II-156536 | Max Aitken, devenu Lord Beaverbrook, Montréal, QC, 1905

 
La plus récente version du plugin Flash doit être installée
Get Flash Player
Creative Commons License
Créer un nouveau duo
Photographie
Max Aitken, devenu Lord Beaverbrook, Montréal, QC, 1905
Wm. Notman & Son
1905, 20e siècle
Plaque sèche à la gélatine
17 x 12 cm
Achat de l'Associated Screen News Ltd.
II-156536
© Musée McCord
Description
Mots-clés :  masculin (26640) , Photographie (77678) , portrait (53879)
Sélectionner l'image (Votre sélection d'image est vide)

Commentaires des visiteurs

Ajouter un commentaire

Clefs pour l'histoire

Durant le boom industriel du début du XXe siècle au Canada, on voit toujours plus grand. La production de masse, le marché national en expansion et les technologies qui permettent de réaliser des économies, tout cela contribue à favoriser la fusion de plusieurs petites entreprises en vue de former de plus grandes sociétés ou, comme on les appelle aussi, des conglomérats. Il existe deux types de fusions. Avec la fusion verticale, une entreprise peut s'approprier toutes les phases de production, depuis la production primaire (par exemple l'extraction du minerai brut) jusqu'à la production finale (par exemple la fabrication de produits finis comme les clous). La fusion horizontale permet à une entreprise de prendre le contrôle de sociétés du même secteur économique (un détaillant absorbe ses concurrents qui vendent le même produit ou des produits similaires).

« La vogue des fusions » atteindra son point culminant entre 1909 et 1913, avec 97 fusions totalisant un actif de 200,7 millions de dollars. Des entreprises comme la Steel Company of Canada (Stelco), la Canada Cement, la Canadian Locomotive et la Canada Steamship sont le produit de fusions réalisées durant cette brève période. Des financiers dynamiques comme le Montréalais Max Aitken coordonne ces fusions, pour lesquelles ils touchent souvent d'énormes commissions en vendant des « actions surévaluées » de la nouvelle entreprise (des actions qui gonflent la valeur réelle de l'actif). En 1910, le gouvernement adopte des mesures législatives afin d'enquêter sur les répercussions des conglomérats sur la concurrence.

  • Quoi

    La vogue des fusions favorise la création de grandes sociétés canadiennes à dimension nationale. On ajoute habituellement des mots comme « canadien » ou « dominion » à la nouvelle raison sociale pour suggérer l'envergure de la nouvelle entreprise. Ces sociétés créent aussi une classe de valeurs industrielles pour les investisseurs - il s'agit d'actions et d'obligations d'entreprises industrielles. Jusque-là, les opérations d'investissement se limitaient aux chemins de fer et aux obligations d'État.

  • La tendance aux fusions renforce le statut de l'Ontario et du Québec comme centre industriel du pays. La promotion financière de ce type d'entreprises se fait aussi à partir de Montréal et de Toronto. Le pouvoir de la rue Saint-Jacques et de Bay Street engendrera au cours des décennies qui suivront un profond ressentiment dans l'Ouest et dans les provinces Maritimes canadiennes.

  • Quand

    Le Canada n'est pas le seul pays à privilégier les fusions industrielles. Au début du XXe siècle, on voit aussi apparaître d'énormes conglomérats industriels aux États-Unis - General Motors, par exemple - et en Europe. L'élimination des trusts devient un objectif de l'administration du président américain Theodore Roosevelt (1901-1909).

  • Qui

    Originaire de Maple, en Ontario, Max Aitken (1879-1964) est d'abord un garçon pauvre et peu instruit. Il commence sa carrière commerciale comme vendeur à domicile d'obligations dans les Maritimes et accède au cercle fermé de la haute finance montréalaise en 1902. Son rôle d'orchestrateur des fusions de Stelco et de la Canada Cement lui permet de réaliser un copieux bénéfice, mais ses méthodes retorses lui attirent des critiques. En 1910, il quitte le Canada pour l'Angleterre, où il s'engage en politique en devenant membre du Cabinet durant la Première Guerre mondiale, puis lance une lucrative chaîne de journaux britanniques à grand tirage. Fait chevalier en 1911, il devient lord Beaverbrook en 1917.