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La Seconde Guerre mondiale

Par Sean Mills, sous la direction de Brian Young, Université McGill

Comme le fait si bien remarquer l'historien Arthur Lower en mai 1939, chaque nouveau jour, « avec son lot d'agressions allemandes, nous fait clairement comprendre que l'ancien ordre mondial, au sein duquel le Canada jouissait d'un grand confort, est en train de disparaître ». Après des années de tensions et de peurs croissantes, le Canada déclare la guerre à l'Allemagne le 10 septembre 1939, sept jours après la Grande-Bretagne. Le gouvernement adopte la Loi sur les mesures d'urgence, qui lui confère la plupart des responsabilités énoncées dans le rapport de la Commission royale Rowell-Sirois.

Adélard Godbout

Quand Maurice Duplessis annonce la tenue d'élections en octobre 1939, il se présente comme le vrai défenseur du Québec et rappelle aux électeurs qu'ils ont été trahis en étant appelés sous les drapeaux durant la Première Guerre mondiale. Mais quand les dirigeants libéraux promettent qu'il n'y aura pas de conscription, la population leur fait confiance et Adélard Godbout est élu premier ministre du Québec. Au nombre de ses réformes, Godbout accorde enfin le droit de vote aux Québécoises.

L'effort de guerre du Canada et la conscription

Dans l'espoir d'éviter l'envoi de troupes terrestres au combat en Europe, Mackenzie King le premier ministre du Canada s'engage à créer un programme de formation de pilotes alliés. En limitant l'effort de guerre canadien à la formation de pilotes, il pense pouvoir échapper au clivage national qui a marqué la Première Guerre mondiale. Mais, outre-mer, la situation se détériore rapidement. Après la « drôle de guerre », l'Europe tombe vite aux mains des forces hitlériennes en progression et la Grande-Bretagne doit lutter pour sa survie. En 1942, les choses se présentent mal pour les Alliés et le Canada passe au stade de « guerre totale ». Pour envoyer assez de soldats en Europe, toutefois, le pays doit une fois de plus recourir à la conscription. Se rappelant la promesse qu'il a faite au Québec de ne pas l'imposer, King décide de résoudre la question par plébiscite national. Lors du vote qui suit, 64 % de la population canadienne se prononce en faveur de la conscription; au Québec, cette proportion n'atteint que 28 %. Même si la conscription n'a pas d'effet considérable sur l'effort de guerre du Canada, elle divise une fois de plus le pays et aura des conséquences bien après la fin de la guerre.

Les femmes et la guerre

La guerre a également d'importantes répercussions sur la vie des femmes. Même si les postes de combat sont réservés aux hommes, plus de 43 000 d'entre elles se joignent au personnel non combattant de l'Armée canadienne à titre d'infirmières, de secrétaires, de machinistes et autres. Étant donné la pénurie subite de main-d'œuvre masculine au pays, d'autres accèdent pour la première fois au marché du travail et des garderies ouvrent leurs portes pour prendre soin des enfants durant la journée. Quand la guerre finit, toutefois, les garderies ferment; le gouvernement et les hommes s'attendent à ce que les femmes reprennent le travail domestique.

La fin de la guerre et l'émergence d'un nouveau Canada

Tandis que la guerre tire lentement à sa fin, il devient de plus en plus évident que le pays ne sera plus jamais le même. Dans les années 1940, la CCF le parti de la Co-operative Commonwealth Federation acquiert rapidement de la popularité à l'échelle fédérale et provinciale. En 1944, le chef de la CCF, Tommy Douglas, forme le premier gouvernement social-démocrate en Saskatchewan. Pour empêcher une prise de pouvoir complète de la CCF et par désir keynésien de maintenir le pouvoir d'achat et de faire en sorte que le pays ne sombre pas de nouveau dans la misère économique, les libéraux fédéraux entreprennent l'édification d'un État-providence centralisé, basé à Ottawa. La création d'un régime d'assurance-chômage fédéral en 1940 et d'un programme de prestations familiales en 1944 marque le début d'une expansion fédérale soutenue. Dans l'après-guerre, le désir de reprendre la vie normale gagne la population canadienne, les projets de mariage et de famille stoppés pour cause de guerre reprennent, et les nouveaux programmes sociaux offrent un sentiment de sécurité. Ces trois éléments entraînent une hausse de la natalité sans précédent qui se poursuit jusqu'aux années 1960. Pendant la décennie et demie qui suit, l'explosion démographique, l'expansion de l'État et la naissance d'une nouvelle culture de consommation, héritage de la période 1919-1945, jettent les bases de la société canadienne moderne.

RÉFÉRENCES

Granatstein, J. L. et Desmond Morton. A Nation Forged in Fire: Canadians and the Second World War, Toronto, Lester and Orpen Dennys, 1989.

Granatstein, J. L. et J. M. Hitsman. Broken Promises: A History of Conscription in Canada, Toronto, Oxford University Press, 1979.

Sunahara, Ann Gomer. The Politics of Racism: The Uprooting of Japanese Canadians During the Second World War, Toronto, Lorimer, 1981.

Granatstein, J. L. Canada's War: The Politics of the Mackenzie King Government, 1939-1945, Toronto, Oxford University Press, 1975.

Pierson, Ruth Roach. 'They're Still Women After All': The Second World War and Canadian Womanhood, Toronto, McClelland and Stewart, 1986.

 

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