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Mode enfantine du 20e siècle

Par Nathalie Lampron

Avant le 19e siècle, les enfants sont vêtus comme des adultes miniatures, portant des styles et des tissus semblables à ceux des grandes personnes. Toutefois, à compter des années 1800, les nouvelles idées à propos de l'enfance mènent à la création de styles vestimentaires spécialement conçus pour les enfants, qui se distinguent de la mode pour adultes. Les vêtements pour enfants sont inspirés de la mode du jour pour les adultes, sans toutefois la copier directement. Ce n'est que très récemment, soit dans les dernières décennies du 20e siècle, que l'on voit apparaître de nouveau certains styles de vêtements pour enfants très semblables à ceux des adultes.

Fille ou garçon ?

Durant la première décennie du 20e siècle, les jeunes garçons portent des robes jusqu'à l'âge de 5 ou 6 ans. Dans certaines familles, cette pratique se poursuit jusqu'en 1940 environ. Au cours du siècle, cependant, les garçons commencent à adopter le pantalon à un âge de plus en plus jeune, jusqu'à ce que le port de la robe soit complètement abandonné. Les garçons sont vêtus comme de « petits hommes », portant des pantalons au genou ou plus courts.

Au 20e siècle, la différence entre les vêtements pour les filles et les garçons devient de plus en plus marquée. Dans les années 1920, on commence à associer le rose aux filles et le bleu aux garçons, une coutume qui prendra une trentaine d'années à s'implanter solidement. Par ailleurs, alors que les robes pour garçons perdent de leur popularité, les culottes bouffantes pour les filles (portées sous les robes) gagnent du terrain.

Des costumes populaires

Le costume de matelot, la barboteuse, la salopette et l'uniforme scolaire font partie de la garde-robe de nombreux enfants au 20e siècle.

Inspiré de l'uniforme des marins anglais, le costume de matelot habille les garçons de 8 à 15 ans de 1870 jusque dans les années 1940. Les fillettes portent aussi des vêtements de ce style à compter des années 1880. Cette tenue venue d'Angleterre demeure un classique, sous des formes plus ou moins librement adaptées, tout au long du 20e siècle.

Nouveaux et révolutionnaires, les barboteuses et les ensembles de jeu une pièce deviennent populaires durant les premières décennies du 20e siècle. L'importance du jeu dans le développement de l'enfant étant de plus en plus reconnue, les vêtements conventionnels, qui limitent la liberté de mouvement, semblent maintenant trop contraignants.

La salopette, qui fait son apparition au tout début du 20e siècle, est d'abord portée par les garçons, puis par les filles peu de temps après. Après la Deuxième Guerre mondiale, la salopette devient un incontournable de la garde-robe des garçons comme des filles.

Jusque dans les années 1960, plusieurs écoles, même dans le réseau public, valorisent le port de l'uniforme. Pour les filles, la tunique marine est souvent suggérée et pour les garçons, on demande le pantalon gris ou marine, la chemise, parfois la cravate. Cependant, au cours des trente dernières années, on assiste dans les écoles primaires publiques à une mise au rancart de l'uniforme, devenu plutôt l'apanage des écoles privées.

Les tissus

Le coton blanc, offert dans une grande variété d'épaisseurs et d'armures (tissages), est le choix le plus populaire pour la confection des vêtements pour enfants aux 19e et 20e siècles. On apprécie son côté pratique puisqu'il résiste aux méthodes de lavage agressives de la période, et paraît impeccable une fois empesé et pressé.

Dès les années 1960, les vêtements pour enfants reflètent les dernières tendances en matière de production textile. Les toutes nouvelles fibres synthétiques, d'abord le nylon, puis le polyester et le Spandex, ainsi qu'une variété croissante de tissus métissés et de tricots sont adoptés avec enthousiasme pour leur confort et leur facilité d'entretien. La technologie employée dans la fabrication des colorants et des tissus permet maintenant des lavages fréquents sans que la couleur ne s'estompe, et sans qu'il ne soit nécessaire d'empeser et de presser le vêtement.

La diversité et l'abondance des vêtements des jeunes d'aujourd'hui auraient sûrement fait l'envie des enfants de la première moitié du 20e siècle, dont la garde-robe était, en général, plus restreinte. Il y avait les vêtements pour l'école, ceux pour le jeu et les vêtements plus chic, toujours portés avec gants et chapeaux. Les enfants disposaient souvent d'un seul ensemble pour chaque occasion.

Source : Textes de l'exposition "Grandir à Montréal"
Musée McCord, 2004-2007

 

 

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