M994X.5.273.74 | Les beautés d'une commission royale. « Quand allons-nous nous rencontrer de nouveau tous les trois? »

 
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Impression
Les beautés d'une commission royale. « Quand allons-nous nous rencontrer de nouveau tous les trois? »
John Wilson Bengough
1886, 19e siècle
Encre sur papier journal
31.5 x 25.3 cm
Don du Dr. Raymond Boyer
M994X.5.273.74
© Musée McCord
Description
Mots-clés :  Caricature (19359) , Impression (4091) , politique (général) (2228)
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Clefs pour l'histoire

Le 14 août 1873, une commission royale est instituée dans le but de faire la lumière sur les allégations de corruption portées en avril contre le gouvernement conservateur par Lucius Seth Huntington (1827-1886), homme d'affaires alors député libéral des Cantons de l'Est. Le « scandale du Pacifique » bat son plein.

Une commission royale est une sorte d'enquête officielle qui traite d'une question d'intérêt public. Au niveau fédéral, c'est au cabinet de la constituer, de définir son mandat, ses pouvoirs et de nommer ses commissaires. Ses conclusions sont présentées au cabinet et au premier ministre, qui doivent ensuite y réagir. Généralement, une commission royale est perçue par le public comme prestigieuse et respectable.

Dans le cas de la commission royale de 1873, c'est une tout autre histoire. Cette commission a très mauvaise réputation. D'après les journaux et l'opinion publique, les commissaires choisis par le gouvernement de John A. Macdonald (1815-1891) ne sont pas neutres. En effet, connaissant ces trois juges et sachant qu'ils seraient complaisants envers son gouvernement, Macdonald a insisté pour que soient nommés Antoine Polette (1807-1887), James Robert Gowan (1815-1909) et Charles Dewey Day (1806-1884). Il est vrai que ces commissaires se montreront partiaux et qu'aucune véritable opinion « juridique » ne sera énoncée dans leurs conclusions. Le manque de crédibilité de la commission attise le mécontentement du public et donne des armes aux opposants du gouvernement. En novembre 1873, John A. Macdonald est forcé de démissionner.

  • Quoi

    En représentant le juge, l'avocat et l'accusé sous les mêmes traits, le caricaturiste laisse entendre que John A. Macdonald est à la fois « juge et partie », puisqu'il fait nommer des commissaires « amis » lors de la commission royale sur le scandale du Pacifique.

  • La caricature paraît dans Grip, une revue hebdomadaire satirique créée par le caricaturiste John Wilson Bengough (1851-1923) au lendemain de la mise au jour du scandale du Pacifique.

  • Quand

    Cette caricature a été publiée le 23 août 1873, neuf jours après que la commission royale a été instituée.

  • Qui

    Comme le démontre bien cette caricature, ironiquement, c'est le gouvernement de John A. Macdonald, toujours au pouvoir en août 1873, qui doit recevoir les conclusions des commissaires et y réagir en adoptant certaines mesures.