M14797.1-2 | Robe

 
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Robe
Vers 1860-1863, 19e siècle
Don de Miss Mabel Molson
M14797.1-2
© Musée McCord
Description
Mots-clés :  Robe (88)
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Description

La jupe de plus en plus ample en forme de dôme est typique du début de cette décennie, tout comme le décolleté très profond, les manches courtes, la taille effilée et la fermeture au dos pour le soir. Le filet du corsage est monté sur taffetas et plissé sur le devant et le dos, au centre, dans la partie supérieure. Il est agrémenté de deux appliques en taffetas formant un double V inversé, l'applique supérieure étant jointe à une autre bande diagonale partant de l'épaule. Toutes les bandes sont garnies de blonde, les bandes diagonales ayant en outre une étroite bordure de tulle plissé en rond. Des appliques formant des médaillons de perles et de dentelle ajoutent à la richesse du tissu. Le dos du corsage est orné de manière semblable. Les manches comportent la même bordure de tulle plissée en rond et d'autres médaillons; elles sont terminées par un mince ruban de soie. Le décolleté est bordé de blonde, de valenciennes et d'un étroit ruban. La robe se ferme au dos. On compte onze baleines de longueurs différentes et des petits coussins, placés à l'intérieur des emmanchures assurent un ajustement parfait, quoique incorfortable. Le corset, probablement porté sous la robe, devait contribuer à rigidifier le tout, ce qui contrastait de façon frappante avec l'effet léger et vaporeux du tulle. L'ourlet de la jupe de dessous en filet est pourvu de deux volants de tarlatane plats superposés et plissés en rond. La jupe de dessus, fermée au dos présente un motif asymétrique en zigzag créé par de larges appliques de bandes de taffetas de soie bordées de blonde et garnies de médaillons. (Le tulle original de la jupe de dessous et de la jupe de dessus a été remplacé). La jupe en forme de dôme soutenue par une crinoline est à son plus large au début des années 1860 et, selon les gravures de mode de 1860 et 1861, elle semble aussi ample à l'avant qu'à l'arrière, comme c'est le cas pour cette robe du soir ayant appartenu à la famille Molson. Les gravures des deux années suivantes montrent un léger mouvement de jupe vers l'arrière. Des photographies datées tirées des Archives photographiques Notman du Musée McCord révèlent que, en 1864, l'ampleur des jupes était généralement rejetée à l'arrière à différents degrés. (Extrait de: Jacqueline BEAUDOIN-ROSS, Formes et modes : le costume à Montréal au XIXe siècle, Musée McCord d'histoire canadienne, 1992, p.30.)

Clefs pour l'histoire

L'ambiguïté qui définit la femme de la classe moyenne est illustrée dans cette robe de soirée. Les idéaux féminins d'innocence, de douceur et de fragilité sont inscrits dans la taille ajustée, la jupe ample et vaporeuse, et le corsage aux épaules tombantes. La femme qui la portait devait personnifier la délicatesse, conserver un teint pâle et ne se permettre que des mouvements retenus. En réalité, la nature frêle imposée à la femme de l'époque victorienne et les qualités évanescentes illustrées par cette robe sont des illusions soigneusement préparées.

Sous cette trompeuse fragilité se cache une structure particulièrement rigide. Derrière cette façade d'« ange du foyer » se trouve une femme qui doit mener de front la gestion de la maison, de la famille et de la collectivité sans effort apparent.

References
Jacqueline Beaudoin-Ross, Formes et modes : Le costume à Montréal au XIXe siècle, Montréal, Musée McCord d'histoire canadienne, 1992.

  • Quoi

    Cette robe de soirée est confectionnée en tulle de soie, en filet, en tarlatane, en taffetas et rubans de soie, et est garnie de valenciennes, de dentelle blonde et de fausses perles.

  • Des robes comme celle-ci sont faites pour remplir des fonctions spécifiques. Celle qui la revêt peut porter des fleurs ou des bijoux, selon son statut marital.

  • Quand

    À l'époque victorienne, les femmes de Montréal se tiennent au fait des modes européennes. La forme de la jupe et la taille de la crinoline permettent de dater cette robe du début des années 1860.

  • Qui

    C'est une femme de la famille Molson qui a porté cette robe de soirée. Dans le film Autant en emporte le vent, situé dans les années 1860, Scarlett O'Hara porte un corset semblable, très serré.