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Le peuplement du Canada: un aperçu

Par Ève Préfontaine

Le territoire américain est déjà habité lors du premier contact avec les Européens au 16e siècle. À cette époque, une population autochtone d'environ 300 000 personnes occupe différents espaces du territoire.

Les premiers occupants

L'est du Canada serait habité depuis 10 000 à 11 000 ans par ces peuples autochtones. Selon l'hypothèse la plus répandue, ils auraient émigré d'Asie par le détroit de Béring.

Au Canada, les autochtones se diviseraient en douze familles linguistiques, dont la famille inuite au nord du pays, béothuque à Terre-Neuve, algonquienne au centre (Prairies, Ontario, Québec et Maritimes), iroquoienne dans la Vallée du Saint-Laurent et près du lac Ontario, et huronne de même que siouenne près des lacs Winnipeg et Manitoba. Dans l'Ouest, plusieurs peuples se partageraient la côte du Pacifique.

L'impact des Européens sur les autochtones

Les Européens bouleversent le monde autochtone lorsqu'ils commencent à s'établir au pays; les Français dans la vallée du Saint-Laurent et les Anglais dans les baies James et d'Hudson. Par exemple, la traite des fourrures provoque des conflits entre les groupes voulant approvisionner les Européens en fourrures et contrôler les routes de commerce vers l'intérieur.

Sur un autre plan, les Européens introduisent des maladies jusqu'alors inconnues comme la rougeole et la petite vérole, mais aussi le typhus, la tuberculose et la syphilis. Des pertes de 50 % et plus de la population autochtone sont comptabilisées dans certains cas d'épidémies, comme celle qui frappe la Huronie en 1639.

La colonisation française

De la fondation de Québec en 1608 à la cession du Canada à l'Angleterre en 1763, la France contrôle près des trois quarts des terres de l'Amérique du Nord.

Les premiers habitants de la Nouvelle-France sont principalement des hommes célibataires. La plupart des immigrants français sont des « engagés », c'est-à-dire qu'ils traversent l'océan gratuitement, mais doivent travailler 36 mois en Nouvelle-France pour rembourser leur voyage. Liés par contrat à leurs maîtres, les engagés sont nourris et logés pour la durée de leur service. Ensuite, ils peuvent retourner en France s'ils le désirent.

Au début des années 1660, près de la moitié de la population provient de l'immigration récente. La multiplication des colons français permet aussi un accroissement naturel de la population. En 1666, on dénombre 3 215 habitants.

La colonisation britannique

Lorsque les Britanniques prennent le contrôle politique de la Nouvelle-France en 1763, la population se chiffre à 70 000 habitants. La population anglaise augmentera grâce à la migration des Loyalistes venant des colonies américaines après la Révolution et à l'immigration croissante en provenance d'Europe (essentiellement des Britanniques).

Les vagues d'immigration au Canada

Selon le recensement de 1870-1871, la population canadienne est composée principalement de Britanniques (2,1 millions) et de Français (1 million). Outre les Allemands (203 000) et les autochtones (136 000 en 1851) se trouvent aussi de petits groupes issus de communautés diverses.

Historiquement, et ce jusqu'aux années 1970, le Canada encourage grandement l'immigration en provenance de l'Europe occidentale, mais freine considérablement l'immigration en provenance d'Asie et d'Afrique. Ainsi, entre 1840 et 1945, plusieurs vagues d'immigration se succèdent. Le Canada accueille entre autres des Allemands (1830-1880 [en Ontario]; 1874-1914 [dans l'Ouest canadien]; 1918-1939; après 1945), des Irlandais (1847-1848), des Italiens (1850-1900), des immigrants d'origine russe (fin du 19e siècle), des Hollandais (1890-1914; 1923-1930; 1947), des Juifs d'Europe de l'Est (1880-1914) et des Japonais (1877-1928; 1967). De façon générale, les vagues d'immigration sont freinées par la Première Guerre mondiale, la Crise des années 1930 et la Deuxième Guerre mondiale.

En fait, au début des années 1880, la construction du chemin de fer du Canadien Pacifique contribue à l'immigration et amène un bon nombre d'ouvriers spécialisés ainsi que d'ingénieurs britanniques, américains et européens dans l'ouest du pays. De plus, environ 15 000 Chinois y travailleront dans de pénibles conditions de 1880 à 1885. Toutefois, à la suite d'une demande de la Colombie-Britannique pour restreindre l'immigration chinoise, le Canada exige une taxe d'entrée pour les Chinois en 1885. Plusieurs mesures restrictives seront maintenues par la suite envers les Chinois jusqu'à la fin des années 1940.

Les mouvements de population

La mobilité géographique est caractéristique des sociétés de l'Amérique du Nord. Ainsi, vers 1850, si plusieurs immigrants entrent au pays, plusieurs personnes le quittent aussi pour les États-Unis. Entre 1850 et 1930, par manque de terres agricoles, près d'un million de Canadiens français quittent l'est du Canada vers 1850 pour travailler dans les manufactures du nord-est des États-Unis.

Au cours de la période 1860-1900, l'émigration dépasse l'immigration. La population réussit toutefois à se maintenir grâce au taux de fécondité élevé à l'époque. À la fin du 19e siècle, le gouvernement canadien encourage l'immigration vers l'Ouest en offrant des terres à bas prix. Ces mesures favorisent peu à peu le peuplement de ces régions.

Sans être un facteur de croissance démographique ordonnée, l'immigration a servi, et sert encore d'ailleurs, de catalyseur pour l'économie canadienne. Le Canada privilégie longtemps les Britanniques, les Américains de souche anglaise et les travailleurs qualifiés d'Europe occidentale. Les immigrants en provenance d'Europe de l'Est et du Sud, d'Asie et d'Afrique sont souvent victimes de discrimination et ont la vie plus dure. À compter de 1945, l'évolution des droits de la personne et la prospérité d'après-guerre modifient cependant la situation des immigrants non britanniques.

 

RÉFÉRENCES

Sources imprimées

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Linteau Paul-André et al. Histoire du Québec contemporain. Tome 1. De la Confédération à la crise (1867-1929), Montréal, Boréal Express, 1989, 658 p.

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