ANC-C116588 | Recrues demandées pour service outre-mer

 
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Affiche
Recrues demandées pour service outre-mer
1916, 20e siècle
ANC-C116588
Cet artefact appartient à : © Archives nationales du Canada
Description
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Clefs pour l'histoire

Jusqu'en 1917, le gouvernement persiste à dire que le recrutement pour le Corps expéditionnaire canadien se fera par un engagement si spontané que l'État n'aura pas à assigner une organisation ni des fonds à cette fin. Québec fera exception à la règle. En 1916, Ottawa nomme à contrecoeur un chef du recrutement, le colonel Arthur Mignault, et dégage des sommes pour le personnel et la publicité. Dirigeant les opérations sous le couvert d'un comité de bénévoles, Mignault entreprend une tâche ingrate qui se révélera sans espoir. Les cyniques pourraient alléguer que le slogan de l'affiche, « Le Canada fait appel au patriotisme de ses fils », est démenti par le matérialisme manifeste des autres indications qui y figurent, soit le solde et les avantages attachés à l'enrôlement. Il convient de souligner, cependant, que les recrues du Canada anglais étaient tout aussi avides de ce type d'information.

À titre de simple soldat, un militaire gagne quotidiennement 1 $ à laquelle s'ajoute une indemnité de 10 cents, pour un total de 33 $ par mois. Il peut envoyer une allocation militaire de 20 $ par mois à sa femme ou à sa mère veuve à laquelle le Fonds patriotique canadien ajoute encore 10 $ par mois pour elles ainsi que 7,50 $ pour tout enfant de 10 à 15 ans, 4,50 $ pour tout enfant de 5 à 9 ans et 3 $ pour tout enfant de moins de 5 ans. Une famille constituée de deux adultes et trois enfants peut recevoir jusqu'à 78 $. Si le soldat meurt, sa femme ou sa mère veuve peut compter sur une pension mensuelle de 22 $ et sur un montant de 5 $ par mois, par enfant. Nulle part sur l'affiche n'est-il fait mention que la moitié de la solde de base d'un soldat, ou 15 $, doit être versée à sa femme ou à un membre de la famille avant qu'il ne puisse réclamer une allocation militaire.

  • Quoi

    Cette affiche fournit tous les renseignements pratiques dont a besoin une recrue avant de mettre sa vie entre les mains du CEC. Combien gagnera-t-il et comment subviendra-t-il aux besoins de sa famille? L'information concernant la pension à laquelle peut s'attendre sa famille s'il meurt est inscrite en caractères d'imprimerie beaucoup plus petits. Comparez ce montant à celui du revenu versé au soldat de son vivant.

  • Les montants mentionnés pour les avantages familiaux consentis par le Fonds patriotique canadien (FPC) indiquent que cette affiche est réservée au Québec. Les familles de l'Ouest canadien, où le coût de la vie est beaucoup plus élevé, reçoivent des sommes supérieures, les femmes ou les mères veuves obtenant en moyenne 15 à 20 $ par mois. Ces différences sont importantes, parce que la majeure partie des revenus du FPC vient de Montréal, Toronto et d'autres grandes villes de l'Est alors que la Colombie-Britannique et le Manitoba produisent plus de recrues.

  • Quand

    Les montants de pension indiqués permettent d'établir la date de cette affiche à 1916. En 1919, l'inflation et les pressions démocratiques feront monter les montants de pension de tous les grades au niveau de ceux versés aux lieutenants. En 1920, le Canada verse à ces anciens combattants totalement invalides avec famille les pensions les plus généreuses au monde.

  • Qui

    Bien que l'on ait tendance à imaginer les soldats comme de jeunes célibataires écervelés, les données compilées après la guerre révéleront que le soldat moyen du CEC se situe au milieu de la vingtaine, qu'il est plus souvent un travailleur qualifié de la ville qu'un cultivateur ou qu'un cowboy. Beaucoup ont des charges familiales à titre de mari ou de père et sont l'unique soutien d'une mère veuve.