ANC-C95733 | Tous les vrais Poil-aux-Pattes s'enrôlent au 163e

 
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Affiche
Tous les vrais Poil-aux-Pattes s'enrôlent au 163e
Vers 1916, 20e siècle
ANC-C95733
Cet artefact appartient à : © Archives nationales du Canada
Description
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Clefs pour l'histoire

Olivar Asselin, un journaliste montréalais au franc parler, est aussi un nationaliste et un ardent partisan d'Henri Bourassa. Toutefois, Asselin n'éprouve aucun sentiment négatif à l'égard de la France et il aspire à la défendre contre les envahisseurs allemands. Initialement, Bourassa est d'accord, car il espère que les Canadiens s'uniront dans une cause commune, comme l'ont fait les Français en 1914. Ce ne sera pas le cas. L'Ontario persécute sa minorité francophone et Bourassa devient un farouche opposant à la guerre. Informé de la position d'Asselin, sir Sam Hughes, le ministre de la Milice, lui offre le commandement de tout bataillon qu'il pourrait lever. Asselin accepte de servir à titre de commandant en second sous les ordres d'Henri DesRosiers, un vétéran du premier contingent. Le 163e bataillon voit le jour au Monument national de Montréal le 21 janvier 1916.

Asselin travaille inlassablement pour trouver de bonnes recrues, rejetant les ivrognes et les chiffes molles que les unités rivales acceptent dans leurs rangs. Il lance un appel aux « Poils-aux-Pattes », comme s'appellent entre eux les jeunes hommes de l'élite de la société québécoise. En février, Asselin a déjà réuni 336 hommes et en avril 1916, avec 974 soldats, il n'est pas loin d'atteindre son objectif. Il reçoit peu d'aide de la part de Sam Hughes. En mai, ses hommes se voient contraints de partager leurs quartiers avec le 206e bataillon, l'un des pires du CEC. Quand Asselin demande un changement de cantonnement, Hughes expédie le bataillon dans la colonie britannique des Bermudes. Dégoûtés, un quart des hommes d'Asselin désertent - pour être réincorporés dans le 206e bataillon. Sans officiers expérimentés ni lieux où s'entraîner, le 163e bataillon est loin d'être prêt au combat lorsqu'il débarque en Angleterre en décembre 1916. Comme d'autres, l'unité d'Asselin sera démembrée. C'est très mécontent, à titre de lieutenant ayant dépassé la limite d'âge de servir, qu'il rejoint les rangs du 22e bataillon. Ses détracteurs se réjouissent des déboires rencontrés par les « Poils-aux-Pattes ».

  • Quoi

    L'affiche de recrutement pour le bataillon d'Asselin précise qu'il s'agira d'une unité d'élite constituée d'officiers aguerris. Un soldat français barbu, ou poilu, invite les volontaires canadiens-français, les Poils-aux-Pattes, à s'engager dans le combat. « Le tambour bat, le clairon sonne; Qui reste en arrière?... Personne! C'est un peuple qui se défend. En avant! »

  • La campagne de recrutement d'Asselin entre en concurrence avec celles du 150e bataillon du lieutenant-colonel Hercule Barré, intégré au 65e régiment des Carabiniers Mont-Royal, et du misérable 206e bataillon du conseiller municipal Tancrède Pagnuelo, la pire unité du CEC.

  • Quand

    Au début de 1916, tout Canadien désireux de s'enrôler s'est déjà porté volontaire. Les salaires payés pour les emplois dans les usines de munitions à Montréal sont supérieurs à la solde de 1,10 $ par jour que l'on verse au soldat. Tout espoir d'une victoire rapide s'évanouit après le 1er juillet 1916, quand les Britanniques perdent 60 000 morts et blessés en une seule journée.

  • Qui

    Un seul des 48 bataillons du Corps d'armée canadien en France, soit le 22e bataillon, et une compagnie du 14e bataillon sont francophones. Même si Asselin répond aux ordres de l'officier commandant qu'il a lui-même choisi, le lieutenant-colonel Henri DesRosiers, les Canadiens français, avec ce grand nationaliste à la tête du recrutement, n'hésiteront pas à se porter à la défense de la France, comme les Canadiens britanniques l'ont fait pour la Grande-Bretagne.