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La Confédération

Par Sean Mills, sous la direction de Brian Young, Université McGill

L'Acte de l'Amérique du Nord britannique

Le Dominion du Canada naît le 1er juillet 1867 en vertu d'un acte du Parlement britannique. Il regroupe environ quatre millions d'habitants, vivant dans quatre provinces : l'Ontario, le Québec, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse. Contrairement aux États-Unis, le nouveau pays décide de conserver les institutions sociales et politiques britanniques et, craignant une démocratie excessive, est fondé sur les principes de « paix, ordre et bon gouvernement ». Nourri des espoirs et des rêves de ses citoyens, le Dominion lutte pour démontrer que les États-Unis n'offrent pas la seule formule viable pour l'Amérique du Nord. Au début, cependant, le droit de vote est réservé principalement aux propriétaires fonciers de sexe masculin, au détriment des femmes et de la majorité de la classe ouvrière. Exclues des négociations ayant mené à l'Acte de l'Amérique du Nord britannique, les populations autochtones deviennent des pupilles du gouvernement fédéral.

L'Acte de l'Amérique du Nord britannique en Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick

Au Québec, George-Étienne Cartier vante les mérites de la Confédération qu'il présente comme une façon pour le Québec d'exercer un contrôle politique indépendant sur la culture et l'éducation. Le fondement des droits provinciaux sera toutefois ébranlé par le rôle de subalterne que l'Acte de l'ANB réserve en réalité aux provinces. Contrairement à la façon dont ils ont présenté la Confédération, Cartier et ses bleus sont des partisans convaincus du centralisme politique. Si les Québécois appuient la Confédération à contrecœur, le Nouveau-Brunswick envisage avec peu d'enthousiasme les possibilités économiques de l'Union. Le projet obtient le plus de faveur populaire en Ontario, où les deux grands partis politiques ont appuyé l'idée. Rêvant de chemins de fer et d'expansion vers l'Ouest, les Torontois se rassemblent à Queen's Park le 1er juillet pour assister, aux dires de George Brown, « au plus beau spectacle de feux d'artifices jamais présenté au Canada ». D'emblée, l'Ontario joue un rôle prépondérant dans la Confédération. Originaire de Kingston, John A. Macdonald devient le premier premier ministre, et il nomme des Ontariens à cinq des treize postes ministériels. La ville d'Ottawa est en outre fermement établie comme la capitale permanente.

La Nouvelle-Écosse et la Confédération

Les Néo-Écossais, cependant, rejettent autant le consentement du Québec et du Nouveau-Brunswick que la jubilation de l'Ontario, et s'opposent fortement à la Confédération. Charles Tupper, premier ministre de la Nouvelle-Écosse, croit que la Confédération sera favorable à la Nouvelle-Écosse à long terme, mais, comme le démontrent clairement les résultats de l'élection de 1867 en Nouvelle-Écosse, la majorité de ses concitoyens sont d'un autre avis. Lorsque la Grande-Bretagne refuse de permettre à la Nouvelle-Écosse de se retirer de l'Union, Joseph Howe, à la tête du mouvement d'opposition, accepte de siéger au cabinet de Macdonald en échange de subventions plus généreuses pour la province.

La Colombie-Britannique et l'Île-du-Prince-Édouard

Lors de l'élection fédérale de novembre 1867, la première dans l'histoire du pays, Macdonald et ses partisans remportent facilement la majorité, détenant 108 sièges dans la toute nouvelle Chambre des communes. Dans les années 1870, la Colombie-Britannique (1871) et l'Île-du-Prince-Édouard (1873) entrent toutes deux dans le nouveau Dominion. Après la ruée vers l'or, la Colombie-Britannique s'était retrouvée avec une importante dette publique et, lors d'une rencontre à Ottawa, Cartier avait promis d'accorder à la province des subventions pour 60 000 habitants malgré le fait que sa population non autochtone ne s'élevait qu'à 28 000 habitants. Lorsque Cartier promet de relier la province de l'extrême Ouest à l'Est grâce à un chemin de fer transcontinental, les délégués ne peuvent plus refuser. Quant à l'Île-du-Prince-Édouard, elle devient une province en 1873 lorsqu'elle accepte l'offre d'Ottawa d'assumer sa dette de 3 millions de dollars et de racheter les terres des grands propriétaires.

RÉFÉRENCES

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