M996X.2.816 | Forme (pour chaussure)

 
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Forme (pour chaussure)
1894, 19e siècle
Bois
26 x 56.5 cm
Don de Mme Aline Desjardins
M996X.2.816
© Musée McCord
Description
Mots-clés :  Forme (2)
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Clefs pour l'histoire

Les formes en bois comme celle-ci servent à la fabrication de chaussures. Traditionnellement, elles font partie des outils de travail de l'artisan cordonnier mais elles sont également en usage dans les manufactures de chaussures.

Le procédé d'assemblage en usine n'est pas tout à fait identique à celui de la fabrication à la main. Cependant, il peut être divisé en cinq étapes généralement similaires : la coupe de l'empeigne (le dessus de la chaussure), la couture des différentes pièces de l'empeigne, le montage et le semelage (l'arrimage de la semelle et du talon à l'empeigne). C'est lors du montage que la forme de bois entre en jeu. L'empeigne est alors moulée sur la forme, qui reproduit la silhouette et la pointure de la chaussure.

Ancienne spécialité montréalaise, la fabrication artisanale de chaussures cède graduellement la place, au 19e siècle, à la production industrielle. Peu à peu, l'introduction de machines facilite certaines étapes de la production et un nombre grandissant de personnes sont employées dans les manufactures. De plus, le travail est divisé en tâches distinctes qui requièrent des niveaux variables de compétences. Certaines tâches peuvent ainsi être prises en charge par des employés non qualifiés, tels que des enfants et des femmes qui travaillent pour de maigres salaires. Quelques ouvriers qualifiés, comme les « monteurs » qui moulent les chaussures sur les formes, forment une classe à part, comme le laisse entendre Zéphirin Lapierre, fabricant de bottes et de chaussures, devant la Commission royale d'enquête sur les relations entre le capital et le travail au Canada : « Outre les monteurs, comme nous les appelons, notre industrie n'a pas besoin d'employés qualifiés, car le travail qu'ils exécuteraient normalement est maintenant effectué par des machines. »

  • Quoi

    La forme détermine si la chaussure est destinée à un pied gauche ou droit. Celle-ci convient à un pied droit. Même si les chaussures adaptées aux pieds droit et gauche sont apparues au 16e siècle, certaines paires de chaussures au 19e siècle sont identiques, c'est-à-dire qu'elles ne tiennent pas compte des courbes naturelles de chaque pied.

  • En 1891, de nombreux enfants de moins de seize ans travaillent dans des usines. À Montréal, ils forment près de 6 % de l'ensemble de la main-d'oeuvre. C'est cependant dans le domaine de la chaussure, principal secteur de l'industrie légère, qu'ils se trouvent en plus grand nombre, suivi des secteurs de la couture, des fonderies, des filatures de laine, des manufactures de cigares et de la reliure.

  • Quand

    En 1888, Olivier David Benoît, fabricant de bottes et de chaussures, aborde le sujet de la répartition du travail devant la Commission royale d'enquête sur les relations entre le capital et le travail au Canada : « (...) les artisans cordonniers de l'époque pouvaient fabriquer une chaussure ou une botte. Ils savaient faire l'empeigne et le semelage, ou concevoir le patron et le placer sur la forme, puis finir la botte ou la chaussure et la glisser sur le pied. Or, de nos jours, en règle générale, tous les employés des manufactures - surtout les grandes - peuvent faire uniquement un type de tâche, comme assembler l'empeigne, parce que la machinerie a remplacé la confection manuelle. »

  • Qui

    Au cours des années 1860 à 1890, la moyenne des salaires diminue grandement dans l'industrie de la chaussure, notamment en raison de l'embauche de nombreux enfants, femmes et jeunes hommes qui ne sont pas des soutiens de famille.