M2002.69.2076 | Boîte de cigares

 
La plus récente version du plugin Flash doit être installée
Get Flash Player
Creative Commons License
Boîte de cigares
1883, 19e siècle
11.6 x 21.7 x 12.5 cm
Don de Mr. Eddy Echenberg
M2002.69.2076
© Musée McCord
Description
Mots-clés :  Boîte (43)
Sélectionner l'image (Votre sélection d'image est vide)

Commentaires des visiteurs

Ajouter un commentaire

Clefs pour l'histoire

Cette boîte contenait une centaine de cigares fabriqués dans la manufacture de J.M. Fortier, à Montréal.

Cette entreprise a beaucoup fait jaser. En 1888, des ouvriers qui y travaillent témoignent devant la Commission royale d'enquête sur la relation entre le capital et le travail. Certains affirment avoir été battus et envoyés au cachot. Ces révélations soulèvent l'indignation à travers le pays et lorsque le propriétaire J.M. Fortier est appelé à témoigner, on l'attend de pied ferme.

Fortier a mis en place un système d'apprentissage, qui lui permet d'employer de jeunes garçons à faible salaire. Comme d'autres fabricants de cigares, Fortier se considère comme le substitut des parents de ses jeunes travailleurs. Faisant écho aux témoignages d'apprentis, ces propos le démontrent : « Je n'ai pas personnellement connaissance qu'on ait battu ces garçons, mis à part ce qu'ils méritaient en raison des torts qu'ils ont commis, tout comme un parent punirait son enfant, je punirais mon enfant ou un maître d'école punirait un enfant qui n'a pas agi de la façon convenable à l'école». (Canada. Royal Commission on the Relations of Labor and Capital, 1889 : 124)

La fabrique est souvent considérée, et même par les parents, comme une école, qui permet aux apprentis d'acquérir des connaissances et d'être éduqués. À ce sujet, Fortier affirme : « Je dois dire qu'à l'époque, la plupart des parents qui n'arrivaient pas à s'entendre avec leurs enfants, parce que ceux-ci étaient indisciplinés et méchants garçons, venaient me voir en tant que fabricant de cigares, et j'essayais de les aider du mieux que je le pouvais. Ils me les confiaient, incapables de les corriger eux-mêmes. » (Canada. Royal Commission on the Relations of Labor and Capital, 1889 :128)

  • Quoi

    Les cigares fabriqués dans l'usine de J.M. Fortier sont faits à partir du tabac de la Havane et des États-Unis. D'après Fortier lui-même, la production de tabac canadien ne serait pas suffisante pour approvisionner son usine.

  • Dans la manufacture montréalaise de cigares de J.M. Fortier, tout comme dans la majorité des usines de ce secteur, on retrouve de nombreux enfants de seize ans.

  • Quand

    En 1881, les règlements de la compagnie Fortier indiquent: « 10 HEURES REPRÉSENTENT UNE JOURNÉE DE TRAVAIL. Tous les travailleurs à la semaine doivent être au travail à 7 h et à 13 h du 1er avril au 31 septembre et à 7 h 30 et 12 h 30 du 1er octobre au 31 mars. Les portes demeurent ouvertes 15 minutes supplémentaires pour les travailleurs à la pièce. Personne n'est autorisé à cesser de travailler durant les heures de travail. » (Canada. Royal Commission on the Relations of Labor and Capital, 1889, p. 134)

  • Qui

    Comme dans d'autres manufactures, chez J.M. Fortier il existe un système d'amendes pour les apprentis. Les contremaîtres retirent une partie du salaire de ceux qui ne produisent pas assez, gaspillent ou volent du tabac, sont indisciplinés ou turbulents, bavardent ou profèrent des propos obscènes.