M980.204.1 | Journal d'Henriette Dessaulles

 
La plus récente version du plugin Flash doit être installée
Get Flash Player
Creative Commons License
Journal personnel
Journal d'Henriette Dessaulles
1874, 19e siècle
Encre sur papier
21 x 14 cm
Don de Mme Suzanne Morin Raymond
M980.204.1
© Musée McCord
Description
Mots-clés :  Journal personnel (4)
Sélectionner l'image (Votre sélection d'image est vide)

Commentaires des visiteurs

Ajouter un commentaire

Clefs pour l'histoire

Henriette Dessaulles (1860-1946), une jeune fille issue d'une famille fortunée de Saint-Hyacinthe, rédige ce journal intime entre 1874 et 1881. Ce dernier constitue un précieux témoignage de la vie privée au 19e siècle. Un passage écrit par Henriette à l'âge de 15 ans nous renseigne, par exemple, sur les réalités quotidiennes bien distinctes que vivent les de gens de différentes classes sociales :

« [23 octobre 1875] Rosalie, notre petite couturière, (...) est toujours seule dans la chambre de couture et hier, (...) je passais très nonchalante près d'elle : « Vous êtes bien pâlotte, mamzelle Henriette, êtes-vous fatiguée ? » « Je suis surtout bien tannée, Rosalie ! » « Et de quoi ? » « Oh de moi je suppose ! » « Vous êtes pourtant bien heureuse, mamzelle ! » « Moi, heureuse ? » « Mais oui ! Vous avez de bons parents, tout à souhaite, vous êtes riche, vous restez dans une belle maison, vous êtes servie comme si vous étiez manchote, vous vous instruisez dans toutes les sciences ! Y en a pas beaucoup de si heureuses que vous ! » Je ne répondis pas tout de suite. À elle, que pouvais-je répondre ? « Et vous, Rosalie, questionnai-je, vous n'êtes pas heureuse ? » « Faites excuse, mamzelle, je suis bien contente de mon sort. » « Vous demeurez chez vos parents ? » « Non, ils sont tous morts. Je loue une petite chambre où je vis toute seule, mais pas longtemps puisque je travaille ici tous les jours, de sept heures à sept heures. Quand je sors d'icitte le soir, je vais faire mes prières à l'église, puis en arrivant je me couche pour me lever à cinq heures le lendemain ! » « Et le dimanche ? » « Je passe beaucoup de temps à l'église et de temps en temps j'écris à mon neveu qui est vicaire aux États. » « Et vous êtes heureuse ainsi ? » « Oui, je fais mon devoir tant que je peux pour le bon Dieu et je sais que le bon Dieu fera le sien vis-à-vis de moi ! »

Après la mort, en 1897, de son mari Maurice Saint-Jacques, qu'elle a épousé 16 ans plus tôt, Henriette Dessaulles devient graphologue, publie des essais, des contes et des nouvelles et écrit des articles dans plusieurs journaux. En fait, Henriette s'affirme comme la première femme de lettre d'importance de sa région.

  • Quoi

    Tous les cahiers du journal intime d'Henriette Dessaulles ne nous sont pas parvenus. Il est possible qu'Henriette ait recopié son journal après le décès de son mari et se soit départi de deux cahiers, écrits de juillet 1878 à juin 1879, puis entre octobre 1879 et juillet 1880. Le musée conserve quatre cahiers.

  • Lorsque Henriette rédige ce journal, son père est maire de la ville de Saint-Hyacinthe. La famille Dessaulles y vit dans une grande maison où un jardinier, un cocher, une cuisinière, une couturière et des femmes de chambre partagent leur quotidien.

  • Quand

    Le récit de ce journal intime commence alors qu'Henriette Dessaulles entre au couvent à l'âge de 14 ans. Les dernières lignes correspondent à l'époque de son mariage et de ses 21 ans.

  • Qui

    Après la mort de son mari, Henriette Dessaulles signe près de 3 000 articles, sous six pseudonymes différents dans plusieurs revues et journaux, tels que Le Journal de Françoise, Le Canada, La Femme, Le courrier de Montmagny, Le Devoir, Le Nationaliste, La Bonne Parole, La Revue Moderne et La Renaissance.