences gouvernementales ou par des compagnies privées. On retrouve ainsi dans ce corpus des diapositives produites par le gouvernement de l'Ontario, le département de l'Instruction publique du Musée Américain d'histoire naturelle et même la compagnie française J. Lévy.

Source : Textes de l'exposition virtuelle La lanterne magique
Musée McCord

Voir le sommaire 

Voir tous les artefacts (150)