ANC-C6859 | Défilé anti-conscription au square Victoria

 
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Photographie
Défilé anti-conscription au square Victoria
Mai 1917, 20e siècle
ANC-C6859
Cet artefact appartient à : © Archives nationales du Canada
Description
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Clefs pour l'histoire

La visite de sir Robert Borden en Grande-Bretagne en 1917 coïncide avec la brillante capture de la crête de Vimy. Un journal parisien qualifie cette victoire de cadeau de Pâques du Canada à la France. Ses collègues le félicitent, mais avec un bilan de 10 000 morts et blessés, la conscription devient incontournable. Les nouvelles de l'effondrement de la Russie confirment la gravité de la situation. Les États-Unis entrent en guerre, mais leurs armées, levées par conscription, ne seront pas prêtes avant au moins un an. Lorsque Borden rentre au Canada, il n'a plus le choix : la conscription est inévitable. Il est possible que Laurier accepte sa décision, mais admettre cette position serait céder le Québec à son farouche adversaire Henri Bourassa et aux nationalistes.

Nombreux sont ceux au Canada qui s'opposent à la conscription - des fermiers, des employeurs, des récents immigrants et d'autres qui refusent de s'enrôler - mais ils laissent toute forme d'opposition ouverte aux Québécois francophones. Nourrissant de nombreux griefs à l'endroit de la majorité anglophone, notamment à la suite des attaques contre l'usage du français dans les écoles ontariennes, et d'un profond ressentiment devant l'arrogance impériale britannique, les Québécois refusent de se voir contraints de servir dans une guerre qui semble n'avoir rien à voir avec leur sécurité ni avec celle du Canada. Plus on exercera sur eux des pressions, plus ils résisteront. Plusieurs marches de protestation seront organisées, dont celle du 24 mai 1917 qui se dirige vers le square Victoria à Montréal.

  • Quoi

    Les petits placards disposés ça et là le long de la manifestation indiquaient la nature du mouvement de protestation. Avant la télévision, il n'était pas nécessaire de concevoir un matériel d'affichage élaboré. Les spectateurs pouvaient « lire » en quoi consistait la cause et le reste de communauté pouvait s'en informer dans les journaux.

  • La manifestation se dirige vers le square Victoria dans le secteur huppé du centre-ville de Montréal. Notez les affiches et la publicité en anglais, une vision familière à Montréal avant la loi 101. Les drapeaux britanniques témoignent du patriotisme de la communauté des affaires de Montréal, majoritairement anglophone, en ce temps de guerre.

  • Quand

    Même si les vêtements foncés et les quelques manteaux qu'on aperçoit donnent à penser qu'il s'agit d'une journée froide, cette manifestation a eu lieu le 24 mai 1917, une fête patriotique en hommage à l'anniversaire de la reine Victoria. À cette époque, on ne célébrait pas encore ce jour-là dans le Québec francophone la fête de Dollard des Ormeaux, le soldat montréalais mort en 1660 après avoir résisté à une attaque de Mohawks par la rivière des Outaouais. La présence d'enfants au milieu des spectateurs nous autorise à penser que la manifestation s'est déroulée dans le calme et dans l'ordre.

  • Qui

    Une foule de Montréalais défile dans les rues du centre-ville pour manifester son opposition à l'imposition de la conscription par le gouvernement Borden.